Près de 1,7 million de personnes sont touchées par les urgences sanitaires, dont les plus vulnérables sont les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes et allaitantes, les personnes avec handicap et les personnes âgées. Cette situation s’explique en grande partie par le faible accès aux soins de santé primaires, mais également par l’accroissement des maladies endémiques et épidémiques. La qualité des services de santé de base pose également un problème à cause de l’insuffisance du personnel qualifié dans les structures sanitaires, l’insuffisance en intrants médicaux et un système de recouvrement de coûts dysfonctionnel dans un contexte de crise socio-économique. Le système de santé ainsi que les services essentiels de soins ont été affectés par la survenue de la pandémie de COVID-19 dont le Tchad subit déjà les conséquences multisectorielles de la pandémie mondiale de COVID-19. Les mesures essentielles visant à contenir la propagation potentielle de l’épidémie ont eu également un impact sur les moyens de subsistance des personnes déjà vulnérables.
Ci-dessous le profil épidémiologique de quelques maladies à potentiel épidémique :
Le paludisme sévit de manière endémique dans le pays avec des pics saisonniers susceptibles de générer des épidémies. A la semaine 40 de 2021, plus de 1,4 million de cas ont été notifiés dont 1 265 décès soit le même niveau qu'en 2020 à la même période (1 306 793 cas et 1 470 décès). On a noté également la faible mise en œuvre des mesures de lutte.
La rougeole persiste toujours dans le pays et cela malgré des campagnes de riposte organisée à cet effet. A la semaine 42 de 2021, 2 334 cas suspects de rougeole ont été notifiés dans 105 districts sur 129 soit 81,40 % des districts, 13 décès ont été enregistrés dans 08 districts (Abéché 03, N’Djaména Centre 03, N’Djamena 9ème Arrondissement 02, Zouar 01, Ati 01, Adré 01, Arada 01,Guidari 01), 931 cas suspects ont été documentés dont 404 cas sur la liste linéaire et 527 sur fiche d’investigation et prélevés et acheminés au laboratoire dont 254 positifs aux Immunoglobuline M (IGM) rougeole soit 42,20 %, 02 IGM positif à la rubéole.
Sur la base de l’analyse des risque conduite par l’OMS et UNICEF avec l’appui du CDC, il ressort que la faible couverture du vaccin anti rougeoleux par la vaccination systématique, l'absence d'une deuxième dose dans le calendrier de vaccination, la faible mise en œuvre des campagnes de suivi de la rougeole et l'importante épidémie actuelle, font que le Tchad court un risque très élevé de flambées de rougeole au cours de la prochaine saison de forte transmission, qui devrait commencer au quatrième trimestre 2021 et se poursuivre jusqu'en juin 2022
Le premier cas de COVID-19 a été confirmé le 19 mars 2020 au Tchad. A la date du 31 Octobre 2021, 5 105 cas ont été confirmés dans 20 Provinces (N’Djamena, Ouaddaï, Lac, Logone Oriental, Wadi Fira, Moyen-Chari, Logone Occidental, Batha, Kanem, Mayo Kebbi est, Mayo Kebbi ouest, Guera, Sila, Mandoul, Ennedi Est, Chari-Baguirmi, Tandjile, Borkou, Hadjer Lamis et Tibesti) dont 203 (4,,0%) personnels de santé, 176 décès soit une léthalité de 3,4%, 4 912 cas confirmés guéris et 17 malades sous traitement dont 12 hospitalisés avec 1 sous oxygène.
Il faut noter que 166 793 personnes ont été vaccinées dont 60 050 complètement vaccinées contre la Covid-19 depuis le 04 Juin 2021 dans 63 sites de vaccination et 07 cliniques mobiles.
La polio à la semaine 42 enregistre 760 cas de Paralysie Flasque Aigue (PFA), 604 contacts, 118 districts sur 129 ont notifié et prélevé au moins un cas de PFA. Aucun cas de cVDPV2 n’a été détectée en 2021. Il faut noter que toutes les 23 délégations provinciales sanitaires (100%) ont notifié au moins un cas de PFA. 19 des 23 délégations provinciales sanitaires (soit 83%) ont atteint les deux indicateurs majeurs de PFA.
La fièvre jaune a été enregistrée et confirmé dans les districts sanitaires de Goundi (64 cas et 29 décès), Moissala (26 cas suspects et 03 décès), Bedaya (36 cas et 03 décès) et Koumra (16 cas et 1 décès), Province du Mandoul à la semaine 45 de 2021. Une campagne de vaccination de riposte est encours d’organisation.
L’Hépatite E a été également notifié et confirmé dans la zone de responsabilité de Satégui, District sanitaire de Lai, Province de la Tandjilé dont 377 cas et 02 décès ont été enregistrés à la semaine 39 de 2021.
Le Choléra n’a pas été enregistré au Tchad depuis 2 ans mais le risque existe toujours car l’épidémie est toujours active au Nigéria (73 055 cas et 2407 décès de la semaine 01 à la semaine 37) et au Niger qui font la frontière avec certaines provinces du pays comme le Lac et le Kanem. A cela s’ajoute également les inondations qui constitue des facteurs de risques de survenue du choléra.
La Leishmaniose viscérale (LV), du 1er janvier au 30 septembre 2021, 49 cas ont été enregistrés avec 7 décès dans 4 provinces (N’Djamena, Borkou, Tibesti et Ouaddai). Cumulativement depuis le 1er janvier 2018, 156 cas et 13 décès. Il faudrait souligner que 31 % (49 cas) proviennent de Miski (zone d’orpaillage), 22 % (35 cas) de Zouarké.
Le Ver de Guinée , 39 cas humains enregistrés dans 3 provinces (Mayo Kebbi Est, Mandoul, Moyen Chari et Salamat) ; Pour ce qui est des infections animales, 672 infections chez les chiens et 53 chez les chats à la semaine 40.
Le chikungunya n’a pas été enregistré cette année 2021 mais le risque existe toujours. Faut-il le rappeler en 2020 a atteint 34 397 cas dont 1 décès. Tous les patients ont été pris en ambulatoire, confirmés dans les districts sanitaires d’Abéché (Province de Ouaddai), Biltine (Province de Wadi Fira) et d’Abdi (Province de Sila).
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03-Nov-2023
