Central African Republic

Besoins humanitaires et plan de réponse RCA 2025 / Partie 1: Besoins humanitaires

1.1 Aperçu de la crise

La République centrafricaine (RCA) traverse une instabilité prolongée due à plusieurs années de crises politiques, sécuritaires et humanitaires. En 2025, 2,4 millions de personnes – 38% de la population centrafricaine – sont extrêmement vulnérables, au point que seule l’assistance humanitaire ne suffira plus pour leur bien-être. Selon le Plan national de développement (PND 2024-2028), près de 68,8% de centrafricains vivent sous le seuil de pauvreté en 2025 (moins de 2,15 dollars américains par jour). Toutefois, les niveaux de pauvreté varient considérablement d'une région à l'autre (74% de la population des zones rurales, contre 61% dans les zones urbaines, et 40% à Bangui, vivent en dessous du seuil de pauvreté national). Cette situation contribue non seulement à amplifier les conséquences des chocs sur les populations, mais aussi à exacerber la vulnérabilité des ménages ayant une faible capacité de résilience. A côté des besoins structurels, la faible disponibilité des services de base, aggravée par de rares opportunités socio-économiques, continuent d’impacter négativement la vie des populations. Autant de facteurs qui empêchent encore le pays de bâtir des socles solides permettant d’atténuer les différents chocs.

Taux de violence genre

Les normes socio-culturelles, en plus d’exacerber les vulnérabilités et la résilience aux chocs, renforcent la discrimination à l’égard des femmes/filles et personnes handicapées, et constituent un véritable obstacle à leur pleine participation à la vie sociale et économique. Les écarts entre les sexes contribuent à des taux élevés de violences basées sur le genre (VBG), avec près de 16 200 cas enregistrés entre janvier et septembre 2024, dont 34% de viols. Selon les données du système de gestion de l’information sur les VBG (GBVIMS), 96% des victimes sont des femmes et filles.

Incident ayant affecte

A cela s’ajoutent les violations des droits humains, avec près de 2 900 incidents faisant 4 390 victimes à l’échelle nationale entre octobre 2023 et septembre 2024 (une hausse de 36% des violations, et de 4% de victimes, par rapport à la même période l’année précédente). De même, les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) ont augmenté de 66% (146 cas enregistrés durant la même période), ciblant uniquement les femmes et les filles, selon le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH). En outre, dans les localités éloignées difficiles d’accès et marquées par la présence des groupes armés, le taux d’analphabétisme des femmes et des filles est estimé à 90%. La plupart des personnes handicapées sont aussi exclues des systèmes éducatifs et d’autres services de base, en raison d’infrastructures inadéquates pour la prise en compte de leurs besoins spécifiques.

Une fragilité économique aggravée par une hausse des prix des produits de première nécessité et des produits pétroliers. En RCA, la croissance économique fortement contrariée par les effets de multiples chocs depuis 2020 perdure. La forte dépendance à l’agriculture de subsistance, la foresterie

Hausse

et aux industries extractives, qui restent sous-développées, font de la RCA l'un des pays les moins diversifiés sur le plan économique. L’augmentation des prix du carburant (+3,5%) impacte le transport (+17%) et contribue à la hausse des prix de denrées alimentaires (+10%). En plus de cette fragilité, les crises au Soudan et au Tchad et les multiples chocs perturbent les chaînes d’approvisionnement, et amenuisent davantage les faibles opportunités socio-économiques des populations centrafricaines.