Central African Republic

Besoins humanitaires et plan de réponse RCA 2025 / Annexes

Et si nous ne répondons pas?

En raison de la diminution du financement de l'aide humanitaire en 2024 et des perspectives financières incertaines en 2025, les organisations humanitaires ont dû considérablement réduire leurs opérations et la fourniture d'aide essentielle aux personnes vulnérables. En conséquence, la plupart des besoins essentiels n’ont pas été satisfaits, ou ne l’ont été que partiellement. De plus, cela a entrainé l'interruption du fret aérien d'urgence et la fermeture d'installations de stockage, avec pour effet d'enclaver davantage les populations déjà vulnérables. En l'absence d'une réponse multisectorielle intégrée de protection, d'activités de prévention et de mécanismes d'alertes, 1,9 million de personnes seront exposées à plusieurs types de chocs avec des conséquences néfastes sur leur bien-être.

Shelter

Abris/BNA

Plus de 400 000 personnes affectées par les chocs récents ou des déplacements prolongés, ayant des besoins aigus en abris-AME, éprouveront des difficultés à surmonter les défis quotidiens soit par manque d’abris adéquats et/ou par insuffisance d’articles ménagers essentiels comme les couvertures, les moustiquaires et les nattes.
Le manque d’abris d’urgence et d’articles non-alimentaires augmentera les risques d’exposition aux maladies comme la pneumonie, le paludisme, la malnutrition, et les diarrhées. De même, le manque d’ustensiles de cuisine et de récipients pour la collecte et le stockage de l’eau mettront davantage en difficulté les femmes et les filles en particulier.
Par ailleurs, sans une assistance en abris pour favoriser le retour ou l’intégration locale des populations déplacées, ces dernières continueront à vivre dans des conditions de vulnérabilité et de dépendance à l’aide humanitaire, au niveau des sites et lieux de regroupement. Ainsi, les sites vont perdurer et l'objectif de commencer la transition vers des solutions durables pour les ménages sera compromis

EHA

EHA

Près de 845 000 personnes seront vulnérables aux épidémies, à la malnutrition et aux VBG. Les épidémies telles que la diarrhée aiguë, l’hépatite E, le choléra et le Mpox seront plus récurrentes dans les zones les plus à risque.
Près 415 000 femmes, et 430 000 enfants seront obligés de parcourir de longues distances à la recherche de services d’EHA, s’exposant davantage aux VBG et risques de malnutrition. La qualité des services d’EHA dans les écoles et centres de santé se détériorera du fait de la pression accrue sur les infrastructures déjà insuffisantes, amplifiant la crise sanitaire et les vulnérabilités des communautés.

secal

SECURITE ALIMENTAIRE

Faute d’assistance alimentaire, la situation déjà critique des personnes en situation de crise ou d’urgence (IPC3 et IPC4) se détériorera. 470 000 personnes en IPC phase 4 seraient contraintes de recourir à des stratégies néfastes d’adaptation, qui affecteraient durablement leur capacité à manger à leur faim et à rester en bonne santé.
L’absence d’une réponse combinée en assistance alimentaire et d’un appui aux moyens d’existence aggraverait aussi la situation de vulnérabilité de 350 000 personnes en IPC phase 3, ce qui les conduirait à vivre dans une situation de crise alimentaire aigue et réduirait considérablement leur capacité à faire face aux chocs récurrents.

CCCM

CCCM

Sans les interventions des acteurs CCCM, les besoins humanitaires multisectoriels ne seront pas bien identifiés et adressés pour plus de 700 000 personnes affectées par les déplacements de population incluant des PDI sur sites, des PDI en familles d'accueil, des retournés et des populations hôtes parmi les plus vulnérables. Les populations affectées par des chocs récents (au moins 200 000 par an) n’auront presque pas d’assistance et verront leur dignité bafouée sur tous les plans. Elles seront confrontées à divers problèmes de nourriture, de santé, d’abri, d’eau et d’articles non-alimentaires de première nécessité.
D’autre part, concernant spécifiquement les PDI sur sites et en familles d’accueil, leurs conditions de vie seront détériorées, et elles seront exposées à de multiples problèmes de protection et de droits humains avec les situations de vulnérabilité qui s’aggraveront davantage notamment pour les personnes âgées, les handicapées, les femmes et les filles.
Enfin, malgré l’amélioration relative de la situation sécuritaire dans certaines localités, le retour vers les lieux d’origine ne sera pas réellement effectif pour la majorité des ménages en raison du manque d’appui des acteurs CCCM (collecte d’intentions futures et sensibilisations) pour faciliter la préparation et la mise en œuvre des projets multisectoriels d’accompagnement au retour ou à la relocalisation ou à l’intégration locale durable.

protection

PROTECTION GENERALE

Les activités de protection (sensibilisations, formations et renforcement de capacités) ne seront pas mises en œuvre à l’intention des personnes représentant « des menaces » de protection.
De ce fait, l’environnement de protection se dégradera avec une hausse des violations de droits humains, qui forceront près de 900 000 personnes à adopter des mécanismes néfastes de survie (à défaut de bénéficier des services et d'une assistance en protection).
Près de 100 structures communautaires de protection ne recevront pas les renforcements de capacités nécessaires pour contribuer à la protection des personnes dans le besoin. En conséquence, les besoins de protection faute de suivi, ne seront pas référés aux services de prise en charge. Aussi, la justice populaire risque d’être décuplée, entrainant des conséquences irrémédiables pour les communautés.

VBG

VBG

Si les interventions liées aux besoins extrêmes de protection contre la VBG ne sont pas totalement financées, 622 458 bénéficiaires directs et plus de 1 244 916 bénéficiaires indirects seront exposés à tous les types de VBG. Les personnes survivantes qui n’auront pas accédé aux soins dans les 72h seront exposées aux risques de VIH/SIDA avec probabilité de contaminer un grand nombre des personnes issues des différentes couches de la société.

PE

PROTECTION DE L'ENFANCE

Les conséquences d'une insuffisance de financement seront graves et durables pour des centaines de milliers d'enfants ainsi que pour leurs communautés.
Près de 300 000 enfants survivants à des violations graves, violences physiques ou sexuelles, ne recevront pas les services de protection essentiels, ce qui exacerbera leurs traumatismes, limitant leur capacité à se reconstruire et à contribuer positivement à la société.
Des centaines d’enfants recrutés ou utilisés par des forces et groupes armés ne seront pas accompagnés pour leur réintégration sociale et communautaire, perdant ainsi leurs droits fondamentaux, et compromettant la stabilité future des communautés auxquelles ils auraient pu contribuer.
Les enfants séparés de leurs familles à la suite de mouvement de population resteront sans protection, exposés à des risques accrus d’abus et de violences, aggravant leur vulnérabilité.
Les parents affectés par les chocs, dépourvus de soutien, pourraient recourir à des mécanismes d’adaptation négatifs, tels que le travail ou le mariage des enfants, compromettant ainsi l’avenir des enfants et fragilisant davantage les structures familiales et sociales.

nutrition

NUTRITION

L’absence d'une réponse suffisante en nutrition cohérente et à bonne échelle coûtera la vie aux enfants les plus vulnérables, et entravera leur avenir. Plus de 50 000 enfants de moins de cinq ans ne recevront pas de traitement vital contre la malnutrition aiguë sévère. Près de 50 000 autres garçons et filles de 6 à 23 mois, et plus de 10000 femmes enceintes et allaitantes, n'auront pas accès au traitement de la MAM, encore moins à des plateformes de prévention ciblées.
Les enfants malnutris, en particulier ceux qui souffrent de malnutrition aiguë sévère, ont un risque plus élevé de mourir de maladies infantiles courantes telles que la diarrhée, la pneumonie et le paludisme. Les facteurs liés à la nutrition contribuent à environ 45 % des décès d'enfants de moins de 5 ans, et plus encore lorsque les formes de malnutrition sont combinées. Un enfant souffrant d'un retard de croissance a 5,5 fois plus de chances de mourir qu'un enfant en bonne santé, et lorsque le retard de croissance et l'émaciation sont tous deux présents (comme en RCA), le risque est 12,3 fois plus élevé. Cela souligne la nécessité de mener des actions humanitaires et de développement, bien coordonnées afin de sauver des vies et de renforcer la résilience.

Education

EDUCATION

Sans financement pour l’éducation, 342 961 enfants de 3 à 17 ans déplacés internes, retournés et des communautés hôtes seront privés de leur droit à l’éducation. La hausse du taux d’abandon scolaire exposera davantage les enfants aux problèmes de protection (particulièrement pour les filles), et contribuera à exacerber les inégalités de genre et socio-économiques.
Si seuls 50 % du financement demandé est fourni, le cluster donnera la priorité aux zones géographiques en sévérité 4, et aux activités d'éducation en situation d’urgence pour les enfants de 3 à 17 ans déplacés sur des sites, en familles d’accueil et retournés, réduisant ainsi de moitié le nombre d'enfants affectés par les chocs.

SANTE

SANTE

Si la réponse sanitaire d’urgence n’est pas suffisamment financée, la vie de 666 297 personnes réparties dans 47 sous-préfectures de sévérité 3 et 4 serait gravement menacée, notamment celle de 115 269 enfants de moins de cinq ans, de 49 972 femmes enceintes et allaitantes, ainsi que de 24 272 personnes âgées de plus de 60 ans, dont les défenses immunitaires sont déjà affaiblies en raison de leur fragilité physiologique.
De même, la limitation des financements dans le secteur de la santé, et les épidémies continueront de causer des milliers de décès, en particulier parmi les enfants de moins de cinq ans, et de se propager. En l’absence d’une intervention sanitaire d’urgence, rapide et adaptée, les taux de décès maternels et infanto-juvéniles risquent de s’aggraver, entraînant une surmortalité et une sur morbidité évitables.

logistique

LOGISTIQUE

En cas de non financement du service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS), 130 organisations humanitaires auront des défis de mobilité vers les zones inaccessibles/difficiles d’accès, surtout en saison pluvieuse qui s’étend sur près de six mois.
Pareillement, l’interruption du fret aérien d’urgence rendra impossible l’acheminement de l’aide vers les populations qui en ont le plus besoin, entravant ainsi les pré-positionnements indispensables aux réponses d’urgence.
En conséquence, les acteurs et biens humanitaires seront plus exposés aux risques lors des ache-minements, impliquant des retards considérables dans la mise en oeuvre de la réponse d’urgence. De plus, les incidents contre les biens et le personnel humanitaire pourraient connaitre une hausse considérable.