Protection

3.6 Protection

Personnes dans le besoin
3,8M
Personnes ciblées
1,3M
Fonds requis
$22,4M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

L’ampleur des besoins en protection demeure importante par rapport à 2024, avec une augmentation de 13,462 personnes du PIN. Le Cluster a diminué sensiblement la cible de l’appui en documentation civile en raison de la faible capacité de mise en œuvre de cette activité en 2024. Le PIN a été calculé dans les communes de sévérité 3 et 4. La majorité (40 pour cent) des communes de sévérité 4 se trouvent dans les zones frontalières. Trois parmi les 12 régions (Centre, Plateau Central et Centre-Sud) en sévérité 1 et 2 n’ont pas de PIN. Cependant tout nouveau développement de situation recevra l’attention des acteurs. Selon la méthodologie du Cluster Protection au niveau mondial (GPC), 78 pour cent des PDI sont exposées aux risques de protection. Le pourcentage des populations non déplacées exposées aux risques diffère d’une région à une autre. Le top 5 des risques le plus proéminents sont : i) VBG ii) Attaques contre les civils et les infrastructures civiles iii) Déplacements forcés et restrictions de mouvements iv) Recrutement et association des enfants v) Enlèvements. La catégorie des personnes les plus affectées dépend d’un type de risque à un autre. De manière globale, les filles, les garçons et les femmes sont les plus à risque. Il y a besoin de réponse d’urgence de protection dans les zones de déplacement et dans les zones de retour.

Stratégie de réponse

Le Cluster va mettre en œuvre une approche différenciée de la réponse, en fonction du niveau d’accès et de l’existence de l’offre de service dans les zones de déplacements et de retours, en vue de soutenir les PDI dans la mise en œuvre des solutions durables sur une base volontaire, dans la sécurité et dans la dignité, en collaboration avec les services techniques de l’Etat.

Protection des civils, avec un focus sur les personnes les plus à risque :

Le contexte de protection commande des actions idoines des acteurs pertinents afin de protéger les civils, en particulier les personnes les plus à risque. Le Cluster va renforcer le monitoring de protection et la coordination des analyses pour mieux informer et orienter les interventions humanitaires. La coordination sera également renforcée avec le Réseau National PSEA pour prévenir, mitiger les risques et répondre à l’exploitation et abus sexuels.

Accès à la documentation civile :

L’appui du cluster visera les catégories des personnes les plus vulnérables, afin de faciliter leur accès à la pleine jouissance de leurs droits civiques, économiques et sociaux ainsi qu’à l’assistance humanitaire.

Appui à la recherche de solutions au déplacement forcé : A travers le renforcement du cadre juridique pertinent, la collecte et l’analyse des données et toutes autres opportunités d’appui aux communautés, le Cluster va appuyer la recherche de solutions au déplacement forcé, basées sur les principes pertinents du Droit.

Renforcer la centralité de la protection et la collaboration avec d’autres clusters : A travers les analyses des tendances de protection, d’autres analyses thématiques, le Cluster va travailler à renforcer la centralité de protection dans les interventions humanitaires.

Réponse intégrée de protection dans les situations d’urgence :

Le Cluster et les AoRs vont mettre à jour le paquet minimum d’activités à mettre en œuvre dans les situations d’urgence, afin d’harmoniser les réponses de protection, tout en veillant à ce que les activités déployées soient conformes aux standards techniques.

Ciblage et priorisation

Les 1,323,607 personnes ciblées ont été prises dans les communes de sévérité 3 et 4. La détermination de la cible par activité a tenu compte du taux de la mise en œuvre en 2024, conformément à l’approche différenciée de réponse basée sur le niveau d’accès et l’offre de service. Ainsi, la cible de la documentation civile a été réduite alors que celle du monitoring à base communautaire (moniteurs et volontaires des OSC) a augmenté afin de répondre au mieux dans les zones de déplacements et de retours. Celle de l’assistance en protection individuelle est restée dans le même ordre. La cible sectorielle a diminué de 4 pour cent par rapport à 2024.

Le Cluster Protection estime que 78 pour cent de PDI sont exposées aux risques et 27,49 pour cent de non-PDI exposées aux risques. La cible de la protection représente 56 pour cent des PDI exposées aux risques et 8,43 pour cent des non-PDI exposées aux risques.

UBC et coût de réponse

Le Cluster a utilisé l’approche de cout unitaire par activités pour déterminer le budget du secteur. A cet effet, le Cluster a considéré neuf principales activités dont les coûts unitaires ont été estimés afin de déterminer le budget sectoriel : i) Renforcement des capacités des mécanismes communautaires ii) Renforcement des capacités, redevabilité et coordination avec les autorités iii) Sensibilisation iv) Collecte de données réalisée par les moniteurs pour l’analyse de protection v) Collecte de données réalisée par les volontaires des organisations de la société civile pour l’analyse de protection vi) Appui à la documentation civile vii) Assistance individuelle de protection viii) Appui aux mécanismes communautaires de protection et ix) Renforcement des mécanismes de veille. Pour certaines de ces activités qui sont également mises en œuvre par les Domaines de Responsabilité, le Réseau National PSEA, le cluster est assuré une coordination afin d’harmoniser les coûts avec les Domaines de responsabilités.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

La protection contre l’exploitation et les abus sexuels (PEAS) est un élément clé dans la stratégie de réponse du Cluster Protection. Conformément à la Stratégie PSEA IASC 2022-2026, et en coordination avec le Réseau National PSEA, le Cluster contribuera au renforcement d’un environnement dans lequel les personnes assistées sont sécurisées, respectées et protégées contre l’exploitation et abus sexuel et dans lequel les humanitaires sont supportés pour apporter une assistance sans le risque d’exploitation et abus sexuel. A cet effet, et conformément à la Directive de la Coordonnatrice Résidente du Système des Nations Unies et Coordonnatrice Humanitaire sur la budgétisation obligatoire sur la PSEA, le Cluster Protection veillera à l’intégration des lignes budgétaires spécifiques à la PSEA et à l’égalité genre et inclusion dans tous les projets.

Les partenaires du Cluster seront renforcés pour se conformer aux normes essentielles de la capacité PSEA en veillant notamment à leur adhésion au Réseau PSEA, aux politiques de sauvegarde et au code de conduite inter organisations PSEA. Une cartographie des zones d’intervention sera réalisée afin d’y renforcer le mécanisme conjoint de plaintes et de feedback sûr et accessible aux populations assistées. De même, les points focaux et le personnel seront formés et les communautés assistées seront sensibilisées sur la PSEA et les mécanismes de plaintes existants dans chaque zone d’intervention. Une coordination sera renforcée avec, entre autres, les domaines de responsabilité de VBG et Protection de l’enfant pour apporter une réponse holistique et centrée sur les victimes /survivant(e)s de l’EAS conformément au Protocole y relatif.

En ce qui concerne l’égalité genre et l’inclusion ainsi que la redevabilité envers les populations affectées, le Cluster va poursuivre et renforcer la collaboration déjà entreprise avec le Groupe de Travail Redevabilité et le Groupe de Travail Genre et Inclusion dans l’action humanitaire. En particulier, dans toutes les séances de renforcement des capacités sur les thématiques de protection, le Cluster Protection (au niveau national et sous-national) informera à l’avance la Conseillère genre du projet GenCap et le Groupe de Travail AAP pour demander la participation d’un partenaire membre certifié de la task force redevabilité ou égalité genre et inclusion afin d’animer des séances spécifiques de leurs domaines. Par ailleurs, le Groupe de Travail Egalité Genre et Inclusion dans l’action humanitaire va appuyer le Cluster à développer un guide pratique qui permettra au Cluster de suivre la prise en compte de l’égalité genre et de l’inclusion dans les projets de protection.

Suivi de la réponse

Les données d’indicateurs de suivi de réponse seront collectées à travers la 5W, sur une base trimestrielle. Les chiffres validés seront partagés à travers les différents outils (factsheet, tableau de bord, infographie, 5W etc).

Les données d’indicateurs sur les besoins seront collectées à travers les rapports d’évaluation des besoins des partenaires, les rapports de monitoring de protection, les flashs rapports publiés à la suite des alertes flashs ainsi que les données collectées par CONASUR qui seront analysées trimestriellement dans le cadre du Groupe conjoint d’analyse de protection (GCAP). Ces analyses factuelles trimestrielles seront complétées par les résultats d’enquêtes-ménages et informateurs-clés réalisées par le monitoring de protection inter-agence (Projet 21) et celles de la MSNA réalisée par REACH-IMPACT.

Suivez les liens ci-dessous pour plus des détails sur le travail du cluster :

data.unhcr.org/bfa https://globalprotectioncluster.org

Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.6.1 Lutte anti-mines (LAM)

Personnes dans le besoin
1,9M
Personnes ciblées
208k
Fonds requis
2,3M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

La menace explosive demeure préoccupante en raison de la présence des EEI impactant de plus en plus de populations civiles. En effet, au premier semestre de 2024, 146 incidents liés aux EEI ont été enregistrés comparé à 101 au premier semestre de 2023 (et 168 sur toute l’année 2023). On note également une augmentation du nombre de victimes civiles. Sur 293 victimes, 185 étaient des civils représentant 63 pour cent à majorité des femmes et des enfants (67 pour cent). A ce jour 10 des 12 régions du Burkina Faso sont touchées par la menace, cependant en 2024 on observe une intensification de la présence des EEI dans la région de la Boucle du Mouhoun et du Centre nord ainsi qu’une expansion dans la région des Cascades.

La majorité des EEI sont radios commandés ciblant les convois et activés par la victime exposant les civiles en particulier les femmes et les enfants ainsi que les PDI, lors du déplacement, y compris leur retour dans les localités d’origine.

On estime à 1.9 millions de personnes dans le besoin en lien avec la menace existante mais également la présence potentielle de Restes Explosifs de Guerre (REG) en raison de l’intensification des combats dans certaines régions notamment le Sahel et l’Est.

Les EEI sont en général localisés le long des routes et entrave la liberté de mouvement, tout en créant un sentiment de terreur. Le caractère indiscriminé des EEI activé par la victime ainsi que la présence potentielle des Restes Explosifs de Guerre (REG) dans les zones de combat augmentent les risques pour les populations civiles car tout type d’engins explosifs même des années après la fin des hostilités demeure un danger immédiat pour chaque personne se trouvant à proximité.

Une analyse du secteur de la lutte antimines permet de mettre en évidence une couverture insuffisante des besoins et une faible présence des acteurs : la menace explosive est apparue en 2017 au Burkina selon les premiers incidents enregistrés par le Service de lutte antimines des nations unies et depuis elle n’a cessé de s’intensifié autant en nombre que géographiquement. En raison du manque de capacités techniques et financières, très peu d’acteurs dans le domaine.

A ce jour, la réponse apportée ne concerne que l’éducation aux risques des EEI et ne couvrent pas l’ensemble des régions affectées (toutes les régions exceptées le Centre et le Plateau Central).

On enregistre également de plus en plus de victimes civiles cependant aucun mécanisme ne permet de disposer de données sur les victimes assistées, le type d’assistance et les acteurs impliqués. En effet aucun circuit de référencement et mapping des acteurs n’est disponible pour le secteur.

L’un des besoins cruciaux du secteur demeure la collecte de données aussi bien sur les incidents que sur les victimes : En effet, depuis 2019, UNMAS a assuré la collecte et la gestion des données liés aux incidents EEI et victimes. En 2024, en raison d’absence de financements, UNMAS a fermé son programme en août, occasionnant un déficit dans la collecte et la gestion de données. En effet, la CNCA en tant qu’autorité nationale ne dispose pas des capacités nécessaires tandis que la gestion de l’information reste un volet important de l’action contre les mines car elle permet d’évaluer les zones affectées, les populations à risque et les besoins.

Stratégie de réponse

Pour faire face aux besoins identifiés, Quatre principaux axes d’intervention sont envisagés :

Prévention :

Dans un contexte ou le déminage humanitaire ne peut être mis en œuvre en raison de la présence de conflits actifs, l’éducation aux risques des engins explosifs reste le moyen privilégié de fournir aux communautés les informations nécessaires pour se protéger contre les engins explosifs en particulier improvisés et les REG.

Il s’agira dans un premier temps de conduire des sessions de sensibilisation pour les communautés à travers des organisations locales dont les capacités seront renforcées. Cette approche permet en plus de renforcer les capacités locales et nationales, d’accroitre également les capacités de réponse des acteurs dans le domaine de la lutte antimines afin d’atteindre les personnes les plus à risques dans les localités difficile d’accès.

Dans un second temps, pour atteindre le maximum de personnes et palier à l’insuffisance d’acteurs sur le terrain, la prévention intègrera la diffusion de messages radio de sensibilisation, traduit en plusieurs langues nationales et locales et diffusés à travers le pays.

A cela, s’ajoute la mutualisation des ressources en privilégiant l’approche multisectorielle : Un plaidoyer et des échanges seront engagés avec d’autres secteurs connexes tels que l’éducation, la protection de l’enfance, la protection générale, etc. afin d’intégrer l’éducation aux risques des EEI dans leurs réponses.

Les acteurs humanitaires étant également exposés aux risques des engins explosifs, des sessions d’information et de sensibilisation leurs seront également délivrées pour contribuer à leur sécurité et supporter l’action humanitaire.

En outre, des discussions et travaux seront menées avec les autorités et autres acteurs impliqués afin de mettre en place un mécanisme de collecte de données sur les incidents et les victimes. Données qui permettront d’orienter la réponse sectorielle et multisectorielle.

Assistance aux victimes :

A travers le renforcement des mécanismes de référencement par la collecte d’informations sur les victimes et les services existants de prise en charge ainsi que la définition et la diffusion d’un circuit de référencement des victimes.

Par ailleurs, Il s’agira également de conduire une nouvelle approche qui consiste à former des membres de communautés, des points focaux communautaires, en tant que premiers intervenants à fournir des soins d’urgence aux victimes d’EEI afin d’augmenter les chances de survie et/ou minimiser les séquelles post explosion.

Renforcement des mécanismes communautaires et localisation :

Les ressources étant limitées et les zones difficiles d’accès et pour pérenniser les actions, la stratégie de réponse intègre le renforcement de capacités des acteurs locaux pour la mise en œuvre des activités mais également la formation de points focaux communautaires en sensibilisation aux risques et soins de d’urgence. A ce volet, les acteurs du secteur intègreront des activités de réduction de violence armée visant à favoriser la cohésion sociale entre les communautés.

Renforcement du cadre normatif :

Il s’agira de poursuivre l’appui au développement de normes nationales d’action contre les mines (NOBAM) et à la mise en œuvre de la convention sur l'interdiction des mines anti personnelles (APMBC) à travers l’organisation de sessions de formation sur les normes, la gestion de l’information ainsi que le renforcement des capacités et l’appui à la commission en lien avec les obligations de la convention en particulier le rapportage.

Ciblage et priorisation

Pour une population totale dans le besoin de 1 909 220 personnes, les acteurs de la lutte antimines humanitaire prévoient de cibler 208 101 personnes, dont 47 pour cent de PDI et 53 pour cent de non PDI incluant les personnes retournées dans les régions les plus affectées par la menace explosive à savoir le Sahel, l’Est, la Boucle du Mouhoun, le Nord, le Centre-Nord et les Cascades. Cette cible concerne les personnes directement touchées par la réponse cependant il est prévu des activités telles que la diffusion de messages radio qui permettraient de toucher plus de personnes dans le besoin.

En outre pour mieux affiner le ciblage, une analyse contextuelle sera menée avant les campagnes de sensibilisation pour identifier avec exactitude les groupes les plus vulnérables. Cependant les femmes et les enfants seront particulièrement ciblés car représentant 67 pour cent des victimes civiles entre janvier et juin 2024 en plus des PDI afin de prévenir les risques encourus lors des retours spontanés.

Les activités seront adaptées aux publics cibles, femmes, enfants et personnes handicapées

Les activités du secteur de la lutte antimines visent les objectifs sectoriels suivants :

  • Objectif sectoriel 1 : 209.101 personnes (Femmes, hommes et enfants) bénéficient de sessions d'Education aux Risques des Engins Explosifs (EREE)
  • Objectif sectoriel 2 : Au moins 168 personnes (victimes et familles de victimes d’EEI) bénéficient de services d'assistance (Soins d'urgence et référencement)

UBC et coût de réponse

2.346.786 USD sont nécessaires pour fournir une réponse à environ 208.000 personnes. Ce budget a été établi en utilisant l’approche du coût unitaire par activité, dont les détails sont les suivants :

ActivitésCoût unitaireBudget requis
Education aux risques posés par les Engins Explosifs Improvisés (EEI) au profit des communautés112 289 111
Formations de points focaux à la sensibilisation aux risques posés par les EEI dans les zones impactées13710 275
Formations des membres de communautés à l'administration de soins d'urgence aux victimes d'EEI16526 400
Renforcement des mécanismes de référencement et de prise en charge des victimes d'EEI12521 000

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Les activités du secteur intègreront une approche de planification et de mise en œuvre qui prend en compte le genre et la diversité en particulier dans la définition des cibles, la composition des équipes et la conduite des actions et ce, dans le but de garantir une réponse appropriée pour tous les groupes vulnérables et à risque incluant les personnes vivant avec un handicap.

De plus dans le cadre des activités du domaine de responsabilité, des sessions de formation et d’information seront conduites sur les thématiques de la centralité de la protection, de l’engagement Communautaire et la redevabilité ainsi que la protection contre l'exploitation et les abus sexuels (PEAS) afin de permettre aux acteurs une meilleure compréhension et intégration des concepts.

Des consultations seront menées avec le Groupe de Travail Engagement Communautaire et Redevabilité afin d’identifier les mécanismes de plaintes pouvant être vulgariser lors des interventions ainsi que des actions additionnelles à entreprendre.

Suivi de la réponse

La collecte de données du secteur est assurée par la coordination du domaine de responsabilité qui s’assurera que les données collectées auprès des acteurs soient consolidées et partagées dans le cadre du suivi de la réponse globale. La fréquence de collecte et analyse des données est mensuelle, en accord avec la matrice 5w et la régularité des réunions du domaine de responsabilité.

Sur base des données collectées en particulier sur la menace et les besoins, des analyses trimestrielles seront produites permettant une orientation des actions en fonction de la réponse apportée et des besoins reportés.

Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.6.2 Logement terre et biens (LTB)

Personnes dans le besoin
1,6M
Personnes ciblées
485k
Fonds requis
3,2M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

En 2025, les besoins humanitaires dans le secteur du Droit au Logement, à la Terre et aux Biens (LTB) restent concentrés sur l'accès sécurisé à la terre, aux propriétés et aux ressources naturelles pour les personnes affectées par la crise :

  • PDI et personnes retournées : Les PDI, et les personnes retournées sont les groupes les plus affectés par les défis liés à l'accès à la terre et aux propriétés. Ils sont exposés à des risques de protection accrus, notamment liés à la VBG et aux intempéries dans les sites d'accueil temporaire et rencontrent des difficultés pour accéder au logement et à la terre.
  • Femmes et groupes vulnérables : Les femmes, en particulier les veuves, les femmes divorcées et les femmes cheffes de ménage, sont souvent exclues des droits fonciers en raison de pratiques foncières patriarcales et/ou discriminatoires. Leur accès à la terre est essentiel pour la subsistance de leur foyer, mais elles sont souvent parmi les plus vulnérables à l'occupation secondaire de leurs biens ou aux conflits fonciers.
  • Communautés hôtes : La pression exercée par les PDI sur les terres des communautés hôtes, incluant les sources d’énergie naturelles telles que le bois de chauffe entraîne des tensions croissantes autour de ces ressources naturelles. Les conflits liés à l’utilisation des ressources naturelles deviennent fréquents, affectant la coexistence pacifique dans ces zones.

Stratégie de réponse

  • La stratégie de réponse LTB pour 2025 met l'accent sur la sécurité d’occupation, la gestion des conflits fonciers et les approches transversales comme le Nexus Humanitaire-Développement, l’intégration des groupes vulnérables et du genre, ainsi que les principes d’AAP et de PSEA
  • Sécurité d’occupation : renforcement des mécanismes juridiques et communautaires pour sécuriser l'accès à la terre des personnes affectées par la crise, notamment à travers des documents fonciers ou des accords de partage de terres et de ressources naturelles entre communautés hôtes et PDI.
  • Accès des femmes chefs de ménage et groupes vulnérables à la terre : Leur accès à la terre est essentiel pour la subsistance de leur foyer, mais aussi permet de réduire les risques de VBG auxquelles elles sont exposées.
  • Mécanismes de prévention et de gestion des conflits fonciers : renforcement des capacités locales à prévenir et résoudre pacifiquement les conflits fonciers, tout en intégrant des pratiques inclusives de partage des ressources entre PDI et hôtes. Cela nécessitera également de développer des activités d’assistance et de conseils juridiques aux victimes de violation des droits de propriété foncière identifiés.

Ciblage et priorisation

Dans sa stratégie de ciblage et de priorisation, l’AoR priorise les PDI/retournées et les non PDI identifiées selon ; le niveau de sévérité, les besoins et les conditions d’accès. Ainsi, 484 995 personnes (PDI/retournées et les non PDI) seront réparties en trois catégories pour la réponse :

  1. Les personnes dans les communes d’avec des besoins élevés (sévérité 3 ou 4) et un accès facile (<2) sont ciblées ;
  2. Les personnes dans les communes de sévérité 4 avec un accès plus difficile (sévérité d’accès 2) sont incluses :
  3. Les personnes dans les communes de sévérité 3 ou 4 avec un accès très difficile (sévérité d’accès 3) sont prises en compte

En fonction de la présence opérationnelle des partenaires, la couverture a été réajustée de 10 pour cent à 25 pour cent selon les communes sur la base de la capacité des partenaires.

UBC et coût de réponse

Le coût global par activité sectorielle est calculé en multipliant la cible visée (nombre de bénéficiaires) par le coût unitaire par activité. Cela permet d’obtenir une estimation précise des ressources financières nécessaires pour la mise en œuvre de chaque activité dans une approche sectorielle.

Le budget requis du cluster correspond à la somme totale des coûts de toutes les activités sectorielles (∑ coûts activités sectorielles). Ce calcul globalise les besoins financiers pour répondre aux priorités identifiées dans le secteur, en tenant compte des objectifs opérationnels fixés pour les bénéficiaires.

Cette approche garantit une planification budgétaire claire et transparente, facilitant le plaidoyer pour le financement nécessaire et une coordination efficace au sein du cluster.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

  1. Redevabilité envers les personnes affectées :
  • Les activités sont conçues avec une participation active des personnes déplacées internes (PDI) et des communautés hôtes, via des consultations régulières et des mécanismes de feedback. Cela garantit que leurs besoins prioritaires et leurs préoccupations sont intégrés dans la réponse.
  1. Protection contre l'exploitation et les abus sexuels (PEAS) :

Les mécanismes de signalement accessibles et confidentiels sont vulgarisés dans les zones d’intervention, et les membres de l’AoR sont formé sur EAS, ils sont informés et sont à mesure de dénoncer les abus et orienter les victimes vers des services adaptés.

  1. Genre, âge, handicap et autres diversités :
  • Le secteur adopte une approche sensible au genre et à la diversité, avec un ciblage spécifique des femmes chefs de ménage, des personnes âgées, et des personnes en situation de handicap pour garantir leur accès équitable à la terre, aux logements et aux ressources. Des mesures d'autonomisation, comme des formations ou l'attribution prioritaire de ressources, renforcent leur résilience.

Cette stratégie assure une réponse inclusive, respectueuse et centrée sur les personnes.

Suivi

  1. Suivi de la situation :
  • Des évaluations périodiques des besoins des personnes déplacées internes (PDI) et des communautés hôtes vulnérables sont menées pour surveiller l’évolution de leur accès à la terre, au logement et aux biens. Ces évaluations incluent des indicateurs spécifiques sur les dynamiques de déplacement, la disponibilité des ressources et les vulnérabilités émergentes.
  1. Suivi des risques :
  • Les risques, tels que les conflits liés à l’accès à la terre, les évictions forcées ou les risques de protection (y compris les violences basées sur le genre), sont identifiés et surveillés à travers des mécanismes communautaires et des rapports de terrain. Des mesures d'atténuation sont intégrées aux interventions.
  1. Suivi de la réponse :
  • Les progrès des activités sectorielles sont suivis à l’aide d’indicateurs clés. Des rapports périodiques (5W) sont établis pour évaluer l’atteinte des objectifs et ajuster les stratégies en fonction des écarts identifiés.
  1. Suivi des questions transversales et de l’inclusivité :
  • La programmation est évaluée pour garantir qu’elle intègre les dimensions de genre, d’âge, de handicap et de diversité. Par exemple, des visites terrain vérifient que les femmes, les personnes handicapées et d’autres groupes marginalisés bénéficient équitablement des interventions.
  • Des mécanismes de redevabilité (consultations et retours communautaires) permettent d’assurer que la réponse humanitaire est inclusive, équitable et adaptée aux besoins de tous.

Pour plus d’information sur le travail du secteur, suivez les liens ci-dessous :


Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.6.3 Protection de l'enfance (CP)

Personnes dans le besoin
1,8M
Personnes ciblées
756k
Fonds requis
53,2M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

Au Burkina Faso les déplacements de la population affectent majoritairement les enfants qui représentent 58.50 pour cent de personnes déplacées internes, selon leur situation par communes publiée par le CONASUR en mars 2023.

Investir dans la protection des enfants c'est croire en des lendemains meilleurs, c'est protéger l'avenir du Burkina Faso. Dans un contexte de crise de protection, la durée des déplacements est de plus en plus longue et en dépit de leur diminution relative, les risques de protection demeurent importants. L’efficacité de la réponse doit être améliorée.

Le CP AoR estime qu’en 2025 1 842,924 enfants auront besoin d’être protégés des principaux risques suivants : exposition à la violence psychologique, séparation familiale, dangers liés aux engins explosifs improvisés, violences sexuelles, travail dangereux, déscolarisation et adoption de stratégies d'adaptation nocives notamment mariages d'enfants et mutilations génitales féminines.

En cas de chocs lié à l’insécurité physique, alimentaire ou médicale, faire preuve de capacité d’action rapide pour protéger les enfants et sauver des vies est une nécessité absolue.

Faire de l’école un lieu de socialisation et de protection, accompagner les adolescents vers l’autonomisation pour une vie d’adulte et de citoyen actif est indispensable. L’utilisation ou l’occupation des écoles à d’autres fins est inacceptable. La protection de l’enfant étant un pilier central elle permet des interventions transversales, pour fournir une réponse holistique et efficace à toute la communauté affectée.

Au Burkina Faso les déplacements massifs de population affectent majoritairement les enfants qui représentent près de 60% des personnes déplacées internes. Les enfants sont exposés à des risques accrus de séparation familiale, d'exploitation, d’enrôlement, de travaux dangereux, de blessures et de décès liés aux engins explosifs.

Environ 1,8 million d'enfants dont 52 pour cent de filles et 1.1 pour cent de handicapés auront un besoin urgent de protection en 2025, parce que la crise sécuritaire impacte leur vie avec des répercussions profondes sur leur bien-être.

Le dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU, relève plus de 1200 violations graves des droits des enfants en 2023 au Burkina Faso. Les enlèvements et les violences basées sur le genre sont une réalité alarmante. Selon les statistiques de l’AoR VBG publiées en semestre 2024, sur un total de 2974 cas de VBG, 5.9 pour cent sont des enfants. En périphérie des villes, la déperdition scolaire conduit des centaines d’enfants dans la rue ou à la mendicité. Ils sont ainsi privés de la protection familiale et institutionnelle, exposés à toutes sortes de violence, d’abus, de négligence et d’exploitation, les enfants sont des victimes qui font face à la dure réalité de la vie quotidienne.

Dans un tel contexte, il est plus que jamais nécessaire d’intervenir urgemment pour protéger les enfants vulnérables, leur fournir une réponse efficace, adaptée et appropriée pour atténuer leurs souffrances, sauver des vies et leur assurer un avenir radieux. C’est une condition sine qua none pour briser la chaîne intergénérationnelle de la violence et bâtir un Burkina stable et prospère.

Stratégie de réponse

Les acteurs membres du domaine de responsabilité Protection de l’enfant (CPAoR) contribuent à la réalisation des objectifs de protection des enfants suivants :

- Renforcement de la protection des enfants au sein des communautés, par l’appui aux structures communautaires, la fourniture des premiers secours psychosociaux, la mise en place de mécanismes de prévention et de réponse aux violences basées sur le genre, abus et exploitation sexuelle. Un soutien psychosocial pour chaque enfant affecté par la crise humanitaire.

- Amélioration de l’accès des enfants les plus vulnérables, à des services de réponse holistique par l’établissement de mécanismes de référencement adaptés aux enfants ;

- Assistance d'urgence aux enfants à besoin de protection, pour sauver des vies et atténuer les souffrances par le renforcement de l’approche gestion de cas.

Dans les espaces amis des enfants, une panoplie de services sera offerte dans l’esprit d’une réponse holistique à la convergence des besoins identifiés y compris par l’apport de rations alimentaires dans les EAE pour améliorer les apports nutritionnels requis pour les enfants. Il s’agira d’identifier les enfants en besoin de protection, de procéder au renforcement de capacités des enfants sur les compétences de vie courante et la sensibilisation sur les risques liés aux IED notamment dans les régions où le nombre de victimes enfants est très élevé (Boucle du Mouhoun, Nord, Cascades).

Une attention particulière sera accordée aux adolescents, garçons et filles, en raison de leur vulnérabilité face aux nombreux besoins non satisfaits en matière de sécurité, d'accès aux infrastructures sociales de base et d'éducation. L'objectif est de renforcer leur résilience et de favoriser leur autonomisation.

L'approche de ciblage choisie, tient compte des leçons apprises de la réponse humanitaire de 2024, de l’avis des experts au niveau opérationnel, des contraintes d'accès et des capacités d’intervention des partenaires. Une priorité sera accordée aux localités dans lesquelles il y une grappe de convergence des besoins multisectoriels notamment dans l’accès aux services d’action sociale, à l’eau, à l’éducation, aux infrastructures sanitaires. Pour 2025, le CP AoR cible 755,730 enfants, dont 392,979 filles et 4780 enfants en situation de handicap, dans les dix régions prioritaires (Boucle du Mouhoun, Cascades, Centre-Est, Centre-Nord, Centre-Ouest, Est, Hauts-Bassins, Nord, Sahel, Sud-Ouest).

Enfin, les acteurs de la protection de l’enfant poursuivront le déploiement de stratégies mobiles et l’approche réseau de protection pour atteindre les populations vivant dans des zones difficiles d'accès pour que personne ne soit laissée pour compte.

Ciblage et priorisation

L'approche de ciblage tient compte des enseignements de la réponse humanitaire de 2024, des différentes consultations avec les experts au niveau opérationnel, des contraintes d'accès et des capacités des partenaires. Priorité a été accordée aux localités où les besoins de protection de l’enfant sont plus aigus, et aux zones difficiles d'accès. Le focus du CP AoR sera sur la fourniture de services aux enfants affectés surtout les plus vulnérables, au renforcement de capacités des acteurs communautaires et aux activités de prévention. Les EAE, fixes, mobiles, permanents ou temporaires constitueront des points d'entrée pour délivrer des services de santé mentale, de soutien psychosocial et des paquets de services multisectoriels intégrés comprenant : l’identification des besoins de protection, de la malnutrition et le référencement vers les services. Des activités de compétences de vie courante, d'apprentissage professionnel la sensibilisation sur diverses thématiques menées et au besoin, en lien avec l’éducation des espaces temporaires d’apprentissages seront installés.

En fonction des intempéries et de leur impact sur l'environnement, la cohésion sociale, la sensibilisation sera faite sur diverses thématiques.

L’accent sera mis sur l'accès équitable et sécurisé à des services de protection de l'enfant de qualité grâce au renforcement de capacité des acteurs du système de protection de l’enfant. Des interventions coordonnées, entre les acteurs de développement et d’urgence intégreront une approche holistique et intégrée, visant les enfants, les adolescents et leurs parents notamment dans des zones à forts défis sécuritaires. Les survivants de violences ou ceux à risque bénéficieront de mesures spéciales de protection. Une attention particulière sera accordée aux enfants non accompagnés ou séparés, aux Enfants Rencontrés lors des Opérations de Sécurisation du Territoire (EROST), aux enfants handicapés, ainsi qu'aux victimes de violences sexuelles. Un effort particulier sera mis sur le renforcement des capacités des acteurs locaux/communautaires impliqués dans la protection de l’enfant. Une approche intégrée avec d’autres secteurs (VBG, éducation, LAM, GSAT, Sécurité alimentaire) sera adoptée pour garantir la centralité de la protection et la complémentarité des interventions en plaçant les enfants au cœur de toutes les interventions et fournir un paquet intégré de services de protection de l’enfant.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

La redevabilité envers les enfants touchés par la crise humanitaire est essentielle pour garantir la reconnaissance et la satisfaction des droits et besoins spécifiques des jeunes Burkinabès. Les membres du CP AoR sont encouragés à impliquer les enfants dès la rédaction des projets, à leur fournir des informations claires et adaptées à leur âge et à créer des mécanismes de rétroaction où leurs voix peuvent être entendues et prises en compte, tout en respectant les principes de confidentialité. Transparence et responsabilité dans les actions de protection de l’enfant, permettant de renforcer la confiance des enfants et des communautés et l’amélioration de l’efficacité et de l’impact des interventions.

Suivi

Le CP-AoR effectuera le suivi de la réponse à travers les outils de collecte notamment la matrice 5W et les missions de suivi mensuelle au niveau sous-national. Les données remontées par les partenaires seront consolidées et analysées et un retour leur sera fait de manière systématique.

Des tableaux de bord dynamiques et statiques, la cartographie des acteurs et des interventions seront produits mensuellement et mis en ligne pour le suivi des tendances et des réalisations. Les données rapportées seront désagrégées par sexe, âge, handicap et d’autres facteurs de vulnérabilité pertinents afin de faciliter le suivi des activités et ajuster la réponse en fonction des besoins.

La coordination continuera de partager les alertes de protection impactant les enfants en mobilisant les acteurs présents et actifs dans la zone pour assurer une réponse d’urgence et faire le suivi.

Trouvez le lien ci-dessous pour le snapshot mis à jour sur le CP AoR au Burkina Faso :

Microsoft Power BI


Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.6.4 Violence basée sur le genre (VBG)

Personnes dans le besoin
1,3M
Personnes ciblées
471k
Fonds requis
34,0M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

La Violence Basée sur le Genre (VBG) demeure l’une des violations des droits humains affectant particulièrement les femmes et les filles. La précarité des conditions de vie et la grande dépendance à l’assistance humanitaire exposent davantage les femmes et les filles aux risques d’enlèvement et aux incidents Engins Explosifs Improvisés (EEI). Selon le monitoring de protection, au premier semestre 2024, une centaine de femmes et filles ont été enlevées lors de la recherche de bois de chauffe, d’eau et de subsistance alimentaire. Les données de l’AoR Lutte Antimines (LAM) de janvier à mai 2024, montrent que 32 pour cent des victimes civiles des EEI sont des femmes. Les enfants représentent 35 pour cent.

Entre janvier et fin septembre 2024, le domaine de responsabilité sur les violences basées sur le genre (VBG) a assisté 5% de la cible sectorielle à travers : la prise en charge (PEC) de 4 252 cas déclarés de VBG – la distribution de 11 136 kits de dignité aux femmes et filles vulnérables et survivant(e)s de VBG – l’animation de groupe de parole au sein des espaces sûrs au profit de 9 892 femmes et 5 146 filles – la sensibilisation de 211 191 personnes dont 71 pour cent de femmes. La réponse VBG reste très timide à cause principalement de l’insuffisance des ressources et des difficultés d’accès à certaines localités. Il ressort de cette réponse que 98% des personnes survivantes sont les femmes et les filles et plus de 80 pour cent sont des personnes déplacées internes. De nombreux défis demeurent : 66 pour cent des personnes survivantes de viol ayant eu accès aux soins médicaux n’ont pas bénéficié de la PEC dans les 72H. Par ailleurs, 42 pour cent des personnes survivantes de viol n’ont pas eu accès à une PEC médicale. Comme évoqué plus haut, 87 pour cent des survivantes de viol sont des PDI. La prise en charge juridique et judicaire demeure très faible, à peine 1 pour cent des personnes survivantes ont accès à ce service. Il en est de même pour la réinsertion socio-économique où à peine 3 pour cent des survivantes ont accès à des activités génératrices de revenus pour atténuer les risques de VBG et contribuer à leur résilience.

Selon les analyses tirées des différents Dashboard VBG, le sous financement de la réponse 2024 (9,5 pour cent) empêche : 18946 personnes survivantes de bénéficier d’une prise en charge (PEC) ; 358 630 femmes et filles d’avoir accès aux informations qui sauvent des vies ; 138 579 femmes et filles de bénéficier d’un kit de dignité pour préserver leur dignité. Par ailleurs, chaque mois 20 femmes et filles risquent d’être enlevées, 08 femmes risquent de mourir ou de se retrouver handicapées à la suite des incidents liés aux EEI.

Stratégie de réponse

La réponse sur la VBG se fera en synergie avec le Ministère en charge de l’Action Humanitaire et de la Solidarité Nationale et tous les autres ministères contribuant à la prévention des VBG et la prise en charge multisectorielle et intégrée des personnes survivantes de VBG. Elle consistera à renforcer les services qui sauvent les vies des survivant-e-s de VBG, des femmes et des filles à risques de VBG et d’exploitation et abus sexuels par l’innovation et la disponibilité de services de qualité, la prévention et l’atténuation des risques de VBG.

Le domaine de responsabilité VBG renforcera l’accès et la disponibilité de services complets VBG, notamment la Santé Mentale et le Soutien Psychosocial, les services sanitaires et tout autre service nécessaire. L'AoR VBG collaborera avec l’AoR Protection de l’Enfant, les clusters éducation, sécurité alimentaire, Wash, santé et nutrition pour assurer une référence de qualité pour les enfants survivant-e-s de VBG et une prise en charge intégrée des personnes survivantes de VBG. Un accent particulier sera mis sur la collaboration avec tous les clusters pour l’intégration d’intervention VBG dans leurs stratégies de réponse pour une meilleure atténuation des risques de VBG et des exploitations et abus sexuels.

Les activités essentielles seront mises en œuvre à travers deux axes principaux : (i) la prise en charge multisectorielle et intégrée ; (ii) la prévention et l’atténuation des risques d’exposition à la VBG. La prévention et l’atténuation des risques d’exposition à la VBG consisteront de manière spécifique à : (a) Renforcer les actions d'atténuation des risques de VBG et de promotion de la sécurité et la dignité en faveur des femmes et filles à risque et survivant-e-s de VBG par la mise à disposition de kits de dignité, de ressources alternatives au bois de chauffe (bouteilles de gaz /faitout, fourneau et charbon écologique, bio-digesteur) ou de tout autres moyens de subsistance; (b) organiser dans les espaces sûrs au profit des femmes et filles vulnérables y compris les survivant-e-s de VBG/EAS des activités de groupe pour la réduction de leur exposition aux risques de VBG y compris les exploitation et abus sexuels et le renforcement de leur résilience ; (c) accompagner les secteurs humanitaires pour l'intégration d'interventions de prévention et atténuation des risques de VBG dans l'action humanitaire et (d) renforcer les actions de sensibilisation/prévention communautaire centrées sur la VBG, les services disponibles, les risques de VBG et EEI, le référencement et l'Exploitation et Abus Sexuels. L’accent sera mis sur les associations féminines, les autorités, les leaders communautaires-religieux, les leaders d’associations des hommes et des jeunes pour leur mobilisation et contribution dans la lutte contre les VBG.

La prise en charge multisectorielle des personnes survivantes de VBG se fera à travers des services de gestion des cas appropriés et de qualité, y compris les soins (intégration de la prise en charge de la santé sexuelle et reproductive et des VBG) et un soutien coordonné pour accéder aux autres services qui sont disponibles grâce à un système de référencement performant et mis à jour tous les 3 mois sans exclure la prise en charge psychosociale en ligne et les cliniques mobiles. Un accent particulier sera mis sur le renforcement de capacités des gestionnaires de cas et des prestataires de santé et de tous les acteurs clés intervenant dans la réponse. Une priorité sera aussi accordée au renforcement de capacité des agents communautaires en particulier les agents de santé à base communautaire (ASBC) et les accoucheuses villageoises (AV) pour le référencement d’une part et d’autre part la disponibilité des kits post viol et toutes ressources nécessaires dans les structures sanitaires pour une prise en charge médicale de qualité dans les délais requis surtout pour les cas de viol.

Compte tenu des difficultés d'accès, le domaine de responsabilité s’efforcera, dans la mesure du possible, de travailler à faciliter l’accès humanitaire pour garantir que les survivant-e-s puissent accéder aux services. Le domaine de responsabilité VBG s’aligne sur la stratégie d’intervention définie par le cluster Protection et ses domaines de responsabilité rattachés pour atteindre les zones prioritaires y compris celles difficiles d’accès. Le GBV AoR soutiendra toutes les initiatives visant la localisation afin de rapprocher les services auprès des populations en l’occurrence celles dans les zones difficiles d’accès. A cet effet, le domaine de responsabilité VBG renforcera la collaboration avec les leaders communautaires, traditionnels et guides religieux, les associations et organisations de femmes, les agents communautaires en particulier les ASBC et les AV pour améliorer la qualité de la réponse aux VBG y compris le référencement pour la prise en charge médicale des cas de viol dans le délai de 72h.

Par ailleurs, le GBV AoR continuera à renforcer les capacités de tous les acteurs humanitaires sur l’approche centrée sur la survivante pour garantir que tous les survivant-e-s – y compris les hommes et garçons - peuvent accéder en toute sécurité aux services et bénéficier d’un accompagnement adapté à leurs besoins et souhaits. Pour garantir l’adéquation et la qualité des interventions VBG, les acteurs du GBV AoR réaliseront des audits de sécurité et des évaluations impliquant les communautés. Les audits de sécurité, conjointement avec les données de réponse recueillies via les 5W, guideront une réponse basée sur des données probantes.

Le GBV AoR mettra l’accent sur l’intersectorialité de la réponse et sa complémentarité avec les programmes de développement.

Ciblage et priorisation

En 2025, l’AoR VBG cible 471 126 personnes, dans 9 régions et 142 communes pour bénéficier des interventions VBG. Cette cible est extraite du calcul des personnes dans le besoin (PIN) qui s’élève à 1 322 131. Le PIN a été calculé dans les communes de sévérité 3 et 4. Il n’y a pas de communes en sévérité 5. La majorité (40 pour cent) des communes de sévérité 4 se trouvent dans les zones frontalières avec le Benin, le Mali et le Niger.

La cible PDI est composée de 50 pour cent du PiN sévérité 3 et 70 pour cent du PiN sévérité 4. Quant à la cible Non PDI, elle est constituée de 15 pour cent du PiN sévérité 3 et 25 pour cent du PiN sévérité à 4. Les femmes et filles représentent 80 pour cent de la cible prévue pour 2024. Les personnes en situation de handicap représentent 15 pour cent de la cible globale. Il est à noter que pour le ciblage des bénéficiaires, le focus a été porté sur les communes à sévérité des besoins VBG 3 et 4. Cependant, dans la dynamique d’une assistance intégrée au profit des bénéficiaires, le choix final des communes ciblées pour les interventions des acteurs VBG s’est porté sur les communes à sévérité des besoins VBG 3 et 4 ayant également des sévérités intersectorielles supérieures ou égale à 3. En sus, les femmes et les filles étant dans le contexte actuel de la crise, les principales pourvoyeuses de ressources aux familles, ce qui les explosent davantage aux risques de VBG, la priorité dans le ciblage a été portée sur elles.

La coordination du domaine de responsabilité VBG à travers ses coordinations sous nationales et ses acteurs de lutte contre les VBG prioriseront :

  • Le renforcement et la pleine participation des organisations locales en l’occurrence les associations féminines, les associations des personnes handicapées et les organisations locales pour leur pleine participation à la réponse humanitaire. Le GBV AoR adoptera, si nécessaire, une approche féministe pour autonomiser les organisations féminines afin de leur permettre de jouer un rôle actif et de leadership dans la réponse humanitaire VBG.
  • Le renforcement des travailleurs humanitaires en première ligne y compris les agents de santé à base communautaire et les accoucheuses villageoises pour une meilleure implication dans les interventions humanitaires au niveau des communautés en l’occurrence celles difficiles d’accès. Leurs capacités seront renforcées pour apporter les premiers secours psychologiques et référer efficacement vers les structures de prise en charge.
  • La masculinité positive dans le travail avec les communautés afin de mieux prévenir les VBG, atténuer les risques de VBG et contribuer efficacement à la réponse par le référencement vers les services disponibles. Cette approche permettra le renforcement des activités de communication pour le changement social et comportemental à travers des messages qui sauvent les vies au niveau communautaire sur la VBG y compris les exploitation et abus sexuels et les mesures d’atténuation de risque VBG.
  • La recherche de solutions innovantes pour réduire l’utilisation du bois de chauffe et par ricochet contribuer à l’atténuation des risques de VBG tels que les enlèvements et les incidents liés aux EEI. La mise à disposition de ces alternatives aux bois de chauffe contribuera à la préservation de l’environnement et à la réduction des effets du changement climatique sur les femmes et les filles ainsi que leurs familles et communautés.

La continuité des services constitue une préoccupation majeure du domaine de responsabilité VBG. Pour assurer cette continuité, le domaine de responsabilité VBG fera un plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers, surtout ceux en charge du développement et de la consolidation de la paix pour une flexibilité des financements afin de couvrir les interventions VBG dans les zones humanitaires. Il est plus que nécessaire que les interventions VBG au Burkina Faso soient inscrites dans le nexus humanitaire, développement, paix pour aboutir à une réduction des VBG d’ici 2030.

Objectifs sectoriels

Deux objectifs sectoriels ont été défini par le domaine de responsabilité VBG dans le cadre de la mise en œuvre du plan de réponse humanitaire 2025. Il s’agit de :

  1. Prévenir les actes et atténuer les risques de violence basée sur le genre y compris la violence infligée par le partenaire intime et l'exploitation et Abus sexuels
  2. Assurer la prise en charge multisectorielle et intégrée des survivant(e)s de Violence Basée sur le Genre

De ces deux objectifs sectoriels, trois indicateurs ont été défini :

  1. # de personnes touchées par les activités d'atténuation de risques de VBG
  2. # de personnes touchées par les activités de prévention de VBG
  3. # de survivant (e)s de violences basées sur le genre ayant eu accès à au moins un service de prise en charge multisectorielle et intégrée (médicale, psychosociale, juridique, hébergement protégé, économique) incluant le cash transfert.

Il faut noter que cinq grandes activités stratégiques avec des indicateurs précis ont été défini par les acteurs de l’AoR VBG pour l’atteinte des objectifs sectoriels. Pour cette réponse, le domaine de responsabilité VBG et ses acteurs mettront l’accent sur les interventions visant à atténuer les risques de VBG et réduire l’exposition des femmes et filles aux risques d’enlèvement et d’incidents EEI. Par ailleurs, une attention particulière sera accordée aux activités qui contribueront à renforcer de la résilience des femmes et filles (information sur les services de prise en charge disponible, les avantages d'accéder au service de prise en charge, information sur les risques de VBG, EEI et les actions pour atténuer les risques).

UBC et Coût de réponse

Le budget global de la réponse a été calculé à travers l’approche du coût unitaire. Un coût unitaire a d’abord été calculé pour chaque activité sectorielle identifiée par l’AoR VBG sur la base des sous activités ou des détails (éléments de coûts) à considérer dans la réalisation/mise en œuvre de l’activité et ce en tenant également compte de la spécificité de l’activité. En effet, si pour certaines activités les éléments de coûts sont déterminés par personne, pour d’autres activités les éléments de coûts s’appliquent pour un groupe. Ainsi, on dispose d’un coût unitaire par activité et d’un coût global par activité multiplié par le nombre d’unité visé par l’activité.

Le budget du HNRP sera la somme totale des coûts par activités. Le coût unitaire global pour l’AoR VBG est calculé en divisant le budget global du HNRP par le nombre total d’unité (cible). En 2025, le cout unitaire global est de 72,08 USD et le budget requis pour la mise en œuvre activités VBG du HNRP se chiffrent à 33 962 950 USD.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Le domaine de responsabilité VBG est fortement impliqué dans les différents cadres de concertation existants pour la prévention de l’EAS et la prise en charge des victimes de EAS dans le système de gestion des cas de VBG. Par ailleurs, le domaine de responsabilité VBG assurera les rôles de plaidoyer et d’appui technique pour l’intégration des efforts d’atténuation des risques de VBG dans tous les secteurs humanitaires, conformément aux Directives du Comité permanent Inter organisations (IASC) pour l’intégration d’interventions liées à la VBG dans l’action humanitaire.

Par ailleurs le GBV AoR continuera à renforcer la représentativité des organisations locales dans les mécanismes de coordination et un meilleur accès aux opportunités de financement. Un accent sera mis sur l’amélioration des aspects de redevabilité au sein du secteur en lien étroit avec le groupe de travail engagement communautaire et redevabilité ainsi que le groupe de travail Egalité, Genre et inclusion dans l’humanitaire pour s’assurer de l’effectivité de la participation des communautés, en particulier les femmes dans le cycle de programme humanitaire. Il s’agira de mettre en place des mécanismes de feedback, de plaintes et un dispositif opérationnel de prévention contre les l’exploitation et les abus sexuels (PSEA) dans les espaces sûrs pour les femmes et les filles. Dans le cadre de l’amélioration de la prise en charge des victimes de EAS et les enfants et adolescents survivant-e-s de violences sexuelles, le domaine de responsabilité VBG renforcera sa collaboration avec le domaine de responsabilité de la protection de l’Enfant pour le déploiement effectif de la gestion de cas des enfants et adolescents survivants de violences sexuelles dans toutes les régions humanitaires.

Suivi

L’AoR VBG travaillera à renforcer les autres secteurs en vue de l’intégration des mesures de prévention et de mitigation dans leurs interventions et activités de collecte de données. Le résultat (rapport) des différentes collectes de données (évaluation sectorielle ou multisectorielle, les post distribution monitoring, etc,) seront exploités par la coordination de l’AoR VBG afin être informé des besoins spécifiques ainsi que les éventuels risques de VBG auxquelles sont ou ont été exposés les bénéficiaires en vue d’y apporter la réponse. En outre, l’AoR VBG, accordera un point d’honneur à l’exploitation des audits de sécurité qui seront réalisés ainsi que des alertes flash régionaux qui seront produits par le cluster Protection.

Des réunions périodiques seront tenues avec les coordinations sous nationales de l’AoR VBG afin de discuter de hotspots et des difficultés spécifiques rencontrées par chaque région. En outre, l’AoR VBG participera aux rencontres mensuelles des autres secteurs, l’objectif étant de s’assurer que les éventuelles préoccupations en lien avec les VBG qui seront soulevées puissent être adressées comme il se doit.

Les données VBG alimentant le cadre de résultats du HRP seront produites par les organisations membres du domaine de responsabilité VBG (AoR VBG), en particulier les structures gouvernementales, les agences du SNU et les ONG nationales et internationales. Ces données, collectées avec la matrice harmonisée 5W renseigneront les cinq indicateurs de l’AoR VBG et seront transmises mensuellement à la coordination de l’AoR VBG pour la compilation et le partage.

Par ailleurs, la coordination se chargera de la compilation trimestrielle des données, la production des dashboards mensuels et assurera leurs mises en ligne sur le RPM et le site Humanitarian Response. Le principal défi dans le processus de suivi est le retard dans la transmission des données ou le non-partage des données. A cet effet, une task force, composée des ONG, des agences du SNU et des structures gouvernementales, sera mise en place pour apporter un appui à l’harmonisation des outils de collecte, à la collecte et la transmission de données harmonisées et de qualité.

Suivez les activités de VBG AoR du Burkina Faso à travers le lien Relief web ci-dessous : https://reliefweb.int/updates?advanced-search=%28PC46%29_%28S1070_S8619%29_%28T4600%29&_gl=1*1qoag3e*_ga*MTQ3OTA0ODkyNi4xNjg5Njk0MzM4*_ga_E60ZNX2F68*MTY5MDQ3MjY5Ny4zLjEuMTY5MDQ3Mzk4Ny4yNS4wLjA.

Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.7 Santé

Personnes dans le besoin
2,0M
Personnes ciblées
1,3k
Fonds requis
$53,7M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

La situation sanitaire au Burkina Faso en 2025 demeure préoccupante avec une forte morbidité et mortalité, exacerbées par l'insécurité qui entrave l'accès aux soins. Avec près de 31 pour cent des formations sanitaires affectées par la crise, dont 17,7 pour cent complètement fermées, les services essentiels comme la vaccination, les soins d'urgence, et la prise en charge des femmes enceintes et des survivantes de violences basées sur le genre est compromise.

Le taux de décès des enfants malnutri aiguë sévère en interne est en hausse, particulièrement dans la région du Sahel, où ce taux atteint 12 pour cent.

Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement en médicaments et le manque de personnel de santé fuyant les attaques aggravent la situation.

Les tendances pour 2025 prévoient une aggravation des besoins sanitaires, avec un risque accru d'épidémies (rougeole, méningite, dengue). La crise humanitaire affecte environs 6 millions de personnes, dont 2 millions ont un besoin urgent d'accès aux soins.

Les priorités incluent l'amélioration de l'accès aux soins de santé primaires, la vaccination, les soins de santé sexuelle et reproductive en urgence y compris la prise en charge clinique des survivantes de VBG, la prise en charge des blessés

Stratégie de réponse

La stratégie d'intervention du cluster santé pour 2025 se focalise sur des actions prioritaires adaptées à l’évolution du contexte, tenant compte des défis liés à l’accès mais aussi à la pérennité des interventions.

  • Renforcement des services de santé de premier niveau et du niveau communautaire de soins : Il s’agit d’'améliorer l’offre de soins à travers le renforcement des infrastructures, de la disponibilité des ressources humaines, des matériels médicotechniques et des médicaments afin que les structures de santé primaires puissent offrir des soins primaires de qualité Parallèlement, le renforcement du niveau communautaire vise à rapprocher les soins des populations locales. Cette stratégie s'appuie sur l'approche développée par le centre des opérations de réponses aux urgences sanitaires (CORUS) et met l'accent sur la localisation, afin d'assurer des réponses pérennes et mieux adaptées aux besoins spécifiques des communautés.
  • Renforcement des soins du niveau secondaires dans les zones enclavées : il s’agira de fournir des équipements médicaux et le soutien au déploiement des ressources humaines spécialisées pour renforcer les plateaux techniques des centres médicaux avec Antenne chirurgicale en vue d’une meilleure prise en charge des blessés, des troubles mentaux, des VBG et autres urgences médicochirurgicales.
  • Appui à la réouverture des formations sanitaires : L'une des priorités est de soutenir la réouverture des établissements de santé là où les conditions sécuritaires le permettent, tout en renforçant les stocks de contingence dans les zones d’accès difficile, avec une attention particulière à leur protection contre les attaques. Enfin, la stratégie met l'accent sur la collaboration entre les différents acteurs du cluster santé, l'harmonisation des interventions entre les régions, ainsi que l'intégration des services sociaux des secteurs privés dans la prise en charge des populations. Cela s’inscrit dans une démarche de durabilité et de renforcement de la résilience du système de santé​

La complexité et la gravité de la crise humanitaire au Burkina Faso entrainent une augmentation sans cesse du nombre de personnes ayant besoin d'une assistance médicale. La réponse à ces besoins pour l’amélioration des résultats en matière de santé de la population, nécessite une mise en œuvre à l’échelle des huit régions humanitaires des interventions de santé dont l’efficacité est prouvée.

Pour renforcer davantage l’accès aux services, les partenaires du Cluster Santé vont collaborer avec les autorités sanitaires pour la mise en œuvre de certaines interventions de terrain, notamment dans les zones d’accès difficiles et ou avec formations sanitaires fermées ou fonctionnant à minima. Il s’agira de redynamiser l'offre des soins de santé d’urgence dans les formations sanitaires, les cliniques mobiles, les postes de santé avancés (PSA) et les interventions communautaires en se basant sur le réseau des ASBC mis en place par le ministère de la santé.

Par ailleurs, le cluster santé est en train de finaliser le plan de localisation dont l’objectif sera d’engager significativement les partenaires locaux dans la réponse, la représentation, la participation et le leadership des acteurs locaux et nationaux dans le mécanisme de coordination du Cluster/Secteur de la Santé et d'autres mécanismes de coordination pour les réponses humanitaires là où ils existent, conformément aux directives du CPI/ASC.

Les partenaires du cluster santé ont une présence opérationnelle dans ces régions et ils travailleront à la renforcer de sorte à pouvoir atteindre toutes les personnes dans le besoin de soins de santé. Le cluster santé coordonnera l’action de ses partenaires pour pouvoir adresser les besoins des populations affectées par la crise, voire riposter efficacement aux éventuelles épidémies au fur et à mesure qu'elles surviennent parmi les populations.

Le cluster santé va également continuer à travailler étroitement avec les autres clusters notamment avec le Cluster WASH, le Cluster Nutrition, le Cluster Sécurité alimentaire ainsi que le Cluster Protection, pour apporter une réponse multisectorielle et complémentaire.

Ciblage et priorisation

La stratégie de ciblage et de priorisation s’articule autour de cinq (5) points à savoir :

  • L’alignement sur les communes à sévérités 3 et 4 de l’intersectoriel ;
  • La prise en compte des capacités de réponses actuelles des partenaires ainsi que les projections pour l’année 2025 ;
  • Le positionnement actuel des partenaires du cluster afin de maintenir l’assistance sanitaire déjà en cours dans 130 formations sanitaires publiques, 44 postes de santé avancés (PSA) et 23 cliniques mobiles ;
  • L’intérêt accordé aux régions ayant de fortes proportions de formations sanitaires affectées (FS fermées ou fonctionnant à minima) par la crise sécuritaire à savoir le Sahel (86 pour cent), l’Est (65 pour cent), le Centre-Nord (61 pour cent), la Boucle du Mouhoun (49 pour cent) et le Nord (31 pour cent) ;
  • Les communes avec une récurrence de chocs au cours des 3 dernières années afin d’améliorer les délais de réponses lors des alertes du GCORR.

UBC et coût de réponse

L'évaluation du coût unitaire de la prise en charge au sein du cluster santé repose sur l'identification de services essentiels et de la mesure des besoins de la population.

Chaque service (soins curatifs, soins ambulatoires, hospitalisation) est lié à des pathologies spécifiques (paludisme, infections respiratoires, accouchements par césarienne, etc.). En plus, les stratégies adaptatives mises en place pour faciliter l’offre de soins dans les zones d’afflux (cliniques mobiles, postes médicaux avancés, plateaux techniques, les stratégies santé communautaire) sont aussi des éléments impactant le coût des soins.

  • Définition des Services et Types de Soins

Chaque type de soin est décrit en termes de besoin, souvent mesuré en proportion de la population ou en nombre de cas attendus. Par exemple, pour des soins curatifs ambulatoires, on évalue les taux de maladies fréquentes comme le paludisme ou les infections respiratoires aiguës.

  • Calcul du Coût Unitaire

Les coûts unitaires pour chaque service sont obtenus en analysant les dépenses de personnel, les fournitures médicales nécessaires, les frais d'infrastructures (équipements, lits, etc.), les coûts de transport et les coûts administratifs.

Les coûts par pathologie sont également étudiés. Par exemple, un coût unitaire pour le traitement du paludisme inclut les médicaments, le personnel, et le suivi post-traitement.

  • Adaptation aux Proportions des Besoins

Les pourcentages de la population affectée par des pathologies spécifiques permettent de pondérer le budget selon les besoins réels. Par exemple, si 33,8 pour cent des soins curatifs ambulatoires sont pour le paludisme, ce chiffre oriente la répartition des ressources et l’évaluation des coûts unitaires dans ce domaine spécifique.

  • Intégration des Coûts de Sévérité

Les coûts unitaires peuvent varier selon la gravité des cas. Par exemple un cas de paludisme grave coûte davantage en termes de soins et de ressources humaines par rapport à un cas simple, et le budget le reflète par une adaptation des coûts unitaires.

La combinaison de ces étapes, a permis de cluster santé de déterminer un coût unitaire de 40$ par personne et par an soit un budget total de 53,657,000 $ pour l’année 2025.

Le cout unitaire est passé de 34 $ à 40 $ de 2024 à 2025 essentiellement à cause du renchérissement des couts du transport

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Le cluster santé soutiendra la prise en considération de la protection transversale dans la programmation sectorielle au moyen de conseils, de directives et de formations.

Ainsi au nombre des stratégies qui seront mises en œuvre, on comptera :

  • Le renforcement des capacités des membres du Cluster Santé en protection transversale ;
  • Le renforcement des capacités des agents de santé en protection (PSP, VBG, Identification et référence de cas de protection,) ;
  • L’intégration des activités de protection en santé ;
  • La collaboration avec les autres secteurs dans la gestion des cas en besoin de protection ;
  • La formation des acteurs de la santé sur la prise en charge médicale des cas de VBG.

La redevabilité envers les populations affectées sera au cœur de l’action des partenaires du Cluster Santé au cours de l’année 2025. Le Cluster encouragera ainsi la mise en place au cours de toutes les interventions d’un mécanisme de redevabilité et de gestion des plaintes. L’existence de ces mécanismes sera indiquée aux parties prenantes lors des réunions de lancement/présentation des interventions et sera rappelée lors des séances de sensibilisation

Ces mécanismes seront le plus inclusifs possibles et adaptés à toute la population, toutes les informations sur l’existence et le fonctionnement du mécanisme sont traduites en langues locales. Des boîtes à suggestions seront mises en place dans des endroits stratégiques accessibles, sûrs et discrets (PSA, Formations sanitaires, Sites de clinique mobile et aussi en communauté) pour recueillir les avis des utilisateurs des services.

Le Cluster encouragera également la mise en place de lignes vertes dans la mesure du possible pour permettre aux personnes ne pouvant ou ne voulant pas utiliser les boîtes à suggestion de s’exprimer par un autre moyen.

Les partenaires du Cluster santé devront mettre en place des comités de gestion ou des points focaux pour le traitement des informations recueilli avec des membres choisis par la communauté qui les représente (en veillant spécifiquement à intégrer le genre, notamment en veillant à avoir un représentant des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap).

Les retours seront traités de manière confidentielle et anonyme afin de respecter le principe du Do No Harm et des réponses apportées aux communautés pour l’ensemble des plaintes.

Les partenaires du Cluster santé veillerons à l’organisation d’atelier de capitalisation et de redevabilité à la fin de leurs interventions.

Le Cluster et ses partenaires travaillerons en synergie avec le Groupe de travail (GT) sur l'engagement communautaire et la redevabilité (Community Engagement and Accountability Working Group ou CEAWG) et ses cellules techniques de redevabilité au niveau des régions pour une analyse commune des retours de la communauté et l’établissement d’un consensus pour la diffusion commune de messages.

Suivi

Les indicateurs dans le cadre sectoriel seront suivis à travers un cadre de travail harmonisé et les outils validés avec les partenaires du cluster santé. Le cluster santé possède une unité de gestion de l’information qui se chargera d’assurer la mise en œuvre efficace du cadre de suivi des activités. L’unité de gestion de l’information travaillera en étroite collaboration avec les partenaires pour la collecte d’informations à la fréquence trimestrielle. Toutes les activités seront consignées dans un plan détaillé de suivi défini dans un outil utilisé de suivi des performances des indicateurs. Les enquêtes seront régulièrement utilisées pour recueillir les informations. En plus le bulletin mensuel du Cluster Santé produit à la fréquence mensuelle sera bien utilisé pour renseigner certains indicateurs. Les réunions mensuelles prendront soins de passer en revue les défis rencontrés dans la mise en œuvre des interventions et proposer des pistes de solution aux différents partenaires selon les besoins. 

Indicateurs du secteur de suivi du contexte et besoins (Pas des opérations) Sources de collecte Périodicité de collecte
Nombre de personnes ayant reçu les soins de santé d’urgence par niveau d’offre de soins, y compris en situation d’épidémie Ministère de la santé et partenaires du cluster santé Mensuelle
Nombre de personnes ayant reçu des soins de santé sexuelle et reproductives d’urgences en situation d’urgence Ministère de la santé et partenaires du cluster santé Mensuelle
Nombre de personnes ayant bénéficié de services de santé mentale et soutien psychologique Ministère de la santé et partenaires du cluster santé Mensuelle
Nombre d’enfants malnutris avec complications ayant été pris en charge Ministère de la santé et partenaires du cluster santé Mensuelle
Nombres de personnes ayants bénéficié de services de santé au niveau communautaire Ministère de la santé et partenaires du cluster santé Mensuelle

Trouvez les liens ci-dessous pour plus de détails sur le travail du cluster santé :


Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.8 Sécurité alimentaire

Personnes dans le besoin
2,8M
Personnes ciblées
2,1M
Fonds requis
$273,1M

Répartition des personnes dans le besoin et ciblées

Résumé des besoins

Le Burkina Faso fait face à une insécurité alimentaire croissante, touchant environ 2,7 millions de personnes, dont 423 338 en phase d’urgence1. Bien que la production agricole ait atteint 515 millions de tonnes de céréales en campagne agricole 2023-2024, elle affiche une légère baisse de 0,60 pour cent par rapport à l'année précédente, mais une hausse de 2,39 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette apparente stabilité cache cependant des disparités régionales profondes, notamment dans les provinces affectées par les conflits, où la production a chuté jusqu'à -74,6 pour cent 2. L'accès à la terre est particulièrement limité dans des zones comme le Soum (8 pour cent), le Louroum (19,2 pour cent) et l’Oudalan (46,1 pour cent)3. La campagne agricole 2024-2025 en cours, évaluée en mi-octobre 2024, est marquée par des récoltes incertaines, affectées par des anomalies de verdure sur 30 à 40 pour cent des terres cultivées4.

Selon l'USDA5, la production de maïs et de sorgho devrait rester dans la moyenne quinquennale pour 2024. Cependant, la sécheresse au sud-ouest et l'insécurité dans le Sahel, l'est et le centre-nord risquent de provoquer des baisses de production locales. Dans ces régions, l'aide humanitaire reste cruciale pour de nombreux ménages, qui peinent à accéder aux marchés perturbés par les violences.6.

L'insécurité persistante a un effet direct sur les marchés agricoles, particulièrement au nord et à l'est. Les prix des céréales, malgré une baisse par rapport à 2023, restent supérieurs de 22 pour cent à 37 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale7, ce qui aggrave l'insécurité alimentaire. Cette hausse des prix impacte particulièrement les ménages dirigés par des femmes. Selon l’enquête MSNA de 2024, la moitié des ménages ont été affectés par des chocs économiques et sécuritaires, avec des scores de consommation alimentaire en nette détérioration dans l'est et le Sahel. Ces zones enregistrent une forte prévalence de la faim, en particulier chez les ménages déplacés, qui souffrent de l'absence de nourriture suffisante8.

Les stratégies d'adaptation de survie ont considérablement augmenté, témoignant de la précarité accrue des populations : une hausse de 9 pour cent pour les populations locales et de 20 pour cent pour les déplacés internes a été relevée par rapport à 2023. L’enquête FSMS de septembre 2024 indique que 24,4 pour cent des ménages sont confrontés à la faim, contre 6,5 pour cent en février 2024. Les provinces les plus touchées incluent le Loroum (66,2 pour cent), l'Oudalan (64,2 pour cent), le Seno (54,2 pour cent) et le Koulpélogo (50 pour cent)9.

Le secteur de l'élevage est lui aussi sévèrement touché par la crise. L'accès aux infrastructures pastorales est de plus en plus difficile et les prix des petits ruminants ont enregistré des augmentations allant de 30 pour cent à 68 pour cent dans certaines régions. Cette situation complique davantage la survie des éleveurs et accroît leur dépendance à l'aide extérieure pour subsister.

La conjonction de la baisse de la production agricole, l'insécurité grandissante, et les conditions climatiques défavorables contribuent à une détérioration de la situation alimentaire au Burkina Faso

Stratégie de réponse

Pour l’année 2025, la stratégie de réponse du Cluster vise à assurer une continuité entre les interventions d’urgence, la post-urgence et les actions permettant de développer les systèmes alimentaires tout en renforçant les capacités des populations face aux multiples chocs.

L’État Burkinabè jouera un rôle clé en s’attaquant aux causes structurelles de la crise et en mettant en place des mécanismes de protection sociale qui accompagneront les plus vulnérables de façon soutenue.

Les ressources humanitaires seront prioritairement dirigées vers les ménages les plus vulnérables, notamment dans les zones difficiles d’accès et des déplacements massifs de population. Une attention particulière sera accordée aux populations en situation de crise à pire.

Cette réponse s'alignera sur les objectifs stratégiques du Cluster, en cohérence avec le Plan de Réponse et de Soutien aux Populations Vulnérables à l’Insécurité Alimentaire (PRSPV) du gouvernement.

La réponse sectorielle propose donc une approche complémentaire afin de faire le lien entre les acteurs du développement et ceux qui interviennent dans les situations d'urgence, pour apporter une réponse articulée qui cible les vulnérabilités. Cette approche permettra d’atténuer les effets immédiats de l’insécurité alimentaire aiguë et de reconstituer leurs moyens de subsistance. En outre, elle facilitera la remise sur pied des personnes affectées par l’insécurité alimentaire et leur permettra de produire leur propre nourriture et de satisfaire par elles-mêmes leurs besoins essentiels.

Le suivi de la réponse se fera à travers des indicateurs de résultat au moyen d’un rapportage mensuel à travers la matrice 5W. Par ailleurs, le Cluster va élargir son système de collecte d’informations pour capitaliser sur les interventions de post urgence.

Ciblage et priorisation

L’approche de ciblage se focalise sur les personnes dans les zones en phase 3 et plus du CH de mars 2024. La stratégie repose sur deux piliers :

  • Assister en urgence par des distributions de vivres en ration complète sur une durée de 3 à 6 mois pour des populations en situation d’extrême vulnérabilité dans les régions prioritaires du Centre Nord, du Sahel, du Nord de la Boucle de Mouhoun, de l’Est et du Centre Est. L’assistance est constituée de 75 pour cent de ration complète sur 3 mois dans les autres régions.
  • Apporter une assistance d’urgence combinée à des actions de relance agricole d’urgence et de reconstitution des moyens de subsistance des populations.

Le Cluster Sécurité alimentaire mettra un accent particulier sur les enjeux transversaux pour améliorer la qualité de l’assistance, mais aussi la mise en place du groupe de travail agriculture et moyen d’existence permettra de finaliser les directives du cluster afin de doter le secteur des standards d’intervention.

UBC et Coût de réponse

Le calcul du coût unitaire par activité adopté par le Cluster Sécurité Alimentaire, repose sur une décision concertée avec l’équipe humanitaire pays. Cette approche permet de garantir une planification budgétaire précise et alignée sur les priorités du HNRP. Chaque cluster a identifié le coût unitaire de ses activités, intégrant le coût de support logistique et opérationnel en étroite coordination avec l’ensemble des partenaires humanitaires, notamment les agences leads du Cluster.

Le coût global de la réponse du cluster sécurité alimentaire est estimé à 273 millions de dollars US répartis comme suit :

  • Assistance alimentaire : 227 millions de dollars US
  • Ce montant prend en compte un maximum de 6 mois d’assistance dans les zones accessible via des acheminements terrestres.
  • Il inclut également 3 mois d’assistance dans les zones difficiles d’accès, où les distributions nécessitent des moyens logistiques plus coûteux comme l’acheminement par voies héliportées.
  • Protection/Reconstitution des moyens d'existence : 46 millions de dollars US

Ce volet couvre les interventions visant à renforcer les capacités de résilience des populations vulnérables, notamment :

  • L'appui à la production végétale d’urgence (semences, outils, engrais, formation)
  • L'appui à la production animale telles que la distribution de Kits vétérinaires, des noyaux reproducteurs, d’aliments bétail, ...
  • L’appui aux activités génératrices de revenus (AGR) pour diversifier les sources de revenus des ménages affectés et réduire leur dépendance à l’aide alimentaire.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Le Cluster Sécurité alimentaire mettra un accent particulier sur les enjeux transversaux11 pour améliorer la qualité de l’assistance. Afin de consolider les capacités des partenaires sur la prévention de l'exploitation et des abus sexuels, la participation des membres du Cluster à des formations spécifiques sera essentielle. Les thèmes transversaux (genre et âge, diversité, handicap et environnement) et le respect des principes de ne pas nuire, de sécurité et dignité, de redevabilité, et de participation des bénéficiaires seront systématiquement intégrés dans la réponse du Cluster. Dans le cadre de la redevabilité aux populations affectées (AAP), les partenaires du Cluster Sécurité Alimentaire s’engageront à partager avec les communautés affectées des informations sur la sélection des bénéficiaires dans le cadre des interventions, tandis que des enquêtes de monitoring post-distributions (PDM) et des évaluations participatives seront menées par les partenaires dans l’optique d’apprécier la perception et le niveau de satisfaction des bénéficiaires pendant et après les interventions.

Pour garantir la transparence, le cluster utilisera ses outils de communication et d’information, tels que le suivi de la réponse, la cartographie des acteurs et la matrice de planification des interventions. Ces outils permettront de mieux informer les bénéficiaires et les autorités locales (CONASUR, Se-CNSA) sur les activités menées.

Suivi

Le cluster participera activement aux évaluations conjointes et multisectorielles et soutiendra le Mécanisme de Réponse Rapide (RR).

Des enquêtes de suivi-évaluation (Baseline, suivi post-distributions (PDM) et endline) et analyses de la qualité du ciblage et des effets de l’assistance sur la sécurité alimentaire (y compris la diversité alimentaire) devront être réalisées par les partenaires et partagées au sein du cluster. Il est également attendu que ces analyses puissent être désagrégées par type de ménages assistés (PDI récents, PDI de longue durée, ménages d’accueil, résidents vulnérables) et par genre (femme, homme, fille garçon).

Une étroite coordination sera maintenue avec les autres clusters pour une complémentarité des actions de réponse, afin d’éviter une utilisation duplicative des ressources limitées et mieux répondre aux besoins des populations ciblées. Le Cluster Sécurité Alimentaire s’engage à continuer à développer des synergies multisectorielles avec les Clusters Abris/AME, Education, EHA, Logistique, Nutrition, Santé et Protection pour réduire les vulnérabilités des ménages affectés par la crise. Et plus particulièrement, une forte coordination avec les clusters nutrition, EHA et santé.

Le Cluster Sécurité Alimentaire effectuera le suivi et l’analyse mensuelle de la réponse à travers des indicateurs de réalisation, incluant le nombre de personnes bénéficiant d’assistance alimentaire et des différents types de soutien aux moyens de subsistance, et les types de modalités et mécanismes d’assistance. Les partenaires devront rapporter mensuellement les informations demandées par le cluster au moyen d’un rapportage mensuel 5W. En parallèle, le Cluster Sécurité Alimentaire compilera, diffusera les résultats/rapports et soutiendra le déploiement d’enquêtes nationales et locales, notamment l’analyse du Cadre Harmonisé et les évaluations rapides menées par ses partenaires dont le Gouvernement, les ONG, la FAO et le PAM, afin de proposer une vue globale de l’évolution de l’insécurité alimentaire dans le pays et de l’effet de l’assistance

Suivez les activités du cluster Sécurité alimentaires au Burkina à travers le lien ci-dessous :

https://fscluster.org/burkina-faso


OBJECTIFS SECTORIELS INDICATEUR ACTIVITES SECTORIELLES CIBLE (pers) CIBLE (ménage)
Objectif sectoriel 1 (OS1) : Sauver des vies face à l’insécurité alimentaire aiguë par la mise en œuvre d’une assistance alimentaire d’urgence visant à répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels vitaux des personnes les plus vulnérables Nombre de personnes ciblées ayant reçu une assistance alimentaire d'urgence Assistance alimentaire d' urgence          1,288,528                184,075
Nombre de personnes ciblées ayant reçu une assistance alimentaire pendant la période de soudure Assistance alimentaire aux personnes affectées par l'insécurité alimentaire aigue pendant la période de soudure             859,019                122,717
Objectif sectoriel 2 (OS2) : Protéger/Reconstituer les moyens d'existence des personnes vulnérables affectées par l’insécurité alimentaire aigüe afin de leur permettre de se relever à la suite d’un choc ou d'une crise Nombre de personnes ciblées ayant reçu un appui à la production végétale d'urgence Appui à la production végétale d'urgence             936,303                133,758
Nombre de personnes ciblées ayant reçu un appui à la production animale Appui à la production animale             808,413                115,488
Nombre de personnes ciblées ayant reçu d'appui en AGR Appui aux activités génératrices de revenue (AGR) des ménages vulnérables             300,000                   42,857


Sévérité des besoins

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

3.9 Logistique

Fonds Requis
39,6M

Résumé des besoins

Au Burkina Faso, les partenaires font face à des défis logistiques croissants exacerbés par l'insécurité et l’augmentation contraintes d’accès. L’analyse des Lacunes et des Besoins de 2024, met en évidence plusieurs besoins. L’insuffisance des capacités de stockage dans certaines régions limite considérablement la préposition des articles humanitaires. Des besoins en capacités de stockage ont été exprimés particulièrement dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Centre Nord, du Nord, de l’Est et du Sahel. De plus, des besoins spécifiques ont été exprimés pour des infrastructures de stockage à température contrôlée, indispensables pour la gestion des médicaments et des produits périssables.

Le transport reste un défi majeur, avec des problèmes liés à l’accès aux zones difficiles et un manque de financement pour l’utilisation des moyens aériens. Par ailleurs, le renforcement des capacités des acteurs locaux, notamment en logistique et en préparation aux urgences, est un besoin récurrent pour garantir une réponse plus efficace et autonome.

Pour répondre à ces enjeux, il est essentiel de renforcer les capacités de stockage, de transport et d’investir dans la formation et le soutien technique aux partenaires humanitaires afin d’améliorer la résilience des opérations logistiques.

Stratégie de réponse

En 2025, conformément au premier objectif stratégique, le Secteur Logistique et ses partenaires de mise en œuvre poursuivront leurs efforts dans le cadre de réponse humanitaire. Le Secteur Logistique renforcera son soutien à l'accès et à la prestation de services, en accordant une attention particulière au renforcement des capacités locales et à la localisation pour permettre aux partenaires de fournir une aide d'urgence multisectorielle, inclusive et intégrée. Le secteur Logistique aide à faciliter la chaine d’approvisionnement avec la mutualisation en collaboration avec d’autres partenaires du secteur logistique. Le Secteur Logistique aide aussi à la collecte et consolidation de données pour une chaine d’approvisionnement efficace et efficiente en termes de prix, qualité et délai de livraison. Le Secteur joue aussi un rôle essentiel dans l’harmonisation de la chaine d’approvisionnement pour ses partenaires pour les audits.

Le Secteur Logistique renforcera et maintiendra le transport aérien de passagers et de fret pour la communauté humanitaire, y compris dans les zones difficiles d'accès - le dernier recours étant essentiel pour atteindre les bénéficiaires de fret humanitaire urgent et prioritaire. Compte tenu de la persistance des besoins humanitaires, une évaluation est en cours afin d'envisager une nouvelle expansion de la flotte pour améliorer le transport des fournitures vitales, en veillant à la rentabilité et en se basant sur la viabilité opérationnelle. Pour l'avenir, l'UNHAS entend continuer à assurer un accès durable et fiable à la communauté humanitaire

Dans le même temps, il est essentiel de poursuivre les efforts visant à améliorer l’efficacité de la réponse. Cela inclut la collecte de données et le développement de nouveaux outils pour améliorer la planification opérationnelle et faciliter la prise de décisions. Le stockage ainsi que la capacité de stockage à température contrôlée, seront optimisés pour mieux répondre aux besoins des partenaires, notamment pour les produits médicaux sensibles. Parallèlement, les capacités nationales seront renforcées à travers l’élargissement des formations et exercices de simulation au profit des acteurs impliqués dans la réponse humanitaire.

Ciblage et priorisation

Le Secteur Logistique priorisera les solutions collaboratives issues d’efforts coordonnés, basés sur la mutualisation des ressources et le renforcement des systèmes logistiques locaux existants. La priorité est donnée aux zones difficiles d’accès, principalement dans la Boucle du Mouhoun, le Nord, Le Centre Nord, les Hauts Bassins, le Sahel et l’Est du pays, zones particulièrement inaccessibles et en proie à l'insécurité.

Le Secteur Logistique tient à améliorer les stratégies de services d'entreposage communs afin d'optimiser et de rationaliser les coûts logistiques tout en tenant compte des défis environnementaux. Des renforcements de capacités en stockage a température contrôlée sont planifiées y compris des formations dans les divers domaines de la logistique et de la gestion des passagers et du cargo avec certifications.

UBC et coût de réponse

Le Budget 2025 du Cluster Logistique s’élève à $ 39 646 249 ce qui représente une réduction de 1 pour cent par rapport à 2024.

Cette réduction s’explique par un changement partiel du type d’hélicoptère prévu pour les opérations de 2025. En plus des Hélicoptères Super Puma nous prévoyons de rajouter une MI8 pour augmenter la capacite surtout pour le cargo des partenaires de la Réponse Humanitaire.

Il est aussi prévu pour 2025 une mise à disposition de la capacite de stockage a température contrôlée dans deux régions et de petites unités de stockage en chaine de froid pour les partenaires et de petites unités de stockages mobiles pour des besoins spécifiques.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Le Cluster Logistique applique la politique intérieure de WFP sur la tolérance zéro aux pratiques liées à l’exploitation et aux abus sexuels. Cette politique est rappelée dans chaque accord (MoU) signé avec les partenaires. Une formation ciblée pour les prestataires de services est prévue sur le thème PSEA et les principes humanitaires

Suivi

  • Suivi de la situation :

Des évaluations périodiques seront menées pour évaluer les besoins critiques et identifier les lacunes dans la réponse. A travers notamment l’Analyse des lacunes et des besoins (GNA).

  • Suivi de la réponse :

Les indicateurs sectoriels sont suivis à l’aide des outils suivants :

  • RITA (Relief Item Tracking Application) : qui permet de suivre toutes les demandes de services logistique (transport, entreposage) reçues des partenaires, en assurant une traçabilité des requêtes depuis leur soumission jusqu’à la livraison.
  • Le CCPM (Cluster Coordination Performance Monitoring) : pour évaluer les performances de coordination du Cluster Logistique et améliorer la collaboration entre les partenaires humanitaires.

Pour plus de détails sur le travail du cluster logistique suivez les liens ci-dessous :

Page du Cluster Logistique Burkina : https://logcluster.org/ops/bfa20a

Page du Global Logistics Cluster : https://logcluster.org/

References

  1. Forte augmentation de ménages n’ayant pas accès à des terres pour l’agriculture dans certaines provinces : dans la Tapoa (2024 : 92 pour cent | 2023 : 59 pour cent) et 16 pour cent des ménages PDI rapportent se sentir menacés d’éviction sur l’ensemble du pays, jusqu’à 38 pour cent pour certaines régions comme l’Est selon la MSNA de REACH de 2024
  2. Selon la méthodologie du secteur ; a) concerne les personnes dans les communes d’avec des besoins élevés (sévérité 3 ou 4) et un accès facile (<2) sont ciblées ; b) concerne les personnes dans les communes de sévérité 4 avec un accès plus difficile (sévérité d’accès 2) sont incluses : c) prend en compte les personnes dans les communes de sévérité 3 ou 4 avec un accès très difficile (sévérité d’accès 3) sont prises en compte.
  3. Selon l’analyse de l’AoR protection de l’enfant
  4. Les communes à sévérités 4 et les zones difficiles d’accès et les besoins en SMSPS, l’identification et la gestion des cas
  5. Etablissements de santé ou structures sanitaires offrant les soins aux populations
  6. Population classée en phase 3 à pire selon l’analyse du CH de mars 2024 du Burkina Faso
  7. Les questions de genre, de protection ainsi que la sensibilité aux conflits