aperçu
Carte Sévérité sectorielle des besoins
carte PIN et Cible
En 2024, le secteur de l’éducation a subi des dommages considérables occasionnés par les affrontements armés et les catastrophes naturelles. Plus de 1,9 millions d’enfants ont été identifiés comme ayant besoin d’éducation en urgence. On dénombre 1 593 écoles fermées dont 62 % occasionnés par les affrontements entre groupes armés , 10 % détruites par les inondations et autres désastres naturels et 7 % de ces écoles sont utilisées comme abris par les personnes déplacées. Au moins 6 % de ces écoles sont utilisées comme campement par les groupes armés et environ 15 % sont fermées pour diverses autres raisons. Les dommages ont été considérables dans les deux provinces sous état de siège (Nord Kivu et Ituri) avec 395 écoles fermées à cause des conflits armés, 443 écoles détruites par les catastrophes naturelles et 730 écoles déplacées fonctionnant dans des conditions précaires ou surpeuplées dans des camps de déplacés. Environ 590 170 élèves (44 % de filles) et 13 562 enseignants (24 % femmes) sont directement affectés par la fermetures de ces écoles. Cette situation entraîne une déscolarisation des enfants déplacés et les expose à des risques accrus de protection comme l’enrôlement forcé et les violences basées sur le genre. Au Nord Kivu, sur 441 906 parmi les enfants identifiés hors école, 137 323 sont dans les sites de déplacés de Nyiragongo et Goma. En Ituri, 58 730 enfants affectés sont concentrés dans les territoires de Djugu, Mambasa, Mahagi et dans la ZS de Drodro. Au Sud Kivu, 57 231 enfants déplacés de 6 à 17 ans ont été identifiés dans les ZS de Fizi, Minova et dans le territoire de Kabambare, province du Maniema. A Minova, 36 écoles sont utilisées comme abris par les PDI et 80 % des écoles ne disposent pas d’eau. Au Tanganyika, les inondations ont détruit 86 % des salles de classes à Kalemie, affectant 12 289 enfants dont 6 124 filles. Dans le territoire de Moba, 11 écoles ont été détruites par les inondations, soit plus de 7 sur 10 salles de classes. Seuls les enfants en classe d’examen ont pu achever l’année scolaire. L’éducation des autres enfants reste problématique car le processus de relocalisation de ces écoles n’a pas abouti.
En résumé , tous les enfants affectés sont en besoin d’éducation en urgence dans des environnements sécurisés, protecteurs et sains. La cible du Cluster est 700 mille enfants. Ce chiffre i intègre les enfants déplacés, retournés ainsi que ceux des communautés hôtes.
Stratégie de réponse
En 2025, le cluster éducation s’évertuera à assurer aux filles et garçons ciblés, y compris les enfants vivant avec handicap, un accès continu à une éducation de qualité à travers la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage et la réhabilitation des écoles/ renforcement des écoles publiques pré-existantes dans les zones de déplacement,. La stratégie de réponse repose également sur méthodes d’apprentissage participatives et puéri-centrées qui débouchent sur le développement effectif des compétences fondamentales en lecture, écriture, calcul et apprentissages socio-émotionnels. Des innovations dans le secteur de l’éducation seront mises à contribution. Un appui sera aussi donné au personnel enseignant lui-même déplacé. L’approche Safe School sera utilisée pour renforcer la sécurité autour et au sein des écoles. Pour réduire l’exposition des adolescents (filles et garçons) aux risques de protection et à l’adoption de mécanismes négatifs d’adaptation, le cluster travaillera à leur autonomisation en diversifiant les opportunités d'apprentissage formelles, non formelles y compris les formations professionnalisantes.
Pour une réponse rapide, le cluster définira un paquet minimum RRM éducation arrimé aux phases de l’urgence et fera recours au pré-positionnement. Des formations sur l’action anticipatoire et le renforcement de la résilience face aux situations d’urgence, y compris les changements climatiques, seront organisés. La collaboration intersectorielle sera assurée pour répondre efficacement aux besoins interconnectés et diversifiés des enfants (protection de l’enfant, genre, handicap, VBG, EHA, santé/nutrition/VIH, abris, alimentation scolaire…). L’appropriation locale sera renforcée avec plus de marge d’actions pour les partenaires nationaux, capitalisant sur l’expertise des organisations internationales. Le cluster renforcera les capacités des autorités éducatives de niveau national et provincial sur la coordination de l’ESU et une meilleure gouvernance de l'éducation en situations d’urgence. Un lien fonctionnel sera établi avec les acteurs de développement pour assurer le Nexus Humanitaire-Développement-Paix pour l'intérêt supérieur de l’enfant.
Ciblage et priorisation
Le ciblage intègre la prise en compte de la dimension genre, en veillant à l’égalité des chances pour les filles et les garçons. Il prend également en compte les enfants vivant avec un handicap, ainsi que ceux issus des communautés vulnérables ou marginalisées. Cette approche holistique vise à garantir une réponse inclusive et adaptée à chaque contexte, permettant à tous les enfants affectés par les situations d’urgence de bénéficier d’une éducation de qualité. Ainsi le Cluster Education cible 8 085 enfants de 5 ans (48 % filles) des sites de déplacés et des localités de retour pour une offre d’encadrement préscolaire ; 480 334 enfants d'âge primaire de 6-11 ans (48% filles) et 157 434 adolescents de 12-17 ans pour des opportunités d'éducation en urgence. Cela représente 33 476 enfants déplacés et retournés (48 % filles) ainsi que 307 377 enfants des communautés hôtes (48 % filles). Parmi ces enfants, se trouvent 64 585 enfants vivant avec handicap (10 % de la cible).
Programmation inclusive et de qualité
Le cluster éducation associera continuellement les communautés, les enseignants et les élèves à toutes les étapes des interventions en éducation. Les bonnes pratiques tirées des mécanismes de référencement, de plaintes et de feedbacks systématiquement intégrés dans les programmes éducatifs seront diffusées au sein du cluster pour soutenir le développement des compétences. Pour ce qui concerne la PEAS, le genre, les VBG, le handicap et le VIH, l’expertise interne du cluster sera mise à profit pour favoriser la prise en compte de ces questions dans toutes les interventions en éducation. La collaboration intersectorielle sera également sollicitée pour soutenir cet élan. Le rapportage des réalisations intégrera des désagrégations selon le genre, le handicap, l’âge afin de s’assurer que les différentes catégories sont prises en compte convenablement dans la réponse. Des indicateurs et des checklists seront développés pour mesurer la prise en compte de la redevabilité et des questions transversales dans les programmes.