aperçu
carte sévérité
carte PIN et Cible
Résumé de besoins
Les affrontements armés constituent la première cause de déplacement de population en RDC. Le pays compte plus de 6,3 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) et 2,4 millions de PDI retournées. Cette tendance s’est aggravée depuis début 2024, la plupart étant contraints à des déplacements multiples. Le retrait de la MONUSCO du Sud-Kivu, et prochainement du Nord-Kivu et de l’Ituri constitue un facteur aggravant la protection et la sécurité des populations affectées. Parmi les risques de protection constituant une préoccupation majeure au niveau de la protection générale :
- Attaques contre les civils et autres homicides illégaux, ainsi que les attaques contre des biens à caractère civil : Les civils ont subi le plus gros des attaques, les combats ciblant souvent les camps informels et les centres urbains et/ou se déroulant à proximité des sites de déplacés.
- Enlèvement, séquestrations, disparitions forcées, arrestations et/où détentions arbitraires ou illégales : Les violations et abus du droit à la liberté constituent 17 % de l’ensemble des violations enregistrées par le monitoring de protection du HCR et de ses partenaires.
- Détresse mentale : L’intensification des conflits et les déplacements multiples que vivent les familles laissent des traumatismes importants au sein des communautés au vu du niveau de violence extrêmement élevé.
- Travail forcé et pratiques analogues : Les effets combinés de l'augmentation du conflit et de la pauvreté entraînent des niveaux élevés de travail forcé et des pratiques analogues très répandues en RDC mais faiblement documentées.
Stratégie de réponse
En 2025, dans le contexte du retrait de la MONUSCO, le Cluster Protection et ses membres poursuivront les efforts de renforcement du système national de protection avec les institutions nationales et locales, notamment à travers la promotion de l’approche de protection à base communautaire. Dans cette optique, le Cluster Protection prévoit une meilleure intégration et une collaboration avec les acteurs de paix et la participation des personnes affectées, ainsi qu’une complémentarité avec les autres initiatives en cours, notamment le projet de protection non armée des civils (Unarmed Civilian Protection- UCP) et le projet axé sur la gouvernance sécuritaire (piloté par l’OIM, en collaboration avec le PNUD et le BCNUDH). Le cluster veillera au renforcement de capacité de ses membres ainsi qu’à une meilleure couverture et coordination de l’intervention pour une approche plus harmonisée avec les communautés concernées. Également en partenariat avec les acteurs de paix, le renforcement d’une programmation sensible au conflit (y compris l’engagement avec les acteurs armés) constituera un axe de travail pour 2025 et permettra d’assurer une réponse de protection plus adéquate.
Les acteurs de protection veilleront à assurer une prise en charge holistique des victimes et survivants afin de briser le cycle de vulnérabilité. Des outils seront développés/adaptés pour des évaluations plus inclusives, englobant les besoins des personnes affectées, y compris les personnes particulièrement vulnérables dans les crises aiguës et les zones en cours de stabilisation. Le paquet d’intervention de la protection générale se déclinera comme suit :
- Assistance individuelle et fourniture des services ciblés de protection.
- Réalisation d'évaluations de protection et de suivi des risques afin d'éclairer la programmation et la réponse en matière de protection.
- Sensibilisation et vulgarisation de l'information sur les droits et services pour renforcer les capacités et stratégies de protection des populations affectées.
- Renforcement des capacités et soutien institutionnel pour l'amélioration de l'environnement de protection.
- Activités de renforcement de la protection à base communautaire/autoprotection communautaire.
- Activités de renforcement de la cohésion sociale/cohabitation pacifique.
Ciblage et priorisation
En 2025, le cluster protection et ses partenaires ciblent les personnes les plus vulnérables en raison de leur exposition aux risques majeurs de protection dans les trois groupes de population (personnes déplacées internes, personnes retournées et populations hôtes) en prenant en compte d’autres vulnérabilités spécifiques. La nature du contexte et donc l’analyse des risques de protection dans chaque contexte (zones de retour, zones de conflit ouvert et quotidien, zones de stabilisation et zone de conflit sporadiques etc.) déterminera les activités prioritaires du paquet d’intervention et le ciblage des bénéficiaires. Le cluster protection tiendra compte des aspects de protection transversale telle que l’inclusion des minorités ethniques et des personnes à besoins spécifiques, dans sa stratégie de ciblage afin de garantir la qualité de la réponse.
Programmation inclusive et de qualité
Le Cluster Protection veillera à renforcer la qualité de son intervention en intégrant la protection transversale à toutes les étapes du cycle de programmation, notamment dans les outils d’analyse initiaux intégrant les aspects de genre, d'âge, de sensibilité au conflit et de maladies chroniques, notamment le VIH. Les outils seront revus au besoin et diffusés auprès des membres du cluster afin d’assurer leur utilisation effective. Lors de ses visites de terrain, le cluster veillera à s’assurer que les interventions de ses membres répondent aux standards de qualité en termes de genre, Protection contre l'exploitation et les abus sexuels (PSEA), protection transversale et redevabilité. La protection à base communautaire étant au centre de la réponse stratégique pour 2025, la participation et l’engagement avec les communautés seront au centre de l’intervention. Les cluster assurera également un rôle de soutien et d'accompagnement technique envers ses membres et offrira son appui technique aux autres clusters.