Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaire et Plan de réponse République Démocratique du Congo 2025 / Part 3 : Besoins et réponse par secteur/cluster

3.9 Sécurité alimentaire

aperçu

Carte Sévérité sectorielle des besoins

carte PIN et Cible

Résumé de besoins

La situation de la sécurité alimentaire en RDC reste alarmante, avec 25,6 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë entre juillet et décembre 2024. Parmi elles, 22,4 millions sont en Crise (IPC 3) et 3,1 millions en Urgence (IPC 4). Les déplacés internes sont les plus touchés : sur 3,69 millions de personnes déplacées dans l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, plus de 2 millions sont en insécurité aiguë (IPC 3 et 4), dont 702 000 en phase d’urgence. Les provinces les plus affectées sont celles marquées par des conflits et des déplacements massifs de populations, notamment le Nord-Kivu, l’Ituri, le Sud-Kivu, le Tanganyika et le Maï-Ndombe. Les populations concernées incluent les déplacés internes, les retournés, les communautés affectées par les catastrophes naturelles, ainsi que les personnes à faibles revenus ou sans emploi.

Le processus de priorisation mené dans le cadre du JIAF identifie 17,6 millions de personnes prioritaires, bien que l’ensemble des 25,6 millions classées en IPC 3+ nécessite une réponse, différenciée selon les situations. L’insécurité alimentaire chronique, combinée à des chocs répétés, exacerbe la vulnérabilité des populations, les faisant basculer rapidement dans des situations de crise ou d’urgence. Une réponse humanitaire ciblée est essentielle pour atténuer les besoins aigus et protéger les moyens d’existence.

Stratégie de réponse

La stratégie du Cluster Sécurité Alimentaire (CSA) intègre des réponses adaptées selon trois niveaux de priorité basés sur l’intensité de l’insécurité alimentaire et les chocs récents dans les zones éligibles selon le JIAF.

  • Zones de priorité 1 : Ces zones incluent les populations en Phase 4 ou 3 de l’IPC ayant subi des chocs récents (moins de six mois) ou situées dans des camps de déplacés. La réponse consiste en six mois d’assistance inconditionnelle (vivres, espèces, ou coupons) avec des rations complètes couvrant 2 100 kcal/jour. La durée peut être prolongée au-delà de six mois et les rations ajustées en fonction des besoins, notamment dans les camps, en ciblant les groupes vulnérables (personnes âgées, handicapées, ou malades). Parallèlement, des activités pour développer les moyens d’existence sont encouragées.
  • Zones de priorité 2 : Ces zones regroupent les populations en Phase 3 n’ayant pas connu de chocs récents ou vivant en familles hôtes depuis plus de six mois. L’assistance dure trois mois en rations complètes ou six mois avec des rations réduites, et s’aligne si possible sur la période de soudure. Une combinaison d’assistance d’alimentaire et de résilience est favorisée, ainsi qu’une évaluation approfondie de la vulnérabilité pour bien définir la réponse.
  • Zones de contingence : Ces zones concernent les catastrophes naturelles majeures. La réponse comprend trois mois d’assistance multisectorielle ou sectorielle, intégrant si possible la modalité cash.
  • Approche : La stratégie du CSA prône une approche articulée entre humanitaire et développement, en impliquant l’État pour traiter les causes structurelles et en utilisant les ressources humanitaires pour répondre aux vulnérabilités aiguës liées aux conflits et déplacements.

Ciblage et priorisation

Sur la base des analyses intersectorielles, le CSA identifie et hiérarchise les zones prioritaires en niveaux de priorité de 1 à 3, comme expliqué précédemment. Ces niveaux permettent de concentrer les efforts humanitaires sur les zones les plus vulnérables, en s'appuyant sur des données consolidées et des approches intersectorielles.

Cependant, il est important de noter que cette approche intersectorielle, bien qu'essentielle pour la planification stratégique, induit des effets de seuil conduisant à omettre certaines zones où l'insécurité alimentaire est pourtant grave et largement répandue. Ces zones, bien qu'elles ne figurent pas parmi les priorités identifiées par le JIAF nécessitent néanmoins une attention particulière.

Le cluster concentrera ses efforts sur les zones de priorité 1 à 3 identifiées, tout en s’efforçant de mobiliser des ressources supplémentaires pour répondre aux besoins des populations vivant dans des zones classées IPC 3 ou plus. Ces zones, bien que non explicitement priorisées par l'approche intersectorielle, doivent faire l’objet d’une prise en charge adaptée pour éviter une aggravation de leur situation.

Par ailleurs, le cluster encouragera activement les partenaires ayant des programmes axés sur le renforcement de la résilience communautaire à intervenir dans ces zones non priorisées par le Plan de réponse. Cela permettra de soutenir le relèvement de leurs moyens de subsistance à moyen et long terme.
Enfin, le CSA continuera à plaider auprès des bailleurs de fonds et des parties prenantes pour une révision périodique et plus inclusive des priorités, afin de garantir que toutes les zones en détresse alimentaire reçoivent une assistance appropriée et en temps opportun.

Programmation inclusive et de qualité

Pour 2025, les interventions en sécurité alimentaire suivront les nouvelles directives du cluster, intégrant genre, protection, environnement, Nexus et redevabilité. Les projets garantiront une participation équitable entre femmes, hommes et enfants, avec des données désagrégées par sexe, âge et handicap. Des mécanismes protégeront les plus vulnérables, avec consultations inclusives, files séparées et assistance prioritaire. En termes de protection, les projets respecteront les principes de "ne pas nuire" et de dignité, intégrant analyses de risques et adaptations. Un plaidoyer spécifique reliera VBG et sécurité alimentaire. Concernant la redevabilité, les mécanismes poursuivront les formations amorcées en 2024, garantissant transparence et prise en compte des préoccupations des populations. Les acteurs répondront aussi aux défis environnementaux autour des camps, protégeant les ressources et sécurisant l’accès aux combustibles. Des pratiques agricoles durables atténueront les impacts climatiques. Enfin, l'approche triple nexus renforcera la cohésion sociale, impliquant humanitaires, autorités et société civile

Ventillation du PIN et cible par groupe de population

Ventillation du PIN et cible par sexe et âge