Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaire et Plan de réponse République Démocratique du Congo 2025 / Part 4 : Plan de réponse pour les réfugiés

4.1 Plan de réponse pour les réfugiés

aperçu

Carte Sévérité sectorielle des besoins

Objectifs

En 2025, les besoins non satisfaits en protection et assistance des personnes réfugiées pourraient augmenter du fait de l’action combinée de la très probable réduction du budget opérationnel du HCR RD Congo, et du manque de progrès dans les processus politiques régionaux liés à la résolution des conflits dans l’Est de la RDC. Parallèlement, de nouveaux demandeurs d’asile continueront à affluer sur le territoire congolais. Pour répondre aux besoins de ces populations, le HCR en collaboration avec les agences opérationnelles et les partenaires visera l’atteinte de trois objectifs prioritaires pour la population concernée, à savoir :

OS1 : Le renforcement de l’environnement légal de protection ;

OS2 : La promotion de l’autonomisation des populations déplacées de force ;

OS3 : La valorisation des solutions durables mettant fin au cycle du déplacement.

Stratégie de réponse

Le présent plan de réponse couvre l’ensemble de la population de réfugiés (520 000) vivant en RDC, plus 10 % de la population hôte (familles d’accueil et communautés vivant à proximité des camps), soit une population cible totale de 572 000 personnes, afin de prévenir les conflits communautaires et promouvoir la cohabitation pacifique.
Concernant l’environnement global de protection, l’accès libre et sans préjudice au territoire d’asile demeurera la priorité du HCR et de la partie gouvernementale. Parallèlement, la mise en œuvre des onze (11) engagements pris par la RDC lors du Forum Mondial sur les Réfugiés permettra de renforcer le cadre légal de la protection des personnes déplacées de force, notamment avec l’engagement sur la domestication de la convention de Kampala, l’inclusion des réfugiés dans le système national d’offres et de prestation de services, ou encore la réforme du système national d’état-civil. Le monitorage conjoint des frontières permettra de répondre en temps réel aux afflux de réfugiés, et en même temps de prévenir le risque de refoulement. De même, le monitorage de protection demeurera un outil clé pour l‘identification des risques et incidents de protection en vue de leur référencement diligent aux acteurs compétents. La réponse multisectorielle dans et hors des camps sera poursuivie. Les distributions d’articles ménagers essentiels et l’usage des interventions monétaires permettront de satisfaire les besoins élémentaires (eau, hygiène et assainissement, logement, nutrition et santé), à sauver des vies. Le HCR et ses partenaires continueront à articuler leurs actions sur la base des approches fondées sur les droits et la communauté. Ainsi, la prise en compte des profils les plus vulnérables demeurera une priorité dans la réponse (femmes, adolescentes, enfants, et personnes handicapées/ âgées, survivants de violence). Pour le cas spécifique des survivant(e)s de VBG, le référencement de 100 % des cas identifiés demeure l’objectif sur la période de réponse. Cela suppose la mise en place ou le renforcement des mécanismes existants de collecte de l’information/identification, de même que des mécanismes de prévention et prise en charge (réponse holistique). Les capacités des structures communautaires qui travaillent sur l’atténuation, la prévention et la réponse aux violences sexuelles et sexistes seront également renforcées. Parallèlement, les efforts visant à promouvoir l’autonomisation des survivant(e)s et des personnes à risque seront appuyés par le financement d’activités génératrices de revenus selon les besoins exprimées par les survivant(e)s, en coordination avec les projets d’autonomisation de façon générale et par l’appui à la réinsertion scolaire. Ces activités se feront dans la mesure du possible via l’approche des interventions monétaires (CBI). La prise en compte des VBG dans les autres secteurs contribuera à réduire les risques liés aux VBG. Le HCR et ses partenaires consacreront des efforts à la transversalité de la question des VBG. Pour l’éducation, l’augmentation du taux de scolarisation des enfants en âge scolaire, ainsi que la réduction des taux d’échec et de déperdition scolaires seront les priorités de ce secteur. L’approche priorisera l’appui aux infrastructures scolaires étatiques existantes, ainsi que l’intégration des enseignants communautaires au fichier de la fonction publique. Il s’agira donc concrètement de garantir l’accès à l’éducation de base à travers la construction de salles de classe et la fourniture de matériels pédagogiques et didactiques aux écoles publiques des zones d’accueil des réfugiés.

S’agissant de l’autonomisation des réfugiés, leur inclusion dans le système national d’offres et de prestation de services demeure l’objectif principal. Ce processus se fera d’une part, au travers de la prise en compte des réfugiés par les systèmes nationaux de prestation des services d’éducation, santé, justice, assistance sociale et documentation civile, et d’autre part, via le renforcement des capacités des services sociaux étatiques existant dans les zones d’accueil des réfugiés. Parallèlement, un appui substantiel sera donné aux activités de subsistance telles que l’agriculture, la pêche, la production de combustibles et autres types d’activités (petits commerces et prestation de services). Un accent sera aussi mis sur la promotion de la participation des femmes à ces activités en lien avec le leadership entrepreneurial. La formation professionnelle via les structures gouvernementales (INPP) continuera d’être l’approche privilégiée pour la capacitation des profils éligibles au sein de la communauté. Ces profils seront par la suite référencés auprès d’institutions financières et de micro-crédits en vue de leur accompagnement dans la mise en œuvre d’activités génératrices de revenus.

Les solutions durables seront progressivement envisagées et appliquées aux profils éligibles. Ceci passera par la vulgarisation et la mise en œuvre des programmes d’intégration locale, du rapatriement volontaire, du retour durable, ou, si possible, de la réinstallation et des voies complémentaires. Concernant le processus d’intégration locale, il s’entend principalement de la délivrance pour les réfugiés éligibles de permis de séjour de longue durée leur permettant de jouir d’un statut plus avantageux dans le pays d’accueil. Les profils répondant aux critères de la réinstallation seront dument pris en compte dans le cadre de cette solution durable. Les profils éligibles aux voies complémentaires (réunification familiale à l’étranger, études, formations professionnelles...) seront orientés et/ou accompagnés selon leurs besoins. Le programme de rapatriement volontaire des réfugiés éligibles se poursuivra en 2025 vers les pays d’origine répondant aux conditions sécuritaires et de protection.

Concernant particulièrement les réfugiés centrafricains localisés dans les provinces du Nord-Ubangi, Sud-Ubangi et Bas-Uele, le processus d’inclusion continuera son cours, tandis que l’approche d’alternative aux camps sera renforcée. Afin de consolider l’approche de la protection à base communautaire, davantage de projets visant la mobilisation communautaire et la responsabilisation des communautés d’accueil et de réfugiés seront accompagnés. Les comités de réfugiés (Eau, VBG, Femmes, Jeunes…) seront soutenus et capacités afin de jouer un rôle décisif dans l’offre de protection et l’accès aux services sociaux de base. Grâce au monitoring de protection, les acteurs de protection et les communautés organisées en comités représentatifs pourront être informés en temps réels des défis auxquels les populations sont confrontées, et y apporter des réponses efficaces. Concomitamment, le programme de villagisation sera poursuivi dans ces deux régions afin d’accélérer l’inclusion socioéconomique des populations réfugiées grâce à un accès à de nouvelles terres exploitables, et donc sources de revenus.

Concernant particulièrement les réfugiés Sud-Soudanais localisés dans les provinces du Haut-Uélé et de l’Ituri, en plus des assistances multiformes, priorité sera donnée au renforcement de l’autogestion communautaire et à l’accès aux moyens de subsistance. Parallèlement, la prévention et la gestion des cas de Violences Basées sur le Genre (VBG) constituera un pan important de la réponse. Pour une approche pérenne, cela sera fait en collaboration avec les services juridiques et sociaux provinciaux afin de lutter contre l’impunité et briser la loi du silence (omerta). Les femmes bénéficieront du renforcement de leurs capacités et d’opportunités d’autonomisation par le biais d’activités génératrices de revenus, comme moyen de lutter contre la dépendance et le sexe de survie. En matière de protection de l’enfance, l’autonomisation et l’éducation des jeunes à travers la mise en œuvre et la multiplication d’activités ou projets récréatifs et de formations professionnelles seront favorisées. Le soutien aux cas individuels par le biais du système de gestion des cas et des mécanismes d’orientation en place sera également renforcé, tout en continuant à améliorer les capacités des autorités publiques compétentes et à sensibiliser la population.

Suivi

Le HCR et ses partenaires mettront en place et renforceront où nécessaire l’approche de la redevabilité aux populations affectées (AAP). Ceci devra se traduire sur le terrain par l’implication des populations dans les mécanismes de planification et de réponse, ainsi que la mise sur pied des moyens et méthodes adaptés pour sonder les populations cibles sur la qualité des services fournis par le HCR et ses partenaires. Parallèlement, les mécanismes de dénonciation des fraudes et abus devront être vulgarisés et accessible aux populations ciblées. Le HCR assurera le leadership de la mise en œuvre des activités en conformité avec le modèle de coordination des réfugiés, et des différents accords de partenariat. Le HCR, les partenaires, les autorités locales, les représentants des bénéficiaires, et les autres parties prenantes impliquées dans la réponse aux réfugiés veilleront à l’atteinte des objectifs préalablement définis, à travers le suivi des priorités d’intervention mises en avant ce plan et dans le Plan de réponse pays pour les réfugiés. Des visites de suivi des projets et des enquêtes régulières auprès des bénéficiaires seront organisées afin d’évaluer les résultats des interventions. Le suivi des progrès des activités s’appuiera sur les évaluations réalisées en cours d’année et sur les objectifs et indicateurs de performance et d’impact définis dans la stratégie de protection 2020-2025 et le Plan pluriannuel multipartenaires (MYMP) 2023-2026. Le HCR et ses partenaires mettront en place et renforceront où nécessaire l’approche de la redevabilité envers les populations affectées (AAP). Des visites de suivi des projets et des enquêtes régulières réalisées auprès des bénéficiaires seront organisées afin d’évaluer les résultats des interventions. Un reportage ainsi qu’une vérification/audits réguliers des projets seront exécutés. Le HCR assurera le leadership de la mise en œuvre des activités en conformité avec le modèle de coordination des réfugiés, et des différents accords de partenariat.

Coordination et partenariats

En 2025 le HCR compte davantage rationnaliser son approche en matière de partenariat afin de considérablement réduire les coûts de fonctionnement et mettre à la disposition des populations ciblées le maximum de ressources reçues. Les partenariats stratégiques connaitront un essor afin de pouvoir matérialiser l’objectif d’autonomisation des populations et l’inclusion dans les systèmes nationaux et provinciaux d’offre de services et de prestations. Les institutions financières et de micro-crédits partenaires du HCR vulgariseront l’approche basée sur les interventions monétaires (Cash Based Interventions) vers davantage de récipiendaires. Le partenariat stratégique avec des démembrements étatiques spécialisés favorisera l’acceptation et la prise en compte de populations déplacées de force dans leurs programmes et planification standards (ONEM, INPP, INS…). S’ajustant à ses ressources, le HCR réduira significativement la présence de staff à Kinshasa, a la portion congrue nécessaire à la coordination des activités de réponse. L’essentiel des staffs HCR ainsi que des staffs des partenaires opérationnels seront prioritairement redéployés sur les zones d’intervention. La sélection de partenaires pluridisciplinaires sera considérée afin de réduire le nombre de partenaires, et de progressivement responsabiliser la partie gouvernementale dans la prise en charge de certains aspects de la réponse.