Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaire et Plan de réponse République Démocratique du Congo 2025 / Part 4 : Plan de réponse pour les réfugiés

ANNEXE I : et si rien n’est fait ?

COORDINATION ET GESTION DE CAMPS


Le CCCM est un secteur transversal dont l'objectif
est à la fois technique, spatial et social, avec des
activités de coordination, de gestion, d’administration
, de fournitures de données mises à jour et surtout
d’évaluation multisectorielle des besoins et des
lacunes. Si la réponse n’est pas financée, les acteurs
humanitaires ne disposeront pas de données
fiables sur la population déplacée, leur composition
et les différentes vulnérabilités associées. Les
personnes déplacées continueront à vivre dans des
conditions extrêmement précaires. Ces personnes ne
bénéficieront pas d'un accès minimal à l'eau potable,
aux soins de santé, à la nourriture, à un abri décent et
aux biens de première nécessité dans le respect des
normes humanitaires. De plus, leurs enfants seront
privés d'accès à l'éducation. Les personnes déplacées
dans les sites ne pourront pas retrouver des conditions
de vie dignes, aggravant ainsi les stratégies de survie
négatives et les tensions intercommunautaires.


ABRIS ET ARTICLES MÉNAGERS ESSENTIELS


L’absence ou le manque de financement aurait des
conséquences graves et multiples pour les populations
affectées, exacerbant la vulnérabilité d’au moins 1,8
million de personnes. Sans accès à des options d’abris
et AME adéquats, les familles déplacées, sinistrées et
les communautés hôtes seraient contraintes de vivre
dans des conditions de promiscuité et d’insalubrité,
augmentant les risques de maladies transmissibles
et compromettant leur protection, leur sécurité et
leur dignité. Les femmes, les enfants et les groupes
vulnérables seraient particulièrement exposés aux VBG,
notamment dans les sites collectifs ou les espaces
non sécurisés. De plus, l’absence de solutions d’abris
durables compromettrait les initiatives de retour, de
relocalisation ou d’intégration locale, prolongeant les
déplacements forcés et les conditions précaires. Enfin,
l’absence de réponse sectorielle adéquate limiterait
l’accès aux services essentiels, affaiblirait les efforts
de protection et augmenterait les tensions entre
déplacés et communautés hôtes.


NUTRITION


En l’absence de prévention et de prise en charge
appropriées, le nombre de cas de malnutrition aiguë et
la mortalité des jeunes enfants risquent d’augmenter,
mettant davantage en péril leur santé et leur bien-être.
De même, sans interventions nutritionnelles ciblées
pour les femmes enceintes et allaitantes, le risque de
faible poids à la naissance et la mortalité néonatale
pourrait augmenter.
Le manque d’assistance en nutrition, santé, sécurité
alimentaire, eau, hygiène et assainissement affecterait
environ deux millions d’enfants de moins de cinq ans
souffrant de malnutrition aiguë sévère, Environ 1,4
million de femmes enceintes et allaitantes, ainsi que
des personnes vivant avec le VIH ou la tuberculose
en situation de malnutrition aiguë modérée, ne
bénéficieraient pas des soins nécessaires.
Renforcer les actions dans ce domaine permettra
de réduire ces risques et d’améliorer la santé des
populations les plus vulnérables.


EAU, HYGIÈNE ET ASSANISSEMENT


La diminution des interventions EHA sur les sites de
déplacés aurait des conséquences désastreuses : des
milliers de toilettes débordantes, un manque d’eau
potable qui pourrait engendrer la recrudescence de
maladies féco-orales et du choléra sur l'ensembe des
sites, menant à une situation hors de contrôle et à de
nombreux décès. Sans intervention EHA, la qualité
des soins dans les centres de santé se détériorerait,
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avec un risque accru de transmission de maladies
nosocomiales et une augmentation des cas d'enfants
malnutris chroniques. L’éloignement des points d’eau,
les longues files d’attente et la défécation à l’air libre
favoriseront les risques sanitaires et de protection. Le
coût d’une réponse retardée serait bien plus élevé, tant
sur le plan financier qu'humain, que celui de maintenir
un niveau de réponse continu conforme aux normes
EHA de la RDC et du cluster EHA comme objectif.
Selon une étude de l'OMS (2012), les interventions
combinées en matière d'approvisionnement en eau et
d'assainissement ont un rapport coût-bénéfice de 4,3 à
l'échelle mondiale.


ÉDUCATION


Si rien n’est fait pour répondre aux besoins d’éducation
en urgence, les enfants affectés (filles et garçons,
adolescents et adolescentes) seront fortement
exposés aux risques accrus de protection comme
les recrutements forcés, les traumatismes, la
stigmatisation ; les filles/ adolescentes principalement
feront face aux violences basées sur le genre, aux
mariages forcés ou précoces, aux grossesses non
désirées. Les filles et les garçons y compris les enfants
handicapés adopteront des mécanismes négatifs
d’adaptation et feront recours aux travaux rémunérés
ou aux pires formes de travail des enfants afin de
contribuer au budget familial. L’absence d’éducation
accroitrait la vulnérabilité face aux maladies évitables,
tout en hypothéquant toute chance d’accès à un
emploi décent, perpétuant ainsi une transmission
transgénérationnelle de la pauvreté. Les adolescents
et adolescentes constitueront un vivier de recrutement
pour la délinquance, la drogue et les groupes armés,
perpétuant ainsi les cycles de violence. Cette situation
brisera les rêves des enfants, semant le désespoir,
la détresse psychologique et hypothéquant l’avenir
d’une génération entière. Ainsi, ce manque d’éducation
compromettrait les efforts de rétablissement de la
paix tout en ouvrant la voie à la recrudescence de
la violence qui mettrait à mal tous les efforts de
développement/ socio-économique du pays.


PROTECTION GÉNÉRALE


Le non-financement de la réponse de protection
entraînera des conséquences dramatiques pour
les populations affectées et ciblées par la réponse
humanitaire. Plus de deux millions de personnes ne
seront pas sensibilisées sur leur droit et n’auront pas
accès à l’information pouvant leur permettre d’accéder
aux services de base. Sans assistance juridique ou
judiciaire offerte aux victimes de violence, le cycle
de l’impunité se poursuivra laissant plus d’espace
encore à la violence. Sans financement de la réponse
humanitaire de protection générale, plus de 230 000
personnes seront privées d’assistance psychologique
et/ou d’appui psycho-social ce qui aggravera la
détresse mentale déjà largement observée parmi les
communautés et fragilisera le lien social nécessaire
à la cohabitation pacifique et au renforcement
des communautés. Enfin, sans financement, les
communautés seront isolées, perdront leur capacité de
résilience, de négociation avec les groupes armés et
de protection de leurs membres.


VIOLENCE BASÉE SUR LE GENRE


Les conséquences d’une réponse insuffisamment
financée en matière de VBG en RDC sont multiples et
graves : manque de soutien et de services spécialisés
aux survivantes, exacerbation des inégalités sociales
et économiques, problèmes de santé publique,
instabilité sociale et politique ainsi que le retard dans
l’atteinte des objectifs de développement durable
(ODD). Les VBG ont un impact direct sur la santé
des victimes ; les violences sexuelles, en particulier,
entraînent des infections sexuellement transmissibles
(IST), des grossesses non désirées, des complications
obstétriques et un risque accru de transmission du
VIH. Un manque de financement empêche la mise en
place de programmes de santé adaptés notamment en
matière de santé sexuelle et reproductive, aggravant
les problèmes sanitaires dans le pays. Le manque de
financement pour des services spécialisés (services
psychologiques, réinsertion socio-économique et
sociale etc.) peut entraîner des séquelles physiques,
mentales, durables et sociales exacerbant non
seulement la souffrance des survivantes mais
limitant aussi leur autonomie. Les violences sexistes,
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telles que celles utilisées comme arme de guerre,
déstabilisent les communautés et aggravent les
tensions intercommunautaires. Cela peut entraîner des
répercussions à long terme sur la cohésion sociale
et sur le processus de paix. L’absence de mesures de
protection adaptées renforce les inégalités entre les
sexes et empêche les femmes d’exercer leurs droits
fondamentaux à la sécurité, à la santé et à la justice.


LOGEMENT, TERRE ET PROPRIÉTÉ


Comme mentionné précédemment, les problèmes liés
au LTP constituent à la fois les causes profondes et les
conséquences graves des conflits. Ne pas les aborder
dans la réponse humanitaire risque non seulement de
créer des conflits fonciers là où aucun n'existait, mais
aussi, d’exacerber les anciens conflits et ainsi plonger
les communautés dans une grande vulnérabilité. Le
non-financement des questions LTP aurait également
une incidence sur l’action humanitaire. Les réponses
données dans les domaines qui ont un lien avec
la terre seront potentiellement compromises si les
acteurs ne prennent pas les considérations LTP dans
leurs paquets d’intervention. Il s’agit notamment des
Abris, la Sécurité Alimentaire, le CCCM, l’Education
ainsi que l'EHA.


PROTECTION DE L’ENFANCE


Le CP AoR estime qu’environ trois millions d’enfants
dans le besoin ne seraient pas assistés si rien
n’était fait. Le sous-financement et l’accès limité aux
services de prévention et de réponse peuvent entraîner
des conséquences dévastatrices pour les enfants,
notamment des séquelles physiques et émotionnelles
traumatisantes, impactant leur développement et leurs
perspectives d’avenir et entravant par ailleurs la mise
en oeuvre des standards minimums pour la protection
de l’enfant dans l’intervention humanitaire. Depuis le
début de l’année 2024, le nombre d’enfants déplacés
augmente mais les fonds disponibles ne parviennent
pas à assurer une couverture suffisante de la réponse
aux besoins des enfants affectés. Le manque d’accès
à des systèmes protecteurs exacerbe et perpétue
le cycle de vulnérabilité et de violence, laissant une
génération d’enfants en danger de perdre leur potentiel
à contribuer positivement à la société. Il est impératif
de veiller à ce qu’ils aient accès à des environnements
sûrs et à des opportunités. Des financements
supplémentaires restent essentiels car les besoins des
populations affectées ne cessent de grandir.


LUTTE ANTI-MINES


Avec l'augmentation des incidents et des victimes,
particulièrement en lien avec les conflits en cours, si
rien n'est fait pour répondre aux besoins de la LAM, les
conséquences affecteront la sécurité immédiate des
populations ainsi que leur avenir à long terme. Sans
intervention, les zones contaminées continueront
de constituer une menace permanente pour les
communautés locales, provoquant des blessures et
des pertes humaines, en particulier parmi les groupes
les plus vulnérables : les enfants, les femmes et les
PDI. En l'absence de programmes de dépollution et de
sensibilisation aux risques, les familles vivant dans ces
zones contaminées seront contraintes de vivre dans un
climat de peur constant. Cela entravera leur capacité
à accéder à leurs terres agricoles, limitant ainsi leur
sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance.
De plus, sans efforts pour renforcer les capacités
des autorités nationales et locales, elles resteront
insuffisamment préparées à gérer les risques liés aux
engins explosifs, accroissant une dépendance à l’aide
internationale et rendant la mise en place de réponses
durables difficile. Si aucune action n'est entreprise,
les conséquences seront une aggravation de la
souffrance des populations, un obstacle majeur à la
stabilisation de la région et un frein au développement
dans ces zones.


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE


Sans assistance alimentaire, la situation critique de
plus de 25 millions de personnes nécessitant une aide
alimentaire et un soutien aux moyens de subsistance
pourrait se détériorer, notamment chez les populations
les plus vulnérables, comme les PDI. Plus de sept
millions ne pourront couvrir leurs besoins alimentaires
d’urgence. Cette détérioration aggravera la crise des
déplacés internes, provoquant des émeutes et un
environnement sécuritaire dégradé dans plusieurs
villes. La malnutrition augmentera dans les provinces
confrontées à des chocs persistants, tandis que les
plus vulnérables adopteront des stratégies risquées,
exacerbant les violences basées sur le genre,
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fragilisant les systèmes de production et l'économie
locale. L’impact environnemental sera également
grave, avec une dégradation accrue pour répondre aux
besoins alimentaires. Par ailleurs, la non-disponibilité
d’une main-d’oeuvre valide réduira significativement
les capacités de production nationale, compromettant
davantage la protection et le bien-être des populations.
Une réponse rapide et adaptée est essentielle pour
éviter ces conséquences dramatiques.


SANTÉ


Le non-accès ou l'accès limité aux soins de santé
essentiels entraînera une augmentation des décès
évitables, notamment chez les enfants de moins
de cinq ans et les femmes enceintes. Le paludisme,
les infections respiratoires aiguës, la rougeole
et la diarrhée risquent de causer davantage de
décès chez les populations affectées par les crises
humanitaires en RDC. L'absence de services prénatals,
d'accouchements assistés et de soins postnataux
augmentera les taux de mortalité maternelle et
néonatale. Les populations affectées par les
crises humanitaires, auront des traumatismes non
traités, avec des répercussions sur les familles et
les communautés. Les survivantes des violences
sexuelles n’auront pas accès à des soins médicaux
et psychosociaux, augmentant les risques d’IST,
de grossesses non désirées, et de traumatismes
prolongés. Les établissements de santé effondreront
dans les zones les plus touchées. Cela inclut la
fermeture des centres de santé, l'épuisement des
stocks de médicaments essentiels, et l’arrêt des
services vitaux. Les épidémies entraîneront des
taux élevés de morbidité et de mortalité au sein des
populations affectées par les crises, avec un risque
majeur de propagation des épidémies dans les pays
voisins, provoquant un problème de santé publique
régional ou global.


LOGISTIQUE


La chaîne d’approvisionnement reste un défi dans
toute la RDC en raison de la détérioration des
infrastructures logistiques, de l’insécurité et du
manque de capacités logistiques. En l’absence d’une
approche coordonnée et optimisée pour faire face à
ces contraintes logistiques, en particulier dans l’Est
de la RDC, des millions de personnes déplacées à
l’intérieur du pays (PDI) resteront sans accès rapide
à une aide vitale. Le manque d’accès aux besoins
fondamentaux essentiels exacerbera une situation
déjà néfaste, entraînant de nouveaux déplacements,
des pertes de vies évitables et des souffrances
prolongées parmi les personnes les plus touchées.
Le manque d’accès à la nourriture entraînera une
augmentation de l’insécurité alimentaire et de la
malnutrition, ce qui aboutira à une aggravation des
conditions de santé affectant l’intégrité de la vie des
populations vulnérables. L’accès à un abri adéquat
et à des fournitures médicales essentielles sera
limité, ce qui entraînera une détérioration de l’état de
santé et des pertes potentielles de vies humaines.
Les obstacles à l’accès humanitaire continueront de
compromettre la capacité d’apporter une réponse
coordonnée et rapide et, par conséquent, d'empêcher
la protection de la vie et de la dignité des personnes
les plus démunies.