Une bénéficiaire enceinte, portant son colis d'assistance humanitaire, aidée par un travailleur à transporter une partie de son colis.
OCHA/Francis Mweze
2.1 Stratégie de réponse humanitaire
En 2025, les efforts de la communauté humanitaire viseront principalement à sauver des vies et à atténuer les souffrances des personnes affectées par des chocs liés notamment aux conflits, aux catastrophes naturelles et aux épidémies. Ces objectifs seront atteints par le biais d'interventions multisectorielles sûres, équitables et inclusives, fondées sur les principes humanitaires. Ces interventions pour sauver des vies représenteront au moins 60 % du budget du plan de réponse global et seront les interventions priorisées au cours des premiers mois de 2025. Les efforts visant à innover dans la manière d'apporter une réponse humanitaire seront particulièrement renforcés et adaptés au contexte actuel, notamment dans certaines zones du pays où la MONUSCO s'est retirée. Le travail en étroite coordination avec les autorités étatiques à tous les niveaux (national, provincial et local) sera renforcé à travers les mécanismes de coordination humanitaire existants tels que le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH) et le Cadre provincial de concertation humanitaire (CPCH). Un accent particulier sera mis sur le renforcement des capacités des services techniques de l’Etat qui sont en première ligne de la prévention et de la gestion des risques, notamment la Protection civile, la Division des affaires humanitaires (DIVAH) et les divers services de santé. Par ailleurs, les acteurs humanitaires s'engageront à améliorer l'accès sûr, équitable et digne à des services de base de qualité pour les populations touchées par ces chocs récurrents, conformément aux normes humanitaires et aux fondamentaux des droits humains, afin de préserver leur bien-être et éviter une nouvelle érosion de leurs capacités d'adaptation.
Pour atteindre ces objectifs, la communauté humanitaire en RDC devra mobiliser 2,54 milliards de dollars pour soutenir 11 millions de personnes en 2025. Bien que le budget soit en baisse de 2% par rapport à 2024, le nombre de personnes ciblées globalement a connu une augmentation significative (26 %). Ceci est lié au changement de la méthodologie d’estimation de la cible globale par rapport à l’année précédente1.
Éléments clés de la stratégie de réponse
Centralité de la protection
Considérant la crise en RDC comme une crise de protection, la réponse humanitaire sera alignée avec la stratégie de protection mise à jour de l'Équipe Humanitaire Pays (EHP) pour la période 2025-2026, en cours de validation, et dont l’objectif principal est de veiller à̀ ce que les personnes affectées par la crise humanitaire et les populations à risque soient en mesure de jouir de leurs droits, en renforçant les capacités institutionnelles et communautaires. Cette approche garantit une réponse de protection et une assistance adaptées aux différents contextes à risque en RDC. Ainsi, le cadre de centralité de la protection renforce le rôle de l’EHP dans la coordination des actions de protection en RDC pour toute la réponse. Il repose sur des processus collaboratifs, le renforcement des capacités, des critères de planification, et des mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir une réponse durable aux crises. Les acteurs humanitaires contribueront donc, dans le cadre de leurs interventions, et sous le leadership du Coordonnateur humanitaire et l’EHP, à la prévention et l’atténuation, entre autres, des conflits fonciers, des violences sexuelles, des attaques délibérées contre les civils ou de la détresse liée aux actes de violence. Pour rappel, l’EHP considère qu’en RDC la protection de toutes les personnes affectées ou menacées par les violations des droits humains doit être au centre de tout le cycle de programme humanitaire, et orienter toutes les prises de décision ainsi que l’intervention humanitaire, y compris la collaboration avec les autorités et d’autres types d’acteurs opérant en RDC.
Localisation
En 2025, les efforts de localisation visant à renforcer le rôle des acteurs nationaux et locaux dans la gestion et la mise en œuvre de l'aide humanitaire se poursuivront et seront adaptés au contexte de la RDC, en tenant compte des défis et obstacles spécifiques du pays. Concrètement, dans le cadre des mécanismes de financement existants, notamment le Fond humanitaire (FH), l’objectif consistera à poursuivre les efforts de localisation en allouant plus au moins 60 % des fonds à des organisations nationales ou locales, comme il a été le cas en 2023 et 2024. En outre, les différents groupes de coordination continueront à renforcer la présence des acteurs locaux dans les réponses intersectorielles ou sectorielles en promouvant une approche participative qui engage des acteurs et initiatives humanitaires, de développement et paix (le triple nexus qui intègre la localisation), et travailleront pour renforcer leurs capacités par le biais d'ateliers et de formations spécifiques. En plus, la communauté humanitaire travaillera à impliquer le Gouvernement ou les autorités étatiques à différents niveaux pour qu’ils soient au centre de la réponse. Ceci inclut aussi le renforcement des services publics congolais, lorsque le contexte et la nature des interventions le permettront.
Mwana Léontine, renaître après la crise, grâce aux champs communautaires
L’ONG ABCom est un partenaire du Fonds Humanitaire de la RDC dont l’action peut se résumer à ‘’semer les graines de l’espoir’’ au sein des populations de déplacés internes dans la province du Kwamouth.
En août 2022, Mwana Léontine, 57 ans et mère de sept enfants, fait partie des 137 000 personnes contraintes de fuir les violences survenues en juin 2022 dans le Grand Bandundu, pour se réfugier dans la province du Kwamouth. Dans cette période difficile, l'espoir est ravivé grâce au projet de champs communautaires mis en œuvre par l'ONG ABCOM et soutenu par le Fonds Humanitaire de la RDC.
Fazili Banyene, agronome de l'ONG ABCOM, témoigne de l'impact positif de cette initiative. "Nous avons formé de nouveaux agriculteurs et fourni des semences ainsi que des outils agricoles essentiels", explique-t-il. En introduisant des cultures à croissance rapide et adaptées au climat local, les communautés commencent à modifier leurs pratiques agricoles et à diversifier leurs semences.
Ce projet ne se limite pas à l'apprentissage de nouvelles techniques, mais il favorise aussi un changement durable et une autonomie alimentaire des personnes déplacées internes. Grâce à cette initiative, les populations déplacées retrouvent confiance en leur avenir et la possibilité de reconstruire leur vie. L'histoire de Tantine Moba et de sa communauté est celle d'une renaissance, illustrant la puissance de l'agriculture comme vecteur d'espoir et de résilience pour les personnes affectées par les conflits.
OCHA
Réponse multi-sectorielle
Les approches intersectorielles de réponse seront privilégiées afin de maximiser l’impact des interventions, à travers une réponse plus adéquate et holistique. De façon spécifique, l’approche intersectorielle Santé-Nutrition-Eau,Hygiène et assainissement-Sécurité alimentaire, les clusters concernés en 2023, permettra de fournir une réponse en même temps, aux mêmes endroits et pour les mêmes populations affectées, selon les critères établis par les clusters. En plus, la collaboration et la mutualisation des efforts entre les secteurs et les acteurs pour des évaluations communes des besoins humanitaires afin de prioriser les réponses les plus pertinentes, rapides, efficaces et efficientes seront également renforcées. Les réponses concertées sur les sites de déplacés continueront d’être une priorité et un plaidoyer continu sera mené pour assurer une réponse multi-sectorielle adéquate. Des efforts seront aussi menés pour que les sites spontanés soient régularisés par les autorités, afin que les populations de ces sites puissent bénéficier d’une réponse mieux coordonnée et plus efficace.
Des efforts concertés seront poursuivis pour mitiger les facteurs de risques aggravant la vulnérabilité des personnes, notamment les risques de violences basées sur le genre (VBG) pour les femmes et les filles. Cela inclut les risques d’exploitation et abus sexuels dans les maisons de tolérance. Il s'agit entre autres de favoriser la collaboration des différents clusters dans les audits de sécurité, l’élaboration des cartographies des risques, et des plans d'atténuation VBG dans les divers programmes.
Accès humanitaire
Une attention particulière sera également accordée à l'évolution de la situation en matière d'accès humanitaire afin de donner la priorité aux réponses dans les zones qui deviennent accessibles et où il y a une population importante dans le besoin. Les acteurs humanitaires et notamment le groupe de travail national sur l’accès humanitaire récemment mis en place par l’EHP poursuivront également leurs efforts de négociation pour s'assurer que les interventions tant dans les zones contrôlées par les GANE comme par le gouvernement sont guidées uniquement par des principes humanitaires.
Actions anticipatoires
En 2025, un travail sera fait pour booster les actions anticipatoires en RDC, en contribuant à une meilleure harmonisation et une coordination des divers efforts, en s’appuyant sur des initiatives déjà en cours, notamment l’initiative d’action anticipatoire FICR-FAO-PAM, ou l’allocation pilote du Fonds humanitaire de décembre 2024 axée sur le financement des activités anticipatoires pour la réponse aux inondations. Spécifiquement, comme innovation, l’option de développer un cadre anticipatoire commun pour les inondations sera explorée, en lien avec l’approche triple nexus lorsque cela est possible, étant donné qu’il s’agit d’une catastrophe qui affecte le pays chaque année avec une intensité variable. De plus, des efforts seront menées pour prolonger le cadre anticipatoire pour le choléra, mis en place grâce au financement du CERF, et qui s'est avéré efficace.
Focus sur le mécanisme de réponses rapides (RRM) en RDC
De janvier à novembre 2024, 486 alertes de mouvements de populations ont été enregistrées en RDC affectant environ 6 800 000 personnes (Source Ehtools) : 71 % des alertes sont liées à des attaques armées/conflits fonciers ou intercommunautaires, 13 % à des mouvements de retour et 14 % à des catastrophes naturelles. Parmi ces alertes, 91 % ont été enregistrées dans les quatre provinces de l'Est du pays (Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika), soit 442 alertes. Parmi ces alertes, 30 % ont fait l’objet d’évaluations des besoins (soit 2 750 000 personnes identifiées), pour 34 % des alertes des réponses ont été apportées dans au moins un secteur, pour 23 % dans deux secteurs et pour 66 % des alertes, aucune réponse n’a été apportée. "Les secteurs ayant reçu le plus grand nombre de réponses sont, dans l’ordre, les articles non alimentaires (NFI), la santé, et la sécurité alimentaire.
Au vu de ces chiffres et la réduction des fonds pour la réponse rapide en RDC, il est nécessaire que les actions de réponse rapide se focalisent sur les besoins les plus sévères, avec une réponse multisectorielle complète coordonnée dans des délais très courts afin d’avoir un impact considérable.
Avec l'objectif d’améliorer la qualité de la réponse rapide en RDC, l’EHP a recommandé la mise en place d’une cellule de coordination RRM. Cette cellule a été mise en place en septembre 2024 avec pour objectif d’assurer la coordination des mécanismes de réponses d’urgences de première ligne, en coordination avec les Coordinations Opérationnelles Humanitaires Provinciales (COHP), l’inter cluster et les clusters humanitaires pertinents, dans des délais courts et raisonnables, lors de la survenue d’un choc ou une crise, tout en conservant une certaine flexibilité, évitant ainsi une approche fragmentée et assurant une réponse cohérente et complète. La cellule est sous le lead de OCHA avec un coordinateur RRM dédié à temps plein et comprend les représentants des différents mécanismes RRM, les leads des COHP et celui de l’Inter cluster national.
Au total 14 acteurs et mécanismes RRM ont été identifiées par la cellule de coordination RRM. Une analyse des capacités de réponse de ces acteurs RRM, ainsi que des échanges avec les différentes COHP et l’inter cluster, ont permis de définir des paramètres qui permettront à la cellule de se focaliser sur les alertes les plus sévères dans des zones difficiles d’accès, d’améliorer le suivi et les délais de réponse, la coordination des actions RRM et la passation aux acteurs qui prendront la relève après le RRM.
Pour l’année 2025, la cellule de coordination RRM en étroite collaboration avec les COHP et l’ICN envisage :
D’améliorer les réponses aux besoins les plus sévères à travers une priorisation des alertes selon des critères qui prennent en compte l’impact des chocs sur les populations affectées mais aussi les conditions de vie dans les milieux affectés ;
D’améliorer le suivi des alertes, des réponses RRM et des gaps à travers la mise en place d’une plateforme opérationnelle des acteurs RRM et au renforcement du reporting sur Ehtools. Des analyses des dynamiques des alertes et des gaps seront réalisées afin d’orienter les actions de plaidoyer pour une meilleure couverture des besoins RRM ;
D’assurer des mécanismes de feedback pour chaque alerte ;
De travailler avec les acteurs RRM pour l’amélioration des délais de réponses à travers une définition de référentiels harmonisés pour le comptage des délais, l’identification des goulots d’étranglement qui seront discutés avec le groupe de travail accès, l’inter cluster, les clusters et le CWG pour trouver des solutions ;
De travailler sur un outil de Réponse Multisectorielle d’Urgence (ERM) light utilisable et accepté par tous les acteurs RRM en RDC ;
D’améliorer la couverture multisectorielle des besoins des alertes les plus sévères.
2.2 Définition des limites de la réponse, priorisation et action tenant compte des risques
Avec l'adoption du cadre d'analyse des besoins JIAF 2.0 et des recommandations de ciblage, les zones de santé ayant une sévérité intersectorielle égale ou supérieure à 3 (dans une échelle de 1 à 5) seront ciblées pour la réponse. Il s'agit de la plupart des zones de santé des provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika, à l'est du pays, qui constitueront le centre de gravité de la réponse en RDC, comme les années précédentes. Ainsi, 72% des personnes ciblées (excepté les réfugiés), se trouvent dans les provinces susmentionnées. Cela s’explique principalement par le fait que l’est du pays concentre une forte proportion de personnes affectées par une multiplicité de besoins, en raison de la combinaison et de la superposition des chocs et des vulnérabilités. Par conséquent, ces populations sont priorisées par un plus grand nombre de clusters. Par ailleurs, certaines zones d'autres provinces, sont également incluses dans la réponse humanitaire. C’est notamment le cas des provinces issues de l’ex-Bandundu, à l’ouest du pays, touchées par les conflits intercommunautaires (6 % de la cible), ainsi que des zones affectées par des chocs climatiques ou sanitaires, où la combinaison des besoins génère une sévérité intersectorielle égale ou supérieure au seuil établi. Ces zones sont donc également ciblées par certains clusters. (Les méthodologies de ciblage des clusters peuvent être consultées en ligne.).
Top 10 des provinces avec les cibles les plus élévées
Top 10 des zones de santé avec les cibles les plus élevées
En adoptant le cadre d'analyse intersectorielle conjointe (JIAF), la sévérité des besoins est plus interopérable, ce qui permet de mieux hiérarchiser les interventions. Le plan de réponse a gagné en efficacité puisque certains clusters cibleront davantage de personnes dans le besoin avec un budget parfois légèrement inférieur à celui de l'année dernière. Ainsi, malgré l'ajout de l'enveloppe dédiée aux transferts monétaires à usages multiples (TMUM), le budget du HRP 2025 est inférieur à celui de 2024 de 2% avec un coût unitaire moyen en baisse de 297 en 2024 à 231 dollars par personne en 2025.
En termes des groupes priorisés, les personnes déplacées à l'intérieur du pays continueront de faire l'objet d'une réponse multisectorielle, de même que les retournés récents (< 6 mois) et les communautés d'accueil. Les personnes affectées par les conflits mais non déplacées seront également ciblées et des réponses seront apportées lorsque l'accès humanitaire, qui est le principal défi opérationnel dans certaines régions de l'est et de l’ex-Bandundu, deviendra possible.
Dans ce contexte changeant, la stratégie de priorisation sera définie en fonction de l'évolution de la situation, et c'est principalement au niveau des COHP à l’est du pays, que des analyses régulières de la situation seront effectuées, lesquelles détermineront à tout moment la nécessité ou non de réorienter les interventions, y compris la population et les zones cibles.
Les activités proposées dans le plan de réponse humanitaire présentent un caractère clairement humanitaire et sont alignées avec les objectifs sectoriels et les objectifs stratégiques du plan de réponse. En ce qui concerne le ciblage, les clusters ont également adopté une approche rationalisée pour le ciblage sectoriel et le coût des activités, tout en tenant compte des coûts opérationnels et des défis logistiques liés à l’intervention en RDC. Bien que ces contraintes aient été prises en compte, un coût unitaire inférieur au niveau de certains clusters en 2025 va permettre de cibler un plus grand nombre de personnes avec un budget sectoriel similaire et, dans certains cas, même inférieur à celui de l’année passée.
En 2025, et dans le cadre de la préparation aux risques de catastrophes liées aux aléas climatiques, une planification de réponse supplémentaire a été ajoutée à la planification globale basée sur les besoins identifiés. Cette planification vise à fournir une réponse multisectorielle à une partie des personnes susceptibles d'être affectées par les inondations en 2025. Ainsi, cette planification est basée sur une projection des personnes qui seront sinistrées par les inondations en 2025 sur la base des données historiques des dernières années. Parmi elles, une partie sera en besoin d’assistance humanitaire, et un sous-ensemble de ces personnes en besoin sera spécifiquement ciblé et intégré à la planification. Concrètement, entre 1,1 et 1,5 million de personnes devraient être affectées de manière significative par les inondations en RDC en 2025. 600 000 d’entre elles auront besoin d’une assistance humanitaire, dont 300 000, soit la moitié, seront ciblées pour une réponse multisectorielle et intégrées à la planification humanitaire de 2025, en étant prises en compte dans les cibles de plusieurs clusters.
COLLABORATION AVEC LES ACTEURS DE DÉVELOPPEMENT ET DE PAIX
La réponse humanitaire en RDC est indispensable pour sauver des vies, mais n’est pas la solution aux crises humanitaires qui durent depuis plus de trois décennies dans le pays. En effet, pour réduire et mettre fin aux besoins humanitaires, il est essentiel de résoudre les conflits qui en sont à l’origine (notamment à travers des solutions politiques, que ce soit au niveau régional ou local) et de s’attaquer aux causes sous-jacentes des crises (par exemple, les problématiques foncières ; l’exploitation des ressources naturelles, notamment les minerais ; ou encore les flux financiers illicites). Le renforcement des efforts de prévention est par ailleurs essentiel, tant en ce qui concerne la prévention et la gestion des différents types de conflits que la réduction des risques de catastrophes.
Les acteurs humanitaires en RDC n’en ont ni les capacités ni le mandat, et ils ne peuvent pas répondre aux problématiques structurelles, ou aux besoins chroniques des plus vulnérables à long-terme. C’est pourquoi la coordination et la complémentarité avec les acteursde développement et de paix est indispensable. Chaque pilier a son rôle à jouer : l’intervention humanitaire pour sauver des vies, l’aide au développement pour relever les défis structurels multidimensionnels, et les actions de paix pour permettre la transformation des relations, le renforcement des capacités pour la paix et la cohésion sociale.
L’approche nexus humanitaire-développement-paix (HDP) vise à améliorer la complémentarité et la cohérence entre les interventions des trois piliers. L’objectif est de réduire les besoins humanitaires, les vulnérabilités et les risques, en s’attaquant aux causes sous-jacentes des crises. En RDC, l’accent est mis sur la convergence géographique et les avantages comparatifs des acteurs, avec des interventions simultanées lorsque cela est possible, dans le respect des principes humanitaires.
Dans les trois provinces pilotes (Kasaï, Kasaï Central et Tanganyika), où elle a initialement été opérationnalisée, l'approche Nexus a eu un impact positif sur la collaboration HDP en améliorant la coordination, la complémentarité et la convergence géographique entre les acteurs. Le nexus a contribué à accroître les interventions de développement et de paix (nouveaux acteurs, financements ou programmes). Les synergies HDP ont contribué à maintenir et à renforcer les acquis de la consolidation de la paix. Il est nécessaire de poursuivre cette dynamique, d’accélérer l’opérationnalisation de l’approche et de l’étendre à plus grande échelle afin d’avoir un impact plus significatif sur les populations.
L’approche Nexus en RDC et ses priorités actuelles sont notamment définies dans le Plan National Stratégique de Développement 2024-20282 qui est le principal cadre de planification du développement du pays. Elle est également prise en compte dans la Stratégie Nationale de Gestion des Risques de Catastrophes 2025-2030 élaborée sous le leadership du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et du Ministère des Affaires sociales, Actions humanitaires et de la Solidarité nationale3, t la Politique Nationale de l’Aide (adoptée en 2022), qui mettent l’accent sur l’approche Nexus.
Dans ce contexte, le plan de réponse humanitaire 2025 s’inscrit en complémentarité avec les différents plans et stratégies de développement en RDC, qui traitent des aspects non couverts par la réponse humanitaire. De plus, la cohérence et la complémentarité entre le plan de réponse humanitaire 2025 et le nouveau Cadre de Coopération des Nations Unies (CCDD) 2025-2028 ont été renforcées. Un effort a été fait pour ne plus inclure des activités d’urgence dans le CCDD et éviter les chevauchements tout en renforçant les complémentarités. Le CDDD inclut des interventions visant des solutions durables et la résilience dans les zones de conflit et post-conflit dans une approche nexus. Il met l’emphase sur la résolution des causes sous-jacentes des conflits4 ; l’intégration de la transition, liée au désengagement progressif de la MONUSCO (notamment en matière de protection des civils,) ; et une meilleure convergence géographique à travers des programmes conjoints et/ou multi-bailleurs ciblant des vulnérabilités multidimensionnelles.
L’approche Nexus HDP en RDC nécessite l’implication continue de tous les acteurs : l’Etat (au centre, en tant que premier responsable du bien-être de sa population et des politiques publiques), les Nations Unies, les ONG internationales, les ONG nationales/ la société civile congolaise, le secteur privé, et les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux. Cela nécessite également une plus grande redevabilité des acteurs, notamment du pilier humanitaire, concernant la prise en compte effective des volets nexus/solutions durables dans la réponse humanitaire, et la collaboration effective avec les acteurs de développement, au-delà des déclarations d’intentions.
La communauté humanitaire appelle donc tous les acteurs de développement et de paix à se mobiliser collectivement, autour des priorités Nexus actuelles : 1. Renforcer le plaidoyer et l’appui pour le portage politique et l’ancrage institutionnel de l’approche nexus par le gouvernement au niveau national, pour promouvoir et guider la mise en œuvre, tout en assurant l’appropriation et la durabilité de l’approche.
2. Soutenir le portage politique et l’ancrage institutionnel de l’approche nexus par les gouvernements provinciaux concernés.
3. Etendre les efforts nexus HDP à de nouvelles provinces où il existe des opportunités, comme le Sud-Kivu et l’Ituri. Il s’agit de promouvoir une convergence géographique et des interventions complémentaires, qui s’attaquent aux causes profondes de la crise afin de réduire les besoins humanitaires.
4. Appuyer la mise à l'échelle de solutions durables pour accompagner les personnes déplacées internes à cause des conflits, par exemple au Tanganyika, au Sud-Kivu, et en Ituri. Ceci implique de renforcer leur résilience et de créer les conditions propices en termes de développement et de paix pour leur permettre de rentrer chez elles ou de s’intégrer.
5. S’attaquer aux causes profondes de l'insécurité alimentaire au Kasaï et au Kasaï Central, notamment ses facteurs politiques, économiques, socioculturels et démographiques.
6. Renforcer l’engagement des Institutions Financières Internationales et le secteur privé pour favoriser des réformes des politiques publiques et économiques, ainsi que des financements et des investissements plus durables en RDC.
Lodza Katho : Un parcours de reconstruction grâce à un projet de solutions durables
Lodza Katho, 31 ans, a été contraint de fuir son village natal de Malabo avec sa femme et ses deux enfants à la suite d'une attaque en 2018.
OCHA
Après six longues années passées dans la précarité dans le site de déplacés de Mbala, à Bunia, les choses ont commencé à changer pour Lodza lorsqu’il a eu l'opportunité d'acquérir un terrain, grâce à son activité de moto-taxi dans la ville de Bunia. C'est à ce moment qu'une organisation humanitaire, l’Association pour le Développement Social et la Sauvegarde de l’Environnement (ADSSE), est intervenue pour l'aider à concrétiser son rêve. ADSSE a aidé Lodza à construire une maison pour sa famille. "Maintenant que nous avons cette maison, tout va mieux", a-t-il déclaré, soulagé.
Aujourd'hui, cette maison de deux chambres abrite non seulement Lodza, sa femme et leurs enfants, mais également un petit commerce qu’il a ouvert dans l'une des pièces. "J'ai transformé une chambre en une petite boutique. L'autre chambre est destinée à mes parents. Nous avons aménagé le salon pour en faire une chambre pour les enfants."
Grâce à l'assistance financière obtenue, sa boutique a commencé à prospérer, offrant une nouvelle source de revenus à sa famille. "Je n'aurais jamais pu me permettre de construire une maison sans cette aide", a-t-il exprimé avec reconnaissance.
Lodza est l’un des 1 500 premiers bénéficiaires du projet de solutions durables abris pour les personnes déplacées, mis en œuvre par le HCR, travers l’ONG ADSSE, sur un financement du CERF pour les déplacés de Bunia, en Ituri. Des projets de solutions durables, comme celui soutenu par l'ADSSE, aident de nombreuses familles déplacées de longue durée à s'intégrer et à reconstruire leur vie au sein des communautés d’accueil.
Ventilation des personnes ciblées:
2.3 Ventilation des personnes ciblées
Sévérité intersectorielle
pin&cible
cible par secteur
Cible par âge et sexe
Evolution cible
cible par groupe de population
2.4 Objectifs stratégiques
Objectif stratégique 1
Nombre de personnes ciblées par l'objectif stratégique 1 par province
Objectif stratégique 2
Nombre de personnes ciblées par l'objectif stratégique 2 par province
2.5 Hypothèses de Planification, Capacité Opérationnelle et Accès & Tendances en matière de Réponse
Hypothèses de planification
En raison de la grande volatilité de la situation, due à des facteurs indépendants de la communauté humanitaire, la planification de la réponse pour 2025 s’est basée sur une analyse de la situation réelle au second semestre 2024, plutôt que sur des projections hypothétiques. Des projections ont été prises en compte seulement dans le cadre de la planification de la réponse aux inondations en 2025, comme expliqué précédemment. La planification est également fondée sur un examen réaliste de l'accès et de la capacité opérationnelle, en capitalisant sur ce que les acteurs humanitaires ont réussi à faire avec le financement reçu en 2024 et une hypothèse de réduction des financements en 2025 pour la RDC face à un contexte humanitaire global dégradé.
En l'absence des perspectives pour une paix durable en 2025 dans l’Est du pays, l'année à venir sera probablement marquée par la poursuite des hostilités, avec des conséquences néfastes pour la population civile ainsi que pour les acteurs humanitaires intervenant dans les provinces affectées. Il est probable que de nouveaux déplacements de population se produisent tout au long de l'année, ainsi que des mouvements de retour dans certaines zones propices. Cependant, des millions de personnes resteront déplacées en 2025 et auront donc besoin d'une assistance multisectorielle continue.
L'accès restera la principale contrainte influençant la capacité d'intervention dans un certain nombre de zones, dont beaucoup abritent des populations très vulnérables qui n’ont pas reçu d’assistance sur une période relativement longue. Les velléités d’influence des GANE sur les opérations humanitaires dans les zones sous leur contrôle pourraient également affecter le travail des acteurs humanitaires, les poussant à redoubler d’efforts pour garantir une réponse indépendante, neutre et impartiale. La faible acceptation des organisations humanitaires dans certaines zones engendre également des défis sécuritaires ponctuels et peut avoir un impact significatif sur l’accès humanitaire. Le délabrement structurel des infrastructures de transport restera un obstacle majeur : certaines zones ne sont accessibles que par voie lacustre ou aérienne, tandis que la dégradation des routes engendre des retards logistiques et des défis d'accès importants aux populations cibles. Enfin, certaines dispositions administratives contraignantes, y compris des procédures bureaucratiques complexes au niveau des administrations locales et nationales constituent des éléments cruciaux qui influenceront l’efficacité de la réponse humanitaire.
Capacités opérationnelles
L'analyse des capacités opérationnelles en RDC repose sur les données fournies dans la cartographie des partenaires humanitaires et les retours des clusters. Globalement, la majorité des capacités humanitaires se concentrent logiquement à l’est du pays. Cependant, à l'échelle locale, les capacités opérationnelles, dans une même province, varient considérablement d'un territoire à l'autre, en fonction de l'accès humanitaire, des ressources locales disponibles, et de la présence des partenaires. Il est important de souligner que des gaps critiques persistent, particulièrement dans les zones affectées par des conflits intenses et des crises sanitaires. Également, il est aussi constaté un manque persistant des capacités pour répondre aux inondations dans le pays, notamment à l’ouest mais aussi dans des provinces régulièrement affectées par les inondations comme la Tshopo. En 2025, des efforts seront déployés pour renforcer la présence des partenaires là où c’est nécessaire, en fonction de l’évolution de la situation. A cet effet, il est crucial de maintenir en 2025 un plaidoyer continu auprès des bailleurs sur le besoin d’avoir une flexibilité géographique et programmatique pour l‘allocation du financement et la mise en œuvre des projets en fonction des changements du contexte. Enfin, en raison du contrôle de nombreuses zones ciblés pour la réponse, par divers groupes armés, les capacités de négociation de l'accès joueront un rôle critique pour contribuer à atteindre les populations dans le besoin.Il sera donc impératif de renforcer ces capacités, en particulier parmi les partenaires de la réponse.
Partenaires opérationels
Partenaires par cluster
Contraintes d’accès et défis
Les principales contraintes affectant l’accès pour les trois groupes d’organisations (Nations Unies, ONG internationales et ONG nationales) qui ont participé aux enquêtes de perception sur les contraintes d’accès sont : les hostilités et les opérations militaires qui présentent un risque sécuritaire pour les activités humanitaires, les restrictions de mouvement, ainsi que les obstacles physiques. Les bénéficiaires de l'aide humanitaire rencontrent également des difficultés d'accès en raison des conflits armés, des opérations militaires et des tensions intercommunautaires. Par ailleurs, les besoins humanitaires sont souvent ignorés ou sous-estimés par les autorités locales et les groupes armés, ce qui entrave la mise en œuvre de projets essentiels, notamment dans les domaines de la protection, de la lutte contre les VBG et des droits humains. Parmi les autres obstacles majeurs, figurent la violence à l’encontre du personnel humanitaire, les ingérences directes dans les activités, ainsi que les obstacles ou lourdeurs administratifs et bureaucratiques. La cartographie de la perception des contraintes d'accès humanitaire a permis une meilleure évaluation des obstacles présents dans les zones de santé.
Parmi les 115 zones de santé analysées, 14 ont des contraintes faibles (représentant une population d’environ 597 000 personnes), tandis que 54 zones rencontrent des contraintes modérées, affectant 3 124 000 personnes. En revanche, 47 zones souffrent de contraintes d’accès élevées, impactant 3 106 000 personnes. Comme mentionné, ces scores sont uniquement basés sur la perception des acteurs.
En 2024, 407 incidents de sécurité impactant les organisations humanitaires ont été enregistrés entre janvier et novembre, affectant principalement les ONG nationales et internationales. Le Nord-Kivu a été la province la plus touchée, avec 188 incidents, suivie du Sud-Kivu (81 incidents), de l’Ituri (65 incidents), et du Tanganyika (47 incidents). Parmi ces incidents, 11 enlèvements et 7 décès parmi les travailleurs humanitaires ont été signalés, soulignant les risques accrus liés à ces défis. Ces violences, y compris les braquages, les enlèvements, les menaces, et les restrictions de mouvement, ont considérablement exacerbé la situation sécuritaire et logistique, réduisant la capacité des organisations à fournir une aide humanitaire vitale.
Perception de la sévérité des contraintes d'accès selon le type d’organisation
L’Équipe humanitaire pays (EHP) est la pièce centrale de la coordination opérationnelle et stratégique humanitaire en RDC. Son rôle principal est de fournir des orientations stratégiques et politiques communes pour l’ensemble de la réponse humanitaire. En ce qui concerne les clusters, neuf sont activés à ce jour : sécurité alimentaire, nutrition, eau, hygiène et assainissement, santé, coordination et gestion de camps, abris et articles ménagers essentiels, éducation, protection (y compris les AoR VBG, protection de l’enfance, logement, terre et propriété et lutte anti-mines) et logistique. Depuis 2013, le Gouvernement de la RDC et l’EHP se sont aussi dotés d’un cadre de concertation dénommé le Cadre national de concertation humanitaire (CNCH) pour établir des liens entre les autorités congolaises et la communauté humanitaire représentée par l’EHP. Il assure une synergie d’efforts pour une bonne mise en œuvre de l’action humanitaire en RDC. Au niveau provincial, la même structure est activée dans les provinces affectées par la crise humanitaire (Cadre provincial de concertation humanitaire – CPCH).
En 2025, les structures de coordination seront revues à la suite des changements projetés, et de ceux qui ont commencé en 2024. L'objectif de cette révision de l'architecture de coordination est de disposer d'un système plus simple et plus efficace et de s'assurer que les différents groupes et niveaux de coordination fonctionnent correctement. Une changement important initié en 2024 est la relocalisation de l’intercluster national à Goma, un mouvement pour amener ce forum de coordination plus proche du centre de gravité de la réponse dans le pays et le rendre plus opérationnel. Il est prévu qu’en 2025 la plupart des clusters soient déjà relocalisés à Goma. Il y aura toutefois trois clusters (sécurité alimentaire, santé et nutrition) dont la coordination nationale restera pour le moment au niveau de Kinshasa compte tenu de l’engagement très fort de ces clusters avec le gouvernement national. Cependant, des leaderships forts au niveau de la coordination de ces clusters seront assurés au niveau de Goma. Autre changement majeur en 2025 est la suppression annoncée fin 2024 de la position de Coordonnateur humanitaire adjoint basé à Goma et le renforcement simultané de la présence d’OCHA, y compris en termes de leadership, à Goma, de manière à ce que les fonctions mises en œuvre par ce poste soient assurées. Donc bien qu’au moment de la rédaction de ce document, la structure générale de la coordination humanitaire en RDC reste la même qu’en 2024, il faut anticiper des ajustements qui seront apportés en fonction des changements mentionnés ci-dessus afin de simplifier cette structure.
Concernant la capacité de coordination au niveau provincial, elle restera relativement forte grâce à la présence d'OCHA et des principaux clusters sectoriels. Les réunions de coordination provinciale (COHP) se tiennent régulièrement, facilitant une bonne coordination entre les acteurs humanitaires. Toutefois, la révision de l’architecture permettra d’identifier des espaces pour améliorer davantage le travail de coordination des COHP. La coordination intersectorielle présente aussi parfois des lacunes, soulignant la nécessité d’un renforcement des mécanismes de gestion de l’information et d'une meilleure articulation entre les clusters. En décembre 2023, un relais humanitaire a été ouvert pour la coordination humanitaire de la crise dans la région de l’ex-province du Bandundu. Cette coordination a été assurée par Caritas jusqu’à mai 2024, date à laquelle OCHA a pris le relais avec l’ouverture d’un bureau à Bandundu ville (province de Kwilu). Cela a permis d’avoir un suivi et une coordination plus étroite avec les acteurs présents dans la zone et qui se poursuivra en 2025. Ainsi, en 2025, OCHA continuera d'ajuster son empreinte à la hausse ou à la baisse dans les différentes zones en fonction de l'évolution du contexte et des besoins de coordination. Les mécanismes de coordination civilo-militaire ont également été améliorés, avec un accent particulier sur les Groupes d’Accès au niveau provincial et la création en décembre 2024 d’un groupe de travail accès humanitaire (GTAH) national qui conseille directement l’EHP sur les questions d’accès humanitaire et leurs contraintes. La révision de l’architecture de coordination humanitaire tiendra compte des structures de coordination étatiques au niveau national, provincial et local afin d’assurer une bonne complémentarité dans l’identification des besoins et la fourniture de la réponse, ainsi qu’une synergie avec les initiatives de paix et de développement (Nexus).
2.6 Programmation redevable, inclusive et de qualité
Redevabilité envers les personnes affectées et réponse centrée sur les personnes
En 2025, la communauté humanitaire continuera son engagement avec la promotion et l’intégration transversale des éléments qui sont essentiels pour une réponse humanitaire équitable et adaptée aux défis majeurs du contexte de la RDC ; des défis qui ne sont pas exclusifs de l’action humanitaire mais qui influencent de façon significative l’efficience et l’efficacité de la réponse.
Protection contre les exploitations et les abus sexuels (PEAS)
En 2025, les réalisations et progrès des années précédentes seront consolidés par la Coordination Inter-agences PEAS en RDC. Les membres du réseau seront encouragés à soutenir et à adopter les nouveaux Standards Minimums Opérationnels finalisés en 2024. Une approche intégrée sera mise en œuvre, prenant en compte d'autres thématiques transversales, notamment pour l'établissement et la gestion des mécanismes de plaintes. De plus, la capacité des clusters à intégrer la PEAS sera renforcée par la mise à jour des checklists PEAS intégrées (VBG, AAP, Genre, EAS) et par l'assurance de leur utilisation par l'ensemble des membres de chaque cluster, facilitée par des sessions de sensibilisation lors des réunions inter-clusters.
Durant l'année 2025, il sera nécessaire de renforcer l'implication et l'engagement de l'État dans la prise en compte de la PEAS en suivant la mise en œuvre des résultats des plans d’action de la PEAS. Le réseau PEAS interagence élaborera la Stratégie nationale des acteurs PEAS en collaboration avec le gouvernement. Cette stratégie sera vulgarisée et mise en œuvre dans toutes les provinces. Les activités de prévention et de réponse à l'exploitation et aux abus sexuels (EAS) à l'échelle inter-agences s'appuieront sur la structure des cinq réseaux régionaux et de 20 sous-réseaux. Cela permettra une coordination renforcée et une meilleure efficacité dans la mise en œuvre des initiatives. De plus, l'engagement collectif sera reflété dans les évaluations des risques EAS inter-agences qui seront réalisées à chaque fois qu'un changement significatif sera identifié sur le terrain ou dans le domaine de la réponse aux urgences en santé publique. Cette approche garantira que les mesures prises sont adaptées aux contextes locaux et aux besoins spécifiques des populations concernées.
La stratégie de la redevabilité ou AAP dans la réponse humanitaire en RDC sera axée sur la transparence, l'efficacité et la responsabilisation des acteurs humanitaires envers les bénéficiaires de l'aide, les autorités locales et les bailleurs de fonds. L'objectif est d'assurer que l'aide humanitaire soit gérée de manière éthique, responsable et en lien avec les besoins et les attentes des populations affectées. Ci-dessous, les axes clés qui permettront de renforcer cette approche en 2025 :
Renforcement des mécanismes de feedback et de plainte à travers le développement et harmonisation des systèmes accessibles pour recueillir les plaintes, préoccupations et suggestions des communautés bénéficiaires, y compris concernant le PEAS. Cela inclut aussi la réduction du nombre des mécanismes existantes.
Il est essentiel de pouvoir non seulement référer de manière systématique les demandes, plaintes et retours entre les organisations (y compris les questions sensibles et PSEA), mais aussi d’analyser collectivement les tendances des retours afin d'ajuster la réponse, tant sur le plan opérationnel que stratégique, ainsi que dans notre engagement communautaire (messages). Les communautés doivent être consultées dès le début de chaque intervention, et un suivi détaillé doit être effectué pour garantir que leurs préoccupations réelles ont été prises en compte. Cela repose sur le principe du mécanisme de rétroaction communautaire (CFS).
Renforcer la participation des femmes et des jeunes filles dans la prise de décision
Inclusion dans les comités de gestion humanitaire : Assurer la présence des femmes dans les espaces de décision (comités, réunions de coordination) permet d'intégrer leurs préoccupations spécifiques dans les réponses humanitaires.
Espaces sécurisés pour les femmes et les jeunes filles : Créer des espaces où les femmes et les filles peuvent s’exprimer librement et participer à la prise de décisions concernant les interventions humanitaires. Par exemple, des groupes de discussion ou des consultations ciblées permettent de récolter leurs besoins et priorités.
Transparence financière et des ressources à travers la publication des rapports clairs sur l'utilisation des fonds et des ressources, permettant aux parties prenantes, y compris les communautés locales, de suivre l'allocation et l'usage des aides.
Partenariats locaux et responsabilité partagée à travers une implication plus évidente des autorités locales, les communautés et les organisations de la société civile dans les processus de planification et de mise en œuvre des programmes humanitaires.
Suivi et évaluations participatives à travers la consultation régulière des populations affectées pour évaluer l'impact des programmes et la qualité de l'aide reçue.
Formation des acteurs humanitaires à la redevabilité, notamment sur la gestion des plaintes, la communication transparente et le respect des engagements envers les bénéficiaires, y compris l'égalité de traitement et l’accès équitable à l’aide.
Lutte contre la corruption et les abus par le biais d’audits indépendants et des sanctions claires pour les violations éthiques ou les détournements de fonds.
Inclusion des groupes vulnérables en assurant que les réponses humanitaires soient sensibles à la diversité des besoins de différents groupes (femmes, enfants, personnes âgées, personnes handicapées, minorités ethniques) et que ces groupes aient une voix dans les mécanismes de redevabilité.
Centralité de la protection
En 2025, la communauté humanitaire s'alignera sur la mise à jour de la stratégie de protection pour 2025-2026 qui doit encore être validée par l’EHP. Cette stratégie se concentre sur trois priorités stratégiques : 1) le renforcement des capacités institutionnelles et communautaires pour protéger les victimes de conflits armés ; 2) la réduction des risques par la stabilisation et l'autonomisation des communautés ; et 3) la promotion de solutions durables et inclusives pour la réintégration des populations déplacées.
Le cadre de centralité de la protection, intégré à cette stratégie, renforce le rôle de l’EHP dans la coordination des actions de protection en RDC et en tant qu’entité redevable, avec le le Coordonnateur humanitaire, pour assurer que la protection est centrale dans la réponse humanitaire. Il repose sur des processus collaboratifs, le renforcement des capacités, des critères de planification, ainsi que des mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir une réponse durable aux crises. Plus précisément, le plan d'action prévoit des initiatives telles que : améliorer la coordination des actions de protection par l’EHP, renforcer l'analyse des risques et le ciblage, développer les capacités des institutions locales et des communautés, intégrer les critères de centralité de la protection dans le cycle programmatique des projets humanitaires, mobiliser des ressources pour des actions de protection, et assurer un suivi, une évaluation et un apprentissage efficaces des interventions de protection.
Les efforts pour le renforcement de la composante genre dans l'action humanitaire en RDC en 2025 s'articuleront autour de la prise en compte des besoins spécifiques des femmes, des filles, des hommes et des garçons dans les contextes de crise humanitaire. Dans ce cadre, il sera nécessaire de promouvoir une coordination étroite entre les acteurs humanitaires, les autorités et la société civile pour assurer que les réponses humanitaires prennent réellement en compte la dimension de genre. Les axes prioritaires de cette stratégie sont :
Renforcement de la protection des femmes et des filles : mettre en place de mécanismes de protection spécifiques, comme des refuges sûrs, des services de santé spécialisés, des conseils juridiques et un soutien psychosocial pour les survivantes de VBG.
Accès égal aux services humanitaires : s'efforcer de garantir que les services humanitaires (santé, alimentation, eau, éducation, etc.) soient accessibles de manière équitable, en tenant compte des besoins et des réalités spécifiques des femmes et des filles. Cela inclut la mise en place de programmes adaptés à leurs besoins particuliers, tels que des soins de santé reproductive et des services d'éducation.
Participation active des femmes dans la prise de décision : encourager la participation des femmes et des filles dans les processus de décision humanitaire et de rétablissement de la paix.
L’accès des associations et organisation feminines aux financements.
Sensibilisation et formation sur les VBG : inclure des programmes au sein des clusters pour sensibiliser et former les acteurs humanitaires, autorités locales et communautés pour diminuer la vulnérabilité et l’exposition des filles et femmes.
Handicap
L'inclusion des personnes handicapées dans la réponse humanitaire doit reposer sur une approche intégrée et inclusive, garantissant l'accès aux droits et aux services pour cette frange de population. Il est également essentiel que ces initiatives s'inscrivent dans une réponse humanitaire globale et cohérente, en collaboration avec l'État, les ONG et les communautés locales. Les efforts en faveur de l'inclusion se concentreront en particulier sur les aspects suivants : l'accessibilité physique des infrastructures humanitaires (camps, centres de distribution de nourriture, services médicaux, écoles, etc.) ; la formation et la sensibilisation du personnel humanitaire et des autorités locales ; la promotion de la participation active des personnes en situation de handicap dans la planification et l’évaluation des interventions humanitaires, et la collecte de données désagrégées sur les personnes en situation de handicap dans les systèmes de suivi-évaluation des interventions humanitaires.
Il est reconnu l’urgence de continuer l’intégration du VIH/Sida comme thématique transversale dans toutes les étapes de la réponse humanitaire afin de permettre à chaque cluster de développer les activités VIH/Sida telles que recommandé par les Directives interagences IASC ainsi que le Plan Stratégique National VIH/Sida 2023-2027 de la RDC.
En 2024, plusieurs activités ont été réalisées avec comme résultats, entre autres : des plans opérationnels couplés aux plans de communication et de plaidoyer disponibles pour six provinces avec une importante réponse humanitaire (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Tanganyika, Kasaï, Kasaï-Central) ; des services de Conseil et Dépistage volontaire du VIH offerts aux personnes déplacées ; le renforcement de l’adhérence au traitement antirétroviral (ARV) ; l’appui nutritionnel aux personnes vivant avec VIH (VIH) ; et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles selon l’approche syndromique. Toutefois, au regard du nombre très élevé de personnes en situation humanitaire nécessitant des services de traitement du VIH, les avancées de 2024 doivent être mises à l’échelle en 2025 afin d’atteindre le maximum de personnes. Pour cela, il est recommandé à chaque cluster de se conformer aux directives IASC en intégrant les activités VIH de façon transversale.
C’est grâce aux résultats de recherche en santé publique5, d’enquêtes et d’évaluations rapides approfondies6 ayant révélé une grande vulnérabilité des personnes vivant avec le VIH/Sida et une augmentation des taux de séropositivité au VIH et aux hépatites virales chez les populations déplacées internes que l’ONUSIDA et les organisations de Lutte contre le Sida ont alerté OCHA et les partenaires humanitaires sur la situation catastrophique de santé publique dans les sites des déplacés internes en RDC. L’atelier de consultation organisé par le Programme National Multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS) et l’ONUSIDA avec toute l’équipe-pays des Nations-Unies ainsi que d’autres partenaires en novembre 20237, a reconnu l’urgence de réintégrer le VIH/Sida comme thématique transversale dans toutes les étapes de la réponse humanitaire afin de permettre à chaque cluster de développer les activités VIH/Sida telles que recommandé par les Directives interagences IASC8 ainsi que le Plan Stratégique National VIH/Sida 2023-2027 de la RDC9. Pour cette première année de réintégration, plusieurs activités ont été réalisées avec comme résultats :
Des plans opérationnels couplés aux plans de communication et de plaidoyer disponibles pour six provinces avec une importante réponse humanitaire (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Tanganyika, Kasaï, Kasaï-Central) ;
Les services de Conseil et Dépistage volontaire du VIH offerts à 2 926 personnes déplacées parmi lesquelles les jeunes et adolescents, les femmes enceintes et allaitantes, les survivantes des violences sexuelles et les populations clés ;
Pour le renforcement de l’adhérence au traitement antirétroviral (ARV), 314 jeunes et adolescents vivant avec le VIH ont été suivis dans les groupes de parole, 1 385 autres personnes dans les GCT (Groupe communautaire de Traitement) des sites des déplacés ;
L’appui nutritionnel donné à 13 913 personnes vivant avec VIH (VIH) parmi lesquelles 3 213 coinfectées à la tuberculose ;
Les infections sexuellement transmissibles prises en charge selon l’approche syndromique chez 26 722 personnes ;
Comparativement au nombre très élevé de personnes en situation humanitaire et en besoin des services de traitement du VIH, ce qui a été réalisé en 2024 mérite d’être mis à l’échelle en 2025 pour atteindre le maximum de personnes. Pour cela, il est recommandé à chaque cluster de se conformer aux directives IASC en intégrant les activités VIH de façon transversale.
2.7 Coût de la réponse
La RDC utilise la méthodologie de budgétisation de la réponse humanitaire basée sur les coûts unitaires des activités. Cette méthodologie a permis d’estimer le coût de la réponse sur la base des besoins réels des populations affectées par zone de santé, et des priorités définies par l’EHP. Les couts unitaires des activités sont périodiquement mis à jour par les clusters en consultation avec leurs partenaires pour assurer la prise en compte des éléments qui jouent un rôle dans l’estimation desdits couts.
La RDC a l’un des coûts opérationnels globaux les plus élevés au monde en raison d’une multiplicité de facteurs, tels qu’énumérés dans le présent chapitre. Cependant, pour 2025, la programmation humanitaire anticipe un coût unitaire de la réponse globale en diminution par rapport à 2024 en raison principalement de l’augmentation significative de la cible (dû à un changement de la méthodologie de calcul) avec une légère baisse de l’enveloppe de 2024. Toutefois, certains facteurs exercent une influence significative sur le coût de la réponse en RDC et expliquent pourquoi ces coûts sont particulièrement élevés. Parmi ceux-ci :
Les défis logistiques, notamment liées à la précarité des infrastructures routières et à la restriction de l’accès à beaucoup de zones, rendent difficile le travail et augmentent le coût du transport et de l’aide ainsi que du personnel là où ils sont nécessaires.
La superficie du pays qui est un obstacle important pour l'acheminement des biens humanitaires dans certaines régions reculées.
Le taux d’inflation en RDC, 12 % en 2024, impacte significativement l’évolution des coûts.
Un recours important à l’importation de denrées pour la réponse.
Les détails des coûts unitaires par activité des différents clusters peuvent être consulté ici
Coût moyen par bénéficiaire
2.8 Transferts monétaires à usages multiples et vue d’ensemble de l’assistance par transferts monétaires et bons
Contexte
L'aide sous forme d'espèces et de bons (“cash and voucher assistance” CVA) - ou transferts monétaires - est une modalité de réponse essentielle, utilisée en RDC depuis 2006. Elle permet aux populations affectées de satisfaire elles-mêmes à leurs besoins, tout en stimulant l’économie locale. La flexibilité offerte par les transferts monétaires permet aux ménages de prioriser les dépenses en fonction de leurs besoins immédiats.
Si les transferts monétaires permettent d’assurer un soutien rapide et efficace aux populations, leur mise en œuvre est liée à plusieurs facteurs.
Facteurs TMUM...
Aperçu des transferts monétaires
En 2025, le plan de réponse humanitaire vise à délivrer $ 517 millions en transferts monétaires (20 % du total des financements requis pour le HNRP), incluant la sécurité alimentaire et les activités génératrices de revenus. Les TMUM restent essentiels, complétant les interventions de transferts monétaires sectorielles pour répondre aux besoins urgents (cible 1) et favoriser la résilience des populations (cible 2). Pour 2025, 2 536 966 personnes sont ciblées par des programmes de TMUM avec un budget prévisionnel de 94 628 818 USD.
budget prévisionnel
Transferts Monétaires à Usages Multiples (TMUM)
Les TMUM seront privilégiés pour :
Réponse d’urgence aux déplacements et choc : une aide ponctuelle, rapide et flexible qui donne la priorité aux besoins de survie des personnes notamment en situation de déplacement forcé, et familles d’accueil sur une durée maximum de 3 mois.
Résilience communautaire en situation d’urgence et post-urgence : les TMUM aux groupes renforcent la résilience des communautés touchées par un choc en permettant aux personnes d'accéder aux biens et services essentiels.
Réponse d’urgence aux catastrophes naturelles et action anticipatoire : les TMUM apportent un soutien essentiel aux personnes sinistrées, après des inondations par exemple. Les TMUM effectués avant le choc peuvent atténuer son impact, réduisant la nécessité d'interventions a posteriori.
Réponse aux situations de crise prolongée : les TMUM garantissent aux ménages les plus vulnérables qui ont été affectés par un choc un accès aux biens essentiels et services nécessaires sur une durée d’au moins six mois.
Grâce aux nombreuses études et évaluations, il a été prouvé que les programmes TMUM sont quatre fois plus efficaces que les autres types de réponses, et préférés par les personnes affectées (MSNA et évaluations rapides multisectorielles (ERM).
Investir dans la résilience des communautés, une opportunité pour la localisation
Les structures locales (Associations Villageoises d’Epargne et de Crédits – AVEC, groupes communautaires), ainsi que les petits commerçants sont des acteurs pertinents, en particulier dans les zones où les risques et les contraintes d’accès peuvent être élevés. Partie intégrante des communautés, ils peuvent apporter une réponse rapide, directe et acceptée socialement qui contribue également à la résilience communautaire. Les transferts monétaires aux groupes, déjà utilisés dans certains territoires, sont une possibilité éprouvée de réponse à base communautaire.
(Re)centrer l’aide sur les personnes, préférence et redevabilité
Les transferts monétaires apportent dignité en restaurant le pouvoir de décision et de choix aux personnes affectées. Un décalage notable a pu être observé entre la préférence exprimée par les personnes pour recevoir l’aide via des transferts monétaires en réponse à leurs besoins, et le type de réponse apportée. En effet, 64 % des personnes interrogées déclarent préférer recevoir de l'argent liquide10 et, 56 % des ménages interrogés dans les trois provinces de l’Est avaient une préférence pour les transferts monétaires11. En 2023, près de 40-% de l’aide en nature a été revendue en RDC12 et, en 2024, la municipalité de Goma a interdit la revente de cette assistance.
Liens avec la protection sociale, une opportunité pour le nexus
En RDC, le système de protection sociale est appuyé par la Banque mondiale depuis 2014 (projets STEP et STEP 2). Le Groupe de travail sur les transferts monétaires (“Cash Working Group”, CWG) s’emploie à faire des ponts avec les initiatives de protection sociale en améliorant la collaboration avec les acteurs de la protection sociale et promouvant l'utilisation et le peuplement du Registre social Unifié (RSU).
Coordination des transferts monétaires
La coordination des transferts monétaires en RDC se fait à deux niveaux :
CWG national : le CWG, basé à Goma, est coprésidé par OCHA, Give Directly et REACH/IMPACTS. Il sert d'organe de coordination, fournit des orientations stratégiques, et, apporte un appui technique et des conseils programmatiques.
CWG provinciaux : quatre CWG provinciaux opèrent dans quatre provinces à l’Est du pays, veillant à l’adaptation des interventions à la réalité et la coordination opérationnelles des réponses en cohérence avec la stratégie nationale et les documents de référence.
Priorités du CWG en 2025
Programmation de qualité : assurer une programmation des TMUM et des Transferts monétaires sectoriels de qualité via l’élaboration de normes et standards de référence ;
Rapportage et suivi de la réponse : améliorer le rapportage en revisitant l’outil de la cartographie de la réponse (4W) et le suivi de la réponse à travers l’outil de Post-distribution monitoring (PDM) harmonisé ;
Plaidoyer : poursuivre le plaidoyer en faveur des transferts monétaires basé sur des preuves et données probantes ;
Améliorer du suivi des marchés : renforcer l’Initiative Conjointe de Suivi des Marchés de REACH et augmenter la portée de l’exercice à des fins programmatiques ;
Renforcement de capacités et échanges de bonnes pratiques : renforcer les capacités des personnels des organisations ainsi que l’apprentissage entre organisations notamment locales ;
Promotion du cash anticipatoire : documenter et mettre en place des mécanismes favorisant les transferts monétaires à des fins anticipatoires ;
Renforcement du nexus : favoriser et approfondir les liens avec la protection sociale mais aussi comme une modalité de réponse appropriée pour apporter des solutions durables aux communautés dans les contextes de déplacements prolongés.
2.9 Suivi
Le suivi des activités humanitaires est crucial pour garantir une réponse coordonnée et efficace. Il repose sur la collecte systématique de données pour évaluer l'impact et la pertinence des interventions. L'implication des autorités étatiques est essentielle, car elles assurent la coordination, le cadre législatif et l'accès aux zones touchées, tout en garantissant que l'aide répond aux besoins des populations et aux priorités nationales. Un suivi efficace et une collaboration étroite avec le gouvernement sont essentiels pour maximiser l'impact des actions humanitaires. Ceci se traduit par la participation aux missions conjointes de suivi post assistance et aux réunions de coordination et le partage régulier des rapports et des notes de plaidoyer.
Suivi de la situation
Le suivi des besoins humanitaires sera assuré à travers un ensemble de processus d'évaluation réguliers, permettant d’adapter les interventions en fonction des évolutions sur la situation humanitaire des zones concernées. Parmi ces processus, le suivi des déplacements des populations, l’utilisation des indicateurs de chaque cluster (e.g. l’indice de la sécurité alimentaire) et les évaluations sectorielles seront les principaux outils. Ces évaluations seront menées à intervalles réguliers, avec des dates spécifiques fixées pour chaque activité de collecte de données, permettant une mise à jour constante de la situation. La coordination de ces évaluations se fera à travers des groupes de travail inter-agences, notamment le Groupe de Travail d'Analyse des Crises et de Qualité (GTACQ), afin d’assurer la cohérence des informations recueillies et de garantir la prise en compte des besoins les plus urgents. Les résultats de ces évaluations seront partagés avec toutes les parties prenantes, et un suivi systématique sera effectué tout au long de l'année pour ajuster les interventions selon les évolutions de la situation humanitaire dans les zones concernées.
Suivi des risques
Dans le cadre de la mise en œuvre du plan de réponse humanitaire, il est essentiel d’identifier et de suivre les risques élevés susceptibles d'impacter la population vulnérable. Pour ce faire, plusieurs sources de prévision et d'alerte précoce seront activement suivies. Parmi celles-ci, les systèmes d’alerte précoce climatiques (comme les prévisions météorologiques fournies par la Direction de la Météorologie Nationale et les alertes d'inondations ou de sécheresse) joueront un rôle clé dans l'anticipation des risques environnementaux. Ce suivi sera organisé semestriellement en collaboration avec le centre météorologique national au niveau du gouvernement et les acteurs humanitaires. En outre, les données provenant des réseaux de surveillance épidémiologique (y compris l’OMS et le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies - CDC) permettront de détecter rapidement les flambées de maladies telles que la rougeole, le choléra, le mpox et d’autres épidémies, afin de déclencher les réponses sanitaires adaptées.
En complément, des rapports sur la situation sécuritaire fournis par les Nations Unies, les ONG internationales, les acteurs locaux et les agences de sécurité seront aussi consultés pour identifier les risques de violences armées et de déplacement massif de populations. Les systèmes de suivi des conflits, comme les alertes de OCHA et des ONG locales, aideront à détecter les zones de tension et les mouvements de population. Ces informations alimenteront les mécanismes de réponse anticipée, permettant aux acteurs humanitaires de préparer des réponses ciblées, notamment par l’organisation de distributions de vivres, d’abris et de soins médicaux dans les zones à risque. En outre, des protocoles d'action anticipée seront établis pour limiter les impacts des risques identifiés, tirer les leçons en garantissant une coordination, collaboration, apprentissage efficace entre les différents acteurs humanitaires et gouvernementaux au niveau national.
Suivi de la réponse
Pour ce qui est du suivi des objectifs sectoriels, chaque cluster sera responsable de la mesure et du suivi de la réponse, sous la supervision de ses coordonnateurs. Les partenaires humanitaires membres de chaque cluster auront également la charge de suivre mensuellement les activités mises en place, afin de garantir leur efficacité et leur adéquation avec les besoins de la population cible. Parallèlement, la logistique et l’utilisation de l’assistance monétaire seront suivies respectivement par le Cluster Logistique et le CWG, assurant ainsi une gestion optimisée des ressources et une réactivité face aux défis opérationnels. Ce suivi sera également complété par la mise à jour périodique du mapping des partenaires à travers les contributions régulières des acteurs humanitaires à la cartographie humanitaire de OCHA.
Le suivi des objectifs stratégiques sera assuré par l'intercluster, qui mesurera les progrès réalisés chaque mois. Afin d'assurer une transparence optimale, les résultats de ce suivi et le suivi sectoriel seront publiés dans un tableau de bord mensuel, permettant ainsi à tous les acteurs impliqués de suivre l’évolution des objectifs et d’ajuster les stratégies en fonction des besoins identifiés. Ce processus vise à garantir une coordination efficace entre les différents secteurs, tout en assurant que les objectifs globaux de la réponse humanitaire soient atteints dans les délais prévus. Enfin, la supervision stratégique de la réponse restera toujours avec l’EHP qui analysera trimestriellement les réalisations et les lacunes globales et donnera les recommandations et orientation nécessaires pour l'amélioration de la réponse.
Suivi Financier
Le suivi des ressources financières sera maintenu de manière rigoureuse grâce à la plateforme en ligne du Service de Suivi Financier (FTS – Financial Tracking Service). Cette plateforme permettra de centraliser les informations sur les financements reçus, et un rapport de suivi sera établi chaque trimestre, en intégrant les données actualisées sur les fonds enregistrés. Ce système assurera une transparence accrue et facilitera la gestion des ressources, en offrant une vue d'ensemble sur les contributions financières et leur répartition.
Toutefois, étant donné les difficultés rencontrées dans la déclaration des fonds sur la plateforme FTS, des actions complémentaires seront mises en place pour garantir un suivi efficace. Les clusters, en collaboration avec les bailleurs de fonds et les partenaires, organiseront des activités de suivi bilatéral pour améliorer la collecte et la déclaration des données financières. Cette approche vise à renforcer la proactivité et la transparence dans la gestion des fonds, afin de garantir que toutes les ressources sont correctement tracées et que les informations sont partagées de manière claire et accessible.
Suivi des questions transversales et de l'inclusivité de la programmation humanitaire - Retour d’information des personnes affectées dans leur diversité.
Le retour d’information des personnes affectées, en tenant compte de leur diversité, sera une composante essentielle de la programmation humanitaire. Afin de garantir que toutes les voix soient entendues, une série de mécanismes accessibles et adaptés sera mise en place pour recueillir les avis et les préoccupations des bénéficiaires, notamment des femmes, des filles et des groupes marginalisés. Ces mécanismes proposés par le groupe de travail sur la redevabilité incluront des entretiens individuels, des groupes de discussion communautaires, des boîtes à suggestions anonymes, et des plateformes numériques pour permettre une participation active à distance. Une attention particulière sera accordée à la protection et à l’anonymat des informations recueillies, en particulier pour les femmes et les filles, qui peuvent être exposées à des risques accrus de violence et de discrimination.
Les retours d’information collectés seront analysés régulièrement pour ajuster les programmes en fonction des besoins spécifiques des différentes catégories de bénéficiaires. En fonction des observations reçues, des ajustements rapides seront effectués dans la mise en œuvre des activités, garantissant que la réponse humanitaire reste pertinente, sensible aux besoins des populations et respectueuse de leur diversité.
En parallèle, l’inter cluster assurera le suivi des progrès concernant la prise en compte de plusieurs thématiques transversales essentielles pour garantir une réponse humanitaire inclusive et respectueuse. Cela inclut notamment la redevabilité, la protection transversale, la réduction des risques de VBG, la prise en compte de l'inclusion du genre, de l'âge et du handicap, ainsi que la PEAS.
RDC
Une femme déplacée à cause des inondations parcourant des kilomètres pour aller chercher le bois de chauffe
OCHA/Wassy Kambale
References
Cette année la cible globale est le résultat de la somme de la cible sectoriel la plus haute au niveau de chaque zone de santé. En 2023, la cible globale correspondait à la cible sectorielle la plus haute au niveau national (sécurité alimentaire). Ce changement en 2025 est en conformité avec les pratiques au niveau mondial.
Les cinq domaines de concentration du PNSD 2024-2028 sont : (i) amélioration de la gouvernance ; (ii) diversification de l’économie ; (iii) développement du capital humain ; (iv) développement des infrastructures et l’aménagement du territoire ; et (v) développement durable et équilibré des provinces.
Les quatre axes de la Stratégie nationale de GRC sont : (1) Gouvernance en matière de GRC pour une résilience accrue ; (2) Réduction des risques et atténuation de leurs impacts ; (3) Réponse aux catastrophes et actions humanitaire ; et (4) Relèvement résilient et solutions durables.
Les quatre priorités stratégiques du CCDD 2025-2029 : Croissance économique inclusive durable tirée par une économie plus diversifiée, génératrice d’opportunités d’emplois et de revenus décents plus particulièrement pour les populations les plus vulnérables et d’effets sur l’inclusion sociale et territoriale ; (2) Gouvernance efficace, Etat de droit et protection des populations au service d’un développement inclusif et d’une paix durable en RDC ; (3) Accès aux services sociaux de base de qualité, de protection sociale inclusive et renforcement des capacités pour tous et plus particulièrement pour les plus vulnérables, pour leurs besoins de résilience, de solutions durables et de développement ; (4) Gestion durable des ressources naturelles, protection des écosystèmes et gouvernance environnementale efficace et transparente.
Roger T. Buju et al, Determinants of Survival of HIV Patients Receiving Dolutegravir: A Prospective Cohort Study in Conflict-Affected Bunia, Democratic Republic of Congo, in “International Journal of Environmental Research and Public Health”.
Rapports d’évaluation rapide des besoins relatifs au VIH des populations déplacées internes (Nord Kivu, Sud Kivu, Ituri, Tanganyika, Kasaï et Kasaï central).
PNMLS, Note Synthèse de l’Atelier National de Réflexion sur l’intégration du VIH dans la réponse humanitaire, Novembre 2023
IASC. Directives sur les interventions VIH relatives aux situations humanitaires. Version 2010
Plan stratégique national de la riposte au VIH 2023-2027