Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 1 : Besoins humanitaires

1.1 Aperçu de la crise

Aperçu de la crise

Le Burkina Faso est confronté à une crise humanitaire prolongée, qui affecte les populations civiles et augmente les vulnérabilités dans les régions les plus touchées (Soum, Liptako, Koulsé, Bankui, Sourou, Gourma, Tapoa, Sirba, Nakambé et Yaadga). Depuis quelques années, les chocs sécuritaires ont contraint plus de 2 millions de personnes à fuir leurs foyers . Selon le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), plus de 1,1 million de personnes déplacées internes (PDI) sont retournées dans leurs localités d’origine au 31 octobre 2025, grâce aux efforts conjugués du Gouvernement du Burkina Faso et des partenaires. La tendance observée lors de l’Évaluation multisectorielle des besoins (MSNA) 2024 se confirme en 2025, avec des intentions de retour dépassant 50 pour cent des ménages PDI dans la majorité des régions, à l’exception du Sourou et de la Tapoa.

Les incidents sécuritaires continuent d’être rapportés dans certaines régions du pays et dans des localités transfrontalières, engendrant de nouveaux déplacements à l’intérieur du pays et l’afflux de nouveaux demandeurs d’asile en provenance de pays voisins. Selon le CONASUR, 172 000 nouveaux déplacements ont été enregistrés entre janvier et septembre 2025. En 2025, le pays a enregistré 41 979 réfugiés et demandeurs d’asile provenant principalement de pays voisins selon la Commission Nationale pour les Réfugiés (CONAREF) et le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

L'insécurité continue d’affecter la protection des civils, en particulier dans les localités à forts défis sécuritaires. Au cours de l’année 2025, de nombreux incidents de protection ont touché des civils, principalement des atteintes au droit à la vie, à l’intégrité physique ou psychologique, ainsi qu'aux biens. Les femmes et les enfants, particulièrement vulnérables, sont exposés à des risques accrus, notamment de violences basées sur le genre (VBG), lors de la collecte d’eau ou de bois. La prévention reste limitée par un sous-financement marqué : entre janvier et septembre 2025, seuls 7 pour cent des 23 190 personnes ciblées ont eu accès à des alternatives au bois de chauffe et à des moyens de subsistance. De janvier à mai 2025, plus de 1 700 cas de VBG ont été recensés, majoritairement touchant des femmes et des enfants.

Par ailleurs, certaines localités demeurent accessibles que par voie aérienne ou par des convois escortés. Maintenir les opérations aériennes est d'une importance capitale pour garantir la poursuite de la livraison d'une aide vitale, tout en continuant à renforcer la promotion de l'accès terrestre.

Au 30 septembre 2025, 1,4 million de personnes - soit 39 pour cent des cibles - ont reçu une assistance humanitaire, malgré un financement limité à 22 pour cent. L’approche communautaire et la réduction des rations, visant à élargir la couverture, ont permis d’atteindre plus de personnes avec moins de ressources. Ainsi, 372 000 personnes ont été assistées dans des zones difficiles d’accès.


Chocs

Outre l’insécurité qui impacte la protection des personnes et des biens à caractère civil, le pays fait souvent face à des aléas climatiques (sécheresse, inondations, vents violents) et à des urgences sanitaires (épidémies et pandémies), qui exacerbent la vulnérabilité des populations. Ces aléas perturbent la vie des personnes, les systèmes de santé et d’autres services sociaux de base.

Choc 1: Insécurité

Choc 2: Catastrophes naturelles

Choc 3: Urgence de santé publique

  • La carte « choc 1 : Insécurité » précise les zones qui ont enregistré des nouveaux déplacements au cours de l’année 2025.
  • La carte « choc 2 : Catastrophes naturelles », identifie des zones qui ont enregistré des vents violents ou inondations en 2025.
  • La carte « choc 3 : Urgence de santé publique » précise des localités ayant connu des cas de dengue, méningite, rougeole, etc.

References

  1. Au 31 mars 2023, le CONASUR recensait 2 062 534 personnes déplacées internes (PDI), principalement dans les régions du Soum, Liptako, Koulsé, Yaadga, Gourma, Sirba, Tapoa, Bankui et Sourou.
  2. Incidents sécuritaires : attaques, incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI), destructions de biens, violences contre les populations civiles.