Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 1 : Besoins humanitaires

1.2 Besoins et risques humanitaires

Personnes dans le besoin et sévérité

En 2026, les partenaires humanitaires estiment que 4,5 millions de personnes auront besoin d'une assistance vitale, contre 5,9 millions en 2025, ce qui représente une réduction de 24 pour cent. Cette baisse ne reflète pas une amélioration de la situation humanitaire, mais résulte principalement des changements méthodologiques introduits par le Cadre d’analyse intersectorielle (JIAF), qui n’inclut désormais que les zones ayant un indice de sévérité 3 ou plus. En application de cette nouvelle approche, 29 provinces sur 47 sont incluses dans le calcul des personnes dans le besoin (PIN) intersectoriel en 2026, contre 45 provinces en 2025. En conséquence, 18 provinces classées en sévérité 2 ont été exclues bien que 500 000 personnes y aient été identifiées comme étant dans le besoin en 2025. L’Equipe humanitaire pays (EHP) a identifié des poches de vulnérabilité et proposé des ajustements visant à inclure, dans le calcul du PIN, les PDI particulièrement exposées dans ces provinces. L'absence de données actualisées a conduit à un changement du niveau d'analyse, passant du niveau communal au niveau provincial, contribuant à la baisse du chiffre global du nombre de personnes dans le besoin.

Par ailleurs, les évolutions spécifiques à certains secteurs ont également influencé cette tendance. Le cluster Eau, Hygiène et Assainissement (EHA) a signalé une réduction des besoins grâce à des interventions durables telles que la construction de forages, en 2025. De son côté, le cluster Sécurité alimentaire a enregistré une baisse du PIN, passant de 2,8 millions à 2,1 millions, à la suite de l’analyse de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) menées en 2025 par le Gouvernement, qui indique une amélioration de la sécurité alimentaire. À l'inverse, les clusters Santé et Nutrition ont connu une augmentation du PIN en raison d'un sous-financement en 2025, ce qui a laissé des lacunes critiques dans la prestation des services.

Comme en 2025, l’analyse des besoins humanitaires en 2026 a été conduite à l’échelle nationale, couvrant l’ensemble des 17 régions. Les partenaires humanitaires ont réalisé des analyses de besoins basés sur les chocs à savoir : (i) l'insécurité, (ii) les catastrophes naturelles (sécheresse et inondations/vents violents) et (iii) les urgences sanitaires. Ces analyses ont ensuite été consolidées à travers une approche centrée sur les populations affectées en tenant compte des principes humanitaires et des priorités exprimées par les communautés, et en considérant les principaux groupes de populations suivants : PDI, personnes retournées, populations non déplacées et réfugiés. Les 4,5 millions de personnes identifiées comme étant dans le besoin en 2026 sont réparties comme suit : 2,2 millions de personnes non déplacées, 1,3 million de personnes déplacées, 902 000 personnes retournées et 42 000 réfugiés. Tout comme en 2025, les régions du Yaadga, des Koulsé, du Goulmou, de la Sirba, de la Tapoa, du Liptako et du Soum, affectées par l’insécurité et les déplacements restent confrontées à une exacerbation des besoins humanitaires, ainsi que de nouvelles régions dans les zones transfrontalières dans l’Ouest du Pays qui sont de plus en plus exposées aux risques de protection et aux afflux de réfugiés.


1.2 Sévérité des besoins par province

1.2 Personnes dans le besoin par province

Priorités, préférences et capacités de la communauté

Afin d’adapter les programmes d’assistance aux besoins réels des communautés affectées, le Groupe de coordination inter-clusters (ICCG) et le Groupe de travail sur l’engagement communautaire et la redevabilité (CEAWG) ont collecté 21 619 feedbacks et plaintes concernant la réponse humanitaire entre janvier et octobre 2025, couvrant l’ensemble des régions du pays. L’analyse qualitative d’un échantillon de 3 038 de ces retours et plaintes (36 pour cent d’hommes, 64 pour cent de femmes, dont 75 pour cent de personnes déplacées internes) révèle que les priorités des communautés concernent principalement l’assistance alimentaire et les biens de première nécessité, suivis par l’accès aux soins de santé, y compris les services de santé de la reproduction, aux abris et équipements ménagers, ainsi qu’un appui économique et des activités génératrices de revenus. Les besoins en fournitures scolaires pour les enfants sont également mentionnés.

Les résultats de la MSNA 2025 confirment les préférences exprimées par les communautés. L’enquête a couvert 6 214 ménages (dont 2 869 non déplacés et 3 345 PDI/retournés) dans 13 régions et 31 provinces. Il ressort de cette enquête que :

  • Modalités d’assistance préférées : la distribution gratuite de vivres arrive largement en tête, suivie de la vente à prix modérés, de la construction/réhabilitation d’infrastructures, des services sociaux essentiels et de l’appui agricole. Plus de 80 pour cent des ménages des régions du Liptako, de la Sirba, du Soum et de la Tapoa la recommandent en premier, et plus de 50 pour cent dans le Goulmou, les Koulsé, le Sourou et le Yaadga.
  • Besoins prioritaires en assistance : l’aide alimentaire demeure la demande la plus forte, quasi unanime chez les PDI et retournées, notamment dans le Soum, le Liptako, la Tapoa et la Sirba. Viennent ensuite le soutien aux moyens de subsistance/emploi (notamment au Yaadga, au Koulsé et au Goulmou), puis la santé et l’accès à l’eau potable et assainissement. Les abris ressortent également comme un besoin important chez les PDI et les retournées, surtout dans la Sirba, le Liptako et les Koulsé.

Bien que l’assistance en nature reste très demandée, notamment dans les zones où l’accès aux marchés reste limité, une proportion significative de bénéficiaires exprime une préférence pour les activités d’autonomisation. Cette option est largement préférée par les femmes, dans la mesure où ces activités contribuent à réduire certains risques de protection liés à la recherche de bois de chauffe, identifiée comme l’un des facteurs de vulnérabilité dans le contexte actuel . Ces situations entraînent souvent des besoins accrus en santé sexuelle et reproductive (SSR) d’urgence, ainsi qu’en soutien psychosocial pour la prise en charge des traumatismes et de la santé maternelle. Par ailleurs, les communautés disposent de certaines capacités d’adaptation, notamment la solidarité entre ménages, la mise en place de petits potagers et le recours à des réseaux informels pour la diffusion d’informations.

Selon la MSNA 2025, la couverture de l’assistance apparaît contrastée :

  • Elle est quasi totale dans le Soum et la Tapoa (99 à 100 pour cent des ménages enquêtés déclarent avoir reçu une aide).
  • Elle reste élevée dans le Liptako et la Sirba (60 à 80 pour cent).
  • Elle est faible dans les Koulsé, le Goulmou et le Nakambé (25 à 55 pour cent).
  • Elle devient très faible dans le Bankui, le Sourou et le Yaadga (15 à 27 pour cent).

Au niveau provincial, la couverture est très élevée dans la Kompienga, la Gnagna, la Komandjari et le Djelgodji (96 à 100 pour cent), mais reste faible dans le Guiriko et le Tannounyan (Houet, Kénédougou et Comoé), où elle ne dépasse pas 10 pour cent.

En matière de satisfaction vis-à-vis de l’assistance, les résultats indiquent une appréciation globalement positive, à l’exception des Koulsé et, dans une moindre mesure, du Soum, tant chez les PDI que chez les non-PDI. Dans l’ensemble des 13 régions enquêtées, les principales sources d’insatisfaction concernent principalement les quantités jugées insuffisantes et les retards dans la réception de l’aide.

Afin d’ajuster la réponse humanitaire en 2026, le CEAWG et la MSNA recommandent de réduire les délais de réponse, d’améliorer la régularité des distributions, de renforcer la communication sur les types d’assistance, les critères de sélection et les calendriers d’intervention, et d’impliquer davantage les communautés dans l’identification et la priorisation des bénéficiaires. Les canaux d’information jugés fiables sont les leaders communautaires, les agents du ministère en charge de l’action humanitaire, les travailleurs humanitaires des ONG et agences des Nations Unies, ainsi que les radios communautaires, avec une forte préférence pour la communication en langues locales. Pour l’expression des retours et plaintes, les populations privilégient le téléphone, perçu comme plus sécurisé, ou le face-à-face avec un agent humanitaire.

Perspectives et risques humanitaires

Le Burkina Faso fait face à une combinaison de risques multiples - sécuritaires, climatiques, sanitaires, entre autres- qui accentuent la vulnérabilité des populations et accroissent fortement les besoins humanitaires. L’insécurité demeure le principal moteur des déplacements, complexifiant l’accès à l’aide humanitaire dans plusieurs localités, suivie des aléas climatiques.

Risques climatiques

Le pays est exposé à des aléas climatiques et météorologiques extrêmes tels que les poches de sécheresse, les inondations pluviales et fluviales, les vents violents et les vagues de chaleur. Ces phénomènes affectent profondément les moyens de subsistance des populations, touchant particulièrement l’agriculture, l’élevage, les ressources en eau, l’énergie, l’habitat et les infrastructures. Les groupes les plus vulnérables (femmes, personnes âgées, enfants) subissent de manière disproportionnée les effets de ces chocs.

Historiquement, la sécheresse a provoqué des crises majeures, comme le déficit céréalier de 80 pour cent enregistré en 1972/1973. Depuis lors, des épisodes intenses ont été observés à intervalles réguliers (1983-1984, 1991-1992, 1997-1998, 2013-2014, 2023-2024) révélant une période de retour d’environ dix ans. Les campagnes agricoles 2024 et 2025 ont été marquées par des séquences sèches successives affectant la production agricole dans plusieurs régions. Ces poches de sécheresse accentuent le stress hydrique des cultures et des pâturages, réduisent l’accès à l’eau pour le bétail et intensifient les tensions autour des ressources naturelles. Les conséquences directes incluent une baisse de la production agro-sylvo-pastorale, une diminution du fourrage et une fragilisation des moyens d’existence.

En juillet 2025, de fortes pluies accompagnées de vents violents ont provoqué des inondations dans plusieurs régions, touchant notamment des sites d’accueil de PDI. A Ouahigouya dans la région du Yaadga, l’une des cinq régions les plus affectées par la crise sécuritaire depuis 2019, deux sites de PDI ont été gravement endommagés, causant 03 morts, 50 blessés, plus de 1 200 sinistrés et la destruction de plus de 100 abris. Dans la région du Guiriko, 169 ménages comprenant 1 310 personnes ont été touchés par la destruction de leurs maisons. Au total, en 2025, 5 377 personnes ont été affectés par ces catastrophes soit 3 675 par les inondations et 1 702 par les vents violents.

En septembre 2025, le Plan national d’action anticipatoire pour les inondations a été déclenché pour les régions du Yaadga et du Liptako avec un préfinancement du Fonds Humanitaire Régional pour l’Afrique de l’Ouest et Central (FHRAOC) à hauteur d’un million de dollars américains. Ces aléas climatiques, par leurs effets directs et indirects, aggravent ainsi les conditions de vie et l’insécurité des communautés, accentuant les besoins humanitaires.

Risques sécuritaires

De nouveaux mouvements de population ont été observés durant l’année 2025 en raison de l’insécurité, accentuant la vulnérabilité des communautés dans plusieurs régions. Malgré les efforts des autorités pour réouvrir les écoles et les centres de santé, et faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs localités d’origine, des incidents de sécurité ont perturbé l’accès aux services sociaux de base.

L'insécurité affecte l'environnement de protections des civiles dans les zones à défis sécuritaires. Plus de 71% des PDI, 63% des personnes retournées et 8% des personnes non déplacées sont dans le besoin de protection générale. Il s'agit particulièrement des femmes et des enfants, exposées à la violation du droit à la vie, à l'intégrité physique et/ou psychologique, et de leurs biens .

En outre, des conflits intercommunautaires au Ghana ainsi que l’insécurité au Mali ont entraîné l’arrivée respectivement d’environ 400 ménages (1 800 ghanéens) dans la région de Djôrô (Commune de Kpuéré) et 1 600 ménages (7 000 maliens) dans la région de Tannounyan (Communes de Ouéléni, Loumana et Kankalaba), accentuant la pression sur les communautés hôtes.

En juin 2025, le Gouvernement a organisé une simulation grandeur nature du Plan national multirisque de préparation et de réponse aux catastrophes et aux crises humanitaires, élaboré pour la période 2024–2026. Cet exercice a impliqué les services techniques et les partenaires humanitaires dans un processus conjoint de renforcement des capacités, visant à améliorer la préparation face à des scénarios de déplacements massifs de populations. Les risques sécuritaires associés aux déplacements de population constituent l’un des chocs majeurs dans le pays.

Risques sanitaires

Le Burkina Faso connaît des urgences sanitaires récurrentes (épidémies, pandémies, et autres chocs) qui fragilisent les populations et perturbent les systèmes de santé. Parmi les maladies les plus fréquentes figurent la méningite, la rougeole, le paludisme et, en particulier, la dengue.

Au cours des cinq dernières années, plusieurs flambées de dengue ont été enregistrées, dont la plus importante survenue en 2023 avec 157 867 cas suspects, 70 433 cas probables et 709 décès répartis sur les 17 régions. L’analyse des risques menée avec l’outil Strategic Tool for Risk Assessment (STAR) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la dengue parmi les six dangers à risque très élevé, aux côtés d’autres menaces majeures. L’analyse de l’incidence cumulée par province (moyenne nationale : 189 cas pour 100 000 habitants) a permis d’identifier 11 provinces dans 8 régions où le risque de dengue est particulièrement élevé en 2026. Il convient de noter que cinq de ces régions, également confrontées à des défis sécuritaires, comptent des provinces à haut risque, ce qui accentue la vulnérabilité des populations.

Mécanismes de suivi de la situation humanitaire et de la réponse

Le suivi humanitaire au Burkina Faso repose sur un ensemble de données gouvernementales, des acteurs humanitaires et des organisations internationales. Le CONASUR, avec le soutien technique et financier du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), fournit les statistiques officielles sur les PDI, les retournés et les catastrophes, bien que la dernière publication date de mars 2023. Le Groupe de coordination opérationnelle de la réponse rapide (GCORR), après validation par le CONASUR, assure le partage d’alertes sur les déplacements afin de mobiliser la réponse rapide. Le GTA complète ce dispositif par une analyse de l’insécurité et de ses impacts.

Les urgences sanitaires sont suivies à travers le bulletin épidémiologique hebdomadaire du ministère de la Santé. La situation nutritionnelle est évaluée par les enquêtes SMART et par les analyses menées via l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) pour la malnutrition aiguë. Concernant la sécurité alimentaire, bien qu’aucune analyse du Cadre Harmonisé n’ait été réalisée en 2025, une analyse conjointe de la Sécurité alimentaire et nutritionnelle (SAN) constitue désormais la référence.

Chaque année, l’évaluation des besoins multisectoriels (MSNA) conduite par REACH fournit des données détaillées sur les besoins des ménages. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Société national de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS), à travers le Système d’information sur les marchés agricoles (SIM), assurent un suivi régulier de la disponibilité des denrées, des prix et des ruptures d’approvisionnement, publié dans un bulletin conjoint.

OCHA prévoit de renforcer en 2026 le suivi global en consolidant les informations issues des différents mécanismes, notamment les 3W, les données sur les financements et les bilans de la réponse, afin d’améliorer la coordination.

Surveillance des risques prioritaires et systèmes d’alerte précoce

Face aux aléas climatiques et aux risques sanitaires, le Gouvernement du Burkina Faso et ses partenaires privilégient une approche proactive fondée sur l’action anticipatoire afin de réduire les impacts sur les vies, les moyens de subsistance et les besoins humanitaires. Les services météorologiques et hydrologiques jouent un rôle important dans la surveillance des principaux chocs notamment la sécheresse, les inondations et les vents violents.

Le Centre des données humanitaires (CDH) contribue au développement des déclencheurs, et à la surveillance des risques, en particulier les inondations et la sécheresse, afin d’informer la communauté humanitaire. OCHA facilite le développement d’une collaboration entre le CDH, l’Agence nationale de la météorologie (ANAM) et la Direction générale des ressources en eau (DGRE), garantissant le partage des données, la surveillance des risques climatiques et le développement conjoint des déclencheurs pour les plans nationaux d’Action anticipatoire (AA). En outre, le PAM soutien une collaboration entre le Centre climatique régional pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (AGRHYMET CCR-AOS) et l’ANAM visant à réviser les déclencheurs liés à la sécheresse en 2026. L’ensemble de ces initiatives est coordonné à travers le Groupe technique de travail sur l’action anticipatoire (GTTAA), assurant une coordination et une approche concertée pour anticiper et réduire les impacts des chocs climatiques sur les populations vulnérables.

La surveillance des vagues de chaleur est assurée avec l’ANAM qui produit des bulletins d’alerte précoce incluant des prévisions fiables et recommandations pratiques pour protéger la population lors des épisodes de fortes températures. Concernant les risques sanitaires, le Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) et l’OMS apportent leur appui à la surveillance et à la réponse. La sécurité alimentaire est suivie à travers les analyses du Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET) et les données de suivi des marchés produites par le PAM et la SONAGESS, permettant de détecter rapidement les ruptures d’approvisionnement et les fluctuations de prix.

Enfin, l’engagement des partenaires humanitaires s’articule autour de l’ICCG et du Groupe de travail sur la gestion de l’information (IMWG en anglais) pour le partage des alertes et le développement d’actions anticipatoires coordonnées avec la partie étatique. L’EHP joue un rôle clé dans la concertation avec les autorités pour soutenir les mécanismes de surveillance, l’élaboration des plans d’action anticipatoire et la mobilisation de financements nécessaires pour leur mise en œuvre.


Saisonnalité

Saisonnalité

OCHA
Matrice de risques
Action anticipatoire

Anticiper pour protéger : le Burkina Faso trace la voie face aux inondations

Le Burkina Faso s’est doté en 2025 d’un Plan national d’action anticipatoire contre les inondations, élaboré sous l’impulsion du Gouvernement à travers le ministère de l’Agriculture qui préside le Groupe technique de travail sur l’action anticipatoire (GTTAA) à travers le Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (SE-CNSA). Ce plan marque un tournant majeur. En complémentarité d’autres mécanismes institutionnels de réduction des risques de catastrophe et de préparation aux urgences, il offre au pays un cadre pour agir avant que la catastrophe ne survienne, réduisant ainsi les pertes humaines, économiques et sociales.

À peine trois semaines après sa validation, et seulement une semaine après son approbation officielle, le plan a été activé essentiellement dans deux régions où les seuils de déclenchement ont été atteints : les Koulsé et le Liptako. Cette réactivité illustre à la fois une forte volonté politique et une coordination nationale efficace.

Pour soutenir les premières actions, un financement d’un million de dollars américains a été mobilisé grâce au Fonds régional humanitaire pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (FRHAOC), permettant la mise en oeuvre d’interventions des organisations nationales APIL et ASMADE visant à renforcer la résilience des communautés. Elles déploient leurs activités en partenariat avec OXFAM et OCADES.

Adolphe OUEDRAOGO, 63 ans, cultivateur à Kongoussi, témoigne :

« Les émissions nous ont appris comment protéger nos biens et nos documents importants. Avec, par exemple, les sacs à triple fond reçus, nous disposons enfin d’un moyen concret de préserver ce qui compte le plus : nos stocks de vivre. Ces appuis et ces conseils changent véritablement notre manière de nous préparer. »

Le Burkina Faso démontre ainsi que prévenir vaut mieux que guérir. En anticipant les inondations, le pays ne se limite plus à réagir aux crises : il protège ses citoyens avant qu’elles ne frappent. Grâce à une gouvernance visionnaire, une mise en oeuvre locale et une solidarité internationale, plus de 2 500 ménages vulnérables sont désormais mieux informés et mieux armés face aux aléas climatiques.

APIL/Saturin Ouedraogo

References

  1. JIAF : Normes mondiales pour l’estimation et l’analyse des besoins humanitaires et des risques de protection.
  2. Analyse (du Ministère de l’Agriculture) approfondie des données de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SAN) en situation courante « Mars- avril- mai » et pour la soudure ou situation projetée « Juin-juillet-aout » 2025, afin d’alimenter l’élaboration du Plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables au Burkina Faso
  3. CEAWG, analyse des feedbacks des communautés sur l’assistance humanitaire, novembre 2025
  4. MSNA 2025.
  5. Stratégie Nationale de Sécurité Climatique du Burkina Faso (SNSC-BF, 2025-2029) p11.
  6. CONASUR, Juillet 2025
  7. PNRH 2026, p11
  8. CONAREF, HCR, 2025
  9. 3W : Qui fait Quoi, Où (Who, What, Where en anglais)
  10. Information management working group