Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 2 : Réponse humanitaire

2.2 Personnes ciblées et priorisées

Pour 2026, les partenaires humanitaires ciblent près de 2,7 millions de personnes dont 57 pour cent d’enfants, réparties en 1,4 million de femmes et 1,3 million d’hommes, pour fournir une assistance d'urgence et des services de protection. Les groupes de populations ciblées sont les PDI (673 146), des populations non déplacées (1 378 927), des personnes retournées (557 871) et des réfugiés (42 000). Cela représente une réduction de 28 pour cent du nombre de personnes ciblées par rapport à l’année 2025. La baisse du nombre de personnes ciblées en 2026, s’explique essentiellement par l’application de la méthodologie de calcul guidée par le contexte global du HPC 2026. En complément de la formule standardisée, certains éléments du contexte comme les capacités opérationnelles des acteurs, et l’accès humanitaire, sont pris en considération par certains clusters dans le processus de ciblage.

L’ICCG a identifié des « zones de convergence humanitaire » avec une forte concentration de personnes déplacées et de personnes retournées où les acteurs humanitaires fourniront des services intégrés et complémentaires aux personnes les plus vulnérables. Les régions avec les plus fortes proportions de personnes ciblées sont les régions du Soum, du Liptako, du Yaadga, du Sourou, de la Tapoa et des Koulsé. La communauté humanitaire prévoit d’apporter une assistance humanitaire aux personnes ciblées essentiellement dans les secteurs de la protection (1,2 million), de la santé (1,3 million), de la nutrition (1,4 million), de la sécurité alimentaire (1,5 million), de l’EHA (1,5 million), des abris et articles ménagers essentiels (1,6 million) et de la Gestion des sites d’accueil temporaires (921 000 personnes).

Intersector map

Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées, ainsi que la sévérité par province

OCHA
Personnes ciblées par région

Personnes priorisées

Au regard du contexte marqué par la réduction des financements humanitaires, 1,2 million de personnes réparties en 0,6 million de femmes et 0,6 million d’hommes sont priorisées par la réponse humanitaire collective en 2026. Parmi elles, 57 pour cent sont des enfants. Cette priorisation est le résultat d’une stricte application de la formule standardisée adoptée au niveau global qui suggère une priorisation de la totalité des personnes dans le besoin dans les localités de sévérité 4 et 5. En conséquence, les personnes priorisées se concentrent dans les régions du Soum, du Liptako, du Yaadga, de Sirba, du Goulmou, et de la Tapoa. Ces zones présentent des contraintes d’accès, nécessitant une approche stratégique de l’accès humanitaire afin d’assurer la continuité de l’assistance, parfois possible uniquement par voie aérienne ou par convois sécurisé.

Atténuation des erreurs d'inclusion/exclusion

Pour l’année 2026, l’ICCG et l’EHP ont mené des discussions tout au long du processus pour garantir l’exactitude des inclusions et exclusions dans les analyses. Tous les résultats préliminaires des analyses ont été examinés en plénière au sein de l’ICCG et validés par l’EHP. A titre illustratif, l’EHP a recommandé l’intégration de la totalité des personnes déplacées dans les calculs de PIN quelle que soit la sévérité de la zone en dépit de la méthodologie JIAF, au regard du contexte du pays où les besoins sont exacerbés dans toutes les régions, et conformément aux engagements de l’EHP avec les autorités. Certains clusters ont également ajusté leur ciblage en fonction des contraintes d’accès. Par exemple, le cluster Abris/AME cible 60 pour cent de son PIN dans les zones à sévérité 4 au lieu de 100 pour cent comme recommandé par la méthodologie JIAF. De même, le cluster Protection a appliqué les cinq critères globaux, incluant les capacités des partenaires et le niveau d’accès.

Par ailleurs, dès le début du processus, l’EHP a validé la portée d’analyse au niveau national ainsi que le niveau de l'analyse à l’échelle de la province (niveau administratif 2), afin de tenir compte de la situation dans tout le pays et d’assurer la cohérence des analyses ainsi que la disponibilité des données.

Analyse des réponses

  • CAPACITÉ OPÉRATIONNELLE

A la fin du troisième trimestre 2025, environ 155 organisations humanitaires intervenaient dans toutes les régions du pays pour apporter assistance aux populations vulnérables affectées par la crise. Elles comprenaient :

  • 71 ONG nationales,
  • 61 ONG internationales,
  • 7 agences des Nations unies,
  • 5 du mouvement de la Croix-Rouge et consortium,
  • 11 structures du Gouvernement disposant d’un mandat humanitaire.

Sur le plan géographique, les régions présentant une forte concentration de partenaires sont les suivantes : 58 organisations dans la région des Koulsé, 51 dans les régions du Bankui et du Sourou, 51 dans les régions du Goulmou, de la Tapoa et de la Sirba, 47 dans le Yaadga, 47 dans le Liptako et le Soum, 23 dans la région du Nakambé.

Sur le plan sectoriel, on dénombre 9 organisations travaillant dans le secteur des Abris/AME, 48 dans le secteur EHA, 25 dans l’Education, 3 dans le secteur de la GSAT, 22 en Nutrition, 48 en Santé et 38 en Sécurité alimentaire.

  • CONTRAINTES ET DÉFIS D'ACCÈS ;

La mise en œuvre de la réponse humanitaire au Burkina Faso reste confrontée aux contraintes d’accès liées à l’insécurité dans plusieurs zones d’intervention, particulièrement dans les régions du Goulmou, de la Tapoa, de la Sirba, du Yaadga, du Sourou, des Bankui, des Koulsé, du Liptako et du Soum. Dans ces zones difficiles d’accès, le déploiement de l’assistance dépend largement des convois escortés et/ou du transport aérien.

L’insuffisance et l’irrégularité des convois ont fréquemment entraîné des retards, voire l’absence d’interventions humanitaires dans certaines zones limitant l’accès des populations locales aux biens de première nécessité en raison de la perturbation de l’approvisionnement des marchés et de certains services sociaux de base. Par ailleurs, au-delà des coûts élevés qu’il représente pour les opérations des partenaires (12 à 50 fois plus chers que le transport routier), le transport aérien humanitaire a vu sa capacité, déjà limitée, considérablement affectée par la réduction des ressources financières en 2025. Sans mobilisation accrue des ressources, cette situation risque de compromettre la rapidité et l’efficacité de la réponse humanitaire dans les zones difficiles d’accès en 2026.

Malgré ces contraintes, il convient de souligner quelques évolutions positives dans le contexte sécuritaire, qui ont permis une amélioration notable de l’accès humanitaire dans certaines zones en 2025, permettant aux populations civiles, y compris les acteurs humanitaires, d’opérer à nouveau des mouvements sans escorte armée. C’est le cas de Titao (région du Yaadga), Barsalogho (Koulsé) ainsi que Solenzo, Tougan et Nouna (Sourou).

Les plateformes de coordination civilo-militaire (CMCoord), opérationnelles à Ouagadougou et dans les régions, contribuent de manière significative à la gestion des défis liés aux convois et aux vols humanitaires, ainsi que les contraintes d’accès liées à l’insécurité, de manière générale. Par ailleurs, l’existence des cadres de dialogue permanents et ad hoc, entre les autorités et les humanitaires au niveau national et régional reste essentielle pour le maintien et le renforcement de la confiance et du partenariat. Ces cadres offrent également aux humanitaires l’opportunité de trouver des solutions aux défis de mise en œuvre de leurs activités, y compris les difficultés d’ordre juridique ou administratif.

  • TENDANCES DE RÉPONSE EN 2025

Dans le cadre du HNRP 2025, les partenaires humanitaires se sont engagés à assister 3,7 millions des personnes les plus vulnérables parmi les 5,9 millions ayant besoin d’assistance humanitaire et de protection.

Entre janvier et septembre 2025, plus de 1,4 million de personnes ont effectivement reçu une assistance humanitaire (soit 39 pour cent des personnes ciblées), dont 372 000 vivants dans des zones difficiles d’accès. Environ 272 tonnes de fret humanitaire ont été acheminées par voie aérienne grâce à la Fondation Airbus, avec une priorité accordée aux ONG locales (53 pour cent du volume transporté).

Les partenaires ont assisté les populations dans les régions du Bankui, du Sourou, de Tannounyan, du Nakambé, des Koulsé, du Nando, du Goulmou, de la Sirba, de la Tapoa, du Guiriko, du Yaadga, du Liptako, du Soum et du Djoro. Cette assistance s’inscrit en complément aux efforts du Gouvernement notamment dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, des abris, de l’éducation, de la protection, ainsi que de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. En plus des 165 communes initialement prioritaires ciblées par la réponse humanitaire, 86 communes supplémentaires ont été également couvertes, portant le nombre de bénéficiaires à 247 000 personnes. Ces populations ont reçu de l’aide alimentaire, bénéficié des cantines scolaires et ont eu accès à des services de protection.

La tendance sectorielle au troisième trimestre de 2025 montre une forte performance du cluster Santé, qui a atteint 55 pour cent de sa cible. Le taux d’atteinte des personnes ciblées par les autres clusters sont les suivants :

  • 40 pour cent pour la nutrition
  • 37 pour cent pour la sécurité alimentaire
  • Et 33 pour cent pour la protection générale.

Certains clusters et domaines de responsabilité (AoR) ont atteint au moins 20 pour cent de leurs cibles : Protection de l’Enfant (25 pour cent), Abris/AME (23 pour cent), GSAT (22 pour cent), Education (20 pour cent) et EHA (20 pour cent). Les taux les plus critiques et insuffisants concernent les AoR VBG (9 pour cent), Lutte anti-mines (4 pour cent) et Logement, terres et biens (1 pour cent) qui sont en deçà des 10 pour cent de leurs cibles au troisième trimestre. Enfin, le multi-secteur Réfugiés connaît un taux de 65 pour cent de la cible.

Au 30 septembre, seuls 22 pour cent des fonds requis pour le HNRP 2025 ont été reçus, soit 174,1 millions de dollars américains sur 792,6 millions attendus. Les disparités entre les clusters sont importantes et varient de 50 à 2 pour cent : Protection (50 pour cent), Santé (34 pour cent), Coordination (28 pour cent), Réfugiés (26 pour cent), Sécurité alimentaire (25 pour cent), Education (24 pour cent), Nutrition (13 pour cent), VBG (11 pour cent), Abris/AME (9 pour cent), EHA (4 pour cent), GSAT (3 pour cent), Protection de l’Enfant (2 pour cent) et Logistique (2 pour cent). Les AoR LAM et LTB n’ont reçu aucun financement.

Les contraintes de financement ont sérieusement impacté la réponse humanitaire en 2025 comme l’indiquent les statistiques ci-dessus citées. Cette réalité exige un effort critique et objectif de priorisation pour l’année 2026, tenant compte :

  • Des défis liés au financement ;
  • De contraintes d’accès ;
  • Des capacités réelles des partenaires (présence opérationnelle, capacité de couverture des régions, capacité de couverture des besoins, etc.).

Présence opérationnelle

En 2025

Total des partenaires opérationnels
155

Partenaires opérationnels par type

Nombre d'organisations