Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 2 : Réponse humanitaire

2.4 Plaidoyer en faveur des personnes non assistées par le HNRP

Personnes non assistées dans le cadre du HNRP

Le HNRP 2026 prévoit d’assister 2,7 millions de personnes sur 4,5 millions de personnes dans le besoin. L'application de la méthodologie JIAF 2.0 a exclu du ciblage, certaines zones géographiques et catégories de populations.

Ainsi, près de 40 pour cent de personnes dans le besoin ne sont pas ciblées. Ces dernières sont principalement dans les zones de sévérité 1 et 2. Le HNRP cible 100 pour cent des personnes dans les zones de sévérité intersectorielle 4 et entre 30 à 50 pour cent dans les zones à sévérité intersectorielle 3.

L’absence d’intervention dans les provinces non couvertes risque d’entraîner une dégradation de la situation humanitaire. Les conditions de vie de milliers de personnes dans le besoin dans ces zones pourraient se détériorer davantage, avec une hausse de la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans, une perte accélérée des moyens d’existence des ménages vulnérables, et l’émergence de tensions intercommunautaires autour de l'accès aux ressources naturelles. Sans assistance adéquate dans les localités de zones de retour, les risques de protection et l’absence de stabilisation des personnes retournées pourraient être à l’origine de nouveaux déplacements.

Collaboration entre l'humanitaire et le développement

La crise humanitaire met à rude épreuve la résilience des communautés et les capacités de réponse humanitaire, de développement et de consolidation de la paix. L’ensemble des secteurs de développement est impacté par la crise sécuritaire et humanitaire, dans un contexte régional et international marqué également par de fortes tensions et incertitudes géopolitiques et économiques.

Conscient de l’impératif de ne laisser personne de côté, le Gouvernement et les partenaires œuvrent à la promotion et la mise en oeuvre de politiques inclusives et sensibles aux besoins des groupes les plus vulnérables.

Pour répondre à cette crise multidimensionnelle, le Gouvernement a adopté en janvier 2023 le Plan d’action pour la Stabilisation et le Développement (PA-SD) 2023-2025 structuré autour de l’approche Nexus humanitaire-développement-paix. En appui à cette dynamique, le Système des Nations unies (SNU) a lancé en juin 2023 le Plan d’action intérimaire pour le développement durable (UNIDAP) 2023-2025, élaboré à l’issue d’un processus participatif impliquant l’ensemble des parties prenantes nationales. L’UNIDAP constitue le principal cadre de mobilisation des ressources par les Nations unies afin de soutenir les efforts nationaux de développement durable. A cela s’ajoute, le Plan national de réponse humanitaire et le HNRP adoptés chaque année pour répondre aux besoins humanitaires urgents.

Ces cadres stratégiques servent de boussole pour l’opérationnalisation du Nexus humanitaire-développement-paix. Ils témoignent de la volonté conjointe du Gouvernement, du Système des Nations unies et des partenaires d’accélérer des approches intégrées dans un contexte de besoins humanitaires encore importants et critiques.

Dans ce contexte, les personnes dans le besoin dans les provinces à sévérité 1 et 2, ainsi que celles non ciblées dans les zones à sévérité 3, peuvent être incluses dans des programmes portés par les autres acteurs du nexus autour de résultats collectifs afin d’assurer que personne ne soit laissé de côté.

Messages de plaidoyer envers les autorités et les acteurs du développement

Le plan de réponse des partenaires humanitaires reste aligné sur le Plan national de réponse humanitaire du Gouvernement. La communauté humanitaire reste soucieuse de l’aide à apporter à ces personnes dans le besoin. Dans cette lancée, elle appelle à une action concertée des acteurs du développement afin de répondre aux besoins des populations, en particulier celles non ciblées. Les objectifs visés sont de garantir l’efficacité de l’assistance, la transparence des interventions, l’optimisation des ressources guidés par le principe de ne laisser personne de côté.

Dans le but de prévenir une aggravation de la crise, il est essentiel de renforcer les investissements de développement dans ces zones. Les priorités incluent le renforcement des services sociaux de base (santé, éducation, etc.), l’appui aux moyens d’existence agropastoraux, l’amélioration de l’accès aux marchés, l’autonomisation des groupes à risque (femmes et filles dans les situations de précarité, personnes handicapées), le soutien aux collectivités territoriales dans la planification locale, la réduction des risques et le relèvement.

La transition de l’urgence vers la résilience nécessite un financement flexible, prévisible et pluriannuel. Des programmes intégrés sur trois à cinq ans sont indispensables pour accompagner les communautés depuis l’assistance d’urgence jusqu’au relèvement et la stabilisation durable. Ces financements doivent également permettre une flexibilité opérationnelle dans les zones difficiles d’accès.

En outre, le renforcement des systèmes nationaux de protection sociale, d’alerte précoce et de gestion des risques est essentiel pour réduire la dépendance à l’assistance humanitaire. Parallèlement, les autorités et partenaires doivent promouvoir des solutions durables pour les personnes déplacées internes, en soutenant le retour volontaire, l’intégration locale ou la réinstallation dans des conditions sûres et dignes. Dans cette optique, les efforts doivent être renforcés dans la mise en œuvre du Plan d’action opérationnel de la Stratégie nationale de relèvement des PDI et des Communautés d’Accueil (SNR-PDICA). A cet effet, il est nécessaire de garantir aux PDI retournées la sécurité et la protection et l’appui au relèvement afin de les stabiliser dans les zones de retour et éviter de nouvelles vagues de déplacement.

Enfin, l’accès humanitaire demeure un défi majeur. Les autorités sont appelées à garantir un environnement sécurisé et respectueux des principes humanitaires afin de faciliter les différentes interventions aussi bien des humanitaires que des acteurs de développement et de la paix. C’est en cela que les conditions nécessaires seront réunies pour renforcer la résilience des populations affectées par la crise sécuritaire et humanitaire, réduire progressivement et durablement les besoins humanitaires, et réaliser les investissements de développement dans les zones durement affectées.