Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 3: Plan de réponse du secteur

3.2 Eau, Hygiène et Assainissement

Personnes ciblées
1,5M
Personnes priorisées
0,5M
Besoins financiers (US$)
$92,6M
Besoins financiers priorisés (US$)
$32,4M

Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées

EHA

Les frontières et les noms figurant sur cette carte, ainsi que les désignations utilisées, n'impliquent aucune approbation ni acceptation officielle de la part des Nations Unies.

OCHA

Résumé des besoins

L’analyse sectorielle révèle des insuffisances en matière d’accès à l’eau potable, à des installations d’assainissement adéquates et à des services d’hygiène dans les zones abritant un grand nombre de PDI, de retournés et de communautés hôtes. L’analyse de la sévérité des besoins EHA (MSNA 2025) révèle une situation significativement plus critique chez les PDI/retournés que dans les communautés hôtes. Les poches de plus forte sévérité se concentrent notamment dans la Komandjari (87 % de ménages PDI/retournés en sévérité ≥3), le Dyamongou (45% en « extrême besoin »), le Gobnangou (23 % en « extrême besoin »), le Loroum (86 % en sévérité sévérité ≥ 3) et l’Oudalan (64 % dont 10 % en « très extrême besoin »). Ces difficultés aggravées par la dégradation de certaines infrastructures, les contraintes d’accès opérationnel, la forte concentration de population dans les localités d’accueil et les capacités limitées des services publics ont réduit le niveau de service disponible. Sans un renforcement de la réponse, les risques de maladies d’origine hydrique, de dégradation de la situation nutritionnelle et de pression accrue sur les ressources en eau et les services sociaux de base demeurent élevés. Ces impacts se répercutent sur d’autres secteurs que sont la santé, la nutrition, l’éducation, la protection et la sécurité alimentaire.

Stratégie de réponse

La stratégie du Cluster pour 2026 comprend :

  • Une approche intégrée et fondée sur la vulnérabilité, basée sur l’analyse de la sévérité, la présence de PDI et de retournés, la vulnérabilité des communautés hôtes ainsi que la densité de population dans les zones d’accueil ;
  • Un cadre technique national pour les interventions d’urgence en eau, hygiène et assainissement ;
  • Une logique de Nexus Humanitaire-Paix-Développement, articulant réponse d’urgence, et le renforcement durable des services essentiels en EHA.

La stratégie met l’accent sur les approches endogènes adaptées afin d’ancrer les réponses dans les dynamiques et les capacités locales. Elle privilégie la localisation à travers un rôle central des organisations de la société civile (OSC) nationales et locales, et une collaboration renforcée avec les structures locales.

Compte tenu du faible niveau de financement du secteur, la stratégie intègre une forte composante de plaidoyer et de mobilisation des ressources. Celle-ci vise à concentrer les investissements sur les zones les plus vulnérables et à promouvoir des solutions durables et résilientes.

Ciblage et priorisation

Le ciblage repose sur la sévérité sectorielle (≥ 3) et les priorités intersectorielles :

  • Le nombre de personnes dans le besoin en 2026 est estimé à 2 373 888 dans 12 régions et 28 provinces.
  • La cible sectorielle est de 1 518 657 personnes dont 958 397 prioritaires (provinces en sévérité 4, avec les plus grands déficits et pression sur les infrastructures).
  • Les interventions se concentrent sur les provinces de sévérité 4, tout en maintenant une couverture dans les provinces de sévérité 3. Une attention particulière est accordée aux communes à forte concentration de PDI, de retournés ainsi qu’aux institutions sociales clés (centres de santé, écoles, sites d’accueil) pour garantir la continuité et la qualité des services essentiels.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

La programmation est guidée par les principes suivants :

  • Redevabilité envers les populations affectées : information régulière et adaptée, mise en place de mécanismes de retour d’information et de plaintes, ajustement de la réponse sur la base des retours des communautés.
  • PSEA : prévention, formation et accompagnement des comités de gestion, messages dédiés lors des activités d’hygiène, mise à disposition de mécanismes de signalement accessibles.
  • Genre, équité et inclusion : infrastructures séparées par sexe, sûres, éclairées, accessibles aux personnes à mobilité réduite, et tenant compte des besoins spécifiques des femmes, des filles et des personnes vivant avec un handicap.
  • Protection : réduction des risques associés à l’utilisation des points d’eau et des latrines (localisation, distance, conditions d’accès), prise en compte des contraintes de mobilité des ménages.
  • Environnement : gestion appropriée des déchets solides, amélioration du drainage, limitation des pollutions et recours à des solutions techniques adaptées et durables dans le contexte local.

Coût de la réponse

Le budget total requis est estimé à 93 701 137 dollars américains, avec un coût unitaire moyen d’environ de 61,7 dollars par bénéficiaire. Globalement, ce budget est en baisse d’environ 3 pour cent par rapport à 2025. Toutefois, le coût unitaire moyen est en hausse, en raison de l’intégration plus complète des coûts de soutien dans le calcul, notamment les frais généraux, les coûts RH et la logistique. Ces estimations proviennent de la mise à jour du référentiel des coûts réalisée en septembre 2025. Les coûts ont été ventilés par type d’activité et par zone d’intervention, en intégrant les frais de fonctionnement et les coûts de soutien.

Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées analyse

Personnes dans le besoin

Non déplacés
794k
PDI
743k
Retournés
837k

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

Non déplacés
428k
PDI
569k
Retournés
521k

Personnes ciblées

Personnes priorisées

Non déplacés
169k
PDI
263k
Retournés
71k

Personnes priorisées

Membres de la communauté de Gorom Gorom collectant de l’eau

Quand l’accès à l’eau est rétabli, la vie reprend

Dans le nord-est du Burkina Faso, des communautés comme Gorom Gorom font face à des difficultés liées aux déplacements et à la rareté d’eau. Pour les ménages affectés, l’accès à l’eau potable conditionne non seulement la santé, mais aussi la dignité et la capacité à faire face aux chocs.

Aujourd’hui, un château d’eau installé avec l’appui des partenaires humanitaires, dont le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), change concrètement le quotidien de nombreuses familles. Plus qu’une infrastructure, ce point d’eau est devenu un pilier essentiel de la vie communautaire.

Chaque jour, des femmes s’y retrouvent pour collecter de l’eau. « Avant, il fallait marcher longtemps et attendre des heures », raconte l’une d’elles. « Maintenant, nous gagnons du temps et nous savons que l’eau est disponible. » Pour la communauté, ce point d’eau représente moins de fatigue, moins de risques et davantage de temps pour s’occuper des enfants, des activités domestiques ou génératrices de revenus.

Bouchra, membre du comité local de gestion, veille à la propreté et au bon usage de l’installation. « Nous sommes vraiment soulagés d’avoir un robinet dans notre quartier », explique-t-elle. « Des personnes viennent aussi des zones voisines, mais tout se fait dans l’ordre et le respect. » Cette gestion communautaire contribue à renforcer l’appropriation locale et la durabilité de l’ouvrage.

Les autorités locales reconnaissent également l’impact positif de cette intervention. Pour Amadou Brahima, maire adjoint en charge de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement à Gorom Gorom, la collaboration avec les acteurs humanitaires permet de répondre à des besoins prioritaires tout en renforçant les capacités locales.

À Gorom Gorom comme dans d’autres localités du Burkina Faso, les interventions en eau, hygiène et assainissement permettent aux communautés de mieux faire face aux crises actuelles tout en posant les bases d’une plus grande stabilité. Lorsque l’accès aux services essentiels est rétabli, c’est toute la communauté qui retrouve des perspectives et de l’espoir.

NRC/Hassimi Zouré