Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 3: Plan de réponse du secteur

3.4 Gestion des sites d’accueil temporaires (GSAT)

Personnes ciblées
0,4M
Personnes priorisées
0,3M
Besoins financiers (US$)
$7,5M
Besoins financiers priorisés (US$)
$5,0M

Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées

GSAT

Les frontières et les noms figurant sur cette carte, ainsi que les désignations utilisées, n'impliquent aucune approbation ni acceptation officielle de la part des Nations Unies.

OCHA

Résumé des besoins

La crise sécuritaire au Burkina Faso entraîne des déplacements de population, dont plusieurs sont abritées dans des Sites d’Accueil Temporaires (SAT) et des Zones d’Accueil des Déplacés (ZAD). Les personnes déplacées vivent dans des conditions souvent précaires avec un accès limité aux services essentiels, et les groupes les plus vulnérables (femmes, enfants, personnes âgées et personnes handicapées) nécessitent une attention particulière.

Près de 59 pour cent des PDI se trouvent en zones urbaines, exerçant une forte pression sur les infrastructures et accentuant la vulnérabilité des communautés hôtes. La majorité des déplacés, principalement des agriculteurs, ont perdu leurs moyens de subsistance et restent fortement dépendant de l’assistance humanitaire, faute d’accès à la terre pour relancer les activités agricoles ou pastorales.

Une dynamique de retour est observée. Cependant, les localités mixtes (comprenant à la fois des retournés et des déplacés) font face à des défis similaires : infrastructures détruites, absence d’abris adéquats et accès limité aux services essentiels et moyens d’existences. L’assistance multisectorielle dans les zones et sites d’accueil temporaires (SAT et ZAD) demeure insuffisante et constitue une préoccupation.

Stratégie de réponse

Le Cluster vise à améliorer les conditions de vie des populations déplacées tout en soutenant la recherche de solutions durables, conformément à la stratégie révisée du Cluster en juillet 2024. L’objectif est de garantir un accès équitable à l’assistance humanitaire, aux services essentiels et à la protection pour les personnes vivant dans les SAT et ZAD.

La stratégie repose sur quatre axes :

  • Coordination efficace des interventions dans les SAT/ZAD : la GSAT procédera à une cartographie des services disponibles dans les SAT/ZAD pour identifier les lacunes et orienter le plaidoyer pour l’harmonisation des actions multisectorielles afin d’éviter les duplications. L’implication des autorités locales et la mise en place de mécanismes de gouvernance communautaire, ainsi que des formations ciblées permettront de renforcer les capacités techniques.
  • Participation et l'autonomie des communautés : il s’agira de mettre en place des structures de gouvernance communautaire inclusives pour permettre aux communautés de participer activement aux décisions et activités qui affectent leur vie d’une part, et d’autre part de mettre en œuvre des actions favorisant la résilience et la réduction de la dépendance à l’assistance humanitaire.
  • Renforcement des capacités institutionnelles pour une localisation efficace des interventions : une approche localisée sera promue, avec les acteurs locaux en leaders de la gestion des SAT/ZAD. Des outils opérationnels, SOP et accompagnement technique seront fournis.
  • Appui au renforcement et à la recherche de solutions durables : la GSAT intégrera une stratégie de sortie progressive et durable des sites temporaires prioritaires. Les intentions des ménages seront collectées et les ressources nécessaires seront mobilisées. Une cartographie des besoins dans les localités mixtes et la liaison avec les clusters sectoriels seront faites pour garantir l’accès aux services essentiels.

Ciblage et priorisation

En 2026, le Cluster concentrera ses efforts dans les régions à forte concentration de besoins : Yaadga, Koulsé, Goulmou, Nakambé, Bankui, Sourou, Liptako et Soum. Les PDI et les retournés seront les principales cibles. À travers une dizaine d’activités standards, adaptées aussi bien aux zones d’accès difficile qu’aux zones accessibles, 438 140 personnes seront assistées ; soit une baisse de 14,6 pour cent par rapport à l’année 2025, dû au retour progressif des personnes déplacées, et à l’autonomisation de certains ménages dans les zones urbaines.

Le Cluster a élargi sa cible pour inclure les personnes retournées dans le cadre de son approche de gestion hors site, notamment dans les ZAD, en particulier les localités mixtes (retournés et déplacés). L’objectif est de garantir l’accès aux services essentiels, soutenir la stabilisation, réduire les risques de nouveaux déplacements et renforcer la cohésion sociale.

Une priorisation transversale permettra de porter une attention particulière aux personnes ayant des besoins spécifiques, aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées ainsi qu’aux personnes en situation de handicap.

Cette année, l’accent sera mis sur le renforcement institutionnel et local pour appuyer les services administratifs de l’État et les acteurs locaux via d’outils adaptés, les formations ciblées et accompagnement technique.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Le Cluster veillera à intégrer une approche transversale essentielle dans toutes ses interventions pour garantir la participation des communautés affectées et la prise en compte des besoins spécifiques. Cette approche se repose sur les principaux axes :

  • Gouvernance communautaire : Mise en place de comités mixtes inclusifs (femmes, hommes, jeunes, personnes handicapées, déplacées et hôtes) pour assurer des décisions participatives.
  • Accessibilité et inclusion : Intégration d’une approche sensible au genre, à travers le profilage des besoins multisectoriels des femmes, des hommes et des enfants ainsi que des personnes handicapées vivant au sein des SAT et ZAD. Il garantira la participation inclusive à travers les comités communautaires mixtes, et la réduction des risques de VBG, tout en assurant un accès équitable aux services. Le suivi des infrastructures installées au sein d’installation d’accueil sera effectif pour répondre aux besoins des personnes handicapées.
  • Redevabilité : Etablissement de mécanismes de gestion des plaintes et des retours au sein des SAT et ZAD appuyés par un mécanisme communautaire, composé de comités des plaintes dont les membres sont choisis par la communauté elle-même. Les gestionnaires des SAT/ZAD ainsi que les retournés, anciens membres des comités communautaires mixtes pourraient également être mis à profit pour le profilage des besoins des personnes retournées, en capitalisant sur les acquis des activités de gestion dont ils ont bénéficié.
  • Renforcement des capacités : Formations des membres des comités communautaires mixtes et gestionnaires sur la PEAS et les standards humanitaires (Cadre Sphère, SOP).
  • Coordination locale : Appui technique et outils pour renforcer le rôle des autorités locales dans la gestion des SAT/ZAD.
  • Suivi et évaluation : Indicateurs participatifs, enquêtes de satisfaction, sessions de leçons apprises et évaluation annuelle avec le Global CCCM Cluster.

In fine, l’approche permettra au cluster de garantir une réponse inclusive, transparente et durable, centrée sur les besoins des populations affectées, avec une forte implication communautaire et institutionnelle.

Coût de la réponse

Le Cluster GSAT prévoit un budget de 7 510 943 dollars américains pour la mise en œuvre de ses activités, soit environ 17 dollars par personne déplacée. Comparé à 2025, ce budget enregistre une baisse de 30 pour cent, corrélée à la diminution du nombre de personnes dans le besoin et de la cible en parallèle d’une optimisation des dépenses. Par ailleurs, certaines activités en cours ne nécessitent plus de financement direct, le secteur privilégiant désormais une approche localisée visant à renforcer l’auto-gestion des SAT et ZAD. En matière de transfert de compétences, les gestionnaires issus des services administratifs désignés par les autorités pour la gestion assureront également le suivi de la situation des populations affectées dans les SAT et ZAD.


Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées

Personnes dans le besoin

PDI
740k
Retournés
181k

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

PDI
368k
Retournés
70k

Personnes ciblées

Personnes priorisées

PDI
255k
Retournés
25k

Personnes prioritaires par SAAD

Fatima cultive des légumes dans son potager hors sol, source de subsistance pour sa famille.

Fatima, reconstruire ses moyens d’existence grâce à l’agriculture hors sol

En 2020, Fatima, 34 ans et mère de cinq enfants, a été obligée de quitter son village et de se déplacer vers Gorom Gorom. « Je suis partie sans rien. Je ne savais pas comment nourrir mes enfants », se souvient-elle.

Comme de nombreuses personnes déplacées internes, Fatima s’est installée dans un site en périphérie de la ville, où l’accès aux moyens de subsistance reste limité. Dans ce contexte, elle a bénéficié d’un appui dans le cadre d’un projet d’assistance multisectorielle mis en oeuvre par des partenaires humanitaires, dont Save the Children International, l’Association de Développement Communautaire et l’Association Jeunesse pour le Développement du Sahel, avec le soutien du Fonds humanitaire régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (FHRAOC).

Fatima a ainsi suivi une formation en agriculture hors sol, une technique adaptée à un environnement marqué par la rareté des terres cultivables et des ressources en eau. Elle a également reçu des intrants et du matériel agricole. « Participer à cette activité m’a redonné confiance », explique-t-elle.

Avec l’accompagnement technique des services agricoles locaux, Fatima a aménagé un petit potager hors sol, où elle cultive notamment de l’aubergine et de l’oseille. Ces récoltes contribuent à améliorer l’alimentation de sa famille et à réduire les dépenses du ménage. « Ma sauce est plus naturelle et plus nutritive. Je le ressens dans ma santé et celle de mes enfants », confie-t-elle.

Au-delà de la production alimentaire, ce potager représente pour Fatima une étape importante dans la reconstruction de ses moyens d’existence. « Aujourd’hui, je nourris mes enfants avec ce que mes mains ont cultivé », dit-elle avec fierté.

Dans des contextes difficiles, des solutions locales et adaptées peuvent contribuer à améliorer durablement les conditions de vie. Plus de 80 ménages vulnérables ont bénéficié de ce projet. Chaque potager, chaque récolte, chaque graine cultivée hors sol représente une étape vers davantage de résilience et moins de dépendance à l’assistance.

Save the Children

References

  1. Rapport de monitoring des zones et sites d’accueils temporaires des personnes déplacées internes
  2. CCCM: Camp coordination and camp management