Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées
Les frontières et les noms figurant sur cette carte, ainsi que les désignations utilisées, n'impliquent aucune approbation ni acceptation officielle de la part des Nations Unies.
OCHARésumé des besoins
En 2026, la situation nutritionnelle au Burkina Faso reste préoccupante, particulièrement pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes et allaitantes (FEFA), et ce, en raison de l’insécurité, des déplacements forcés et du faible accès aux services essentiels de santé et de nutrition. On estime à 1 382 464 personnes nécessitant une assistance nutritionnelle d’urgence. Selon l’enquête SMART 2024, la malnutrition aiguë globale (MAG) atteint 9,9 pour cent, proche du seuil d’alerte de l’OMS (10 pour cent) avec des disparités importantes : 15 communes sur 22 sont en urgence nutritionnelle (MAG >10 pour cent), et des niveaux critiques (MAG ≥15 pour cent) observés à Gorom-Gorom (19,4 pour cent), Yalgo (20 pour cent) et Dori (20,6 pour cent). Les zones les plus affectées incluent le Liptako, le Soum et le Gourma.
Les enfants âgés de 6 à 23 mois sont les plus touchés (MAG de 17,1 pour cent), avec un risque de mortalité jusqu’à 11 fois supérieur en cas de malnutrition aiguë sévère. Seuls 28,9 pour cent des enfants de 6 à 23 mois bénéficient d’une alimentation minimale acceptable. Les PDI présentent des taux de malnutrition plus élevés que les communautés hôtes. Chez les FEFA, plus de la moitié des communes affichent une prévalence supérieure à 5 pour cent, augmentant les risques de complications et de transmission intergénérationnelle. Bien que la mortalité globale reste sous les seuils d’urgence, des signaux d’alerte localisés (Bourzanga, Yalgo et Kongoussi) indiquent un risque de détérioration rapide, surtout dans les zones à accès limité.
Stratégie de réponse
Pour faire face à la malnutrition aiguë persistante, le Cluster Nutrition mettra en œuvre une stratégie visant à réduire la mortalité et la morbidité, en ciblant prioritairement les enfants de moins de cinq ans et les FEFA dans les zones de forte sévérité. Cette approche s’appuie sur le système national de santé, en collaboration avec les structures sanitaires, les autorités locales et les mécanismes communautaires.
La priorisation de la réponse repose sur :
- La sévérité JIAF 2.0
- Les résultats des enquêtes SMART 2024
- Les zones de concentration de PDI.
Une priorité absolue sera accordée au maintien et à l’extension de la prise en charge intégrée de la MAS et MAM dans les communes classées en sévérité élevée (MAG >10 pour cent), notamment dans les régions du Liptako, du Soum, du Bankui, du Sourou, des Koulsé, du Yaadga, du Goulmou, de la Sirba et de la Tapoa. La réponse combinera des structures fixes, mobiles et avancées, dépistage communautaire, référencement, surveillance et sécurisation des intrants.
Dans les zones de sévérité modérée et élevée, des interventions préventives et curatives seront renforcées, incluant la prise en charge de la MAM, la supplémentation nutritionnelle ciblée et la promotion des pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE). La stratégie inclut des approches adaptées aux contraintes d’accès, une coordination multisectorielle et un appui au Nexus Humanitaire–Développement–Paix pour garantir continuité et durabilité.
Ciblage et priorisation
La réponse nutritionnelle ciblera 583 358 personnes, soit une baisse de 8 pour cent par rapport à l’année précédente, en raison des contraintes de financement et d’accès. Parmi elles, 134 701 vivent dans les zones de sévérité très élevée (MAG ≥15 pour cent), exposées à un risque élevé de mortalité.
Les groupes prioritaires incluent :
- Les enfants de moins de cinq ans souffrant de MAS ou MAM ;
- Les enfants de moins de 24 mois, présentant des facteurs de risque élevés de détérioration nutritionnelle, correspondant à la période critique des 1 000 premiers jours ;
- Les femmes enceintes et allaitantes (FEFA) malnutries ;
- Les PDI et communautés hôtes sous une forte pression.
La réponse sera hiérarchisée selon la sévérité :
- Priorité niveau 1 :
- Communes en sévérité très élevée (MAG ≥15 pour cent ou JIAF 4), principalement dans les régions du Liptako et du Soum, ou zones avec des signaux de mortalité et effondrement des services.
- Réponse : prise en charge MAS et MAM à travers structures fixes, mobiles et avancées, sécurisation des intrants et supplémentation ciblée.
- Priorité niveau 2 :
- Communes en sévérité élevée (MAG 10–14,9 pour cent ou JIAF 3), notamment dans les régions des Koulsé, du Nakambé, du Bankui, du Sourou, du Goulmou, de la Sirba, de la Tapoa, du Yaadga et du Nando.
- Réponse : prise en charge MAS et MAM, dépistage communautaire, interventions préventives incluant la supplémentation nutritionnelle et promotion ANJE.
Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive
Le Cluster Nutrition veillera à des interventions conformes aux principes humanitaires, aux normes du IASC, et aux standards du Global Nutrition Cluster (GNC) en coordination avec le Cluster Protection pour garantir un accès sûr, digne et sans préjudice aux populations les plus vulnérables.
Redevabilité envers les populations
Elle consistera à :
- La diffusion d’informations claires sur les services et critères d’accès ;
- La mise en place de mécanismes sûrs et confidentiels de retour et de plaintes, adaptés aux femmes, aux PDI et aux groupes vulnérables.
La prévention de l’exploitation et des abus sexuels
Elle inclura :
- La formation du personnel et des volontaires ;
- La diffusion de messages de tolérance zéro ;
- Les mécanismes sécurisés de signalement, garantissant protection et confidentialité.
Approche sensible au genre, à la protection et à l’inclusion
Les interventions adopteront une approche sensible au genre et à la protection, visant à réduire les barrières d’accès ; prévenir, atténuer et référer les risques de VBG ; garantir l’accessibilité des services aux personnes handicapées.
Qualité des services nutritionnels
Le respect des protocoles nationaux, des lignes directrices techniques et des normes de qualité guidera la mise en œuvre des interventions, appuyée par la mise en place des audits d'accessibilité et de qualité des services, y compris l’accès des survivantes de VBG et des personnes vivant avec un handicap pour soutenir l’amélioration continue des pratiques et des services.
Coût de la réponse
Le budget total de la réponse nutritionnelle est estimé à 44 371 284 dollars américains, soit une baisse de 24 pour cent par rapport à 2025, due à la réduction des cibles, au renforcement des interventions préventives et à un ciblage plus précis. Les estimations reposent sur les coûts directs par activité, calculés en multipliant les coûts unitaires standardisés par le nombre de bénéficiaires pour les principales interventions de prise en charge et de prévention.
À ces coûts directs s’ajoutent les frais de gestion, coordination et suivi (coordination sectorielle, administration, suivi-évaluation, redevabilité et apprentissage), ainsi que les coûts logistiques (stockage, distribution, dernier kilomètre), particulièrement élevés dans les zones à accès limité.
Le coût unitaire moyen est estimé à 86 dollars américains par bénéficiaire dans les zones prioritaires en phase 4, contre 76 dollars dans les autres zones en raison des contraintes logistiques accrues. Dans un contexte de ressources limitées, la stratégie privilégie une allocation efficiente pour maximiser l’impact humanitaire dans les zones présentant les niveaux de sévérité les plus élevés.