Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 3: Plan de réponse du secteur

3.6 Protection

Personnes ciblées
1,2M
Personnes priorisées
0,3M
Besoins financiers (US$)
$103,0M
Besoins financiers priorisés (US$)
$28,7M

Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées

Protection

Les frontières et les noms figurant sur cette carte, ainsi que les désignations utilisées, n'impliquent aucune approbation ni acceptation officielle de la part des Nations Unies.

OCHA

Résumé des besoins

Malgré les efforts déployés en 2025 par les autorités et les acteurs humanitaires pour améliorer l’environnement de protection, les civils — en particulier les femmes, les enfants, les personnes en situation de handicap et celles touchées par les déplacements forcés — restent exposés à des risques élevés dans les zones à forts défis sécuritaires.

Sur 12 millions de personnes exposées aux risques de protection, 3 366 288 ont des besoins de protection, soit 28 pour cent des personnes exposées. Les enfants constituant plus de 58 pour cent de PDI selon le CONASUR, sont également plus nombreux parmi les personnes en besoin de protection. Ces risques sont souvent interconnectés et exacerbent la vulnérabilité des populations. En effet, les femmes et les filles restent exposées aux VBG, en particulier la violence sexuelle, les violences physiques et psychologiques, ainsi que le harcèlement et l’exploitation ; des situations aggravées par les déplacements forcés et la précarité économique. Ces facteurs augmentent également le risque pour les enfants, en particulier les filles, au-delà du traumatisme vécu, d’être victimes de mariages précoces, compromettant leur éducation, leur bien-être et leur sécurité. Les hommes et les garçons sont particulièrement exposés aux risques d’enlèvements et d’attaques. Cela implique que souvent les femmes et les filles prennent le risque de se rendre dans des lieux moins sûrs en périphérie des villages, dans la brousse et dans les champs en quête des moyens de subsistance, y compris la collecte de bois de chauffe, la cueillette de feuilles comestibles, etc.

Par ailleurs, les restrictions de mouvement et les déplacements forcés limitent l’accès des filles, des garçons, des femmes et des hommes aux services essentiels et renforcent leur vulnérabilité. De plus, les populations sont exposées à des violences et à la destruction de leurs biens, entraînant des pertes matérielles, un traumatisme psychologique etc. Ces violences se traduisent également par des vols, des extorsions, des évictions et des pertes de documents d’identité fragilisant les moyens de subsistance et générant des tensions au sein des communautés. L'usage des EEI restreint la libre circulation, cause des décès et des blessures, limitant l’accès aux champs, aux marchés et aux services essentiels, y compris l’éducation, la santé, etc.

Dans l’ensemble, ces différents risques sont plus élevés au sein des ménages vulnérables, notamment ceux dirigés par des femmes, les enfants seuls, les personnes handicapées et les personnes plus âgées, en particulier dans les zones à hauts défis sécuritaires et les zones difficiles d’accès. Une approche de protection intégrée et multisectorielle pour réduire efficacement et de manière durable l’impact de la menace de protection, les facteurs de vulnérabilité et renforcer la résilience des populations affectées est nécessaire.

Stratégie de réponse

La réponse de protection s’appuie sur une approche intégrée et centrée sur les personnes survivantes de violence et les communautés. L’approche combine prévention, fourniture de services, renforcement des capacités des partenaires locaux et appui à la recherche de solutions qui répondent aux risques de protection identifiés.

Dans ce cadre, l’approche communautaire joue un rôle central dans le renforcement des mécanismes locaux et pour favoriser la participation active des femmes, des jeunes et des leaders communautaires. Elle comprend des activités de sensibilisation sur les droits et les risques de protection pour contribuer à réduire la vulnérabilité et prévenir les violations de droits.

Parallèlement, l’offre de services et la prise en charge individuelle visent à répondre aux besoins spécifiques des populations affectées, notamment à travers le monitoring de protection, la gestion de cas, l’appui et le suivi psychosocial, l’accompagnement juridique, le soutien aux personnes survivantes de violences y compris de VBG. Cette approche permet de traiter simultanément plusieurs risques et d’assurer une réponse de protection plus cohérente et adaptée aux différentes vulnérabilités.

Afin de prendre en compte les contraintes d’accès dans l’offre équitable des services et d’être proactif dans la réponse de protection aux populations affectées, les acteurs de protection combinent l’approche fixe et mobile, avec des centres fixes dans les zones plus accessibles et des équipes mobiles dans les zones difficiles d’accès.

Enfin, la stratégie intègre l’appui aux solutions durables, en mettant l’accent notamment sur la sécurisation de l’accès à la terre et aux biens, le renforcement des mécanismes communautaires de protection et le soutien aux moyens de subsistance des groupes vulnérables. Cette approche globale permet de répondre aux besoins immédiats et de réduire en même temps les risques futurs et d’accroître la résilience des populations affectées.

Ciblage et priorisation

Le Cluster Protection cible 1 233 594 personnes constituées de PDI (42 pour cent), de Non-PDI (30 pour cent) et des retournées (28 pour cent). Les personnes ciblées ont été identifiées en raison de leur exposition élevée aux risques de protection et du niveau de leur vulnérabilité aux menaces identifiées. Le ciblage d’une portion de la population non déplacée reflète la prise en compte de leur solidarité vis-à-vis de la population affectée, en plus du fait qu’elle est également exposée aux risques de protection. Parmi ces personnes ciblées, 658 385 sont ciblées par la Protection de l’Enfant, 453 866 par la prévention et la réponse aux VBG, 309 221 par le Logement Terre et Biens et 83 535 par la Lutte Anti-Mines.

La priorisation des zones d’interventions de protection s’est basée sur une approche méthodologique rigoureuse, combinant les résultats de l’analyse des besoins, la faisabilité opérationnelle et l’historique des personnes atteintes au cours des deux dernières années. Ainsi, 29 provinces prioritaires ont été déterminées sur la base d’un score composite multidimensionnel calculé selon cinq critères complémentaires :

a) Niveau de sévérité intersectorielle : les zones de sévérité intersectorielle 3 et 4 sont priorisées, conformément à la recommandation du groupe de coordination inter cluster.

b) Capacité opérationnelle des partenaires : ce critère repose sur la présence effective des acteurs de protection rapportée à travers l’outil 5W en vue de la mise en œuvre effective et continue des activités.

c) Niveau d’accès humanitaire : ce critère vise à prendre en compte les contraintes éventuelles d’accès sécuritaire ou logistique dans la mise en œuvre de la réponse.

d) Capacité d’absorption : considérant la capacité disparate au sein des partenaires, ce critère vise à prendre en compte la capacité réaliste des partenaires présents dans la zone ciblée à atteindre un nombre donné de bénéficiaires et à gérer efficacement les ressources.

e) Historique des personnes atteintes et des résultats obtenus : ce critère vise à prendre en considération les performances passées, les réalisations antérieures et le potentiel d’extension des interventions des partenaires présents dans la zone ciblée.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

Les représentants des communautés, y compris les femmes, les enfants, les jeunes, les personnes handicapées et les leaders locaux, sont associés à toutes les étapes du cycle de programmation. Leur implication active dans la planification, la mise en œuvre et le suivi permet d’assurer que les interventions de protection reflètent leurs priorités, renforcent leurs capacités et favorisent une appropriation locale durable dans la réponse et dans la recherche des solutions sur la base des principes pertinents. L’approche de redevabilité envers les populations affectées, ainsi que la prise en compte transversale du genre, sont systématiquement intégrées dans la réponse. Cette démarche vise à garantir que toutes les activités soient sûres, accessibles, sensibles aux besoins spécifiques et pleinement alignées avec les principes humanitaires.

Coût de la réponse

Le budget total requis pour la réponse de protection est de 102,95 millions de dollars américains. Ce budget inclut 45.1 millions de dollars pour la Protection de l’Enfant, 29.6 millions pour la prévention et la réponse aux VBG, 4.6 millions pour le Logement Terre et Biens et 0.97 millions pour la Lutte Anti-Mines.


Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées

Personnes dans le besoin

Non déplacés
1,7M
PDI
924k
Retournés
694k

Personnes dans le besoin

Personnes ciblées

Non déplacés
369k
PDI
525k
Retournés
339k

Personnes ciblées

Personnes priorisées

Non déplacés
106k
PDI
188k
Retournés
51k

Personnes priorisées

Avec le soutien de l'UNFPA, Koaré a pu mettre en place son propre atelier et est épanouie.

Koaré, de la résilience à l’autonomisation grâce aux espaces sûrs

Dans l’Est du Burkina Faso, affecté par la crise humanitaire, Koaré incarne la capacité de résilience et de reconstruction des adolescentes déplacées. Contrainte de quitter son milieu d’origine, elle a trouvé un appui déterminant au sein d’un espace sûr mis en place par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), avec le soutien du Royaume des Pays-Bas.

À travers les activités proposées, Koaré a pu renforcer ses connaissances sur des thématiques essentielles, notamment l’hygiène menstruelle. « Grâce aux causeries organisées dans le club, j’ai appris à mieux comprendre et gérer cette période de manière plus sereine », explique-t-elle. Au-delà de l’apprentissage, l’espace sûr est devenu pour elle un lieu d’écoute, de partage et de confiance.

Dans le cadre des activités génératrices de revenus, Koaré a bénéficié d’une formation en couture, suivie de la remise d’un kit d’installation. Elle a ainsi pu ouvrir un petit atelier. « Aujourd’hui, je parviens à subvenir à mes besoins et à contribuer à la scolarité de mes petits frères », confie-t-elle avec fierté. Soucieuse de transmettre ce qu’elle a appris, elle forme désormais sa soeur, avec l’espoir de lui offrir des perspectives similaires. « Mon rêveest qu’elle devienne autonome, qu’elle puisse à son tour prendre soin d’elle-même et aider d’autres personnes », ajoute-t-elle.

L’expérience de Koaré illustre l’importance des espaces sûrs en période de crise. Ces structures offrent un accompagnement essentiel aux adolescentes et aux jeunes femmes, en combinant protection, renforcement de leur résilience et de leurs capacités, et autonomisation. En 2025, 440 clubs ont été mis en place dans cinq régions du pays, permettant à plus de 10 000 adolescents et jeunes de bénéficier de formations et d’un accompagnement favorisant leur bien-être, leur protection et leur autonomie.

UNFPA/Souleymane Drabo

References

  1. CONASUR, enregistrement des personnes déplacées internes, situation actualisée au 31 janvier 2023