Les frontières et les noms figurant sur cette carte, ainsi que les désignations utilisées, n'impliquent aucune approbation ni acceptation officielle de la part des Nations Unies.
OCHA
Résumé des besoins
Selon l’analyse de la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’avril 2025, environ 2,26 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 220 000 en phase d’urgence (phase 4). Bien que la production agricole nationale affiche une couverture moyenne des besoins céréaliers estimée à 111,5 pour cent, cette moyenne masque de fortes disparités régionales. Les provinces des régions du Yaadga, du Liptako et des Koulsé présentent des taux de couverture respectifs de 57 pour cent, 56 pour cent et 45 pour cent, notamment dans les zones les plus affectées par l’insécurité1. La malnutrition aiguë globale atteint 9,9 pourcent, la malnutrition chronique estimée à 19 pourcent, et l’insuffisance pondérale à 13,2 pourcent, avec des pics « sérieux » (>10 pourcent) dans les Bâlé et le Boulkiemdé2
Les marchés agricoles ont relativement bien fonctionné grâce à une offre céréalière supérieure à la moyenne (déstockage, intrants, pluies, interdiction d’exportation) et une demande réduite (faibles revenus, assistance humanitaire, retours des PDI). Les prix ont baissé en moyenne de 7 pourcent (maïs), 15 pourcent (mil) et 17 pourcent (sorgho), mais restent supérieurs à la moyenne quinquennale (+15 à +17 pourcent)3.
Dans les zones à fort défi sécuritaire, l’accès aux marchés dépend de convois sécurisés, plusieurs marchés secondaires sont fermés (Barga, Kain, Koumbri, Thiou, Tin-Akoff, Oursi, Gorgadji, Dablo, Bouroum), malgré des améliorations locales (Titao, Barsalgho, Markoye et Gorom-Gorom). Les prix demeurent élevés (plus de 50 pour cent en moyenne), avec des pics extrêmes à Arbinda (plus de 77 pour cent pour le mil), Sebba (plus de 106 pour cent pour le sorgho), Kompienga (plus de 148 pour cent pour le sorgho). Les interventions humanitaires (distributions de vivres, ventes à prix social, agriculture d’urgence) ont contribué à stabiliser les marchés et à limiter la hausse des prix4. Ainsi, l’offre alimentaire s’améliore, mais la cherté persistante et les contraintes logistiques continuent de limiter l’accès des ménages aux denrées de base.
Le secteur de l’élevage subit de fortes pertes résultant de la combinaison des chocs climatiques et sécuritaires. La campagne agropastorale 2024-2025 a été marquée par une pluviométrie variable, entraînant une dégradation de la végétation et une baisse de la qualité des pâturages, notamment dans les zones des Koulsé, du Djoro et de Oubri. Les épisodes de sécheresse persistante (2018–2024) ont réduit la disponibilité en fourrage et en eau, tandis que l’insécurité limite l’accès aux points d’eau, aux pâturages naturels et les mouvements de transhumance. Ces contraintes forcent les éleveurs à user des stratégies néfastes de réduction des moyens d’existence comme brader leur bétail. Cette situation détruit durablement les actifs et entraîne une érosion du capital productif et une détérioration de leurs moyens de subsistance5.
À ces chocs s’ajoutent des facteurs structurels tels que l’extension du front agricole, le développement minier et la concentration des populations déplacées dans les zones sécurisées, accentuant la pression sur les ressources naturelles, les services sociaux de base et les tensions intercommunautaires. Dans ce contexte, la gouvernance des ressources pastorales et la mise en œuvre de stratégies de résilience telles que — la production fourragère locale, le suivi des ressources, et l’assurance indicielle — sont des priorités clés pour réduire les risques de conflit et soutenir la durabilité des moyens d’existence6.
Le secteur fait face aussi aux risques phytosanitaires et zoo sanitaires menaçant la sécurité alimentaire :
Ravageurs : chenille légionnaire (pertes maïs ≈ 25 pour cent), oiseaux granivores (pertes jusqu’à 80 pour cent sur riz, mil, sorgho)
Maladies animales : peste des petits ruminants, fièvre aphteuse, maladie de Newcastle, rage canine, faible accès aux services vétérinaires, entrainant une aggravation des pertes.
Stratégie de réponse
La stratégie s’articule autour de deux axes complémentaires et portée sur une approche graduelle et intégrée : sauver des vies et soulager la souffrance, renforcer la résilience et réduire les vulnérabilités. Il s’agit de créer des passerelles opérationnelles et programmatiques entre l’aide d’urgence et les initiatives de relèvement ou de résilience, afin d’accompagner les populations vulnérables, notamment les PDI, retournées et populations hôtes vers une autonomie durable. Ces axes stratégiques seront, déclinés en quatre objectifs sectoriels :
Assurer la continuité et la cohérence de la réponse humanitaire à travers la fourniture d’une aide alimentaire rapide et vitale aux groupes vulnérables touchées par les crises,
Soutenir la relance des moyens d’existence et la résilience communautaire des ménages en fournissant un accès à une production alimentaire essentielle, urgente et vitale,
Offrir un accès à des aliments nutritifs aux populations vulnérables en particulier aux femmes et aux enfants vulnérables, grâce à leurs propres productions,
Fournir un accès à la nourriture/aux revenus par le biais d'un emploi temporaire aux personnes vulnérables touchées par des crises et en situation d'insécurité alimentaire.
Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire (PRSPV) du gouvernement burkinabè, et contribue aux objectifs du Cadre stratégique humanitaire 2026. Le suivi-évaluation reposera sur la matrice 5W7, des rapports mensuels et un suivi régulier des retours afin d’ajuster la planification et la priorisation des interventions.
La coordination entre les acteurs sera renforcée pour assurer une réponse concertée et fondée sur des données probantes à travers : le Pilotage et l’animation de la coordination humanitaire et sectorielle pour la sécurité alimentaire et les moyens d’existence ; la contribution aux processus de planification, le suivi et évaluation de la saison de soudure fondé sur les besoins réels ; la réalisation des enquêtes et analyses multisectorielles intégrées sur la nutrition, la sécurité alimentaire et les moyens d’existence ; la mise en place ou renforcement des systèmes d’alerte précoce pour informer des actions anticipatoires.
Ciblage et priorisation
Le ciblage adopte une approche différenciée mais complémentaire pour les personnes vulnérables ; (PDI, retournées et les populations hôtes) :
Personnes déplacées internes : priorité aux ménages en phase 3 et 4 de la dernière analyse de la Sécurrité alimentaire et nutritionnelle SAN dans les zones les plus touchées en sévérité intersectorielle 3 et plus ;
Personnes retournées vulnérables : appui combiné (aide alimentaire, relance agricole, reconstitution des moyens d’existence) dans les provinces de retour en zone de sévérité intersectorielle 3 et plus ;
Populations hôtes vulnérables : inclusion systématique pour prévenir les tensions et renforcer la cohésion sociale.
Des critères transversaux (ménages dirigés par des femmes, familles nombreuses, handicap, maladies chroniques, personnes à besoins spécifiques, concentration de PDI/retournés) guideront le ciblage.
La priorisation se basera sur la sévérité de l’insécurité alimentaire, l’accès humanitaire et la capacité opérationnelle des partenaires, tout en veillant à une coordination intersectorielle et une cohérence géographique pour maximiser l’impact collectif.
Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive
Pour une réponse efficace et efficiente, les thèmes transversaux et le respect des principes de ne pas nuire, de sécurité et dignité, de redevabilité (mécanisme de feedback, des plaintes…), et de participation des bénéficiaires seront systématiquement intégrés dans la réponse du Cluster. Dans le cadre de la redevabilité aux populations affectées (AAP), les partenaires seront encouragés à impliquer les communautés affectées tout au long du cycle de programmation de la réponse et renforcer la communication auprès des autorités locales. Le cluster s’appuiera sur le mécanisme inter-agences et les mécanismes de retour d’information des partenaires pour la remontée des retours communautaires et des plaintes sur l’assistance reçue. Des efforts seront renforcés pour sensibiliser les populations sur l’utilisation des mécanismes de plaintes. Les services techniques seront mis en contribution dans la coordination du cluster au niveau sous national. Par ailleurs, des monitorings post-distributions (PDM) et des évaluations participatives seront menées par les partenaires (dans la mesure du possible) dans l’optique d’apprécier la perception et le niveau de satisfaction des bénéficiaires pendant et après les interventions.
Coût de la réponse
Pour l’année 2026, 1 532 390 personnes sont ciblées pour recevoir une assistance en sécurité alimentaire avec un financement requis estimé à 207,2 millions de dollars américains. 923 206 personnes vivant dans les zones de sévérité sectorielle 4 ou plus constitueront la cible prioritaire pour un budget de 132,7 millions de dollars américains. Le budget global est calculé sur base du coût par activité retenue en consultation avec les acteurs dans le cadre du plan de réponse 2026 en prenant en compte les frais généraux. En comparaison avec l’année 2025, ce budget est en baisse de 24 pour cent, dû essentiellement à la diminution de la cible.
Personnes dans le besoin, ciblées et priorisées
Personnes dans le besoin
Non déplacés
1,7M
PDI
330k
Retournés
155k
Personnes dans le besoin
Personnes ciblées
Non déplacés
1,2M
PDI
271k
Retournés
99k
Personnes ciblées
Personnes priorisées
Non déplacés
668k
PDI
212k
Retournés
43k
Personnes priorisées
References
Rapport bilan campagne agricole 2024-2025
Enquête nutritionnel national 2024
Bulletin Conjoint suivi des marchés SONAGES-PAM août 2025
Bulletin Conjoint suivi des marchés SO NAGES-PAM août 2025
DGFOMR, Bilan Fourrager définitif 2024
DGFOMR, Bilan Fourrager définitif 2024
Qui fait Quoi, Où, Quand et Pour qui (Who is doing What, Where, When and for Whom)