Burkina Faso - Besoins Humanitaires et Plan de Réponse des Partenaires / Partie 3: Plan de réponse du secteur

3.9 Logistique

Besoins financiers (US$)
$23,6M
Financement déjà promis/ anticipé (US$)
$14,2M

Résumé des besoins

Sur la base de l’analyse des lacunes et des besoins conduite en 2025, les acteurs humanitaires font face à défis opérationnels et liés à l’insécurité. Le manque d’infrastructures de stockage dans certaines zones demeure une contrainte, limitant le pré-positionnement des articles essentiels. En intégrant les zones déjà couvertes par le plan de réponse 2025, l’analyse a également mis en évidence des besoins croissants dans les régions de Guiriko et de Tannounyan. Des besoins spécifiques concernent par ailleurs des installations de stockage à température contrôlée, indispensables pour la conservation des médicaments et des produits périssables. Le transport demeure un défi majeur, en raison des difficultés d’accès aux zones isolées et du manque de financement pour les moyens aériens. Pour relever ces défis, il est essentiel de renforcer les capacités logistiques et de télécommunication afin d’améliorer la résilience et l’efficacité des opérations humanitaires.

La fusion des secteurs fournissant les services communs (Cluster logistique et Groupe de travail Télécommunication) est alors une opportunité majeure pour l’ensemble de la communauté humanitaire au Burkina Faso. En effet, elle permet aux autres clusters et partenaires de travailler efficacement, de manière cohérente et coordonnée ce qui est crucial pour les interventions vitales. Ces Services habilitants fournissent un soutien essentiel qui supporte la réponse humanitaire : le Cluster Logistique, par exemple en livrant de l'aide humanitaire dans des zones difficiles d’accès, en maintenant des services de communication stables pour les humanitaires et les communautés et UNHAS, soutiendra le transport aérien à travers sa flotte d’hélicoptères ainsi que par d’autres acteurs œuvrant dans le domaine de la logistique. Ceci aura pour objectif d’accompagner les acteurs humanitaires dans la mise en œuvre de leurs interventions. Sans ces services, les interventions les plus prioritaires dans les zones de sévérité 3 et 4 ne pourront pas être mises en œuvre efficacement.

Stratégie de réponse

En 2026, le Cluster Logistique et ses partenaires opérationnels renforceront leur rôle essentiel dans la continuité des opérations humanitaires en garantissant l’accès aux services logistiques communs. Les services d’entreposage resteront disponibles dans les zones où le Cluster Logistique est présent (Yaadga, Bankui, Liptako, Goulmou, Koulsé et Kadiogo), et de nouvelles zones seront explorées en fonction des besoins, notamment Guiriko et Tannounyan. Cette approche sera adoptée en collaboration avec Atlas Logistique – HI. Le Cluster facilitera également l’accès à des services mutualisés de transport routier et d’entreposage (y inclus à température contrôlée) dans les zones de Bankui et de Kadiogo. Dans la continuité, le transport aérien d’urgence de cargos via UNHAS sera renforcé en services communs pour la communauté humanitaire dans les zones difficiles d'accès.

C'est dans ce cadre que des efforts visant à améliorer l’efficacité de la réponse seront mis à profit. Cela inclut le renforcement des capacités des acteurs locaux grâce à la localisation en collaboration avec des partenaires tel que Atlas Logistique - HI, la collecte de données et le développement de nouveaux outils pour améliorer la planification opérationnelle et faciliter la prise de décisions. Le stockage ainsi que la capacité de stockage à température contrôlée en partenariat avec Atlas Logistique - HI, seront optimisés pour mieux répondre aux besoins des partenaires, notamment pour les produits médicaux sensibles. Parallèlement, les capacités nationales seront consolidées grâce à l’élargissement des formations destinées aux acteurs impliqués dans la réponse humanitaire.

Télécommunication

Dans les zones difficiles d’accès, les contraintes d’accès aux infrastructures de télécommunication et de connectivité continuent de limiter l’accès à Internet pour les équipes humanitaires. Sous la coordination du PAM, l’unité des technologies de l’information assure la fourniture de services fiables, incluant la connexion Internet, des solutions d’énergie verte et un appui technique au bénéfice de la communauté humanitaire dans cinq localités principales : Arbinda, Bogandé, Djibo, Gorom-Gorom et Seba. Par ailleurs, l’unité Télécommunication prévoit de déployer la connectivité Internet par VSAT, alimentée en permanence par énergie solaire, dans deux nouvelles zones identifiées comme prioritaires par la communauté humanitaire : Nouna et Tougan, situées dans la région de Bankui.

UNHAS

Pour 2026, la planification opérationnelle d’UNHAS Burkina Faso reste étroitement alignée sur l’évolution du contexte humanitaire et les tendances de la demande des utilisateurs. Face à la situation sécuritaire et aux contraintes d’accès, UNHAS est un acteur essentiel pour garantir la continuité des opérations humanitaires.

Avec deux hélicoptères en service, UNHAS vise à transporter 15 000 passagers et 700 tonnes de fret humanitaire vers les zones difficilement accessibles. Concernant les évacuations sanitaires et sécuritaires, l’objectif est de répondre à 100 pour cent des demandes. Par ailleurs, UNHAS prévoit d’augmenter sa capacité cargo afin de répondre à la demande croissante des partenaires humanitaires. Ces efforts traduisent la volonté d’UNHAS d’assurer un accès aérien fiable, sûr et durable pour la communauté humanitaire. L’ambition est d’atteindre un taux de réalisation de 90 pour cent des objectifs opérationnels, malgré les contraintes sécuritaires et logistiques.

UNHAS intensifiera ses actions pour soutenir la mise en œuvre du Programme de sécurité aérienne du PAM, notamment par :

  • Le renforcement des mesures de sécurité sur le terrain grâce à des visites planifiées,
  • La formation continue du personnel et des points focaux pour améliorer la sensibilisation à la sécurité et renforcer la capacité de gestion des risques sur l’ensemble des sites desservis.

Sur le plan de la mobilisation des ressources, UNHAS poursuivra ses efforts de plaidoyer auprès des bailleurs traditionnels et explorera des sources de financement non traditionnelles, telles que les fonds communs et le CERF. Un engagement fort des bailleurs reste indispensable pour garantir la pérennité des opérations en 2026, compte tenu des perspectives de financement actuelles.

Par ailleurs, UNHAS poursuivra le projet de réhabilitation de l’aéroport de Wendou-Dori, financé par la Délégation de l’Union européenne. Ce projet vise à améliorer considérablement l’accès et la sécurité sur l’une des principales pistes d’atterrissage de la région de Yaadga, qui représente près de 40 pour cent du trafic passager. Cette réhabilitation permettra le déploiement d’un avion à plus grande capacité et à moindre coût qu’un hélicoptère, générant ainsi des économies substantielles

UNHAS demeure résolument engagé à fournir des services aériens fiables et sécurisés, permettant à la communauté humanitaire d’atteindre les populations les plus vulnérables du Burkina Faso. Compte tenu de la persistance des besoins, une évaluation a été conduite afin de mettre en place des stratégies de consolidation des besoins pour une mutualisation des ressources facilitant ainsi des réponses plus efficaces et efficientes.

Ciblage et priorisation

Le Secteur priorisera les solutions collaboratives issues d’efforts coordonnés, basés sur la mutualisation des ressources et le renforcement des systèmes locaux existants. La priorité est donnée aux zones difficiles d’accès, principalement dans les régions de Bankui, Koulsé, Yaadga, Guiriko, Tannounyan, Liptako, Soum, Tapoa, Goulmou et Sourou. Le Secteur tient à améliorer les stratégies de services d'entreposage communs afin d'optimiser et de rationaliser les coûts logistiques tout en tenant compte des défis environnementaux et d’optimiser les télécommunications d’urgence. Des renforcements de capacités sont planifiées y compris des formations dans les divers domaines de la logistique et des télécommunications. Ainsi, en 2026 le service prévoit un budget de 23,6 millions de dollars américains. Il convient de noter que 14,1 millions de dollars sont déjà promis en anticipation des besoins.