L’aperçu des besoins et plan de réponse humanitaire (HNRP) pour 2026 démontre un besoin financier de 986,1 millions USD pour répondre aux besoins les plus critiques de 3,4 millions de personnes issues d’une hyper priorisation parmi les 4,5 personnes dans le besoin. Dans le montant global nécessaire, 63% (620,2 millions USD) restent incompressible pour assister 1,9 millions de personnes repriorisées.
Méthodologie de calcul des coûts
Le HNRP Tchad 2026 utilise la formule de base pour le
calcul des besoins financiers :
Besoins financiers = Nombre de personnes ciblées en 2026 × Coût unitaire par personne
Les coûts unitaires de 2025 ont servi de référence, avec des ajustements sectoriels basés sur les réalités opérationnelles actualisées et les spécificités du contexte tchadien. L'élaboration d'une budgétisation par activités complète n'était pas réalisable avec les capacités disponibles dans le délai imparti du cycle de planification humanitaire. L'application de la nouvelle méthodologie JIAF 2.0 a nécessité une révision significative des chiffres PiN et cibles, concentrant les efforts analytiques sur ces aspects fondamentaux de l'estimation des besoins.
Le tableau ci-dessous présente les coûts unitaires retenus pour chaque cluster/secteur pour l'année 2026, ainsi que leur évolution par rapport à 2025 :
cout unitaire des clusters
Rapport Coût / Efficacité
Face à la baisse des financements, l'ICC et l'EHP ont rationalisé la réponse en réduisant la cible de 38 % (3,4 millions de personnes) grâce à l'application stricte du ciblage JIAF 2.0 sur les zones de sévérité critique (3 à 5), concentrant les ressources sur l'urgence vitale. L'efficacité budgétaire est renforcée par l'adoption prioritaire des transferts monétaires à usages multiples (TEUM) dans les zones de marchés fonctionnels, réduisant les coûts logistiques tout en offrant flexibilité et dignité aux bénéficiaires. L'intégration de l'Action Anticipatoire contre la sécheresse (mars-mai) et le pré-positionnement stratégique de stocks par voie terrestre avant l'hivernage permettent d'éviter le recours coûteux au transport aérien d'urgence, maximisant l'impact de chaque dollar avant les pics de crise. La localisation de la réponse renforce les capacités des ONG nationales, permettant une meilleure efficience opérationnelle et une réduction des frais généraux. Les programmes de moyens de subsistance d'urgence sont synchronisés avec les fenêtres agricoles post-récolte (octobre-février) pour maximiser l'autosuffisance des communautés. Tout cela relève d’un processus concerté associant étroitement le Gouvernement, les mécanismes de coordination et les partenaires humanitaires.
Changements dans les coûts opérationnels
En sus de la baisse drastique des financements humanitaires, les coûts opérationnels subissent une pression majeure due à l'inflation persistante des denrées alimentaires et du carburant, augmentant le coût du panier de dépenses minimum (MEB) et par extension la valeur des transferts monétaires nécessaires pour couvrir les besoins de base. La réduction drastique de la flotte UNHAS (suspension des dessertes vers Bol, Mao, Sarh) impose une réorganisation logistique complexe vers le transport routier, souvent plus lent et entravé par l'insécurité ou les inondations, augmentant les délais d'approvisionnement.
En février 2024, le gouvernement tchadien a augmenté les prix du carburant : l'essence est passée de 518 à 730 FCFA (+41%) et le gasoil de 700 à 828 FCFA (+18%), renchérissant considérablement les coûts de transport et de logistique humanitaire. « L’inflation en glissement annuel a augmenté pour atteindre 8,7 pour cent à fin août 2024, en raison d’un réajustement des prix des carburants et d’un rebond des prix des denrées alimentaires», augmentant les coûts des achats locaux. L'insécurité croissante dans certaines provinces engendre des surcoûts de sécurisation des opérations. Les contraintes administratives pour les ONG internationales et les défis d'accès aux zones reculées complexifient et renchérissent la livraison de l'aide. Ces pressions combinées nécessitent une enveloppe financière ajustée pour maintenir la couverture des 3,4 millions de personnes ciblées en 2026.