Résumé des besoins
La situation nutritionnelle au Tchad demeure préoccupante avec un taux de malnutrition aiguë globale (MAG) atteignant le seuil préoccupant (10 %) au niveau national et dans 15 provinces sur 23, selon l'enquête SMART 2024. Sept provinces ont dépassé le seuil d'urgence de 15 % (Batha 18,8 %, Ennedi Est 18,5 %, Wadi Fira 17,9 %, Borkou 17,9 %, Ennedi Ouest 17,6 %, Ouaddaï 17,5 %, Hadjer Lamis 15 %). Dix provinces ont franchi le seuil alarmant de 2 % de MAS. Seulement 22 % des enfants de 6 à 23 mois ont une alimentation minimale acceptable et 4,9 % des moins de 6 mois sont exclusivement allaités. La prévalence de malnutrition chronique atteint 36,7 % au niveau national. En 2026, environ 1 508 751 enfants de moins de 5 ans souffriront de malnutrition aiguë (338 488 MAS, 1 170 263 MAM) et 174 111 femmes enceintes/allaitantes, nécessitant des interventions de prévention et prise en charge pour environ 2 millions de personnes.
Stratégie de réponse
Des interventions d'urgence dans les centres de santé et en communauté seront mises en œuvre avec une approche intégrée et multisectorielle. La stratégie avancée par équipes mobiles permettra d'atteindre les populations des zones difficiles d'accès. L'éducation nutritionnelle communautaire sera amplifiée à travers les GASPA et FARNE. Le cluster Nutrition renforcera la coordination multisectorielle (Sécurité Alimentaire, WASH, Santé, Éducation, Protection) et la PCIMA. La gestion des intrants nutritionnels reste un défi malgré le décret d'interdiction de vente ; des ateliers d'engagements conjoints seront initiés en 2026. Les stratégies intersectorielles « WASH in Nut » et « Sécurité alimentaire, WASH et Nutrition » guideront les actions communes. La mise en œuvre des nouvelles directives de l'OMS inclura des interventions combinées de prévention et prise en charge pour les enfants malnutris et femmes enceintes/allaitantes, avec utilisation d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi (RUTF).
Ciblage et priorisation
Selon les critères de prévalence MAG (≥10 %) et/ou MAS (≥2 %), mortalité, classification CH et IPC (phase 3+), mouvements de population et inondations, 15 provinces sur 23 sont prioritaires. Sept provinces présentent une MAG critique (≥15 %, sévérité 4), huit autres une MAG préoccupante (10-15 %, sévérité 3) : N'Djamena, Tibesti, Ouaddaï, Sila, Hadjer Lamis, Guéra, Barh El Gazal, Batha, Ennedi Ouest, Kanem, Lac et Salamat. Le Sila enregistre un taux de mortalité des moins de 5 ans supérieur à 2/10 000/jour. Les districts de Kyabe, Sarh, Danamadji, Maro (Moyen Chari), Moissala (Mandoul), Bebedjia, Bessao, Donia, Gore et Kara (Logone Oriental) sont également prioritaires en raison des conflits et déplacements. Les provinces en sévérité 4 seront ciblées à 100 %, celles en sévérité 3 à 50 %. Plus d'un million de personnes bénéficieront d'activités préventives (ANJE, micronutriments, vitamine A).
Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive
Le cluster Nutrition placera les communautés bénéficiaires au centre de l'intervention, avec des consultations régulières durant la planification, mise en œuvre et suivi, notamment des consultations spécifiques avec les femmes et jeunes filles. Un mécanisme de plaintes accessible, confidentiel et efficace sera mis en place avec un système de feedback. La stratégie de redevabilité inclut la réalisation d'enquêtes de satisfaction, l'harmonisation des mécanismes de plaintes, la signature d'un code de conduite incluant une politique de lanceur d'alerte par tous les partenaires, et l'application du cadre de redevabilité dans la gestion des intrants nutritionnels. En collaboration avec le cluster Protection, les agents de santé et acteurs communautaires seront formés sur le traitement digne et équitable des bénéficiaires, la violence basée sur le genre, la PSEA-SH, l'inclusion du handicap et le soutien psychosocial. Des audits de sécurité évalueront les barrières d'accès pour les femmes et filles. Le cluster renforcera l'approche genre avec une analyse différenciée des besoins et la désagrégation des données par sexe et âge.
Coût de la réponse
L’essentiel du cout de la prise en charge de la malnutrition aiguë dépend du cout des intrants et de leurs transports vers les centres de santé. Au total près de 900 structures sanitaires à travers les provinces prioritaires reçoivent des intrants chaque mois pour assurer la prise en charge. Le Tchad n’étant pas un pays producteur d’intrants nutritionnel, les commandes transitent par des transports internationaux. Le prix unitaire est fonction des différentes activités et intègre tous ces aspects précédemment cites. Ci-dessous les couts unitaires :