Tchad Besoins et Plan de Réponse Humanitaire 2026 / Parties 3 : Besoins et Réponse des Clusters

3.6 Protection

Personnes ciblées
445,4K
Cibles repriorisées
428,6K
Besoins financiers (US$)
$20,7M
Besoins financiers prioritaires(US$)
$16,7M
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Résumé des besoins

En 2026, les besoins de protection au Tchad demeurent aigus sous l'effet combiné des conflits, déplacements massifs, crise soudanaise et chocs climatiques récurrents. Les populations affectées (réfugiés (890 000), PDI (191 806), retournés (208 796) et communautés hôtes (48 177)) sont exposées à des risques accrus de violences basées sur le genre (cas enregistrés en 2025 : agression physique 34,85 %, violence sexuelle 12,11 %, mariage forcé 2,07 %), d'exploitation, d'abus, de séparation familiale et de violations des droits de l'enfant. Face à l'effondrement des moyens de subsistance, les ménages adoptent des stratégies négatives : travail des enfants, mariage précoce, mobilité forcée. L'accès restreint aux services sociaux, aggravé par l'insécurité, les engins explosifs et le sous-financement chronique, réduit la couverture des services de protection, santé mentale et documentation civile. Les besoins immédiats portent sur la protection physique et psychosociale, la prise en charge des survivantes de VBG, le soutien aux enfants non accompagnés et l'accès à la justice. Le Cluster Protection estime à 462 000 personnes dans le besoin, dont 392 000 ciblées prioritairement dans les provinces du Lac, de l'Est (Ouaddaï, Sila, Wadi Fira, Assoungha, Dar Tama) et du Sud (Logone Oriental, Mandoul, Barh Sara, Bahr Koh, Grande Sido, Lac Iro), avec 52 % de femmes/filles et 10 % de personnes handicapées. La réponse s'oriente vers la résilience communautaire et le renforcement des capacités institutionnelles nationales.

Stratégie de réponse


En 2026, la stratégie du Cluster Protection s’articule autour de deux axes complémentaires : la réponse vitale immédiate (Objectif stratégique 1) et le renforcement durable des systèmes et services de protection (Objectif stratégique 2).
Sous l’OS1 ; Sauver des vies et répondre aux besoins vitaux, les interventions visent la prévention et la réponse rapide aux risques de protection à travers:

  • La gestion de cas individuel, le soutien psychosocial y compris le soutien en santé, la prise en charge clinique du viol, la réinsertion socio-économique et l’accompagnement juridique et judiciaire des cas de VBG
  • La protection des enfants à risque (prise en charge UASC, réunification familiale, prévention des violations graves),
  • Et la réduction des risques liés aux engins explosifs, à la violence communautaire et à l’exploitation.

Sous l’OS2 ; Accès aux services sociaux de base et résilience englobera l’appui aux mécanismes communautaires de protection, le renforcement des capacités nationales (MASSAH, MFPPE, ANATS, Justice) et le soutien pour la documentation civile, la cohésion sociale et les solutions durables pour les PDI, retournés et communautés hôtes. Les Centres Intégrés de Services Multisectoriels (CISM) et les approches mobiles resteront des piliers de la réponse dans les zones enclavées. Les modalités d’intervention combinent assistance in-kind (kits dignité, kits d’urgence de santé de la reproduction, services), transferts monétaires, sensibilisations communautaires, formations et approches participatives, choisies selon les préférences exprimées par les communautés et la faisabilité opérationnelle. Des mécanismes de redevabilité (feedback, PSEA, AAP) garantissent une réponse inclusive et centrée sur les personnes affectées. La coordination intersectorielle sera renforcée avec les clusters Santé, WASH, Éducation, Abris et CCCM, pour assurer la prévention et la mitigation des risques de VBG et la prise en compte de la protection dans toutes les réponses. Le Cluster Protection mettra l’accent sur la localisation et la transition progressive vers les structures nationales et communautaires. Les synergies avec les acteurs du développement et de la paix permettront de consolider les acquis humanitaires, d’ancrer la réponse dans la gouvernance locale et de préparer la désactivation progressive du cluster.

Ciblage et priorisation


En 2026, le Cluster Protection ciblera prioritairement 445 408 personnes dans les zones de sévérité 3 et 4, correspondant aux provinces les plus touchées par les déplacements, la violence communautaire et la dégradation de l’accès aux services. L’AoR VBG a identifié des risques spécifiques. La méthode de calcul PiN s’est basé sur la sévérité des indicateurs liés aux risques suivant : risque de VBG, risque d’abus psychologique et risque de mariage forcé, la disponibilité des services. Les besoins des personnes déplacées internes (100% femmes et filles), des retournés (100% femmes et filles) avec un ratio de 30 % de la communauté hôte ont été priorisé.. Ces zones incluent : le Lac, l’Est (Ouaddaï, Sila, Wadi Fira, Assoungha, Dar Tama, Ennedi Est) et le Sud (Logone Oriental, Mandoul, Barh Sara, Bahr Koh, Grande Sido, Lac Iro, Mayo Kebbi Est) et Ndjamena.
Les groupes prioritaires comprennent :

  • Les personnes déplacées internes, retournés, réfugiés soudanais et communautés hôtes vulnérables ;
  • Les enfants non accompagnés, séparés, victimes de violations graves et filles à risque de mariage précoce ;
  • Les femmes et filles survivantes de VBG et les personnes en situation de handicap ;
  • Ainsi que les enseignants, travailleurs sociaux, personnels de santé et para juridiques impliqués dans la réponse de proximité.

Les ratios démographiques appliqués sont : 27 % femmes, 23 % hommes, 25 % filles, 25 % garçons, dont 10 % de personnes vivant avec un handicap. Cette approche permet une représentation équilibrée des groupes d’âge et des genres, tout en garantissant une attention particulière aux personnes à besoins spécifiques. La réponse soutiendra environ 150 structures locales : centres de services multisectoriels (CISM), espaces sûrs pour femmes et filles, centres d’écoute, services sociaux déconcentrés (MASSAH, MFPPE, ANATS), structures de santé, écoles et sites de protection communautaire. Ces dispositifs seront renforcés pour offrir une couverture intégrée (gestion de cas, MHPSS, VBG, documentation civile, cohésion sociale). Le choix des zones et groupes repose sur une analyse combinée des impacts humanitaires, de l’accès opérationnel, de la densité de population vulnérable et de la présence de partenaires opérationnels. Le Lac concentre les risques de déplacement et d’enlèvements ; l’Est subit les effets prolongés de la crise soudanaise et des retours massifs ; tandis que le Sud fait face aux conflits intercommunautaires et à l’insécurité alimentaire.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive


Le Cluster Protection place les communautés affectées au cœur de la planification, mise en œuvre et suivi de la réponse. Les priorités ont été définies à partir de consultations communautaires menées dans les provinces du Lac, de l'Est et du Sud via des focus groups, comités de protection et enquêtes participatives. Les mécanismes de feedback (boîtes à plaintes, lignes téléphoniques, sessions de redevabilité, plateformes numériques) permettent une communication bidirectionnelle continue. Les acteurs locaux, incluant associations de femmes et de jeunes, sont intégrés dans les structures de gouvernance du cluster. La PEAS est intégrée de manière transversale avec une approche centrée sur les victimes garantissant confidentialité, dignité et sécurité des survivants. Les points focaux PEAS sont présents aux niveaux national et provincial. La coordination s'aligne sur le Plan d'action inter-agences PEAS et les engagements du IASC. La réponse repose sur une analyse différenciée selon le genre, l'âge et le handicap. Les partenaires appliquent les marqueurs de genre et inclusion, promouvant l'autonomisation des femmes et filles en collaboration avec les groupes Genre, Handicap et AAP. L'accès aux services VBG fait partie du dispositif de protection de l'exploitation et des abus sexuels (PEAS). La mitigation des risques liés à la VBG est requise pour tous les secteurs ; qui se doivent de les intégrer dans leurs interventions humanitaires. Les aspects de genre dans l’action humanitaire ainsi que le renforcement de la participation des femmes aux programmes pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale seront soutenus par des initiatives conjointes avec les groupes de travail concernés mais aussi avec les organisations locales via la stratégie de Localisation.

Coût de la réponse


Le budget total du Cluster Protection 2026 est estimé à 20,7M USD, couvrant la protection générale 6,7 M), la protection de l’enfance (7,3 M) et la VBG (6,7 M). Ces montants incluent la gestion de cas, la prise en charge psychosociale incluant le soutien en santé mentale, la prise en charge clinique du viol, la documentation civile, la coordination locale et le renforcement des capacités. Le budget intègre les coûts des équipes mobiles, la mise à l’échelle des CISM et des activités communautaires, ajustés à la densité des populations et aux contraintes d’accès.

Environ 15 % seront dédiés au renforcement institutionnel et à la localisation, afin de soutenir la transition post-ReSit vers des systèmes nationaux durables.

Répartition PiN et Cible

Personnes dans le besoin

PDIs
189 087
Returnees anciens PDI
205 829
Résidents vulnérables
67 330

PiN

Personnes ciblées

PDIs
189 087
Returnees anciens PDI
193 191
Résidents vulnérables
63 130

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