Résumé des besoins
En 2025, la situation sanitaire au Tchad reste critique, marquée par une pénurie sévère de ressources humaines qualifiées, des ruptures fréquentes d'intrants médicaux et des infrastructures vétustes. Les conditions de vie précaires favorisent la propagation des maladies et le risque épidémique, aggravé par une faible couverture vaccinale. Les déplacements liés à la crise soudanaise et les épidémies ont accentué la vulnérabilité des populations : à la semaine 45, on comptait 2 914 cas de choléra, 517 de méningite, 5 456 de diphtérie et 333 186 cas de malnutrition aiguë sévère. Les ménages recourent à des stratégies négatives (automédication, praticiens non qualifiés « Dr choucou », eau non potable). Pour 2026, 1 504 695 personnes nécessiteront des services de santé dans 45 départements, avec des besoins en soins primaires, santé mentale, prise en charge des VBG et renforcement structurel du système de santé.
Stratégie de réponse
En 2026, la stratégie du secteur santé vise à réduire la morbidité et la mortalité liées aux crises en garantissant un accès sûr, digne et équitable aux services essentiels. Les partenaires renforceront la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente, la santé mentale et la prise en charge de la malnutrition aiguë avec complications. Le déploiement de ressources humaines qualifiées et l'approche communautaire rapprocheront les services des populations vulnérables. Dans les zones difficiles d'accès, des cliniques mobiles et équipes polyvalentes seront déployées. Les activités incluent les soins primaires et secondaires, la santé sexuelle et reproductive, la prise en charge des survivants de VBG, le soutien psychosocial et l'approvisionnement en médicaments essentiels. Des mesures de mitigation (pré-positionnement d'intrants, partenariats locaux, téléconsultations) et une coordination intersectorielle avec les autres clusters renforceront l'impact global et prépareront des solutions durables.
Ciblage et priorisation
La stratégie de ciblage 2026 du secteur santé s’est appuyée sur une approche de superposition des chocs au niveau 3 à 5 de sévérité à savoir les afflux massifs de population, la présence d’épidémie de rougeole, choléra, diphtérie, et/ou hépatite E, le niveau d’impact des inondations. Ainsi, 45 départements ont été priorisés principalement dans l’Est, le Sud et le Lac. Cette approche a pris comme repère la portée de l’analyse. Afin d’affiner la priorisation, la stratégie de ciblage s’est focalisée sur les populations privées d’accès aux services de santé du fait de la non-fonctionnalité du centre santé qui leur est destiné. Par ailleurs, au regard des indicateurs de santé maternelle et infantile de niveau préoccupant, un focus a été mis sur les populations d’enfant, de femme en âge de procréer, de personne vivant avec handicap, de survivantes de VBG et de personnes souffrant de problèmes de santé mentale. Les enfants ont été ciblé en fonction de la couverture du vaccin anti-rougeole 2 (VAR2). Les femmes en âge de procréer ont été ciblé à hauteur de 5% pour les accouchements et 2% pour les survivantes de VBG. Les personnes vivant avec handicap ont été ciblé à hauteur de 14% et les personnes souffrant de problèmes de santé mentale à hauteur de 9% de la population déplacé.
Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive
Le Cluster Santé inscrira sa stratégie de redevabilité dans le cadre intersectoriel pour assurer un meilleur suivi et prise en compte des plaintes, intégrant les résultats des consultations réalisées lors des ateliers provinciaux. Avec l'agence lead, le cluster a renforcé ses actions de PEAS à travers des séances de sensibilisation et poursuivra ces efforts en 2026 conformément aux différents piliers. Les interventions en santé préservent le capital humain et posent les bases de l'autonomisation des personnes affectées, notamment via la santé mentale en formant des aidants communautaires. L'analyse genre a été intégrée avec un accent sur la santé sexuelle et reproductive, renforcée en 2026 par plus de personnel qualifié et le rapprochement des services des populations.
Coût de la réponse
Le cout de la réponse humanitaire du secteur santé pour l’année 2026 s’élève à 45 505 746 USD pour un coût unitaire à 37,8 USD soit un peu moins d’un dollar USD de plus que l’année 2025 du fait de l’inflation prévu en 2026 par le FMI. L’évolution du budget s’explique en outre par l’augmentation du nombre de personne ciblée qui passe de 1 129 810 à 1 203 855 soit une augmentation de 74 045 personnes. Cette augmentation est due à la persistance de la multiplicité des chocs en particulier, à la faible couverture des besoins dans le cadre du HRP 2025 et aux difficultés financières que traversent le secteur humanitaire et de l’aide au développement.