Résumé des besoins
En novembre 2025, le Tchad accueillait 1 463 000 réfugiés et 9 400 demandeurs d'asile. Le groupe le plus important est celui des réfugiés soudanais, qui compte environ 1 295 000 personnes, soit 88 % de la population totale de réfugiés. Les réfugiés originaires de la République Centrafricaine (RCA) représentent environ 145 000 personnes (10 %), tandis que les réfugiés nigérians déplacés par l'insécurité au lac Tchad représentent 1,5 % (23 000). Les autres nationalités, notamment les Camerounais, les Congolais et des groupes plus restreints provenant des pays voisins, constituent les 0,5 % restants. La moitié des réfugiés sont des enfants et 83 % sont des femmes et des enfants. La plupart des réfugiés (72 %) habitent dans des sites aménagés. Ce profil démographique souligne la position du Tchad comme l'un des plus grands pays d'accueil de réfugiés par habitant en Afrique.
L'année 2025 a été marquée par de graves défis humanitaires pour les réfugiés au Tchad. La crise soudanaise continue de provoquer des afflux sans précédent, avec des arrivées dépassant celles des décennies précédentes combinées, mettant à rude épreuve les services humanitaires et les ressources locales. Les opérations de relocalisation ont été prioritaires afin de déplacer les réfugiés des zones frontalières dangereuses vers des sites plus sûrs, mais les contraintes logistiques et les inondations pendant la saison des pluies ont ralenti les progrès. Une épidémie de choléra dans la province de Ouaddaï a aggravé les risques sanitaires, entraînant des campagnes de vaccination d'urgence et des interventions WASH. Le manque de financement reste critique. Les chocs climatiques, notamment la sécheresse et les inondations, ont aggravé l'insécurité alimentaire, touchant à la fois les réfugiés et les communautés d'accueil. Malgré ces défis, le Tchad a maintenu sa politique d'ouverture, tout en mettant l'accent sur le renforcement de la résilience et l'intégration grâce à une approche associant aide humanitaire et développement.
À l'horizon 2026, le conflit soudanais ne montre aucun signe de résolution. La population totale de réfugiés devrait dépasser 1,5 million, principalement en raison de l'afflux continu de réfugiés en provenance du Soudan et des perspectives limitées de retour volontaire. Si certains réfugiés centrafricains pourraient commencer à être rapatriés dans le cadre du Plan régional de solutions, la plupart des réfugiés centrafricains et des populations soudanaises devraient rester au Tchad.
Objectives
SO1 : Réponse humanitaire
L'objectif est de préserver la vie et la dignité des populations affectées tout en préparant la transition vers le développement. Une coordination renforcée est prévue afin d'aligner l'aide humanitaire sur les efforts de résilience et de cohésion sociale. Les principaux secteurs prioritaires sont la protection, l'aide alimentaire, la santé, l'eau, l'éducation et le logement.
SO2 : Appui au développement et au renforcement de la résilience
Cet objectif vise à transformer la crise en une opportunité pour le développement économique local. Il se concentre sur l'amélioration des infrastructures, l'accès aux services sociaux de base et l'inclusion économique. Les préoccupations environnementales et climatiques sont traitées comme des priorités transversales. Les sites de réfugiés seront transformés en pôles économiques durables.
SO3 : Engagement communautaire, redevabilité et cohésion sociale.
Cet objectif renforce la cohésion sociale entre les réfugiés et les communautés d'accueil. Il favorise le dialogue inclusif, la participation civique et les mécanismes de prévention des conflits. Les systèmes de gouvernance locale et de responsabilité sont renforcés. Une attention particulière est accordée à l'inclusion des femmes, des jeunes et des leaders communautaires.
SO4 : Coordination et suivi évaluation.
Cet objectif renforce un cadre de coordination cohérent et inclusif, aligné sur les structures nationales, le modèle de coordination des réfugiés (RCM), le lien entre humanitaire, développement et paix, et une approche territoriale intégrée (ATI Nexus). Il favorise la planification conjointe, la prise de décision fondée sur des données et la coordination interinstitutionnelle.
Stratégie de Réponse
La réponse soutiendra et s'alignera sur le Plan National de Réponse à la Crise à l'Est 2025-2027 du gouvernement tchadien. Ce plan aborde la crise multidimensionnelle dans l'Est à travers une approche intégrée qui combine réponse humanitaire, développement, cohésion sociale, sécurité et coordination afin de gérer l'afflux massif de réfugiés soudanais. Il vise à transformer la crise en un moteur de développement durable pour les provinces de l'Est. Il s'aligne sur le Plan National de Développement du Tchad Connection 2030 et appelle à une mobilisation nationale et internationale pour garantir sa mise en œuvre effective.
Le HCR et ses partenaires offriront une aide humanitaire et répondront aux situations d'urgence en répondant aux besoins urgents des nouveaux arrivants. Ils renforceront la mise en œuvre de la loi sur l'asile et d'autres lois pertinentes afin de renforcer la protection juridique des personnes déplacées de force et de celles qui risquent de devenir apatrides. Le HCR et ses partenaires continueront à renforcer leur plaidoyer en faveur de l'intégration socio-économique effective des personnes déplacées de force et des apatrides dans le tissu social. Des solutions durables telles que l'intégration locale, le rapatriement volontaire et la réinstallation seront encouragées. Les interventions en matière de développement garantiront la durabilité du travail et la coexistence pacifique entre les personnes déplacées de force et les populations d'accueil.
Le HCR et ses partenaires continueront à promouvoir les investissements dans les zones d'accueil des réfugiés grâce à des partenariats avec les principaux acteurs du développement, les autorités gouvernementales et d'autres parties prenantes afin de répondre aux besoins socio-économiques des réfugiés et des communautés d'accueil. Cette vision, qui s'inscrit dans le cadre d'une stratégie hors camp, permettra la transformation progressive des sites en « zones urbaines », ainsi que l'adoption d'une approche combinée d'urbanisation et de villagisation, réunissant les réfugiés et les populations d'accueil tout en bénéficiant d'une approche intégrée des projets de développement.
Coût de la réponse
Suivi
Le suivi est un élément clé du Plan de Réponse aux Réfugiés au Tchad. Des réunions de coordination régulières aux niveaux local et national favorisent la coordination opérationnelle. Les partenaires rendent compte mensuellement de leurs réalisations via l'outil « 5Ws » sur la plateforme ActivityInfo. Une carte « 3Ws » indiquant l'emplacement des partenaires et leurs zones d'intervention est publiée en début d'année et mise à jour régulièrement. Parmi les rapports réguliers figurent un rapport semestriel sur les mouvements mixtes et les rapports mensuels d'enregistrement des réfugiés (publiés le 5 de chaque mois) avec statistiques actualisées et carte de répartition par province. Les produits de suivi de la protection informent les partenaires pour garantir la cohérence de la réponse, incluant des rapports mensuels sur la protection des enfants et la lutte contre la violence sexiste, un tableau de bord mis à jour hebdomadairement et mensuellement, et des mises à jour sur la communication avec les communautés (CwC).
Coordination et partenariats
Les mécanismes de coordination existants seront simplifiés et regroupés afin de garantir que les interventions humanitaires, le développement à long terme et les initiatives de consolidation de la paix soient coordonnés au sein des mêmes instances. Les structures gouvernementales, territoriales et régionales constitueront la pierre angulaire de ce mécanisme révisé. Le RCM, l'ATI Nexus et d'autres initiatives soutiendront le gouvernement et serviront d'interface pour la coordination internationale. La coordination avec les réfugiés (comités, organisations dirigées par des réfugiés – RLO), les communautés d'accueil et les organisations locales reste centrale, conformément aux principes de redevabilité envers les populations affectées (AAP). L'intervention applique une approche sensible au genre, tenant compte des besoins différenciés des femmes, hommes, filles et garçons. Les organisations de femmes sont encouragées à jouer un rôle actif dans les processus de coordination. La plateforme Ajala sera renforcée pour le partage de données, le plaidoyer interinstitutionnel et la mobilisation de ressources.