Personnes dans le besoin, personnes ciblées, personnes priorisées et sévérité des besoins par Commune
Source : OCHA, ICCGLe Plan de réponse humanitaire (HNRP) 2026 ciblera les populations les plus affectées par les chocs que sont : la violence armée, les déplacements forcés, les épidémies et les catastrophes naturelles.
Personnes ciblées et localisation
Conformément à la méthodologie du HPC 2026 et en s’appuyant sur l’analyse intersectorielle des besoins, les zones ciblées correspondent aux zones en sévérité intersectorielle 3, 4 et 5 soit tous les départements du pays. Le nombre de personnes ciblées au niveau intersectoriel est calculée à partir des cibles sectorielles, à savoir l’agrégation de la valeur maximum sectorielle par commune, sans pour autant dépasser la cible maximale définit par la formule : 100 % des personnes dans le besoin (PiN) intersectoriel vivant dans des zones classées en phases de sévérité 4 et 5 + 50 % du PiN intersectoriel dans les zones en phase 3. Ce ciblage reflète la nécessité de concentrer la réponse sur les besoins les plus critiques tout en maintenant une capacité de prévention de la détérioration dans les zones à sévérité élevée mais non extrême. Sur les 6,4 millions de personnes dans le besoin, 4,2 millions de personnes sont ciblées.
Ces dernières se concentrent principalement dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite, le Centre et le Nord-Ouest qui représentent environ les trois quarts des personnes dans le besoin.
Personnes priorisées
L’exercice de priorisation de la cible a couvert l’ensemble du territoire national en raison de niveaux de sévérité et caractéristiques spécifiques à chaque secteur dans toutes les localités. Par exemple, certaines zones en IPC 4 ne ressortent pas au niveau de sévérité 4 ou 5 dans l’analyse intersectorielle. De même, certaines communes fortement touchées par les cas de choléra apparaissent en sévérité 3 au niveau intersectoriel. Ou encore, l’assistance en éducation destinée aux personnes déplacées internes (PDI) dans les zones d’accueil des PDI comme le Grand Sud plutôt que dans les zones en sévérité 4 et 5 où prédominent les violences.
Cependant, certaines zones hyper-prioritaires se sont dégagées, où les personnes priorisées, à savoir 3,3 millions, représentent les deux tiers de la cible initiale de 4,2 millions de personnes : 52 localités hyper-priorisées sur un total de 140 localités au niveau national : Artibonite (14), Centre (10), Ouest (14), Sud-Est (2), Nippes (1), Nord-Est (2), ainsi que Nord-Ouest (9).
People targeted
Operational access
Number of organizations
Access constraints and challenges
En 2026, l’accès humanitaire en Haïti restera gravement entravé en raison de la conjonction de facteurs sécuritaires, environnementaux et administratifs. L’expansion du contrôle exercé par les groupes armés, en particulier dans les départements de l’Artibonite et du Centre, ainsi que la multiplication des porteurs d’armes et leurs liens croissants avec des acteurs politiques et économiques privés ont, non seulement davantage fragmenté l’environnement opérationnel, mais ont aussi complexifié l’espace humanitaire et gravement compromis l’acceptation de l’action humanitaire. Le déploiement en cours de la Force de Répression des Gangs (FRG) et l’implication croissante d’entreprises militaires et de sécurité privées (PMSC), et les forces militaires d’Haiti, qui tous recourent à des tactiques offensives, contribuent à la militarisation de la violence. Cette dynamique entraînera inévitablement des représailles de la part des groupes armés et une évolution de la violence dans des zones auparavant accessibles.
Les acteurs humanitaires doivent composer avec un écosystème complexe d’acteurs multiples, dont des détenteurs de pouvoir informel, sans interlocuteur centralisé. Cette situation, aggravée par la dégradation des infrastructures et par des chocs environnementaux répétés, notamment dans la Grand’Anse et le Nord-Ouest à la suite de l’ouragan Melissa, a des répercussions directes sur la mobilité des équipes humanitaires, la présence opérationnelle sur le terrain et la rapidité de l’acheminement de l’aide. La méfiance des communautés, la désinformation et la confusion entre acteurs humanitaires et sécuritaires ou leurs alliés compromettent encore davantage l’acceptation de l’action humanitaire, en particulier là où la présence de la FRG risque de porter atteinte au principe de neutralité.
Ces contraintes d’accès ne sont pas seulement plus graves, elles sont également en constante évolution. Le nombre d’incidents liés à l’accès est demeuré élevé au premier semestre de 2025 et devrait augmenter à nouveau en raison de l’intensification des opérations militaires. Les communes à haut risque dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite continuent de faire face à des menaces systématiques visant le personnel, les convois logistiques et les infrastructures d’aide.
Parallèlement, les obstacles bureaucratiques, tels que les procédures d’enregistrement des nouvelles organisations, constituent un frein structurel au renforcement de la capacité de réponse. En outre, l’influence des groupes armés sur plusieurs secteurs financiers et leur contrôle des principaux points d’entrée du pays augmentent les coûts opérationnels et retardent l’acheminement de l’assistance.
Présence Opérationnelle
En 2025