La mise en place du système collectif de feedback (CFM), financé par le CERF et piloté par le HCR et le PAM, a constitué une étape importante dans l’harmonisation des mécanismes de redevabilité. À ce jour, 15 organisations locales et internationales l’utilisent. Des formations ont été dispensées aux nouveaux utilisateurs et les activités de sensibilisation auprès des communautés sont en cours. Opérationnel depuis octobre 2025, le dispositif commence à générer des retours permettant de suivre les tendances, d’identifier les préoccupations prioritaires et d’améliorer la qualité de la réponse, en attendant une estimation consolidée du volume de feedback au terme de la première année.
Cependant, les résultats de la MSNA 2025 révèlent des défis persistants en matière d’équité de l’accès à aide dans certains départements du pays et concernant le comportement des acteurs humanitaires. Une proportion significative de ménages estime que certains groupes — notamment les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les femmes cheffes de ménage — font face à davantage d’obstacles. Le manque d’information sur les services disponibles et leurs modalités d’accès demeure également une contrainte majeure, particulièrement dans le Nord, le Nord-Ouest et le Centre où plus de 45 % des ménages déclarent ne pas savoir comment solliciter une aide.
La perception est plus positive parmi les ménages déplacés vivant en sites, qui témoignent d’un meilleur accès à l’information et d’une interaction plus directe avec les prestataires humanitaires, en comparaison aux ménages vivant dans les communautés hôtes qui expriment un sentiment d’exclusion par rapport à la répartition de l’assistance. 56 % des ménages en sites déclarent avoir rencontré le moins d’obstacles pour accéder à l’aide humanitaire, contre 26 % des ménages en communautés hôtes et 27 % des ménages déplacés internes hors sites. Ces chiffres dénotent une tendance négative chez les ménages de la communauté hôte et les PDI hors sites dont la proportion disant ne pas avoir accès à l’information est passée de 19% en 2024 à 26% en 2025. Chez les PDI en site, l’accès à l’information s’est ‘également détérioré, avec 11 % des ménages disant ne pas avoir accès à l’information contre 13 % en 2025.
Par ailleurs, 24% des ménages rapportent être insatisfaits du comportement des travailleurs humanitaires. 12% disent avoir été témoins ou victimes d'exploitation ou d'abus sexuels de leur part (i.e. demande de sexe de la part de travailleurs humanitaires en échange d'aide humanitaire). 10% ont été témoin ou victime d'une demande d'argent en échange de la fourniture de l'aide par les travailleurs humanitaires. Ce qui est encore plus inquiétant est que 80% des ménages ont rapporté ne pas être informés de l'existence de mécanismes pour signaler les mauvais comportements.
Préférence des ménages
- Les types d’assistance les plus attendus par les ménages déplacés internes (en site et hors site) ainsi que par les ménages en communautés hôtes sont l’aide alimentaire, le soutien en abris et logement, ainsi que l’accès aux moyens de subsistance.
- L’appel téléphonique est le moyen de communication préféré des ménages en communauté hôte (53 %) et des ménages déplacés internes hors sites (53 %) pour fournir un retour d’information sur l’assistance humanitaire. En revanche, les ménages déplacés internes en sites privilégient les échanges en face à face avec un membre de la communauté ou un travailleur humanitaire (56 %).
En s’appuyant sur les actions menées en 2024 ainsi que sur les besoins et préférences exprimés par les personnes affectées, les priorités pour 2025 sont les suivantes :
- Rendre le mécanisme collectif de feedback (CFM), à travers l’utilisation du numéro vert collectif 8811, plus accessible et adapté aux réalités locales, avec un suivi systématique et transparent des plaintes, ainsi qu’un retour régulier d’informations vers les communautés sur les mesures prises.
- Favoriser le déploiement de mobilisateurs communautaires et de centres d’information de proximité pour multiplier les échanges en face à face, favoriser la confiance et adapter les messages au contexte linguistique et culturel des communautés affectées.
- Renforcer les réseaux communautaires existants en impliquant les leaders locaux, associations de femmes et comités de déplacés dans la diffusion d’informations et la collecte de feedback, afin d’assurer une remontée rapide et contextualisée des besoins des populations.