Personnes dans le besoin, personnes ciblées, personnes priorisées et sévérité des besoins par Commune
Les fontières et les noms indiqués et les désignations employés sur cette carte n'impliquent pas reconnaissance ou acceptation officielle par l'Organisation des Nations Unies.
Source : OCHA, Cluster NutritionRésumé des besoins humanitaires pour le secteur
En 2026, la situation nutritionnelle en Haïti s’aggravera fortement, avec plus d’1,23 million de personnes nécessitant une assistance nutritionnelle, soit une hausse de 4,7 % par rapport à 2025. Cette aggravation est alimentée par l’insécurité, la violence armée, les déplacements massifs et la perte continue d’accès aux services essentiels.
Les enquêtes SMART 2023 et l’IPC-AMN 2024 indiquent une malnutrition aiguë globale combinée (MAGc) de 7,2 % et une malnutrition chronique de 23 % chez les enfants de moins de cinq ans. Les départements les plus touchés sont l’Ouest, y compris l‘aire métropolitaine de Port-au-Prince, le Sud-Est, le Nord-Est et l’Artibonite, qui sont classés en phase grave ou critique.
Sur le plan alimentaire, 51 % de la population analysée, soit 5,7 millions de personnes, se trouve en crise (IPC 3+) entre septembre 2025 et février 2026, dont 1,2 million d’enfants de moins de cinq ans. Les variations démographiques régionales montrent des baisses notables dans l’Ouest et l’Artibonite, et des hausses marquées dans plusieurs départements du Sud, du Nord, du Nord-Ouest et de la Grande Anse, accentuant les disparités territoriales.
La crise est amplifiée par l’augmentation des déplacements internes : en un an, le nombre de PDI a doublé pour atteindre 1,4 million (12 % de la population) alors qu’ils étaient de 702 973 en septembre 2024, et les sites sont passés de 117 à 238, entraînant une hausse de 79 % des personnes vivant dans des conditions précaires. Cette pression supplémentaire fragilise davantage les services sociaux de base y compris la sante et la nutrition.
Stratégie de réponse
- Promouvoir une approche multisectorielle intégrée fondée sur la convergence stratégique et opérationnelle entre les secteurs sensibles à la nutrition — santé, sécurité alimentaire, eau, hygiène et assainissement (EHA), éducation et protection sociale — afin d’assurer une réponse cohérente, complémentaire et axée sur les déterminants multiples de la malnutrition.
- Renforcer l’ancrage communautaire et la localisation de la réponse à travers une mise en œuvre coordonnée des interventions de nutrition dans les structures sanitaires publiques, privées, mixtes et confessionnelles, ainsi qu’au niveau communautaire, en valorisant le rôle des Agents de Santé Communautaire Polyvalents (ASCP) et celles des ONG nationales pour atteindre efficacement les populations hôtes et déplacées pour plus de résilience et de localisation de la réponse.
- Garantir une réponse humanitaire flexible et équitable, notamment par le déploiement de cliniques mobiles intégrées dans les zones enclavées ou touchées par les déplacements de population, en lien étroit avec les zones de responsabilité sanitaire, et grâce à une mobilisation concertée des partenaires du secteur de la nutrition pour assurer la continuité et la qualité des services essentiels.
Cible et priorisation
En 2026, les dix départements d’Haïti restent prioritaires pour la réponse nutritionnelle, mise en œuvre de manière intégrée, proportionnée et fondée sur les évidences. Une priorité opérationnelle accrue sera accordée à l’Ouest et à l’Artibonite, qui concentrent toutes les communes en phases 3 et 4 de l’IPC Malnutrition Aiguë et nécessitent des actions préventives et curatives renforcées. La vulnérabilité liée aux déplacements internes augmente les besoins, particulièrement dans le Sud, principal lieu d’accueil, ainsi que dans 13 communes de l’Artibonite, du Centre et du Grand Sud où les PDI représentent plus de 20 % de la population. Ces zones feront l’objet d’une priorisation spécifique pour éviter une détérioration rapide de la situation nutritionnelle. La zone métropolitaine de Port-au-Prince reste un foyer critique avec des niveaux élevés de MAG et de MAS, notamment à Croix-des-Bouquets, Fonds-Verrettes, Delmas et Cabaret.
Au total, le Plan de Réponse Humanitaire 2026 (HRP 2026) du Cluster Nutrition cible 946 258 personnes, marquant une augmentation de 4,5 % par rapport à 2025. Cette cible comprend :
- 129 638 enfants (6–59 mois) à risque de malnutrition aiguë sévère (MAS) ;
- 164 338 enfants (6–59 mois) souffrant de malnutrition aiguë modérée (MAM) ;
- 652 288 femmes enceintes et allaitantes (FEFA) bénéficiant d’interventions visant à améliorer les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant en situation d’urgence (ANJE-U).
Priorisation de la cible
Ciblage des cas de malnutrition aiguë sévère (MAS)
Le ciblage des cas de MAS repose sur une couverture nationale complète (100%). Ainsi, l’ensemble des 129 638 enfants identifiés comme étant dans le besoin est intégré dans la cible opérationnelle, reflétant une stratégie d'accès universel pour les cas les plus critiques.
Ciblage des cas de malnutrition aiguë modérée (MAM)
Le nombre de cas de MAM ciblés, estimé à 132 086, est défini sur la base d’un ciblage différencié tenant compte des niveaux de sévérité par commune :
• 100 % des cas de MAM dans les 27 communes prioritaires, telles que définies par la dernière analyse IPC de la malnutrition aiguë (IPC 3+)
• 70 % des cas de MAM dans les autres communes du pays (phase IPC de la malnutrition aiguë 1 et 2)
Cette approche permet à la fois une concentration des efforts sur les zones les plus affectées et une couverture substantielle à l’échelle nationale.
Cette approche permet à la fois une concentration des efforts sur les zones les plus affectées et une couverture substantielle à l’échelle nationale.
Ciblage des femmes enceintes et femmes allaitantes (FEFA)
Pour les interventions de communication et de soutien aux pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), la cible est fixée à 70 % des FEFA identifiées, soit 456 605 femmes. Ce niveau de couverture vise à maximiser l'impact des messages essentiels pour la prévention de la malnutrition chez les enfants de moins de deux ans et la réduction des décès à cause des maladies liées aux mauvaises pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.
NB : En outre, les résultats attendus en février 2026 de l’enquête SMART nationale et de l’IPC Malnutrition Aiguë 2026 viendront renforcer l’analyse de la situation et orienter les ajustements stratégiques de la réponse nutritionnelle.
Personnes dans le besoin, personnes ciblées