Les fontières et les noms indiqués et les désignations employés sur cette carte n'impliquent pas reconnaissance ou acceptation officielle par l'Organisation des Nations Unies.
Source : OCHA, Cluster ProtectionRésumé des besoins humanitaires pour le secteur
La population fait face à des risques de protection multiples et sévères. Le Cluster Protection estime que 2,2 millions de personnes ont besoin d’une réponse en matière de protection, dont 1,5 million en lien avec la violence basée sur le genre (VBG) et 1,3 million avec la protection de l’enfant. Entre janvier et novembre 2025, au moins 7 715 personnes ont été tuées ou blessées par divers acteurs armés, et environ 600 autres enlevées par des gangs armés, dans la capitale, l’Artibonite et le Plateau Central. La VBG reste élevée mais sous-rapportée, avec 7 472 incidents signalés, touchant surtout les femmes et les filles, et souvent utilisée par des groupes armés comme stratégie de contrôle et d’intimidation de la population. Les enfants font face à des risques accrus de séparation familiale, de recrutement et d’utilisation par les groupes armés, de traite et d’exploitation, les exposant à des abus graves et répétés. L’accès à la justice reste limité, et le manque de documents d’identité accroît la vulnérabilité à la violence et restreint davantage l’accès aux services de base. Le nombre de personnes déplacées internes a doublé en l’espace d’un an, tandis que de nombreux Haïtiens à l’étranger risquent la déportation vers Haïti sans garanties légales ni d’accompagnement adéquat.
Stratégie de réponse
La stratégie de réponse s’articulera autour de trois axes, tandis que les mécanismes de suivi permettront d’identifier et de suivre les principaux risques de protection de manière transversale :
Axe 1 :
- Renforcer les services essentiels de prise en charge intégrée des victimes d’incidents de protection, notamment les services psychosociaux, médicaux, juridiques et l’hébergement temporaire, y compris pour les survivant·e·s de VBG, ainsi que le rétablissement des liens familiaux, la prise en charge des enfants non accompagnés et séparés, et le soutien aux enfants associés aux groupes armés.
- Renforcer les mécanismes de référencement pour garantir une réponse rapide, complète et centrée sur la personne.
Axe 2 :
- Prévenir et atténuer les risques de protection par des activités de sensibilisation, notamment sur la VBG, sur le recrutement et l’utilisation des enfants par des groupes armés et sur les actes d’état civil.
- Renforcer le système de suivi et d’analyse des risques de protection, ainsi que la coordination intersectorielle. Intégrer des mesures d’atténuation dans chaque secteur pour que chaque intervention contribue directement à des résultats de protection, tout en consolidant la complémentarité entre actions humanitaires, développement et droits humains.
Axe 3 :
- Renforcer les capacités des prestataires de services, mener le plaidoyer, et promouvoir la protection communautaire en soutenant les mécanismes locaux, y compris les organisations féminines, renforçant la résilience de la population face aux crises et la cohésion sociale, et consolidant les capacités existant espour que les communautés assurent leur propre protection.
Cible et priorisation
Le Cluster Protection ciblera 1,2 million de personnes en situation de vulnérabilité dans les communes à travers le pays, en particulier celles affectées par la violence armée, la VBG et la séparation familiale. Les interventions VBG viseront 943 555 personnes, principalement des femmes et des filles, tandis que 678 295 enfants seront ciblés par les acteurs de la protection de l’enfant. Les cibles ont été définies en tenant compte des niveaux de sévérité des risques de protection et des possibilités d’intervention, afin de prioriser les zones présentant les besoins les plus élevés et des conditions propices à la mise en place d’une réponse.
Priorisation de la cible
La priorisation du ciblage concerne 1 million de personnes dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, en mettant l’accent sur les communes où les besoins et la sévérité sont les plus élevés, soit 809 531 personnes pour les interventions VBG et 531 369 pour la protection de l’enfant.