Central African Republic

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse RCA 2026 / Partie 2: Plan de réponse

2.7 Transferts monétaires en espèces, et à usages multiples (TEUM)

Objectif spécifique : Fournir une assistance en transfert en espèces à usages multiples (TEUM) afin de permettre aux ménages affectés par des chocs humanitaires de répondre rapidement et de manière flexible à leurs besoins multisectoriels prioritaires, tout en garantissant leur sécurité, leur dignité, la protection de leurs droits et le renforcement de leur résilience. (OS1 & 2 du HNRP)

Transferts monétaires dans le pays en 2025

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En 2025, le nombre de personnes ciblées pour les Transferts monétaires à usages multiples (TEUM) ne représentait que 8 % de l’ensemble des 1,8 million de personnes ciblées par le Plan de réponse humanitaire (PRH), pour un budget équivalant à seulement 0,3 % des besoins totaux (326,1 millions de dollars américains).
La mise en oeuvre est restée très en deçà de ces objectifs, illustrant l’écart persistant entre planification et réponse opérationnelle en RCA dans un contexte de sous-financement. Sur une cible de 150 000 personnes, seules 12 100 ont été atteintes (8 %), tandis que le financement mobilisé 17 361 sur 946 466 de dollars américains requis représente moins de 2 %. En outre, les transferts monétaires (TM) sectoriels affichent une performance relativement meilleure, avec 37 % de couverture (53 900 personnes sur 144 000) contre un financement inférieur à 3 % des besoins (1,59 millions sur 56,8 millions de dollars américains requis). Ces chiffres révèlent une souspriorisation structurelle des modalités d'assistance en cash et coupons (CVA) et TEUM, malgré la préférence des populations affectées pour cette modalité (73% des ménages interrogés par la
MSNA).

Bien qu’aucune restriction gouvernementale ne limite l’assistance en espèce, les zones d’insécurité prolongée présentent un risque élevé d’interception des fonds par des groupes armés. 68 % des
commerçants rapportent que leurs clients ne peuvent pas se permettre les articles disponibles, ce qui confirme un pouvoir d’achat très faible, même lorsque les biens sont accessibles. La détérioration des routes, la hausse du prix du carburant (69 %) et les contraintes fiscales (49 %) compromettent ainsi la faisabilité de l’assistance humanitaire monétaire. Le rapport initiative conjoint de suivi du marché (JMMI) d’octobre 2025, publié par REACH/IMPACT Initiatives, met en évidence une volatilité persistante des marchés en RCA, analysée à travers le Score de fonctionnalité des marchés (SFM) et le Panier minimum de dépenses (PMAS). La médiane du PMAS s’établit à 68 758 francs CFA. Le SFM national atteint 74 %, en légère amélioration mais toujours classé en « fonctionnalité limitée ». Dans ce contexte, les modalités d’assistance doivent être adaptées. Le cash est recommandé dans les zones où le SFM dépasse 75 %, comme Bangui, Bouar, Bossangoa, Bangassou, Kaga-Bandoro et Bria. Lorsque le score se situe entre 60 % et 75 %, les vouchers offrent une meilleure sécurité opérationnelle. En dessous de 50 %, comme à Zémio ou Ippy, l’aide en nature demeure la plus appropriée. Sans amélioration des conditions de marché et des mesures de réduction des risques, la pertinence des programmes CVA et TEUM restera limitée, en particulier dans les zones les plus vulnérables

Planification de la réponse TEUM en 2026

En 2026, la réponse en transferts monétaires vise 39 529 personnes, avec un budget global de 1,225 million $. Cela représente une augmentation de 15% (34 000 personnes) par rapport à la cible, et une hausse de 27% (946 000 $) du budget en 2025. Le TEUM ne représente que 0,5% du financement requis total dans le HRP 2026, ce qui souligne l’importance de renforcer le plaidoyer pour l’augmentation de la part du cash dans la réponse humanitaire.

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La principale nouveauté en 2026 est l’adoption du MEB (Panier Minimum de Dépense/Minimum Expenditure Basket) national 2025, après plusieurs années d’utilisation de celui de 2021. Le nouveau montant du MEB mensuel est fixé à 83 414 XAF, répartis entre 49 449 XAF pour le panier alimentaire (59,3 %), 20 353 XAF pour les services essentiels (24,4 %) et 13 610 XAF pour les articles non alimentaires (16,3 %). Le montant du transfert mensuel représente 80 % du MEB. Ainsi, pour un ménage moyen de cinq personnes, le transfert atteint 66 731 XAF, auxquels s’ajoutent des coûts opérationnels plafonnés à 30 %, portant le montant total à 86 749 XAF.

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La durée et la fréquence des TEUM varient selon la nature de la crise. Pour les chocs soudains, l’assistance est généralement limitée à trois mois, avec des paiements mensuels lorsque possible. Dans un contexte de crise prolongée, elle s’étend à six mois, souvent avec des paiements trimestriels pour réduire les risques et les coûts. Cette flexibilité garantit une réponse adaptée aux besoins des populations tout en tenant compte des contraintes opérationnelles et sécuritaires.

Complémentarité entre TEUM et autres CVA

La complémentarité entre le TEUM et les interventions en cash et coupons sectoriels constituent un enjeu majeur pour garantir la cohérence et l’efficacité de la réponse humanitaire en RCA. Le TEUM offre une assistance flexible pour couvrir les besoins multisectoriels prioritaires des ménages, tandis que l’assistance en cash et coupons sectoriels répond à des besoins spécifiques. Ces deux approches sont conçues pour se renforcer mutuellement, mais sans coordination, elles peuvent générer des doublons et fragiliser l’impact de l’aide. Pour éviter ces duplications et garantir la complémentarité, le GT-Cash joue un rôle central en mettant en place des mesures clés : harmonisation des montants, des critères, cartographie des zones, partage des bases de données et coordination régulière entre les acteurs. Il assure également la validation des cibles, des montants et des zones, développe des outils de déduplication, élabore des directives et des notes d’orientation, et coordonne les analyses communes des besoins (MSNA, MEB) ainsi que la gestion des chevauchements intentionnels.

Le chevauchement intentionnel se justifie lorsqu’un ménage reçoit un TEUM pour ses besoins généraux et une assistance sectorielle pour un besoin spécifique, tel que la nutrition thérapeutique pour un enfant malnutri. Le référencement qui consiste à orienter les ménages vers le programme le plus adapté, en s’appuyant sur des listes harmonisées, des critères de vulnérabilité et des systèmes de suivi est une solution privilégiée pour éviter les doublons et optimiser l’efficacité. Bien que cette articulation entre chevauchement intentionnel et référencement soit essentielle pour garantir la cohérence et la complémentarité, il est indispensable de documenter la justification, de suivre les montants et les bénéficiaires, et de standardiser les outils de référencement, ainsi que la coordination via le GT-Cash.

Liens avec les systèmes de protection sociale

Enfin, pour renforcer la durabilité et l’intégration, les TEUM seront alignés sur les stratégies nationales de protection sociale. L’accent sera mis sur l’harmonisation des montants avec le MEB et sur la collaboration avec des programmes tels que le Projet d'appui aux communautés affectées par le déplacement (PACAD), en coordination avec le Groupe de travail protection sociale. Le GT-Cash poursuivra ses efforts pour consolider ces liens, notamment par une participation active aux réunions et l’exploration de passerelles durables entre assistance humanitaire et dispositifs nationaux.