Central African Republic

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse RCA 2026 / Partie 3: Besoins et réponses des Clusters/Secteurs

3.9 Sécurité alimentaire

Clustes Sécurité alimentaire
Clustes Sécurité alimentaire
Clustes Sécurité alimentaire

Objectifs sectoriels

OS1 : La vie et la dignité de 521 000* personnes en situation de crise (IPC phase 3) et d’urgence (IPC phase 4) sont préservées. (OS1 et 2 du HNRP)

OS2 : Les moyens d’existence de 324 000* personnes en situation de crise (IPC phase 3) sont restaurées et renforcées en vue d’empêcher les mécanismes d’adaptation négatifs et de soutenir le relèvement précoce et la transition vers la résilience. (OS2 et 3 du HNRP)

Résumé des besoins

Les résultats du 24ème cycle du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC, octobre 2025) pour la période de septembre 2025 à mars 2026 montrent qu’environ 1,92 million de personnes, soit 29% de la population analysée, connaissent des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë (Phase 3 de l’IPC ou plus). Parmi ces individus, près de 1,66 million* de personnes sont classées en crise (IPC phase 3) et 269 000* personnes en urgence (IPC phase 4). Les ménages les plus touchés sont les agriculteurs dont la production et les stocks alimentaires restent faibles, les déplacés et réfugiés qui continuent à exercer des pressions supplémentaires sur les ressources déjà limitées des ménages hôtes. Pour la période allant d'avril à août 2026, qui correspond à la période de soudure, l’analyse montre une détérioration de la situation en raison des niveaux de prix élevés de denrées alimentaires et des conflits persistants. Environ 2,30 millions* de personnes, soit 35% de la population analysée, pourraient se retrouver en insécurité alimentaire aiguë. Parmi ces individus, près de 1,90 millions* seraient classées en crise et 399 000* personnes en urgence. Selon le résultat IPC, environ 540 000* individus en situation de crise et d’urgence qui se trouvent hors de la portée géographique ne sont pas pris en compte dans le HNRP 2026.

Stratégie de réponse

La stratégie du Cluster sécurité alimentaire (CSA) couvre à la fois les interventions d’urgence, de post-urgence et de transition vers le développement durable, tout en renforçant la résilience des populations face aux chocs récurrents. Dans cette optique, l’État assume un rôle central en s’attaquant aux causes structurelles de l’insécurité alimentaire et en mettant en place, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des mécanismes de protection sociale destinés à soutenir les efforts du CSA en faveur des 1,76 million* de personnes en IPC Phase 3 et Phase 4 dans les 65 sous-préfectures retenues.

La stratégie repose sur une approche multidimensionnelle selon le niveau de vulnérabilité et vise à promouvoir la graduation de l’assistance alimentaire au renforcement des moyens d’existence et à la transition vers la résilience et le développement. En termes de méthodologie d’implémentation - selon le contexte et sur la base d’une analyse qui prend en compte les préférences des communautés concernées et la capacité d’absorption des marchés - les transferts monétaires sont priorisés.

Ciblage et priorisation

Selon l’approche de graduation promue, le CSA prévoit de fournir une assistance alimentaire combinée au soutien aux moyens d’existence à 0,83* millions des personnes en insécurité alimentaire aiguë en vue de sauver des vies et soutenir le relèvement précoce et la transition vers la résilience des populations affectées par la crise en RCA. La stratégie du CSA, selon ses lignes directrices, est axée sur trois piliers :

1. Assistance alimentaire pour 481 000* personnes en IPC phase 3 et IPC phase 4 ou qui font face aux nouveaux déplacements. Les activités prévues sont :

  • Assistance alimentaire : au moins 3 mois de demi-ration dans la période de soudure pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3.
  • Assistance alimentaire : au moins 6 mois, demi-ration pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3 à la lisière.
  • Assistance alimentaire : au moins 6 mois de 80% de la ration complète pour des personnes en IPC phase 4.

2. Appui à la production d’urgence pour 40 000* personnes en situation de crise (IPC phase 3) :

  • Appui à la production agricole d’urgence (exemple : la fourniture des semences et outils maraîchers) pour des personnes en IPC 3 phase qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3 à la lisière.
  • Appui à la production animale d’urgence (exemple : la fourniture d’animaux à court cycle et la protection du cheptel) pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3 à la lisière.

3. Restauration et renforcement des moyens d’existence pour 304 000* personnes en IPC phase 3 :

  • Appui à la production agricole (exemple : la fourniture des semences et outils vivriers) pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3.
  • Appui à la production animale (exemple : la fourniture d’animaux à long cycle) pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3.
  • Appui aux autres activités génératrices de revenus pour des personnes en IPC phase 3 qui se trouvent dans des sous-préfectures en IPC phase 3.

Promotion d’une programmation redevable, de qualité et inclusive

La stratégie de protection transversale du CSA, selon ses lignes directrices, est axée sur quatre principes clés : 1. Ne pas nuire. Les partenaires du CSA mettent en place des analyses des risques avant de commencer et une flexibilité d’adaptation est à prévoir. 2. Garantir l’accès pour tous. Les partenaires du CSA considèrent les besoins spécifiques et prennent des dispositions spéciales pour les femmes, filles, hommes, garçons et des personnes vulnérables, y compris les personnes âgées, vivant avec handicap, malades chroniques, vivant avec le VIH et les groupes minoritaires. 3. Redevabilité. Les partenaires du CSA instaurent des mécanismes appropriés permettant aux populations touchées de mesurer le caractère adéquat des interventions et de répondre à leurs préoccupations. 4. Participation et autonomisation. Les partenaires du CSA soutiennent le renforcement des capacités des personnes et des communautés. La stratégie du CSA encourage la redevabilité envers les personnes affectées. Les partenaires du CSA s’appuient sur les lignes vertes et les autres mécanismes en place afin de renforcer leur redevabilité.

Coût de la réponse

Le coût global de la réponse du CSA est estimé à 87 millions de $. Le coût de l’assistance alimentaire est de 61 millions de $ ; le coût du soutien aux moyens d’existence est estimé à 27 millions de $. Le calcul prend en compte l’ensemble des coûts directs et les coûts du support tels que les coûts d’acquisition et de transport ou de prestation des institutions financières, et les coûts de ciblage, digitalisation et suivi. Les coûts unitaires ont été mis à jour en octobre 2025, selon le processus établi par les lignes directrices du CSA.

Transition du cluster

Le processus de transition du CSA vers une coordination assurée par les acteurs nationaux sera mené de manière participative, à travers un comité composé du gouvernement, des ONG nationales et internationales, des agences des Nations Unies co-leaders du CSA, ainsi que de l’équipe du CSA. Ce comité élaborera en 2026 un plan de transition, en identifiant les activités préparatoires et les acteurs concernés, afin de faciliter un transfert progressif des compétences et des responsabilités. L’objectif est de garantir une coordination efficace et durable à moyen et long terme.

References

  1. [1] *Basés sur les résultats provisoires du 24ème cycle du Cadre Intégré de Classification de la Sécurité Alimentaire (IPC). Les chiffres définitifs seront partagés juste après la validation des résultats
  2. [2] Lignes Directrices du Cluster Sécurité Alimentaire en RCA | Food Security Cluster
  3. [3] Sous-préfectures classées en IPC3, avec entre 10% et 15% de la population en IPC4
  4. [4] Lignes Directrices du Cluster Sécurité Alimentaire en RCA | Food Security Cluster