Le paysage humanitaire de la République centrafricaine a considérablement évolué au cours des deux dernières années. Sur les 12 derniers mois, la tendance indique clairement une réduction substantielle de l'intensité des chocs humanitaires dans des zones spécifiques, démontrant d’une part une amélioration de la situation sécuritaire dans certaines régions, et d’autre part l'efficacité des efforts soutenus et des stratégies de partenariat mis en place. Ces progrès reflètent également la résilience des communautés, l'engagement inébranlable des acteurs humanitaires en appui aux efforts du gouvernement, et la convergence des stratégies existantes dans le sens d’optimiser la réponse aux besoins humanitaires.
Toutefois, la proportion de centrafricains ayant besoin d’assistance humanitaire demeure importante, en particulier dans les régions où l’insécurité reste présente et où la population est exposée à différents chocs climatiques. Si les améliorations évoquées incitent à l'optimisme, elles soulignent également la nécessité urgente de consolider les progrès réalisés. Le risque de perdre les acquis de la réponse humanitaire est important si les acteurs de développement n'intensifient pas leurs actions, car ils jouent un rôle crucial en comblant le fossé entre l'aide humanitaire immédiate et le bien-être de la population à long terme.
Pour 2025, bien que la dynamique des acteurs humanitaires reste d'atténuer les chocs et que la réponse aux situations d'urgence reste primordiale, il est essentiel de s'orienter vers le renforcement des approches favorisant les solutions durables. Les besoins humanitaires demeurent importants malgré la récente amélioration de la situation sécuritaire dans certaines régions, et la seule réponse humanitaire ne suffira pas. Nous devons trouver le moyen de ne plus nous contenter de répondre aux besoins humanitaires immédiats, car il est impératif de s'attaquer aux problèmes systémiques et d'investir dans des solutions pérennes. Les acteurs du développement, en appui au gouvernement, jouent un rôle clé dans ce processus en apportant les ressources, l'expertise et les stratégies nécessaires pour garantir que les réalisations humanitaires soient non seulement préservées, mais qu'elles servent également de base à des progrès durables.
L'appel à l'action est clair : nous devons donner la priorité à l'intensification des efforts de développement pour compléter les réalisations humanitaires. Nous pouvons ainsi faire progresser les communautés du stade de la simple survie, à un rétablissement progressif sur le long terme. Cet effort de collaboration permettra non seulement de préserver les avancées réalisées, mais aussi de jeter des bases plus solides pour les progrès futurs, en atténuant les risques de crises récurrentes.
Faillir dans l’opérationnalisation de cette intégration du développement en parallèle aux interventions humanitaires augmente le risque de créer un vide où la vulnérabilité et l'instabilité pourraient refaire surface, exposant les communautés à des crises récurrentes. Par conséquent, cette intégration dépasse l’impératif stratégique pour devenir une question de redevabilité morale. En s'attaquant aux causes profondes des vulnérabilités et en favorisant la stabilité, les acteurs du développement peuvent s'assurer que les efforts humanitaires conduisent à des changements transformateurs et durables.
| MOHAMED AG AYOYA |
| COORDONNATEUR HUMANITAIRE |
Birao/Préfecture de la VAKAGA
Rafna, âgée de 4 ans vit avec ses parents déplacés sur le site.
OCHA/Virginie Bero