Central African Republic

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse RCA 2026 / Annexe:

Et si nous ne répondons pas?

En 2025, la diminution du financement de l'aide humanitaire a privé 1,2 million de personnes d'aide ; 116 bases ont été fermées, affectant 60 organisations (allant de décembre 2024 à décembre 2025) et 600 000 personnes. En conséquence, la plupart des besoins essentiels n’ont pas été satisfaits ; 30 à 40 % des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère n'ont pas été traités. Plus de 50 % des personnes ayant reçu une aide dans au moins un secteur n'ont reçu qu'un tiers de l'aide prévue. De plus, cela a entraîné l'interruption du fret aérien d'urgence et la fermeture d'installations de stockage, avec pour effet d'enclaver davantage les populations déjà vulnérables. Dans de nombreux endroits, l'aide humanitaire reste la seule source de soutien pour répondre aux besoins fondamentaux des populations vulnérables. En l’absence d’une réponse multisectorielle intégrée de protection, d’activités de prévention et de mécanismes d’alerte, les personnes vulnérables seront exposées à des conséquences néfastes des chocs, notamment une aggravation des risques de violences basées sur le genre (VBG), des difficultés accrues d’accès aux services de prise en charge pour les survivantes, ainsi qu’une hausse de la mortalité maternelle liée au manque de soins obstétricaux et de santé reproductive.

Shelter

Abris/BNA

Plus de 400 000 personnes affectées par les chocs récents ou des déplacements prolongés, ayant des besoins aigus en abris-AME, éprouveront des difficultés à surmonter les défis quotidiens soit par manque d’abris adéquats et/ou par insuffisance d’articles ménagers essentiels comme les couvertures, les moustiquaires et les nattes. Le manque d’abris d’urgence et d’articles non-alimentaires augmentera les risques d’exposition aux maladies comme la pneumonie, le paludisme, la malnutrition, et les diarrhées. De même, le manque d’ustensiles de cuisine et de récipients pour la collecte et le stockage de l’eau mettra davantage en difficulté les femmes et les filles en particulier. Par ailleurs, sans une assistance en abris pour favoriser le retour ou l’intégration locale des populations déplacées, ces dernières continueront à vivre dans des conditions de vulnérabilité et de dépendance à l’aide humanitaire, au niveau des sites et lieux de regroupement. Ainsi, les sites vont perdurer et l'objectif de commencer la transition vers des solutions durables pour les ménages sera compromis.

EHA

EHA

Près de 570 000 personnes seront vulnérables aux épidémies, à la malnutrition et aux VBG. Les épidémies telles que la diarrhée aiguë, l’hépatite E, le choléra et le Mpox seront plus récurrentes dans les zones les plus à risque. Près de 415 000 femmes, et 430 000 enfants seront obligés de parcourir de longues distances à la recherche de services d’EHA, s’exposant davantage aux VBG et risques de malnutrition. La qualité des services d’EHA dans les écoles et centres de santé se détériorera du fait de la pression accrue sur les infrastructures déjà insuffisantes, amplifiant la crise sanitaire et les vulnérabilités des communautés.

secal

SECURITE ALIMENTAIRE

Faute d’assistance alimentaire, la situation déjà critique de personnes en situation de crise (IPC phase 3) ou d’urgence (IPC phase 4) se détériorera. Les personnes en IPC phase 4 seraient contraintes de recourir à des stratégies néfastes d’adaptation, qui affecteraient durablement leur capacité à manger à leur faim et à vivre en bonne santé dans la dignité et le respect. L’absence d’une réponse combinée en assistance alimentaire et d’appui aux moyens d’existence aggraverait aussi la situation de vulnérabilité des personnes en IPC phase 3, ce qui les conduirait à vivre dans une situation de crise alimentaire aiguë et réduirait considérablement leur capacité à faire face aux chocs récurrents.

CCCM

CCCM

Sans les interventions des acteurs CCCM, les besoins humanitaires multisectoriels ne seront pas bien identifiés et adressés pour plus de 400 000 personnes affectées par les déplacements de population incluant des PDI sur sites, des PDI en familles d'accueil, des retournés et des populations hôtes parmi les plus vulnérables. Les populations affectées par des chocs récents (au moins 200 000 par an) n’auront presque pas d’assistance et verront leur dignité bafouée sur tous les plans. Elles seront confrontées à divers problèmes de nourriture, de santé, d’abri, d’eau et d’articles non-alimentaires de première nécessité. D’autre part, concernant spécifiquement les PDI sur sites et en familles d’accueil, leurs conditions de vie seront détériorées, et elles seront exposées à de multiples problèmes de protection et de droits humains avec les situations de vulnérabilité qui s’aggraveront davantage notamment pour les personnes âgées, les handicapées, les femmes et les filles.

Enfin, malgré l’amélioration relative de la situation sécuritaire dans certaines localités, le retour vers les lieux d’origine ne sera pas réellement effectif pour la majorité des ménages en raison du manque d’appui des acteurs CCCM (collecte d’intentions futures et sensibilisations) pour faciliter la préparation et la mise en œuvre des projets multisectoriels d’accompagnement au retour ou à la relocalisation ou à l’intégration locale durable.

protection

PROTECTION GENERALE

Dans le cas où aucune réponse n’est apportée, la vulnérabilité des populations, déjà dans le besoin, sera exacerbée et aggravée pendant que les capacités de la population et des communautés seront affaiblies. Les violations de droits seront de plus en plus régulières du fait entre autres, de l’impunité à l’égard des auteurs mais aussi de la réduction des activités de prévention. La population affectée adoptera alors des mécanismes de survie négatives ce qui l’exposera encore plus aux risques de protection. La réputation humanitaire sera de ce fait entachée pour les attentes créés par des évaluations de besoins sans réponse/assistance.

VBG

VBG

L’absence de réponse aura des conséquences dramatiques. La couverture des services de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) a déjà chuté drastiquement, passant de 44 % à moins de 20 %, tandis que les programmes de protection sont suspendus à Alindao, Bangassou, Ngaoundaye, Taley, Ndim, Kodi et Koui. Cette dégradation s’accompagne d’une baisse significative du nombre d’organisations partenaires actives, réduisant encore la capacité de prise en charge.

Ne pas répondre à ces besoins, c’est exposer directement 393 000 personnes à un risque accru de violences, en particulier les femmes et les filles survivantes de viol et de Violences Sexuelles Liées aux Conflits (VSLC/CRSV). Sans services rapides et appropriés, les survivantes resteront sans soins médicaux, sans soutien psychosocial et sans accès à la justice, ce qui renforcera l’impunité des auteurs. Les conséquences seront inéluctables : aggravation de la stigmatisation, troubles mentaux graves, marginalisation sociale et propagation de maladies, notamment le VIH/sida.

PE

PROTECTION DE L'ENFANCE

Les conséquences d'une insuffisance de financement seront graves et durables pour des centaines de milliers d'enfants ainsi que pour leurs communautés. Près de 300 000 enfants survivants à des violations graves, violences physiques ou sexuelles, ne recevront pas les services de protection essentiels, ce qui exacerbera leurs traumatismes, limitant leur capacité à se reconstruire et à contribuer positivement à la société.

Des centaines d’enfants recrutés ou utilisés par des forces et groupes armés ne seront pas accompagnés pour leur réintégration sociale et communautaire, perdant ainsi leurs droits fondamentaux, et compromettant la stabilité future des communautés auxquelles ils auraient pu contribuer. Les enfants séparés de leurs familles à la suite de mouvements de population resteront sans protection, exposés à des risques accrus d’abus et de violences, aggravant leur vulnérabilité. Les parents affectés par les chocs, dépourvus de soutien, pourraient recourir à des mécanismes d’adaptation négatifs, compromettant ainsi l’avenir des enfants et fragilisant davantage les structures familiales et sociales.

nutrition

NUTRITION

En absence d'une réponse de nutrition cohérente et à bonne échelle, l'absence de services de nutrition coûtera la vie aux enfants les plus vulnérables et entravera leur avenir. Plus de 26 000 enfants de moins de cinq ans ne recevront pas de traitement vital contre la malnutrition aiguë sévère et 30 000 autres garçons et filles, principalement âgés de 6 à 23 mois, ainsi que plus de 15 000 femmes enceintes et allaitantes, n'auront pas accès au traitement de la MAM ou à des plateformes de prévention ciblées. Les enfants malnutris, en particulier ceux qui souffrent de malnutrition aiguë sévère, ont un risque plus élevé de mourir de maladies infantiles courantes telles que la diarrhée, la pneumonie et le paludisme. Les facteurs liés à la nutrition contribuent à environ 45 % des décès d'enfants de moins de 5 ans, et plus encore lorsque les formes de malnutrition sont combinées. Un enfant souffrant d'un retard de croissance à 5,5 fois plus de chances de mourir qu'un enfant en bonne santé, et lorsque le retard de croissance et l'émaciation sont tous deux présents (comme en RCA), le risque est 12,3 fois plus élevé. Cela souligne la nécessité de mener des actions humanitaires et de développement, bien coordonnées, afin de sauver des vies et de renforcer la résilience des populations.

Education

EDUCATION

Sans financement pour l’éducation, 276 046 enfants de 3 à 17 ans déplacés internes, retournés et des communautés hôtes seront privés de leur droit à l’éducation. La hausse du taux d’abandon scolaire exposera davantage les enfants aux problèmes de protection (particulièrement pour les filles), et contribuera à exacerber les inégalités de genre et socio-économiques.

Si seuls 50 % du financement demandé est fourni, le cluster donnera la priorité aux zones géographiques en sévérité 4, et aux activités d'éducation en situation d’urgence pour les enfants de 3 à 17 ans déplacés sur des sites, en familles d’accueil et retournés, réduisant ainsi de moitié le nombre d'enfants affectés par les chocs.

SANTE

SANTE

Si la réponse sanitaire d’urgence n’est pas suffisamment financée, la vie de 517 000 personnes réparties dans 47 sous-préfectures de sévérité 3 et 4 serait gravement menacée, notamment celle de 115 269 enfants de moins de cinq ans, de 49 972 femmes enceintes et allaitantes, ainsi que de 24 272 personnes âgées de plus de 60 ans, dont les défenses immunitaires sont déjà affaiblies en raison de leur fragilité physiologique.

De même, la limitation des financements dans le secteur de la santé, et les épidémies continueront de causer des milliers de décès, en particulier parmi les enfants de moins de cinq ans, et de se propager. En l’absence d’une intervention sanitaire d’urgence, rapide et adaptée, les taux de décès maternels et infanto-juvéniles risquent de s’aggraver, entraînant une surmortalité et une sur morbidité évitables surtout pour les zones d’accès difficile qui auront une absence du personnel de santé qualifié et des kits d’accouchement.

logistique

LOGISTIQUE

En cas de non-financement du service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS), 130 organisations humanitaires auront des défis de mobilité vers les zones inaccessibles/difficiles d’accès, surtout en saison pluvieuse qui s’étend sur près de six mois. Pareillement, l’interruption du fret aérien d’urgence rendra impossible l’acheminement de l’aide vers les populations qui en ont le plus besoin, entravant ainsi les pré-positionnements indispensables aux réponses d’urgence.

En conséquence, les acteurs et biens humanitaires seront plus exposés aux risques lors des acheminements, impliquant des retards considérables dans la mise en œuvre de la réponse d’urgence. De plus, les incidents contre les biens et le personnel humanitaire pourraient connaître une hausse considérable.