Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse République démocratique du Congo 2026 / Partie 2 : Réponse humanitaire

2.4 Plaidoyer en faveur des personnes non assistées par le HNRP, notamment auprès des autorités et/ou des acteurs du développement

Le plan de réponse permet d’identifier et de prioriser les zones affectées par des chocs humanitaires majeurs — conflits, épidémies et aléas climatiques — nécessitant une réponse d’urgence. Il contribue également à la mise en œuvre du Plan national stratégique de développement (PNSD) 2024–2028 en mettant en évidence les zones caractérisées par des vulnérabilités structurelles et chroniques, où des investissements de développement durable doivent être accélérés, y compris en dehors du champ de l’aide humanitaire.

Les analyses de sévérité du plan de réponse constituent ainsi un socle analytique clé pour orienter des interventions structurelles dans les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement, du relèvement économique, de la protection sociale et de la réduction des risques de catastrophes.

En effet, dans un contexte où les crises demeurent persistantes, la communauté humanitaire souligne la nécessité d’une mobilisation accrue des autorités et des acteurs du développement en faveur des ménages qui ne relèvent plus directement du cadre du plan de réponse humanitaire, mais qui restent fortement vulnérables. Souvent situées dans des zones stabilisées ou en transition, ces populations courent en effet le risque de retomber dans des besoins humanitaires si aucune action de relèvement rapide, intégrée et ciblée n’est mise en œuvre. Il s’agit, entre autres, des personnes se trouvant dans la région du Grand Kasai, auparavant une zone avec des réponses humanitaires d’envergure, les personnes qui habitent dans des zones exposées à des inondations fréquentes, ainsi que les personnes retournées de longue durée dans des zones stabilisées de l’est, où l’accès à un minimum de services de base n’est pas encore assuré.

Alignement sur les cadres nationaux et renforcement du leadership de l’État pour des réponses durables

Lorsque le contexte le permet, la transition vers des programmes de relèvement durable doit être conduite sous le leadership affirmé du gouvernement de la RDC, en tant que chef de file de la définition, de la mise en œuvre et du suivi des politiques publiques, conformément aux orientations du PNSD 2024–2028. Les partenaires techniques et financiers (PTF) sont appelés à s’aligner sur ces cadres nationaux et à renforcer les capacités des institutions publiques, afin d’assurer la cohérence, la durabilité et l’appropriation nationale des interventions, dans une logique de nexus humanitaire–développement–paix.

Sécurité alimentaire et moyens d’existence : Conformément aux priorités du PNSD et aux stratégies sectorielles agricoles, le Gouvernement, avec l’appui des PTF, doit piloter le renforcement de la production, de la transformation et de la commercialisation dans les filières agricoles, d’élevage et halieutiques, tout en garantissant un accès équitable et sécurisé à la terre pour les populations vulnérables. Le développement du secteur privé agricole, pastoral et halieutique, soutenu par des politiques publiques adaptées, est un levier clé pour la structuration des chaînes de valeur locales, la création d’emplois et la résilience économique, en cohérence avec les objectifs nationaux de développement rural et de gestion durable des ressources naturelles.

Santé : La mise en œuvre du Plan de développement du système de santé (PDSS), sous le leadership du ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévention, nécessite des financements prévisibles et alignés pour opérationnaliser le Plan national d’élimination du choléra, renforcer la vaccination de routine, étendre la couverture santé universelle et pérenniser les politiques de gratuité des soins. Les partenaires doivent appuyer un renforcement systémique du système de santé, centré sur les soins de santé primaires et adapté aux contextes fragiles, afin de consolider le capital humain et réduire durablement la dépendance à l’aide humanitaire.

Eau, hygiène et assainissement (EHA) : En cohérence avec les politiques nationales sectorielles et les engagements du PNSD, l’État, à travers ses institutions compétentes, doit conduire les investissements dans des infrastructures EHA durables, en ciblant en priorité les provinces affectées par des crises récurrentes. Une coordination institutionnelle renforcée, associant ministères sectoriels, autorités provinciales, bailleurs et partenaires d’exécution, est indispensable pour atteindre les objectifs nationaux d’accès universel aux services de base et d’éradication durable du choléra.

Nutrition : Conformément aux cadres nationaux multisectoriels, l’État doit assurer l’intégration systématique de la nutrition dans les politiques et programmes de développement, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’EHA et de la protection sociale. Une attention particulière doit être portée aux zones de vulnérabilité chronique, où des réponses structurelles pilotées par les pouvoirs publics sont essentielles pour rompre le cycle intergénérationnel de la malnutrition.

Éducation : La transition vers des solutions durables dans le secteur de l’éducation doit s’inscrire dans la mise en œuvre du Plan national de l’éducation (PNE), sous le leadership du ministère de l’Éducation nationale. En articulation avec l’action humanitaire, les priorités incluent la réhabilitation et la sécurisation des infrastructures scolaires, le soutien et la professionnalisation des enseignants, le développement de l’éducation accélérée et l’intégration de l’éducation à la paix et à la cohésion sociale, conformément aux objectifs nationaux de stabilisation et de développement du