Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse République démocratique du Congo 2026 / Partie 2 : Réponse humanitaire

2.7 Aperçu des transferts monétaires et section sur les transferts monétaires à usages multiples

En 2025, les transferts monétaires ont constitué un pilier majeur de la réponse humanitaire en RDC. Entre janvier et septembre, les partenaires du Groupe de travail sur l’assistance en espères (CWG) ont transféré 74,6 millions de dollars en transferts d’espèces sectoriels et transferts d’espèces à usages multiples (TEUM), soutenant 3,2 millions de personnes affectées par les crises. De ces 74,6 millions, les TEUM ont représenté 26,9 millions de dollars (36 %), bénéficiant à un million de personnes. Malgré un contexte de réduction de financement, le CWG a mobilisé 50 % des fonds requis pour les interventions TEUM, confirmant la confiance des bailleurs et la place stratégique des transferts monétaires dans la réponse humanitaire en RDC.

Sur la base de la dynamique observée en 2025, ainsi que le message de Coordonnateur des secours d’urgence d’accroître les réponses en espèces dans le cadre de la réinitialisation humanitaire, les transferts monétaires resteront une modalité centrale dans le plan de réponse, notamment pour la réponse rapide aux mouvements de populations et aux aléas naturels. Les dernières évaluations (MSNA et PDM) indiquent qu’ils demeurent la préférence des ménages affectés, en raison de leur flexibilité et de leur capacité à préserver la dignité et le choix des personnes assistées. De plus, l’écosystème des transferts monétaires en RDC a montré sa résilience en 2025 : malgré les contraintes opérationnelles liées aux affrontements armés de janvier-février et à la prise de Goma et Bukavu, les acteurs humanitaires ont rapidement adapté leurs dispositifs pour maintenir l’assistance en espèces.

Cependant, plusieurs facteurs pourraient limiter la mise à l’échelle en 2026, notamment la fermeture continue du système bancaire dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, la faible couverture/ utilisation des transferts électroniques (Mobile Money), les contraintes d’accès humanitaire liées à l’insécurité et aux obstacles administratifs, l’appréciation du franc congolais face au dollar, créant une illusion de gonflement des coûts des activités, alors que les prix restent élevés sur les marchés ainsi que l’incertitude politique et sécuritaire susceptible entraîner des restrictions supplémentaires sur les flux financiers.

Pour 2026, les partenaires humanitaires prévoient d’assister 3,2 millions de personnes pour un montant de 305 millions de dollars via les transferts monétaires (tous types confondus), représentant 22 % du financement total requis dans le plan de réponse. Tous les clusters actifs en RDC, à l’exception de la logistique, de l’EHA, de la santé et de la nutrition, ont planifié une assistance en transferts monétaires, avec la Sécurité alimentaire, l’Éducation et les Abris et AME ayant les portefeuilles les plus importants.

Objectifs et portée des transferts à usage multiples (TEUM)

L’objectif principal du CWG est de répondre rapidement et efficacement aux besoins prioritaires des populations sinistrées et/ou déplacées, tout en respectant leurs préférences et leur dignité, grâce à des transferts monétaires polyvalents, qu’ils soient ponctuels ou réguliers. En 2026, le CWG prévoit d’assister 2,2 millions de personnes en TEUM, pour un budget estimé à 98 millions de dollars.

info programmation cash

Programmation Cash en 2026

Modalités d’intervention en TEUM

  • Une assistance d’urgence immédiate est fournie aux ménages récemment affectés, sous forme de transferts monétaires ponctuels équivalents à 80 % du panier minimum de dépenses (MEB) pour un mois. Cette aide vise à couvrir les besoins essentiels durant la phase critique post‑choc, y compris dans le cadre d’actions anticipatoires.
  • Une assistance régulière pour soutenir les ménages vulnérables dans le maintien de leur accès aux biens et services essentiels sur une période prolongée. Elle se traduit par des transferts monétaires réguliers, y compris via l’approche Cash Plus, pendant 3 à six mois, couvrant 60 % du MEB.
  • Les transferts aux groupes communautaires (Group Cash Transfers) pour financer des actions collectives à impact humanitaire immédiat et vital, par exemple : accès temporaire à l’eau, services communautaires essentiels liés à la protection, ou appui rapide aux personnes à risque. Le coût moyen estimatif est de 119 dollars par groupe/intervention.

Le CWG assurera le suivi de la réponse TEUM à travers un système de cartographie des partenaires (3W) et un tableau de bord dédié, complétés par l’analyse des données PDM et le suivi des marchés afin de garantir la qualité de l’assistance et d’ajuster les valeurs de transfert en fonction de l’évolution du contexte.

Complémentarité, interopérabilité de déduplication

La complémentarité sera assurée grâce au soutien au développement de mécanismes de référencement des bénéficiaires vers les interventions sectorielles, en particulier après les réponses rapides (post-RRM). Le CWG accordera une attention particulière au renforcement de la coordination avec le cluster Sécurité alimentaire et la coordination RRM, notamment à travers la diffusion et l’utilisation de l’outil de positionnement développé par le cluster, ainsi que l’articulation entre les systèmes de rapportage du CWG et du RRM.

En matière d’interopérabilité et de déduplication, le CWG fera de la cartographie des acteurs clés — bases de données de population, systèmes d’enregistrement, outils de ciblage — une priorité. Cette analyse guidera la mise en place de protocoles de partage responsable des données et de mécanismes d’interopérabilité, y compris l’élaboration d’accords opérationnels (MoU) entre partenaires, afin de faciliter la déduplication lorsque cela est techniquement et légalement possible.

Lien avec le système de protection sociale et action anticipatoire

En 2025, une étape déterminante a été franchie avec la validation de la stratégie nationale de protection sociale non contributive et l’adoption du décret instituant le Registre Social Unique (RSU). Ces avancées ouvrent une véritable fenêtre d’opportunité pour rapprocher progressivement les réponses humanitaires des mécanismes nationaux de protection sociale, en vue de promouvoir des solutions plus durables.

Le CWG poursuivra sa collaboration avec le Secrétariat du RSU afin de soutenir la diffusion des outils de collecte auprès des partenaires humanitaires et d’encourager leur utilisation, lorsque cela est pertinent et réalisable. Par ailleurs, le CWG accordera une priorité particulière à l’engagement avec les acteurs de l’action anticipatoire, afin de soutenir l’institutionnalisation des transferts monétaires en tant qu’outil essentiel de réponse.