sévérité Education
PIN & Cible Sectorielle
1.Résumé des besoins
En 2025, le secteur de l’éducation en République Démocratique du Congo (RDC) a connu une situation des plus éprouvantes avec 3,9 millions d’enfants (46% filles) en besoin d’éducation d’urgence. Des incidents contre 6 197 écoles ont été rapportés par les partenaires avec un effet direct de perturbation sur la scolarisation de 2 321 766 enfants (46% filles) et 56 044 enseignants (33% femmes) affectés. La situation des écoles affectées dans les provinces se présente comme suit : Sud Kivu 1 863 écoles, Nord Kivu 1 659 écoles, Kasai 1 538 écoles, Ituri 482 écoles, Tshopo 284 écoles, Tanganyika 208 écoles, Haut-Uele 108 écoles et Kwilu, Maniema, Sankuru, Kasai Central, Kasai Oriental et Maï-Ndombe se partagent 55 écoles affectées. Cette situation a directement affecté les enfants (46% filles) par province comme suit : Sud Kivu 876 448 enfants, Nord Kivu 697 517 enfants, Kasai 333 402 enfants, Ituri 192 515 enfants, Tshopo 84 680 enfants, Tanganyika 80 450 enfants, Haut-Uele 36 774 enfants et 19 980 enfants pour les 6 autres provinces. Les incidents sont dus en grande partie aux crises armées (73.2%), aux épidémies (25,5%) mais aussi aux catastrophes naturelles (1,3%). Il importe de note que 4,5% des écoles sont utilisées comme abris par les personnes déplacées et 3,4% sont occupées par les groupes armés.
En septembre 2025, au moment de la rentrée scolaire, d’après le suivi conjoint du Cluster et de Min EDU NC, 3 334 écoles sont restées encore fermées avec 1 408 242 enfants en rupture scolaire (46% filles) et 25 719 enseignants affectés (30% femmes). Les provinces les plus affectées sont : Sud Kivu avec 1 863 écoles fermées, Nord Kivu avec 1 142 écoles, Tanganyika avec 125 écoles, Tshopo avec 94 écoles, Kasai avec 83 écoles et 27 écoles des 6 autres provinces. Cette fermeture dans ces provinces a occasionné la mise hors du système scolaire de 876 448 enfants de Sud Kivu, 431 687 enfants de Nord Kivu, 48 559 enfants de Tanganyika, 25 690 enfants de Tshopo, 18 935 enfants au Kasai et 8 923 enfants pour les autres provinces. Les principales causes ont montré par endroit une détérioration de la situation sur le terrain avec les crises armées à 93,1% et les catastrophes naturelles (1,8%) avec une augmentation des inondations. Le système continue de faire face aux impacts des épidémies (5,1%).
Au mois de septembre, les partenaires des clusters provinciaux de l’Education ont rapporté ce qui suit sur les provinces qu’ils couvrent :
Au Nord Kivu, la reprise des cours à la rentrée scolaire a connu un retard d’une semaine à Masisi, Rutshuru, Oicha et Walikale du fait de la grève des enseignants à cause du retard dans le paiement de leurs salaires. Des incursions d’hommes en armes dans des écoles ont été observées avec enlèvement d’enseignants. Ainsi en date du 24 septembre 2025, deux hommes en uniforme militaire avec armes se sont introduits dans l'EP Lac-vert de la Sous-division Himbi, Commune de Goma et ont emmené l'enseignant de la 2ème année primaire à destination. L’enseignant a été libéré le 24 octobre, soit un mois après. Avec le déplacement des populations, des salles de classe sont utilisées comme abris. C’est le cas dans la Sous-division Rutshuru 1, Groupement Kinyandonyi, territoire de Rutshuru : EP MUTSHIYA (4 salles de classes) et Institut BARAKA (2 classes). En plus de l'utilisation des écoles comme abris, il y a eu des cas d'occupation des écoles par les personnes en uniformes. Ces activités ont été à la base non seulement de la destruction des infrastructures et leurs équipements, mais également à la perturbation da l'éducation des enfants et leur exposition aux engins non explosés. Des cas de catastrophes naturelles deviennent de plus en plus fréquents. Par exemple, en date du 09 Septembre 2025, à Kinyandonyi, Groupement de Bukoma, Zone de santé de Binza, Sous-division éducationnelle Rutshuru 1 : l'EP Kinyandonyi a été endommagée par la tempête occasionnant la destruction de toiture de 6 salles de classe sur 16 que compte l'école. 60 pupitres, 6 tableaux noir, 250 livres de lecture ont été endommagés par la pluie.
Les besoins prioritaires : 1. Plaidoyer pour la régularisation de la paie des enseignants. 2. Libérer les écoles utilisées comme abris par les personnes déplacées et aussi celles occupées par les groupes armés pour la bonne continuité de l'éducation des enfants. 3. Réhabiliter les écoles détruites par la tempête et vents violents et les rééquiper en mobiliers, matériels et manuels scolaires. 4. Organiser la réintégration et dotation des kits scolaires aux élèves déplacés et/ou retournés. 5. Construire des salles de classes d'urgence pour plus de capacité d'accueil. 6. Apporter un appui psychosocial et en santé mentale aux enfants et enseignants en besoin. 7. Equiper les écoles en différents matériels pédagogiques et capaciter les enseignants sur différentes thématiques dont la pédagogie centrée sur l'apprenant et sur les grands groupes et, sur la discipline positive et alternatives aux punitions positives.
Sud Kivu, la situation sécuritaire dans les écoles s’est dégradée : 31 écoles de la SDE Walungu 5 de l’axe MUKU (22 écoles primaires et 9 écoles secondaires) avec un total de 10 492 élèves (5 265 filles) ont été interdites de fonctionner par une faction des Wazalendo; ce qui a rendu la rentrée scolaire timide et tardive dans les établissements concernés. En date du 09 septembre 2025, les Wazalendo ont fait irruption dans différents villages de Kabare en chassant tous les enfants qui étaient dans des écoles et leur interdisant de fréquenter l'école jusqu'à la libération de la zone. 16 écoles de la SDE Kabare 1 avec 9 526 élèves (4 860 filles) ont été affectées par cette situation qui a duré 3 jours. Depuis la semaine du 15-19 sept 2025, dans la SDE Walungu 1, un total de 17 écoles (11 écoles primaires et 6 écoles secondaires) de l’axe Kaniola ne fonctionnent pas à cause des affrontements armés dans cette zone. Cette situation impacte plus de 3 000 élèves, les directeurs et enseignants se trouvent en déplacement à Walungu centre. La SDE Walungu 4, plus de 12 écoles ne fonctionnent pas depuis lundi 22 sept 2025 à cause des violents affrontements dans cette zone de Nzibira, les populations se sont déplacées. En addition à cette situation, les catastrophes naturelles sont devenues récurrentes : 22 écoles primaires en déplacement/délocalisation vers les localités Chihombehombe et Muinga à cause du conflit armé toujours dans la SDE Kalehe 2 avec un total de 5 586 élèves (2 865 filles) ont été frappés par une pluie diluvienne du 17 aoȗt 2025. Les élèves ont perdu leurs fournitures scolaires et les enseignants les matériels pédagogiques.
Besoins prioritaires : 1. Evaluations des besoins en Education sur Bunyakiri, Kabare et Walungu; 2. Réponse en Urgence (35 000 Kits scolaire élèves, ETA, Appui psychosocial et activités récréatives, appui aux enseignants en kits pédagogiques et matériels didactiques); 3. Mise en place des 60 ETA pour les écoles en déplacement ou touchées par les catastrophes naturelles ; 4. Accompagnement continu de la rentrée des classes et d'identification des gaps ; 5. Prépositionnement du kit de contingence
En Ituri, la situation sécuritaire s’est détériorée. 199 écoles sont encore fermées depuis le début de l’année, privant 70 815 enfants (34 391 filles) d’apprentissage. Depuis janvier 2025, 218 établissements ont été détruits, affectant 91 700 enfants (43 014 filles). Depuis la rentrée scolaire 2025-2026 à Nizi, 65 écoles fermées et 31 455 élèves (15 768 filles) et 654 enseignants sont restés sans cadre éducatif. Plus de 12 écoles sont encore utilisées par des déplacés internes à Mahagi (ZS logo, sde Mahagi 5) affectant la scolarité de 8 436 enfants dont 1 874 enfants déplacés et le travail de 93 enseignants. Besoins humanitaires : Appuis en fournitures scolaire (enfants, enseignants et écoles) ; Construction/réhabilitation et équipements des EAT ; Plaidoyer pour la libération des écoles occupées par les familles déplacées de MAHAGI et 18 autres dans le territoire d'Irumu.
Tanganyika : Cette province subit les impacts des crises en cours au Sud Kivu (Maniema) et Nord Kivu et accueille les personnes déplacées. Ainsi en septembre, 12 écoles ont connu des incidents contre les écoles dans la province éducationnelle Tanganyika 1, dont 9 à Nyunzu et 3 à Moba pour un total de 3 725 élèves dont 1 679 filles.
Au courant du mois d’octobre, 11 écoles de la Province Educationnelle Tanganyika 1, dont une école dans la Sous-Division de Kalemie 3, 3 dans la Sous-Division de Kalemie 1, 6 dans la Sous-Division de Nyunzu 2 et 1 dans la Sous-Division de Moba 1 ont été affectées par des incidents avec dans l’ensemble, 3 035 élèves (1 457 filles) ont été touchés. Plus de 20 000 enfants en âge scolaire sont déplacés à Kalemie dans les villages périphériques et une présence de 324 enfants en âge scolaire qui sont hors du système scolaire a été observée dans les deux sites de Nyunzu.
Les catastrophes naturelles dans cette province ont des impacts importants avec la montée des eaux du lac Tanganyika. 108 écoles ont été inondées affectant la scolarité de 22 635 élèves affectés dont 10 369 filles. Parmi ces écoles, 10 écoles situées le long du littoral dans les villages de Kasama, Katanika, Kasubuyi, Benze, Kibambo, Bisibo, Mugabo Njala, Amisi, Mandela et Lwanika avec 2 895 élèves (1,245 filles) à 80% d’enfants déplacés en provenance du Nord-Sud Kivu et Maniema sont immergées et donc sont devenues non fonctionnelles. Pour ces élèves, plus de bâtiments scolaires, ils sont exposés aux intempéries et surtout que la pluie est abondante ce dernier temps.
Besoins humanitaires : Appuis en fournitures scolaires (enfants, enseignants et écoles) ; Construction/réhabilitation et équipements des EAT ; Plaidoyer pour la libération des écoles occupées par les familles déplacées de MAHAGI et 18 autres dans le territoire d'Irumu. Relocaliser les écoles immergées, mise en place de cantines scolaires, désinfection des écoles là où les écoles pourront être fonctionnelles, appui psychosocial et sante scolaire.
Au Grand Kasai, l’impact des épidémies met à mal la continuité de l’éducation des enfants. L’épidémie d’Ebola a été déclarée dans la province du Kasai, territoire de Mweka avec des conséquences importantes dans la scolarisation des enfants. Le 1er septembre 2025, c’était la rentrée des classes et les enfants étaient présents en grand nombre dans les écoles de Kasaï grâce à la campagne de mobilisation communautaire lancée plus tôt par les partenaires du Cluster Education du grand Kasai en appui au ministère. Le 20 septembre, le gouvernement a décidé de la réouverture des écoles et depuis ce lundi 22 septembre, il y a la réouverture des écoles, les enseignants et élèves s'est sont présentés dans les écoles sauf les écoles de BULAPE centre et de l'axe Mweka - Bulape dont les parents résistent à envoyer les enfants.
Besoins prioritaires : Pour assurer un retour des enfants dans un environnement d’apprentissage sain et protecteur, il faut la désinfection des écoles, - la dotation en matériels d’hygiène (kits de lavage des mains avec des savons, dispositifs d’eau potable, des gels désinfectants), des cache-nez et des thermos flash ;- la formation des enseignants et autres acteurs de l’éducation sur le mode de contamination et de prévention de l’épidémie Ebola et la prise en charge psychosociale en classe ainsi que les mécanismes de référencement; l’organisation des cours de récupération et l'organisation de l'enseignement à distance à travers les cahiers d'exercices pour les enfants des écoles qui sont encore fermées.
Grand Ouest (Kwamouth - Mai Ndombe - Grand bandundu - Kinshasa)
Pas d’alertes médiatisées ces derniers mois mais des rapports des partenaires de terrain font état de ce qu’une dizaine d’écoles ne sont pas encore ouvertes à cause de l’épidémie de choléra qui avait sévi pendant la saison des pluies de juin à septembre dans les zones endémiques (le long des cours d’eau). Les parents hésitent de ramener leurs enfants à l’école. Une évaluation est en cours pour mieux comprendre la situation. Les enseignants de Kwango, Kwilu, Mai-Ndombe : chaque mois les enseignants sont obligés d’aller à Kinshasa pour percevoir leur salaire. Cela conduit à leur absence pendant au moins une semaine par mois, ce qui réduit le nombre d’heures d’apprentissage pour les enfants. Besoin prioritaire : Contribuer à la réouverture des écoles encore fermées
Tableau 1
Education Tableau 2
2. STRATÉGIE DE RÉPONSE
L’année 2025 a été une année charnière pour le Cluster Education avec l’élaboration de la Stratégie de l’Education et de la Formation en Situations d’Urgence (SEFSU), l’amélioration de la collaboration avec le Min EDU NC dans la collecte conjointe des données des incidents contre l’éducation, le renforcement sur le terrain de la collaboration avec la Protection de l’Enfant et l’appui à la participation des enfants affectés des provinces occupées aux évaluations certificatives nationales.
En 2026, conformément aux orientations du reset humanitaire, la stratégie du Cluster s’alignera sur la SEFSU et les Normes Minimales de l’INEE révisées en 2024 pour recentrer la réponse en éducation sur des interventions vitales d’éducation en situations d’urgence. Ces actions viseront à sauver des vies et à réduire les risques immédiats liés aux crises, notamment le recrutement forcé des enfants, les es violences basées sur le genre (VBG), l’exploitation des enfants et les risques sanitaires. L’éducation sera considérée comme une mesure de protection essentielle, intégrée dans une approche multisectorielle avec la Protection de l’Enfant, la prévention des VBG, le WASH, la Santé et la Nutrition. Le ciblage priorisera les filles, garçons et enfants en situation de handicap, ainsi que les adolescents déplacés depuis moins de six mois dans les zones de santé à sévérité 4+, tout en incluant les enfants déplacés depuis plus longtemps exposés à des risques élevés. La stratégie garantira la continuité des apprentissages dans des environnements sûrs et protecteurs, grâce à des réponses rapides, des espaces temporaires d’apprentissage, un appui psychosocial et des mécanismes de contingence. Le Cluster Éducation s'engage à améliorer la qualité, l’inclusion et la coordination pour répondre efficacement besoins vitaux des enfants affectés.
Ses axes d’intervention seront les suivants :
2.1 La continuité des apprentissages dans des environnements inclusifs, sains, sûrs et protecteurs à travers la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage, la réhabilitation des salles de classes endommagées et leurs équipements, la construction/réhabilitation d’infrastructures de EHA d’urgence ainsi que la mobilisation communautaire pour le droit à l’éducation des enfants affectés par les crises. Le Cluster contribuera à la mise en œuvre de l’approche des écoles délocalisées qui initiée par les autorités éducatives pour permettre à des nombreux enfants déplacés d’avoir accès à l’éducation dans les zones d’accueil. La célérité des réponses éducatives sera nécessaire pour faire face aux risques d’abandons scolaires. Elle sera renforcée grâce à la mise en place de stocks et de plan de contingence.
Le Cluster mettra en œuvre des mécanismes pour accroître la prise en charge des adolescents, filles et garçons qui sera aussi une priorité, afin de leur assurer une continuité des apprentissages, un retour à l’école et l’apprentissage de compétences de vie courante. Seront ciblés particulièrement les déscolarisés et ceux n'ayant jamais été scolarisés, tout en intégrant les enfants du premier cycle du secondaire, avec un accent particulier sur les filles. Ces actions incluent l'éducation formelle, l'éducation non formelle et la formation professionnelle. Cela permettra de réduire leur exposition aux risques de protection (VBG, enrôlement dans des groupes armés, délinquance, usage de drogues, exposition aux maladies évitables (ex du VIH, des maladies des mains sales ou de la malpropreté) ou le recours à des mécanismes de survie négatifs.
La stratégie du Cluster prendra aussi en compte l’encadrement des enfants d’âge pré-primaire sur les sites de déplacés et dans les zones de retour. Les orientations de la SEFSU seront mises en œuvre pour la continuité des apprentissages des enfants affectés, filles et garçons y compris enfants en situation de handicap issus des communautés déplacées, hôtes ou réfugiés d’âge. Le cluster veillera au respect strict des normes minimales afin d'assurer une réponse éducative de qualité et de répondre efficacement aux besoins des enfants en situation d'urgence.
Toutes les activités prendront en compte les spécificités des besoins en genre et handicap. Elles viseront à réduire les traumatismes et à garantir l’équité, notamment pour les enfants en situation de handicap y compris la prévention sur le changement climatique. Ainsi le Cluster renforcera sa collaboration avec les secteurs de la Protection enfance, WASH, et Nutrition pour répondre aux besoins interconnectés des enfants déplacés et retournés
2.2. Le renforcement des mécanismes de protection des enfants et la santé mentale dans les écoles affectées et/ou ayant accueilli des enfants et enseignants affectés. Les acteurs de l’éducation auront leurs capacités renforcées sur les risques de protection (enrôlements forcés, VBG, présence d’engins explosifs non explosés, mécanismes de survie…), d’épidémies et d’impacts des catastrophes naturelles. Il s’agira aussi de prendre en compte l’inclusion, d’appui psychosocial et santé mentale des enfants et enseignants ainsi que les mécanismes de référencement. Des plans de contingence seront établis dans les écoles pour minimiser les impacts des crises sur le système. Les actions incluront la mise en œuvre de l’approche “Safe School” pour sécuriser les infrastructures éducatives, les enfants et enseignants et prévenir les violences autour des espaces scolaires. Ainsi, la protection des écoles sera priorisée à travers des initiatives visant à garantir des « écoles sûres » et à protéger les écoles des calamités et catastrophes naturelles.
2.3. L’accès à une éducation de qualité : Le Cluster travaillera à apporter à chaque enfant affecté par les chocs une éducation de qualité qui prendra en compte son niveau d’éducation. Aussi le Cluster travaillera à vulgariser des initiatives d’éducation de qualité qui ont été éprouvées comme l’enseignement au bon niveau (TARL) et le déploiement de stratégies participatives centrées sur les matières fondamentales telles que la lecture, l'écriture et le calcul, ainsi que sur le développement des compétences socio-émotionnelles. Les coins de lecture pourraient être aussi considérés. Les capacités des enseignants seront renforcées dans les thématiques relatives à la réforme curriculaire y compris en informatique, la pédagogie sensible au genre et au conflit, dans le développement de plan de contingence et dans les thématiques liées aux situations d’urgence (pédagogie centrée sur l’enfant, pédagogie des grands groupes, protection de l’enfant, les alternatives aux punitions…). Il leur sera fourni les outils et compétences nécessaires pour améliorer l’accès, la qualité et la protection des enfants dans les environnements d’apprentissage.
2.4. Renforcement du système éducatif : En lien avec les orientations de la SEFSU qui s’alignent sur les Normes Minimales de l’INEE revues en 2024, le Cluster Éducation contribuera à renforcer le système éducatif par une approche de localisation en développant les capacités des partenaires nationaux et en consolidant la résilience du secteur face aux situations d’urgence. Cette action s’inscrit dans la logique du triple Nexus Humanitaire–Développement–Paix, impliquant les autorités provinciales et assurant une coordination efficace des acteurs de l’éducation aux niveaux provincial et central. Pour assurer la pérennisation des acquis des projets d’éducation en urgence, le cluster travaillera aussi à renforcer les capacités de la communauté éducative dans l’action anticipatoire et la résilience du secteur de l’éducation. Les communautés locales seront très impliquées pour une appropriation locale car en définitive, l’école reste une propriété communautaire. Le renforcement de la collaboration intersectorielle, notamment avec les domaines de responsabilités de la protection de l’enfance, des VBG, EHA, Nutrition et des autres secteurs sera préconisé afin de répondre efficacement aux besoins interconnectés et diversifiées des enfants.
Pour atteindre ces objectifs, une gouvernance efficace, soutenue par une planification stratégique et une allocation adéquate des ressources est cruciale. Aussi le cluster renforcera les capacités de plaidoyer de ses membres pour le financement des interventions d’éducation en situations d’urgence. Un lien fonctionnel sera établi avec les acteurs de développement pour assurer le Nexus Humanitaire-Développement-Paix pour l'intérêt supérieur de l’enfant. Le Cluster assurera un plaidoyer stratégique continue auprès des acteurs institutionnels et des donateurs pour plus d’engagement avec l’intégration de l’urgence dans la budgétisation du secteur de l’éducation.
3. RATIONAL POUR L’ESTIMATION DES COÛTS
Les coûts unitaires ont été calculés par objectif (1- besoins vitaux et 2- conditions de vie) sur la base des coûts des activités. Quel que soit l’objectif sectoriel, ces activités sont axés sur les thématiques tels que la mobilisation autour des écoles et aménagement des espaces d’apprentissage, la fourniture de matériels d’apprentissage, d’enseignement, de récréation et d'hygiène, la formation minimum/suivi pédagogique et supervision pour le renforcement des capacités des enseignants, les cours de récupération/accélérée pour des opportunités de réintégrer le système formel ainsi que le renforcement de la sécurité et la sûreté dans les espaces d'apprentissage.
Les coûts moyens de l’année 2026 ont été revus à la baisse par rapport à 2025 passant de 92$ par enfant à 70$ pour la réponse immédiate (déplacement de moins de 6 mois) et de 128$ par enfant à 100$ pour la réponse du moyen terme (déplacements de 7 à 12 mois). Un travail de revue du modèle d’infrastructures d’urgence a été fait et a permis de réduire le coût de cette activité. Cela s’est soldé par la réduction du coût unitaire par enfant.
Le Cluster Education prévoit dans sa réponse 25% de son budget pour le transfert de Cash aux familles très vulnérables avec un accent sur le retour et/ou maintien filles et adolescentes à l’école. 10% du financement disponible sera affecté aux enfant vivant avec handicap.
4. MÉTHODOLOGIE DE CIBLAGE
En 2026, l’approche de priorisation a pris en compte les aspects d’âge, genre, statut des enfants, la période de déplacement, le niveau scolaire et le handicap. Le choix des zones de santé (ZS) a été basé sur les sévérités intersectorielles de priorité 3 et plus. Un focus a été mis sur les ZS qui ont connu des incidents contre les écoles documentées. Pour le ciblage des enfants affectés, un accent est mis sur les enfants de 5 à 17 ans concernés par les déplacements récents et retours de moins de 6 mois pour un appui rapide au retour à l’école. Les enfants de 5 ans pris en compte restent ceux des sites de déplacés et des zones de retour. La prise en compte des adolescent(e)s affectés est aussi priorisée pour réduire les impacts de la déscolarisation et renforcer leurs capacités de résistance aux risques de protection.
De la stratégie du cluster éducation, 30% de la population déplacée et retournée est considérée comme des enfants dans le besoin d’éducation en urgence.
Pour les personnes dans le besoin d'éducation en urgence
- 10% représente les enfants de 5 ans de la population déplacée et retournée
- 49% représente les enfants dont l’âge comprise entre 6-11 ans de la population déplacée et retournée
- 41% représente les enfants dont l’âge comprise entre 12-17 ans de la population déplacée
A cela, il faut y ajouter 40% représentant les enfants de la communauté hôte hors du système scolaire
Les cibles du cluster Éducation ont été considérées suivant les objectifs stratégiques :
Objectif spécifique 1 (Besoins vitaux) : la cible représente 8,03% du PIN et se présente comme suit suivant l‘âge des enfants :
- 0,2% des enfants de 5 ans
- 55,7% des enfants de 6 à 11 ans (priorisation du primaire car situation plus critique)
- 15,6% des adolescents/ adolescentes de 12 à 17 ans.
Objectif spécifique 2 (Conditions de vie) : le Cluster cible 4,3% du PIN de OS2 avec :
- 1% des enfants de 5 ans
- 18,7% des enfants de 6 à 11 ans
- 8,7% des adolescents/ adolescentes de 12 à 17 ans.
Au total, la cible totale du Cluster représente 12,33% du PIN global.
En comparant la méthodologie de 2025 avec celle de 2026, il y a les différences suivantes :
- Le nombre de zones de santé cible a diminué passant de 68 en 2025 à 42 en 2026 ;
- Focus sur les localités avec des informations disponibles sur les incidents contre les écoles.
5. PROMOTION D’UNE PROGRAMMATION DE QUALITÉ ET INCLUSIVE
Le cluster exhortera les membres à associer les bénéficiaires dès l’identification des besoins, la formulation, la planification, la mise en œuvre et le suivi des programmes d'éducation. La participation des enfants sera également prise en compte dans la mesure du possible. Dans l’optique d’améliorer la qualité des interventions et s’assurer que les aspirations des bénéficiaires sont prises en compte, les acteurs du cluster mettront systématiquement en place des canaux diversifiés et adaptés afin de recueillir les plaintes et feedbacks des bénéficiaires. Les leçons apprises et les bonnes pratiques seront diffusées pour soutenir le développement des compétences.
Le cluster partagera avec ses membres les normes et les bonnes pratiques en matière de redevabilité. Pour ce qui concerne la PSEA, les structures disposant des politiques PSEA et d’une expertise en la matière seront désignées pour faciliter la consolidation cohérente des processus PSEA au sein du cluster. Les ressources et normes PSEA seront diffusées au sein du cluster pour garantir que les conceptions de programme répondent aux vulnérabilités et aux risques en matière de PSEA. Des indicateurs de vulnérabilité d’EAS seront intégrés dans les évaluations du cluster. Pour atténuer les risques d’EAS, les populations affectées seront sensibilisées sur la PSEA Formation du personnel sur la PSEA - comme moyen d’atténuation de risque d’EAS. Des formations et des sensibilisations seront organisées au profit des membres du cluster éducation.
Concernant le genre, les VBG, le handicap et le VIH, l’expertise interne du cluster sera mise à profit pour favoriser la prise en compte de ces questions dans toutes les interventions. La collaboration intersectorielle sera également sollicitée pour soutenir cet élan. Le rapportage des réalisations intégrera des désagrégations selon le genre, le handicap, l’âge afin de s’assurer que les différentes catégories sont prises en compte convenablement dans la réponse. Des indicateurs et des checklists seront développés pour mesurer la prise en compte du genre, des VBG, du handicap et du VIH dans les programmes d’éducation.
6. PLAIDOYER POR UN RENFORCEMENT DES ACTIONS DE DÉVELOPPEMENT
Le Cluster Education dans ses interventions s’alignera systématiquement sur la mise en œuvre de la SEFSU. Les orientations de cette stratégie renforcent les liens entre les acteurs humanitaires et les acteurs de développement à travers le Nexus Humanitaires-Développement et Paix ainsi que le plaidoyer pour l’intégration de l’éducation en urgence dans la budgétisation du secteur de l’éducation tant par la partie gouvernementale que par les Donateurs. Ainsi les acteurs humanitaires et ceux du développement travailleront dans une synergie d’actions et en complémentarité.
Selon leur mandat et leur avantage comparatif, les partenaires travailleront en synergie à prendre en compte des stratégies de sortie pour assurer une bonne transition avec les acteurs du développement et de la paix. Un accent sera aussi mis sur le renforcement de la localisation et l’implication des communautés pour assurer l’appropriation des résultats des interventions par les communautés. Les acteurs de la paix travaillent sur le maintien et la consolidation de la paix à travers la conception des modules pour la formation des enseignants sur l’éducation à la paix et à la citoyenneté. Des activités péri et parascolaires seront menées avec les enfants pour leur inculquer les compétences de vie courante, les valeurs de nouvelle citoyenneté, les valeurs indispensables à la paix et à la coexistence pacifique.
Les acteurs humanitaires, du développement et de la paix travailleraient en complémentarité d’actions vu que les situations s’imbriquent. Cela sera pris en compte depuis la conception des projets et programmes. Des actions anticipatoires seront mises en œuvre conjointement avec les acteurs du nexus. Dans le moyen terme, pendant que les acteurs humanitaires construisent des espaces temporaires d’apprentissages pour absorber des flux importants d’élèves dans les premières phases d'urgence, les acteurs du développement et de la paix doteraient ces écoles en tables bancs. Ils pourraient également accompagner les ministères en charge de l’éducation dans la création des programmes scolaires adaptés à l’ESU et soutenir la formation des enseignants. Dans le long terme, ils pourraient soutenir l’évaluation des acquis scolaires en lien avec les programmes ESU mis en œuvre. Dans la perspective du reconstruire en mieux, ils pourraient appuyer la mise à l’échelle des bonnes pratiques documentées à travers les programmes ESU.
Objectifs sectoriels de réponse
| OS1 : Sauver des vies et alléger les souffrances des personnes touchées par des chocs récurrents liés notamment aux conflits, aux catastrophes naturelles et épidémies, à travers d’une assistance multisectorielle sûre, équitable, inclusive et fondée sur des principes humanitaires. | |
| Objectif sectoriel 1.1 : | En 2026, les acteurs offriront un accès inclusif et équitable dans des environnements d’apprentissages protecteurs qui allègent les traumatismes de 337 944 enfants (48% filles) dont 33 794 enfants en situation de handicap de 5 à 17 ans (10%) touchés par des chocs récurrents liés notamment aux conflits, aux catastrophes naturelles et épidémies (déplacés, retournés, expulsés ou hôtes) (OS1, SP1.1) |
| Objectif sectoriel 1.2 : | 6 144 enseignants (hommes et femmes) seront formés sur les thématiques clés de l’éducation en urgence pour améliorer l’accès, la qualité et la protection dans les espaces d’apprentissage en 2026 (OS1&2, SP1.1 & SP2.1) |
| OS2 : Améliorer l’accès sûr, équitable et digne aux services de base de qualité des personnes affectées par les chocs récurrents, selon les droits fondamentaux et les standards, afin d'éviter une érosion accrue de leurs capacités d'adaptation. | |
| Objectif sectoriel 2.1 : | 134 232 enfants (48% filles) pour cent filles) dont 13 423 enfants en situation de handicap de 5 à 17 ans touchés par les chocs récurrents accèderont à des services d'éducation de qualité en 2026 (déplacés, retournés ou expulsés, hôtes) (OS 2, SP2.1) (OS 2, SP2.1) |
| Objectif sectoriel 2.2 : | 2 144 enseignants (hommes et femmes) seront formés sur les thématiques clés de l’éducation en urgence pour améliorer l’accès, la qualité et la protection dans les espaces d’apprentissage en 2026 (OS1&2, SP1.1 & SP2.1) |