Democratic Republic of the Congo

Personnes ciblées
1.4M
Personnes prioritaires
866K
Besoins financiers (US$)
93.7M
Requis prioritaires (US$)
59.2M

Sévérité Protection

Pin&Cible Protection

Résumé des besoins

Les besoins en protection dans la République Démocratique du Congo (RDC) restent extrêmement élevés et complexes pour 2026, touchant près de 6 millions de personnes. L’analyse de la sévérité des besoins montre clairement une concentration de ces besoins à l’Est du pays.

La situation humanitaire et de protection en République Démocratique du Congo (RDC), déjà très précaire et instable depuis plusieurs années consécutives, a connu un important bouleversement depuis le début de l’année 2025. Cette dégradation fait suite à une combinaison de facteurs aggravants, à savoir l’escalade militaire entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), avec le soutien de leurs alliés respectifs, dans les provinces du Nord et Sud Kivu ; l’aggravation des affrontements entre les groupes armés à obédience communautaire dans la province de l’Ituri ; la persistance des activités du groupe Forces démocratiques alliées (ADF) sur la zone frontalière entre le Nord Kivu et l’Ituri ; ainsi que la persistance de conflits intercommunautaires violents dans les provinces du Tanganyika, de la Tshopo, du Kasaï, ainsi que de l’ ex-Bandundu (Mai-Ndombe, Kwango, Kwilu). Les affrontements armés ont souvent été d’une violence considérable, se caractérisant par une utilisation d’armes lourdes et des bombardements dans des localités à forte concentration humaine, y compris les zones hébergeant des sites des personnes déplacées internes.

Cette violence armée a entraîné des déplacements forcés, massifs et récurrents des populations, de graves violations et abus des droits de l’homme, des besoins humanitaires aigus, ainsi qu’une détérioration constante des conditions de vie pour des millions de personnes.

Au 30 septembre 2025, le pays comptait plus de 5,3 millions de personnes déplacées internes (PDIs), dont 59% sont des enfants. Les provinces du Nord-Kivu (1,33 million), du Sud-Kivu (1,2 million) et de l'Ituri (1,05 million) concentrent à elles seules plus de 65% des déplacés internes. L'origine principale de ces mouvements reste les attaques et affrontements armés, responsables de plus de 70% des cas (soit 3,79 millions de personnes).

Parallèlement, la RDC a enregistré 4,09 millions de retours de PDI, majoritairement concentrés dans ces mêmes provinces. Cependant, la majorité de ces retours se sont effectués dans des territoires disputés ou sous le contrôle d'autorités de facto, soulevant des défis majeurs de légitimité pour la mise en œuvre de solutions durables.

Entre janvier et septembre 2025, les acteurs de protection (à travers le monitoring de protection ou les données de la réponse) ont identifié un total de 170 902 personnes victimes de problèmes de protection. Les catégories de victimes les plus nombreuses incluent :

  • Les victimes de Violences Basées sur le Genre (VBG), s'élevant à 90 199 cas de violences sexuelles.
  • Les victimes d'atteintes à la propriété, avec 32 404 cas documentés.
  • Les victimes d'atteintes à la liberté et à l'intégrité physique, totalisant respectivement 16 050 et 15 735 cas.

Selon l’analyse conduite par les acteurs de protection au mois de juillet 2025 et mise à jour en novembre 2025, les 5 principaux risques de protection sont les suivants :

  1. Violences Basées sur le Genre (VBG) : La VBG est jugée le principal risque de protection, atteignant un niveau critique. Elle est exacerbée par la forte présence d'hommes en armes dans les sites de déplacés et les communautés hôtes. Les femmes et les filles représentent près de 89% des survivantes.

Attaques contre les civils et leurs biens : Les tactiques de violence létale persistent, engendrant des bilans civils considérables. Entre janvier 2024 et juillet 2025, au moins 22 attaques armées ont été enregistrées contre des sites de PDI, faisant au moins 99 morts. De plus, l'usage intensif d'armes lourdes a entraîné la contamination par les engins explosifs, faisant 341 victimes (149 décès et 192 blessés) entre janvier et septembre 2025.

  1. Vol, extorsion, éviction forcée ou destruction de biens personnels : 15 860 violations du droit à la propriété ont été rapportées entre janvier et septembre 2025, majoritairement commises par des groupes armés et, pour 38% des cas, par des autorités étatiques, les FARDC étant responsables de plus de 50% d'entre elles. Les tensions foncières, qui motivent plus de 40% des conflits au Nord-Kivu et en Ituri, sont un frein majeur à la stabilisation, et plus de 60% des ménages retournés n'ont pas pu récupérer leurs terres d'origine.
  2. Recrutement et utilisation des enfants dans les forces et groupes armés : Les enfants restent la catégorie la plus affectée. 3 973 enfants associés aux groupes armés ont été identifiés et assistés de janvier à septembre 2025. Les garçons sont souvent recrutés comme combattants et les filles comme esclaves sexuelles.
  3. Violence psychologique / émotionnelle ou détresse infligée : La violence généralisée et les déplacements forcés cycliques provoquent une détresse psychologique dont l'ampleur atteint des niveaux alarmants. Une multiplication par sept du nombre de consultations en santé mentale et soutien psychosocial pour les victimes de violences a été signalée au 1er trimestre 2025 par le CICR, avec plus de 4 600 cas notifiés.

Ces risques ci-haut sont juste les 5 principaux, sinon tous les 15 risques de protection tels que catégorisés par le Global Protection Cluster sont identifies en RDC, avec une sévérité qui diffère d’une zone a une autre.

De plus, la réponse aux besoins de protection souffre d'un manque de financement criant. À cette date, seulement environ 37% du volet protection du HRP est financé.

Cette situation exige un déploiement renforcé des réponses de protection, qui non seulement répondent aux besoins urgents des populations, mais aussi construisent un environnement protecteur qui passent par des actions de prévention, de construction de la paix au niveau communautaire mais aussi de relèvement.

Au-delà des réponses classiques de protection, il est important et urgent d’initier ou renforcer d’autres actions, qui requièrent l’intervention des acteurs non humanitaires ou requièrent une adaptation d’approche. Il s’agit notamment :

  • Le renforcement immédiat de la protection des civils et des sites de déplacés : notamment par le déploiement de patrouilles robustes.
  • La mise en place de systèmes d'alerte et de réponse intégrés et holistiques contre les violations, en particulier les violences sexuelles.
  • La mobilisation de financements conséquents pour la cohésion sociale, la coexistence pacifique et la résolution des conflits communautaires.
  • Le plaidoyer pour le respect du Droit International Humanitaire (DIH) afin d'assurer un accès sûr, sans entrave et inconditionnel à toutes les zones affectées.

Il est impératif d'accélérer l'opérationnalisation et le financement adéquat du Fonds National de Réparation des Victimes (FONAREV) pour garantir la réparation holistique des victimes de violences.

En outre, les processus de paix, tels que les accords de Washington et de Doha, doivent être exploités pour mettre en place une réponse intégrée alliant protection, relèvement, cohésion sociale et restauration de l'autorité de l'État, afin de guider les communautés vers des solutions véritablement durables.

2. STRATÉGIE DE RÉPONSE

La Stratégie de Réponse du Cluster Protection pour l'année 2026 est élaborée comme un cadre intégré visant à garantir la protection des populations affectées par la crise, tout en créant des conditions du relèvement et de résilience communautaire à long terme.

Les 18 objectifs sectoriels du Cluster Protection peuvent être résumés autours des objectifs stratégiques prioritaires suivants :

  1. Garantir l'accès et les droits fondamentaux : Le premier objectif est d'assurer aux populations affectées un accès total et non discriminatoire aux services essentiels et à la jouissance de leurs droits, avec une attention particulière pour les personnes les plus vulnérables, souvent marginalisées.
  2. Prise en charge spécifique des enfants et adolescents : La stratégie insiste sur la nécessité d'assurer une réponse appropriée aux enfants et adolescent(e)s victimes de violences, y compris les violences sexuelles. Ceci passe impérativement par une prise en charge holistique qui aborde toutes les facettes du traumatisme et du besoin de réhabilitation.
  3. Réponse de qualité aux survivant(e)s de VBG : Cette action est renforcée par un objectif dédié à garantir la prise en charge holistique et de qualité des survivant(e)s de VBG, via des services médicaux, psychosociaux et socio-économiques rigoureusement adaptés à leurs besoins spécifiques. L'intégration de la réponse VBG dans l'approche holistique générale maximise l'efficacité des ressources face au financement réduit.
  4. Accès sécurisé aux droits LTP : Un volet essentiel concerne l'amélioration de l'exercice des droits au logement, à la terre et à la propriété (LTP). L'objectif est de garantir la sécurité d'occupation pour toutes les personnes affectées par le déplacement, élément indispensable à la stabilisation.
  5. Gestion cohérente des mines, engins explosifs et autres restes de guerre : Enfin, la stratégie s'engage à assurer une réponse cohérente et efficace aux problèmes de protection posés par les engins explosifs, en lien direct avec l'effort de plaidoyer mentionné plus haut. Au regard du nombre élevé de victimes d’engins explosifs, y compris les restes de guerre et engins explosif improvisés, les acteurs du domaine de lutte anti-mines vont intégrer le référencement des victimes et survivants vers des services de prise en charge holistique (médicale, psychosociale, juridique, réinsertion socio-économique…). Cette activité sera mise en œuvre de manière sensible au conflit, en privilégiant des mécanismes de proximité pour garantir la sécurité et l'accès des bénéficiaires.

Cette stratégie est donc fondée sur l'atteinte de ces objectifs et se déploie à travers six piliers de réponse à savoir :

  • Actions de plaidoyer visant à renforcer l’environnement de protection
  • Communication et fourniture d’informations visant à renforcer les capacités et les stratégies des populations
  • Fourniture de services essentiels ciblés et d'une aide individuelle
  • Identification, suivi et analyse des risques et des besoins en matière de protection
  • Protection communautaire et soutien à la cohésion sociale
  • Renforcement des capacités et soutien institutionnel pour l'amélioration de l'environnement de protection.

La stratégie de réponse se veut inclusive, cherchant à couvrir les populations en situation de crise aiguë et celles résidant dans des zones partiellement stabilisées.

En outre, la stratégie privilégie une intervention/prise en charge holistique des victimes et survivant(e)s, optimisant les ressources par une approche intégrée qui couvre les besoins médicaux, psychosociaux, juridiques et de réinsertion, évitant ainsi la duplication des efforts.

Afin d'assurer son efficacité, la stratégie 2026 intègre dès sa conception des mécanismes pour surmonter les défis majeurs identifiés en 2025, notamment l'accès limité, l'insécurité persistante, la réduction des financements et les restrictions pesant sur certaines activités de protection compte tenu de leur sensibilité notamment dans les zones sous contrôle des autorités de facto.

Face à la présence opérationnelle limitée et à la détérioration sécuritaire, la stratégie mise sur une protection à base communautaire. Cette approche vise le renforcement ciblé des structures locales et l'établissement de liens solides avec les acteurs de paix, un pas essentiel pour améliorer la couverture et consolider la résilience locale face à l'insécurité. Cette action est complétée par une programmation sensible au conflit, incluant un engagement proactif avec les acteurs armés, démarche indispensable pour faciliter l'accès humanitaire aux zones les plus difficiles.

Pour plus d’efficacité, le Cluster Protection renforcera la promotion de l’assistance avec la modalité « cash ». Les lignes directrices sur l’assistance en cash pour les activités de protection récemment développées par le Cluster Protection en RDC seront vulgarisées pour augmenter le volume d’activités mises en œuvre à travers la modalité cash.

La stratégie 2026 ne se limite pas à l'urgence, mais incarne une transition claire vers les activités de relèvement et de résilience, favorisant ainsi l'approche "Nexus Humanitaire-Développement-Paix. Les piliers de réponse sont conçus pour intégrer des paquets d'activités qui servent de leviers pour cette transition, assurant une complémentarité essentielle entre l'aide immédiate et la durabilité :

  • La prise en charge holistique des victimes et survivantes (protection générale, VBG, protection de l’enfant), qui inclut l'assistance médicale, psychosociale et juridique, est immédiatement complétée par la réinsertion socio-économique. Cette composante de réinsertion représente l'activité de relèvement par excellence, visant à rétablir l'autonomie des survivantes et à réduire leur vulnérabilité à long terme, transcendant ainsi le seul cadre de l'aide d'urgence.
  • Protection communautaire et cohésion sociale : Les activités de ce pilier se concentrent sur le renforcement de la protection à base communautaire et le soutien aux liens avec les acteurs de paix. Ces actions sont fondamentales, car elles visent à consolider les mécanismes locaux d'alerte, de prévention et de gestion des risques/conflits, un prérequis essentiel pour la cohésion sociale et la paix, qui constituent les piliers d'un relèvement durable.
  • Améliorer les droits LTP : Le renforcement des droits au Logement, à la terre et à la propriété est intrinsèquement lié à la durabilité. La résolution des conflits LTP et la garantie de la sécurité d'occupation sont des conditions sine qua non du relèvement durable et du retour sûr et digne. En stabilisant les conditions de vie, ce pilier permet aux populations déplacées et retournées d'envisager et de réaliser des investissements à long terme (agricole, habitation).
  • Renforcement des capacités et soutien institutionnel : Ce pilier assure que les acquis de protection dépassent la durée de la présence humanitaire. Le renforcement institutionnel et l'amélioration de l'environnement juridique/politique sont des activités de développement qui garantissent la durabilité et la pérennité de l'ensemble de la stratégie.
  • Gestion des mines et engins explosifs : Pour assurer une transition durable vers la résilience et le relèvement communautaire, les acteurs du domaine de lutte anti-mines intègreront dans leurs activités la formation de points focaux communautaires. Ces points focaux vont non seulement relayer les messages sur les risques d'engins explosifs dans les zones difficiles d’accès, mais vont aussi garantir un héritage post-conflit et une pérennisation des actions au sein des communautés locales. Cela favorisera aussi l’appropriation et une transition efficace et durable dans la gestion de la contamination résiduelle.

En conclusion, la stratégie de réponse protection pour 2026 maintient la primauté de la réponse d'urgence vitale tout en intégrant de manière systématique et complémentaire des actions ciblées de réinsertion socio-économique, de cohésion sociale et de renforcement institutionnel. Ces actions combinées représentent les principaux leviers de la transition stratégique vers le relèvement durable, assurant que l'aide immédiate contribue activement à l'autonomie future des communautés.

3. RATIONAL POUR L’ESTIMATION DES COÛTS

Le coût de la réponse de la protection globale est passé de 177.4M en 2025 à 93.7M pour l’année 2026, soit une baisse de 47%.

Le coût moyen de la prise en charge est de $68.22 par individu ciblé en 2026 contre $65.02 en 2025.

Cette prise en charge est la plus élevée en assistance pour la protection de l’enfant avec $48.28 suivie de la réponse VBG avec $22.83.

ComposantesCoût moyen par individu ciblé
Protection$20.22
Protection de l'Enfant$48.28
VBG$22.83
LTP$11.75
LAM$4.09
Protection Globale$68.21

4. MÉTHODOLOGIE DE CIBLAGE

Pour le Cluster Protection, des critères ont été définis afin d’évaluer un score de capacité de réponse par zone, basé sur un ratio de couverture calculé à partir des scores attribués. La cible est définie en appliquant ce score à l’estimation du PiN, ventilée par zone de santé et par groupe de population.

Les principaux critères retenus sont les suivants :

CritèresDéfinitionsScoresSources de données
Niveau de sévéritéPrioriser les zones classées en sévérité 3, 4 et 5Sévérités de 3, 4, 5Analyse des besoins - HNRP 2026
Capacité opérationnellePrésence effective des acteurs de protection

1 = pas de partenaires

3 = 1-2 partenaires avec présence limitée

5 = plusieurs partenaires

Présence opérationnelle du Cluster Protection
AccèsZones où l’assistance peut être effectivement délivrée

1 = inaccessible

3 = irrégulier ou à distance

5 = accès complet et sécurisé.

OCHA
Capacité d’absorptionCapacité des services de protection à mettre en œuvre la réponse

1 = services submergés

3 = services mais capacité limitée

5 = capacité, y compris pour augmentation

Jugement des experts (Collecte auprès des acteurs clés du Cluster Protection)
Résultats passésNiveau d’assistance atteint précédemment et potentiel d’augmentation

1 = pas de résultats

3 = résultats partiels

5 = résultats réguliers

Suivi de la réponse protection en 2025

La méthodologie de cette année est une méthodologie commune proposé par le Global Cluster protection. Contrairement à la méthodologie précédente, celle-ci inclut la capacité d’absorption et définie des scores communs pour tous les 5 critères de ciblage.

5. PROMOTION D’UNE PROGRAMMATION DE QUALITÉ ET INCLUSIVE

Le Cluster Protection, en collaboration avec des structures pertinentes notamment le « Conflict Sensitivity Hub » et en s’appuyant sur les lignes directrices pour le renforcement de la protection à base communautaire en cours de développement, révisera et adaptera ses outils d’intégration de la protection transversale et de la programmation sensible au conflit. Une matrice sera développée pour assurer que tous les services essentiels sont délivrés via des mécanismes clairs de redevabilité envers les populations affectées (AAP), incluant la mise en place et la promotion active de systèmes de plaintes et de feedback accessibles, sensibles au genre, et adaptés aux personnes handicapées. L'intégration du genre et de la protection sera systématique : toutes les analyses de besoins et les planifications d'activités devront utiliser des données désagrégées par âge, genre, statut de déplacement, handicap, et statut VIH, afin d'adapter les modalités de réponse (y compris le cash) pour les groupes spécifiques (femmes cheffes de ménage, personnes âgées, adolescents, personnes vivant avec un handicap). Enfin, la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre (VBG) et à la protection contre l'abus et l'exploitation sexuels (PSEA) seront des conditions sine qua non du partenariat et de la mise en œuvre. Cela implique un renforcement des capacités des acteurs sur les standards PSEA, l'adoption de codes de conduite rigoureux, et la garantie que le paquet d'activités de prise en charge holistique intègre des services dédiés aux survivant(e)s de VBG, ainsi qu'une sensibilisation accrue au sein des communautés sur la tolérance zéro à l'exploitation et à l'abus.

6. PLAIDOYER POR UN RENFORCEMENT DES ACTIONS DE DÉVELOPPEMENT

Pour adresser de manière durable les besoins de protection en RDC au-delà de l'aide d'urgence, il est indispensable que les acteurs de développement et de paix interviennent en complément ou en synergie des actions humanitaires, à travers des programmes structurants ciblant les vulnérabilités chroniques ainsi que les causes profondes des conflits.

Ces programmes qui doivent viser à créer un environnement propice à la stabilité et à la résilience des communautés, en renforçant les capacités institutionnelles, en favorisant la cohésion sociale et en assurant une transition progressive de l’action humanitaire vers des solutions durables sont à structurer autour des axes suivants :

  1. Restaurer la fonction régalienne de l’État en matière de protection et de justice, pour notamment adresser la problématique de l’impunité.

Sur cet axe, les actions clés comprennent :

  • Réforme et appui au secteur judiciaire : Renforcement des capacités des magistrats et officiers de police judiciaire sur les lois relatives à la protection de l’enfant, a la lutte contre les VBG et autres violations
  • Création de cliniques juridiques gratuites et indépendantes pour faciliter l’accès à la justice des populations vulnérables.
  • Appui technique et financier aux provinces et entités décentralisées pour l’opérationnalisation des services sociaux étatiques (mécanismes de protection de l’enfant, services de lutte contre les VBG).

Ces actions assurent la complémentarité des réponses humanitaires de protection en ce qu’elles assurent la durabilité du plaidoyer humanitaire en améliorant la capacité des institutions nationales à juger et sanctionner les violations, y compris l’abus et l’exploitation sexuels (PSEA), et permettent de transférer progressivement la charge de la prise en charge des questions de protection aux services publics nationaux et locaux.

  1. Résoudre l’insécurité foncière, restaurer les moyens de subsistance et l’accès aux services sociaux comme base de la stabilité.

Les actions clés comprennent :

  • Mise en place de programmes d’enregistrement et de certification des titres fonciers et autres documents de propriété dans les zones de retour et stabilisées.
  • Création de guichets juridiques permanents pour la médiation des conflits fonciers et l’accompagnement des populations retournées et hôtes.
  • Construction ou réhabilitation d’infrastructures communautaires de base (écoles, centres de santé) pour créer des emplois locaux
  • Déploiement de programmes de microcrédit et de formation professionnelle ciblés pour les jeunes et les survivant(e)s de violences basées sur le genre (VBG).

Ces actions complètent l’action humanitaire en passant de la médiation d’urgence à une reconnaissance juridique pérenne et à la sécurisation des investissements, ainsi que le renforcement des moyens de subsistance et la réinsertion socio-économique.

  1. Adresser les dynamiques de conflit et les facteurs de vulnérabilité structurelle

Sous cet axe, les actions suivantes sont à envisagées :

  • Désarmement, démobilisation, réintégration et stabilisation : Programmes ciblés de soutien aux ex-combattants, incluant des initiatives de réduction de la violence communautaire ciblant les jeunes à risque.
  • Accompagner les activités de désarmement par les actions de déminage et de dépollution des engins explosifs et restes de guerre dans perspective holistique de croissance économique, alignée sur les objectifs de développement
  • Éducation à la paix et cohésion sociale : Intégration de modules d’éducation civique, de droits humains et de prévention des VBG dans les programmes scolaires.
  • Financement d’initiatives de dialogue intercommunautaire structuré et de projets culturels favorisant la tolérance et la réconciliation dans les zones post-conflit.

Cet axe d’interventions vise à consolider l’effort de protection communautaire en transformant les liens sociaux pour une stabilité intercommunautaire durable, et à offrir des alternatives concrètes aux acteurs armés tout en réduisant les sources directes d’insécurité.

Aussi, la contamination par les engins explosifs représente un obstacle majeur à la reconstruction et au développement socio-économiques. Pour assurer la complémentarité et l'efficacité des actions de lutte anti-mines, les acteurs du développement et de la lutte antimines doivent établir des mécanismes robustes de coordination et de partage d'informations, mettre en œuvre des projets intégrés de lutte antimines et de développement. Cela garantira l'utilisation en toute sécurité des ressources indispensables pour préserver et restaurer les moyens de subsistance des communautés affectées.

Objectifs sectoriels de réponse

OS1 : Sauver des vies et alléger les souffrances des personnes touchées par des chocs récurrents liés notamment aux conflits, aux catastrophes naturelles et épidémies, à travers d’une assistance multisectorielle sûre, équitable, inclusive et fondée sur des principes humanitaires.
Objectif sectoriel 1.1 : Assurer aux populations affectées un accès total et non discriminatoire aux services essentiels et à la jouissance de leurs droits, en accordant une attention particulière aux plus vulnérables.1.1M
1.2Assurer une réponse appropriée aux besoins urgents des enfants associés aux groupes armés à travers un suivi individuel et une prise en charge transitoire (EAGA). 14K
1.3Assurer une réponse appropriée aux enfants et adolescent(e)s victimes de violences y compris de violences sexuelles à travers d'une prise en charge holistique. 23K
1.4Assurer une réponse appropriée aux enfants non accompagnés et séparés (ENA/S) identifiés à travers un suivi individuel et une prise en charge transitoire. 20K
1.5Fournir un soutien en santé mentale et psychosocial aux enfants et familles affectés par les crises humanitaires (y compris déplacés, retournés, en situation de handicap, séparés et des communautés hôtes) à travers l'accès à des Espaces Amis des Enfants ou un accompagnement individuel. 807K
1.6Prévenir la séparation familiale et les violations des droits de l’enfant notamment la violence, les abus, l’exploitation, les violences sexuelles et l’absence d’identité légale en renforçant la protection et la résilience des enfants et de leurs familles à travers l’application des principes humanitaires. 220K
1.7La prise en charge holistique et de qualité des survivant(e)s de VBG est assurée par des services médicaux, psychosociaux et socio-économiques adaptés à leurs besoins spécifiques dans les contextes humanitaires. 100K
1.8La résilience des femmes et des filles face aux VBG est promue par le soutien juridique/judicaire et la distribution de kits de dignité avec une attention particulière aux personnes en situation de vulnérabilité. 90K
1.9Sauver des vies et alléger les souffrances des personnes touchées par des chocs récurrents liés notamment aux conflits, aux catastrophes naturelles et épidémies, à travers d’une assistance multisectorielle sûre, équitable, inclusive et fondée sur des principes humanitaires.563K
OS2 : Améliorer l’accès sûr, équitable et digne aux services de base de qualité des personnes affectées par les chocs récurrents, selon les droits fondamentaux et les standards, afin d'éviter une érosion accrue de leurs capacités d'adaptation.
Objectif sectoriel 2.1 :Renforcer les capacités des acteurs nationaux et les mécanismes communautaires de protection pour améliorer l’environnement de protection, la cohésion sociale et l'autonomisation des communautés affectées.33K
2.2Favoriser la réintégration socio-économique, scolaire et communautaire durable des enfants associés aux groupes armés ainsi que des autres enfants vulnérables, à travers des formations adaptées et un accompagnement individuel continu.17K
2.3Renforcer les mécanismes communautaires de protection de l’enfant afin d’améliorer la prévention et la réponse aux risques de violence, d’abus, d’exploitation et de négligence au sein des communautés.119
2.4La coordination intersectorielle et les capacités des acteurs humanitaires sont renforcées pour une réponse efficace et intégrée aux VBG, incluant la mitigation des risques dans tous les secteurs d'intervention humanitaire.100K
2.5La prévention, l'atténuation des risques, et la sensibilisation aux VBG sont renforcées dans les communautés affectées par les crises humanitaires à travers l'engagement communautaire, la diffusion des concepts clés, la vulgarisation des lois et des mécanismes de référencement, la promotion de la masculinité positive, l'implication active des organisations féminines locales, et le renforcement des structures de protection communautaire.1.0M
2.6Améliorer l'exercice des droits aux Logement, à la terre et à la Propriété (LTP) et garantir la sécurité d'occupation pour les personnes affectées par le déplacement, afin de protéger leur accès à une logement convenable et à des conditions de vie dignes et sûres.14K
2.7Assurer un accès sûr aux terres, aux logements et aux infrastructures (abris, eau, hygiène et assainissement, sites, etc.) pour les populations déplacées afin de prévenir les expulsions et renforcer leur protection et leur dignité.14K
2.8Renforcer le cadre de protection des droits en matière de Logement, Terre et Propriété (LTP) en soutenant le fonctionnement des mécanismes de résolution des conflits fonciers, tout en facilitant la promulgation et l'application de la nouvelle loi foncière et en menant des actions de plaidoyer pour promouvoir son respect.97
2.9Assurer une réponse cohérente et efficace aux problèmes de protection posés par les engins explosifs (mines, restes explosifs de guerre et engins explosifs improvisés).10K
Chiffre Key groupe population

References