Democratic Republic of the Congo

Besoins Humanitaires et Plan de Réponse République démocratique du Congo 2026 / Partie 4: Plan d'intervention pour les réfugiés

4.1 Plan d'intervention pour les réfugiés

PERSONNES CIBLÉES
459
PERSONNES PRIORISÉES
424
FINANCEMENT REQUIS ($US)
102.6M
FINANCEMENT PRIORISÉ ($US)
97.1M

Chiffres refugiés

Résumé des besoins

En 2026, les conditions, mécanismes et facteurs influençant la sécurité, la dignité et les droits des réfugiés et des demandeurs d’asile en RDC demeurent un défi majeur. Ils s’inscrivent dans un environnement où s’entremêlent les causes structurelles et immédiates des conflits qui perdurent, ainsi qu’une myriade d’autres obstacles. Cet enchevêtrement de risques et de vulnérabilités aux niveaux national, provincial et local complique la garantie d’un environnement sûr pour la protection et l’assistance aux réfugiés et aux demandeurs d’asile en RDC. La crise de gouvernance et la persistance des formes multiples de conflits impliquant des groupes armés et autres acteurs armés (nationaux ou étrangers) présents sur le territoire constituent, d’une part, des facteurs déterminants, tandis que, d’autre part, les efforts de paix aux niveaux national, régional et international peinent à produire des résultats tangibles. Ces dynamiques renforcent les risques de protection et la vulnérabilité des réfugiés, victimes d’atteintes et d’abus de droits, y compris les violations du caractère civil des sites/camps, majoritairement situés dans des zones sous contrôle de groupes armés et accueillant plus de 200 000 réfugiés. D’autres éléments viennent également aggraver cette situation, notamment :

  1. Cadre juridique et institutionnel limité

Bien que la RDC soit signataire de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés et de la Convention de l’OUA de 1969 sur les aspects propres des réfugiés en Afrique, leur mise en œuvre reste limitée. De plus, l’absence d’un système national robuste pour l’enregistrement et la détermination du statut de réfugié (RSD) entraîne des retards et une insécurité juridique pour les personnes concernées.

  1. Pressions sécuritaires et instabilité

Les zones d’accueil, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, sont affectées par des conflits armés, exposant les réfugiés à des risques de violence, de recrutement forcé et de déplacements secondaires. Par ailleurs, les acteurs humanitaires rencontrent des difficultés d’accès à ces zones en raison des affrontements en cours, ce qui limite la portée de l’assistance.

  1. Faible inclusion des réfugiés dans le système national d’offre et de prestation de services

Malgré les engagements pris par la RDC lors des forums mondiaux sur les réfugiés de 2019 et 2023, l’accès aux services essentiels demeure limité, en particulier dans les domaines de la santé, de l’éducation et des moyens de subsistance. Les populations vivant dans les camps et au sein des communautés d’accueil restent fortement dépendantes de l’aide humanitaire, laquelle est de plus en plus fragilisée par la baisse des financements.

En résumé, ces aspects reflètent des défaillances dans la gouvernance de plusieurs services publics, notamment la santé, l’éducation, l’état civil et la sécurité, limitant ainsi l’accès et la jouissance des droits civils, économiques et sociaux. Les services publics, y compris la police, la justice et l’état civil, sont souvent faibles, sous-financés et éloignés des populations rurales.

  1. Tensions avec les communautés hôtes

La présence d’au moins 507 494 réfugiés et demandeurs d’asile engendre une compétition pour les ressources telles que la terre, l’eau et l’emploi, générant parfois des tensions avec les communautés hôtes. Cette situation s’accompagne également de cas de stigmatisation et de discrimination à l’encontre de réfugiés et demandeurs d’asile provenant de certains pays voisins de l’Est de la RDC.

  1. Non-respect du caractère civil des sites/camps et protection contre les violences basées sur le genre (VBG)

La présence de multiples acteurs armés, qu’ils soient étatiques ou non étatiques, combinée à la faible autorité de l’État dans certaines zones, compromet le respect du caractère civil des sites. Cette situation affecte particulièrement, les jeunes (garçons), femmes et les filles réfugiées qui sont exposés aux abus et violences basées sur le genre, dans un contexte où ces dernières sont parfois utilisées comme arme de guerre.

  1. Enregistrement et documentation

L’accès limité à la documentation légale, en particulier aux documents d’état civil (identité, naissance, mariage, décès, filiation ou adoption), constitue un défi majeur, plus marqué dans les zones sous contrôle de groupes armés. Cette situation expose les réfugiés à des abus et violations de droits, restreint leur liberté de mouvement et entrave leur accès aux droits fondamentaux et aux services essentiels.

  1. Solutions durables limitées

En raison d’un contexte sociopolitique et sécuritaire défavorable en RDC comme dans les pays d’origine de la majorité des réfugiés, ainsi que de la suspension des programmes de réinstallation aux États-Unis, les opportunités de solutions durables demeurent limitées. Les perspectives d’intégration locale, de retour volontaire dans la sécurité et la dignité ou de réinstallation restent faibles, tandis que l’instabilité régionale et la conjoncture économique mondiale freinent la mise en œuvre de solutions à grande échelle.

Stratégie de réponse

Le plan de réponse couvre l’ensemble de la population réfugiée en RDC (507 494 personnes) ainsi que 10 % de la population hôte. Il s’articule autour de quatre axes principaux : protéger, assister, autonomiser et résoudre. Le plan vise à assurer un environnement favorable aux réfugiés et aux demandeurs d’asile, fondé sur un cadre juridique et institutionnel respectueux des droits fondamentaux conformément aux instruments juridiques pertinents. La réponse met l’accent sur l’inclusion des réfugiés et des demandeurs d’asile dans le système national d’offre et de prestation de services, afin de faciliter leur accès aux services essentiels, à l’autonomisation et aux solutions durables. Bien que les solutions durables constituent l’objectif ultime de la réponse réfugiée, leur mise en œuvre demeure fortement entravée par le contexte social et sécuritaire en RDC et dans les pays voisins. Dans une approche de protection à base communautaire, une attention particulière sera accordée au respect du caractère civil des sites/camps. De même, la prévention et l’atténuation des risques tout comme la réponse aux cas de violences basées sur le genre (VBG) seront renforcées grâce à des mécanismes de signalement et de réponse holistique, ainsi qu’à un soutien accru aux mécanismes communautaires de protection. À travers des modalités d’assistance en transferts monétaires ou en nature (CBI), les acteurs humanitaires fourniront une assistance multisectorielle couvrant la santé, la nutrition, l’éducation, le social, le logement, l’eau, l’hygiène et l’assainissement ainsi que les articles ménagers essentiels. Une attention particulière sera portée aux groupes vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes âgées. Le plan prévoit un investissement substantiel pour renforcer la résilience et les capacités socioéconomiques des réfugiés, à travers des projets individuels et communautaires visant à faciliter leur inclusion dans le système national de prestations et d’offre de services. Les secteurs prioritaires d’investissement incluent l’agriculture, le petit élevage, la transformation agroalimentaire, le petit commerce, les biens et services, ainsi que la formation professionnelle. Les acteurs humanitaires intensifieront la recherche de solutions durables pour les réfugiés. Le rapatriement volontaire des réfugiés souhaitant retourner dans la sécurité et la dignité dans leur pays d’origine sera facilité, tandis que les autorités et partenaires humanitaires veilleront à l’accueil et à la réintégration durable des rapatriés congolais dans les zones favorables. Les réfugiés présentant des besoins de protection aigus pourront être réinstallés dans des pays tiers, selon les quotas disponibles.

Suivi de la réponse

Le HCR et ses partenaires mettront en place et renforceront la redevabilité envers les personnes affectées (AAP), là où cela s’avère nécessaire. Des visites de suivi des projets et des enquêtes régulières auprès des bénéficiaires seront organisées afin d’évaluer l’efficacité des interventions. Un suivi rigoureux, incluant des rapports et des audits réguliers des projets, sera également assuré. Le HCR exercera le leadership dans la mise en œuvre des activités, en conformité avec le modèle de coordination des réfugiés et les différents accords de partenariat.


Ciblage et priorisation

Groupe de populationPersonnes dans le besoinPersonnes ciblées
Réfugiés en site100 % de la population vivant dans les camps planifiés et camps spontanés a été prise en compte, essentiellement dans les provinces opérationnelles avec présence de réfugiés90 % de population vivant dans les camps planifiés et camps spontanés a été prise en compte, essentiellement dans les provinces opérationnelles avec présence de réfugiés
Réfugiés hors site100 % de la population vivant en famille d’accueil ou ailleurs dans les localités d’accueil 90 % de la population vivant en famille d’accueil ou ailleurs dans les localités d’accueil
Population hôteL’équivalent de 30 % de la population réfugiée vivant dans la zone ciblée est pris en compte10 % du PIN est pris en compte

Coût de la réponse

En 2026, l’assistance multisectorielle aux personnes réfugiées a été budgétisée à hauteur de 171,9 millions de dollars. Ces besoins ont été estimés selon la méthode de calcul des coûts du modèle de coordination des réfugiés, basée sur les besoins réels des bénéficiaires tels qu’identifiés lors des évaluations réalisées en début, en cours et en fin d’année, par secteur et en fonction des contextes spécifiques.

Promotion d’une programmation responsable, de qualité et inclusive

La réponse réfugiée en RDC prendra en compte les aspects spécifiques ci-dessous afin d’assurer une programmation de qualité et inclusive pour les réfugiés et demandeurs d’asile. Il s’agit notamment d’une analyse contextuelle et d’une approche sensible au conflit en réalisant des analyses de protection et de vulnérabilité avant la conception des projets, intégrant le principe “Ne pas nuire” pour éviter d’aggraver les tensions avec les communautés hôtes.

De plus, la participation communautaire et la redevabilité vis-à-vis des communautés seront des points essentiels de la programmation, notamment par l’implication des réfugiés et communautés hôtes dans les différentes phases de planification, de mise en œuvre et suivi des programmes, ainsi que la mise en place de mécanismes de feedback et plaintes accessibles et adaptés (langue, culture, genre).

Au niveau de l’inclusion et de l’équité, l’approche garantira l’accès équitable aux services pour femmes, hommes, jeunes, personnes en situation de handicap, en intégrant des approches sensibles au genre et à l’âge dans l’ensemble des activités.

Comme dans l’ensemble des projets humanitaires, l’utilisation du Marqueur Genre et Âge de l’IASC sera encouragée dans la réponse aux réfugiés afin d’assurer une prise en compte cohérente du genre dans les projets et programmes ciblant les femmes, les hommes, les filles et les garçons réfugiés, vivant un handicap ou non.

Enfin, la coordination, incluant les partenariats, le renforcement des capacités et le suivi‑évaluation, constitue un axe majeur à renforcer. Il s’agira de maintenir une coordination optimale avec les autorités locales, les ONG et les acteurs de développement. La promotion des initiatives Nexus Humanitaire‑Développement‑Paix pour des solutions durables devra également être effective sur les sites éligibles.

Par ailleurs, il est essentiel de former les équipes et partenaires sur la protection internationale, la sensibilité culturelle et la prévention de la violence basée sur le genre. Des outils standardisés pour assurer la qualité, indicateurs, procédures opérationnelles standard et guides seront développés, avec des indicateurs qualitatifs et quantitatifs sensibles au genre afin de mesurer l’inclusion et l’impact des interventions.

Réponse refugiés